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LUTTE

mencer en septembre; pour celui d’été, en janvier, et, pour celui d'hiver, au plus tard en juillet. Les brebis s’habituent à ces époques diverses. Le difficile est de faire changer les habitudes prises. On y arrive par des transitions ménagées, en avançant plutôt qu’en retardant le moment de la lutte, ce qui s’obtient en provoquant la manifestation du rut par une alimentation excitante et par la présence d'un bélier. Chaque année, en ce cas, les plus jeunes et les plus vigoureuses sont prêtes au moment voulu. Les retardataires sont réformées et remplacées, et le changement total est ainsi opéré. On comprend bien qu’il soit moins difficile et moins long de passer de la lutte de janvier à celle de septembre et de celle-ci à la lutte de juillet, que de cette dernière à celle de janvier. Mais ce n’est jamais qu’une question de temps et de persévérance. En définitive, le moment de la lutte peut se fixer à volonté, au mieux des intérêts.

On sait que l’accouplement est efficace ou fécondant seulement lorsque la femelle est décidément en rut (VOy. FÉCONDATION). La brebis se laisse parfois lutter auparavant, et alors, au lieu d’être calmées, ses chaleurs sont au contraire surexcitées. Il y a donc avantage à attendre, pour faire eommencer la lutte, qu'elles soient nettement acceusées. On est sûr, en ce cas, qu’il y a des ovules à maturité. Le bélier, lui, est toujours prêt. L’odeur qu’exhale la brebis en rut suffit pour éveiller son instinct. Il n’y a pas de saison pour ce qui le concerne. Il faut seulement se demander à quel âge il convient de lui faire commencer la lutte et combien dé brebis il peut lutter en une seule saison, sans excéder sa puissance.

À la première question la réponse doit varier selon qu'il s’agit ou non de sujets appartenant à une variété précoce, selon aussi le but de l’exploitation. En général, ce qui importe le plus, c’est la puissance héréditaire, le bélier ayant à remplir un rôle d’améliorateur. Il convient dès lors d’attendre qu’il ait atteint un développement suffisant pour jouir déjà d’une grande vigueur. Cela n'arrive pas avant l’âge de douze à quinze mois chez ceux qui sont précoces, avant celui de dix-huit à vingt mois chez les autres. Il faut attendre au moins que les deux premières incisives permanentes soient complètement sorties, dans un cas comme dans l’autre. Quand il en est ainsi, entre les produits engendrés par le jeune bélier et ceux qui ont pour père un bélier adulte, la différence n’est pas sensible, tout étant d’ailleurs égal.

Mais il est évident que le nombre des brebis à lutter ne peut pas être le même à tout âge. On cite des exemples qui montrent que les béliers ont, à cet égard, en général, une grande capacité, pour peu qu'ils soient ardents. Ce n’est pas cela tout seul qui peut guider. Il importe d’obtenir, dans les troupeaux, le plus d’agneaux possible, conséquemment de réduire au minimum la proportion des brebis qui échappent à la fécondation. Il importe aussi que le développement des jeunes béliers ne soit point entravé par des fatigues et des pertes excessives, qu'une bonne alimentation journalière serait incapable de réparer. On voit trop souvent, à la fin de la saison de lutte, des béliers exténués, tout en ayant laissé sans fécondation jusqu'à 20 pour 100 des brebis luttées par eux.

Un accouplement par vingt-quatre heures, soit, pour la saison, dont la durée ne dépasse guère six semaines, de trente à quarante brebis à lutter, ce n'est pas trop pour le jeune bélier qui fait sa première lutte dans les conditions dites plus haut. Cela ne l'empêche point de gagner normalement. du poids, et sur ce nombre de brebis la proportion de celles qui ne font point d'agneaux est très minime. À partir de la deuxième saison de lutte, le nombre peut sans inconvénient être doublé, c’està-dire porté à soixante et même à quatre-vingts.

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