LYCASTE
heure, eiles jouent un rôle assez important dans les pâtures printanières.
Les unes ont les fleurs solitaires à l’extrémité de rameaux plus ou moins allongés et réunis en cymes corymbiformes. De ce nombre sont la Luzule poilue (Luzula pilosa Wild.) et la L. de Forster (L. Forsteri DC.), qui fleurissent dès le mois de mars dans presque tous les bois de France, où elles forment des touffes plus ou moins serrées. Ce sont des plantes d'environ trente centimètres de haut, qui se distinguent facilement l’une de l’autre en ce que la première a les feuilles beaucoup plus larges que la seconde, et que ses pédicelles se réfractent pendant la maturation des fruits, au lieu de demeurer dressés.
Les autres espèces présentent des fleurs réunies en glomérules plus ou moins compacts. Nous signalerons les suivantes :
La Luzule à grandes feuilles (Luzula maxima DC.; L. sylvatica Gaud.) est remarquable par ses inflorescences volumineuses, par ses feuilles abondantes, très poilues au bord. C’est la plus grande éspèce du genre : sa hauteur atteint quelquefois un mètre.
La Luzule champêtre (L. campestris DC.) et la Luzule multiflore (L. multiflora Lej.) sont des espèces voisines et qu’on ne distingue bien l’une de l’autre que par la longueur relative du filet et de l’anthère des étamines : le filet étant très court dans la première espèce, à peu près égal à l’anthère dans la seconde. On les voit souvent croître entremêlées dans les pâturages secs et dans les allées des bois.
La Luzule blanche (L. nivea DC.), facile à reconnaître par l'éclat blanc argenté de son périanthe, se rencontre surtout dans les montagnes moyennes, et descend jusque dans les plaines voisines. Cette espèce se cultive quelquefois comme ornementale, ainsi que d’autres, telles que les Luzula albida DC., L. lutea DC., L. spadicea DC. On en tire un assez bon parti, car elles forment des touffes élégantes, relevées par l'éclat plus ou moins nacré de leur périanthe blanc, jaune ou rosé. E. M.
LYCASTE (horticulture). — Genre d’Orchidées comprenant des plantes épiphytes ou semi-terrestres provenant du centre des deux Amériques où elles habitent les hautes montagnes, ce qui en fait des plantes relativement rustiques. Les pseudo-bulbes sont courts et ovoides, ils sont surmontés de feuilles longues, plissées, peu consistantes et qui ne durent habituellement qu’une année. Les fleurs sont le plus souvent solitaires ou quelquefois réunies par deux au sommet d’une hampe munie de bractées. Ces fleurs sont grandes ; les trois pièces extérieures très développées sont placées régulièrement et étalées, tandis que les deux intérieures sont plus courtes et rapprochées de façon à former une sorte de capuchon. Le labelle est court, trilobé à lobes latéraux relevés, celui du milieu étant prolongé en forme de langue. Ces fleurs durent plusieurs semaines, surtout si on a le soin lors de la floraison de maintenir la plante dans un milieu à température peu élevée et dépourvu d’une humidité surabondante. Les Lycastes (Lycaste Ldl.) se contentent d'une serre froide; on peut les cultiver simplement en pots dans lesquels on les plante sur un petit exhaussement central fait de terre de bruyère, de brique pilée et de sphagnum. Il convient de n’arroser qu'alors que la plante entre en végétation, ce qui a licu en mars ou avril.
Parmi les nombreuses espèces de Lycaste, il n’en est pas qui soit aussi justement prisée et cultivée que le Lycaste de Skinner (L. Skinneri Ldl.). Les fleurs sont grandes, d’un beau rose carné, et se montrent en abondance quand la plante est bien cultivée. Comme toutes les Orchidées, cette espèce a produit un très grand nombre de variétés, dont une notamment à fleurs complètement blanches est très prisée. Ce Lycaste résiste bien en appartement et sa floraison s’y soutient longtemps. J. D.
LYCHNIDE
LYCHNIDE (horticullure). — Genre de plantes de la famille des Caryophyllacées dont les fleurs comportent un périanthe double formé d'un calice campanulé à cinq divisions avec lesquelles alternent cinq pétales munis de longs onglets et à limbe étalé bifide. L'’androcée est diplostémoné. L’ovaire supère est surmonté de cinq styles qui correspondent à un nombre égal de loges dont les cloisons de séparation se détruisent de bonne heure, si bien que le fruit devient une capsule uniloculaire ; il s’ouvre par déhiscence valvicide et contient des graines nombreuses, noires, chagrinées, munies d’un albumen abondant. Les Lychnides (Lychnis L.) sont des herbes vivaces ou annuelles à feuilles opposées et à fleurs réunies en cymes souvent unipares par avortement; elles ont fourni de nombreuses espèces et variétés à l’ornementation de nos jardins.
Lychnide croix de Jérusalem (Lychnis Chalcedonica L.). —Plante vivace à tiges hispides, érigées, peu ou point ramifiées, se terminant par des cymes bipares brièvement pédonculées de fleurs d’un beau rouge écarlate. Les feuilles sont lancéolées, aiguës, opposées sur les rameaux. La floraison alieu en juin et juillet. Multiplication facile par division des touffes à l’automne. C’est une plante rustique croissant bien dans tout terrain. Il en existe de nombreuses variétés à fleurs blanches et doubles.
Lychnide visqueuse(L.viscariaL.).—Plante vivace
.gazonnante à rameaux noueux, simples, se terminant par des groupes de fleurs d’un rouge purpurin; elle peut servir à la décoration des plates-bandes. On en cultive de belles variétés, parmi lesquelles celles à fleurs d'un rose clair et celles à fleurs doubles blanches sont les plus recherchées.
Lychnide écarlate (L. fulgens Fisch.). — Plante vivace à rameaux simples de 0,30 à 0",40 de haut, recouverts, ainsi que les feuilles qui sont opposées embrassantes, de poils abondants. Corolle large, d’unrouge cocciné, formée de cinq pétales portant à la base du limbe une écaille bidentée, dressée. Multiplication par le semis fait en mai ou juin, en terre saine. Cette plante très ornementale a le défaut d’être un peu délicate ;elle convient bien à la décoration des plates-bandes.
Lychnide fleur de coucou (L. flos cuculi L.). — Espèce indigène et vivace complètement glabre ; fleurs roses à pétales profondément découpés. On cultive surtout les variétés à fleurs roses doubles et à fleurs blanches doubles. J. D.
LYCIET (horticullure). — Arbustes sarmenteux de la famille des Solanées, les Lyciets (Lycium L.) se caractérisent par des fleurs dont le calice est à cinq divisions réunies à la base et qui alternent avec un nombre égal de pétales formant une corolle rotacée. Les étamines basifixes sont au nombre de cinq. L’ovaire est à deux loges, contenant chacune un placenta pariétal sur lequel se trouvent un grand nombre d’ovules ; cet ovaire donne naissance à une baie oblongue contenant des graines nombreuses. Les rameaux longs et flexibles rampent sur le sol ou s’accrochent à quelque support; ils portent des feuilles simples, alternes, à l’aisselle desquelles naissent des rameaux avortés de bonne heure et transformés en épine.
Le Lyciet d'Europe (Lycium europeum L.) est un arbuste épineux traçant, que l’on rencontre à l’état spontané dans le midi de la France, mais qui, supportant très bien le climat du centre, peut convenir à former des haies ou des tonnelles. IL s’est complètement acclimaté aux environs de Paris et on l'y rencontre à l’état sub-spontané. Il croit bien dans les sols secs et à ce titre peut rendre des services dans l’ornementation et aussi dans le boisement des terrains en pente dont il empêche les éboulerments. On le multiplie aisément à l'aide des drageons qu'il émet abondamnient.
On cultive encore le Lyciet vulgaire ou Jasminoïide (L. barbarum L.) qui ressemble à la précé-
LYMEXYLON
dente espèce, mais s’en distingue par des feuilles lancéolées linéaires et des baies plus obtuses. Il sert aux mêmes usages que le précédent. JD
LYCOPODE (horticulture). — Genre de plantes qui à donné son nom à la famille des Lycopodiacées. Ce sont des herbes, quelquefois des plantes sous-ligneuses à ramifications nombreuses dressées ou rampantes, sur lesquelles s’imbriquent des feuilles indivises, sessiles, le plus souvent très petites. Ces plantes sont voisines des Mousses, et leurs organes de reproduction consistent en des spores renfermées dans des sortes de capsules à deux ou trois valves. On cultive dans les serres un grand nombre d’espèces de Lycopode. On les recherche pour en décorer les endroits ombreux, les rocailles. Une espèce est très répandue dans toutes les serres froides : c’est le Lycopode denticulé (Lycopodium denticulatum L.), charmante plante gazonnante qui rend les plus grands services pour la décoration des jardins d'hiver où l’on s’en sert pour en former de petites pelouses qui restent constamment vertes. Ce Lycopode peut encore servir à former des potées dont on peut décorer des appartements. La multiplication est aisée ; 1l suffit en effet de repiquer au plantoir de petites pincées de cette plante pour la voir s’enraciner rapidement et bientôt couvrir le sol de son élégante verdure. La terre de bruyère est nécessaire à sa bonne venue ; de plus il convient que le sol dans lequel se fait la plantation soit sain ; pour éviter l'excès d’humidité qui amène le jaunissement, il est souvent utile d'établir un drainage de plâtras au-dessous de la couche de terre fertile. Les gazons de‘Lycopode doivent être replantés chaque année, sous peine de les voir se dénuder par places. J. D.
LYDA (entomologie). — Genre d'insectes Hyménoptères de la tribu dés Tenthrédiniens, à antennes sélacées, à tête large, à ailes hyalines non ciliées, à jambes postérieures et intermédiaires armées de trois épines, à abdomen déprimé, avec tarière légèrement saillante. Ce genre compte une trentaine d'espèces européennes ; deux sont à signaler comme nuisibles aux arbres cultivés.
La première espèce est la Tenthrède du Poirier (Lyda pyri), à corps jaune brun chez le mâle, noir bleuâtre chez la femelle, à antennes gris noirâtre, jaunes à la base, à corselet fortement ponctué. Les insectes parfaits éclosent en mai, et on les voit dans les jardins jusqu’à la fin de juin ; ils déposent sur la face inféricure des feuilles des œufs oblongs, recouverts d’un enduit, d’où éclosent des larves jaunes, avec la tête et les antennes noires et deux petites cornes sur le dernier anneau. Ces larves se réunissent, au nombre d’une dizaine, dans une toile qui enveloppe plusieurs feuilles dont elles dévorent le parenchyme, et elles accroissent leurs ravages de proche en proche; au moment de se transformer en nymphes, elles se glissent à terre au moyent d'un fil soyeux, et s’y forment une coque où elles passent l'hiver, pour éclore au printemps. On trouve ces larves sur toutes les formes de Poiriers, en plein air ou en espalier. Pour les détruire, on enlève les toiles où elles sont réunies, ou b'en on les flambe avec une torche de paille ou un fourneau, ou bien on bassine les branches avec un mélange d’eau et de pétrole ou une lessive concentrée de savon noir qu'on projette à la pompe.
La deuxième espèce est la Lyda sylvatica, qu'on trouve dans les forêts et qui est nuisible à beaucoup d'arbres forestiers. D’autres espèces attaquent spécialement les arbres résineux.
LYMEXYLON (entomologie). — Genre d'insectes Coléoptères, tribu des Ptiniens, dont une espèce, le Lymexylon navale, attaque les Chênes abattus ou encore sur pied, mais malades. C’est un insecte Jaunâtre, à antennes grêles et filiformes, à élytres molles, plus courtes que l'abdomen et ayant lextrémité brune ; la larve est grêle et allongée, à seg-
lil. — 38
LYMPHADÉNITE
ments plus larges que longs, dont le dernier est renflé en forme d’ampoule. L’insecte dépose ses œufs dans les fentes ou dans les gerçures du bois; les larves qui y éclosent cheminent à travers le bois normalement à sa longueur ; elles font à la surface une ouverture pour évacuer les seiures. Au moment de se transformer en chrysalides, elles en élargissent l'ouverture pour que l’insecte parfait puisse sortir. Ges larves ont fait quelquefois des dégâts énormes dans les arsenaux maritimes ; on ne les prévient qu’en injectant les bois au sulfate de cuivre d’après le procédé Boucherie. Les bois d'Illyrie et de Bosnie, ainsi que ceux de l’Europe septentrionale, paraissent particulièrement atteints par les larves du Lymexylon, qui est assez rare en France.
LYMPHADÉNITE (vélérinaire). — Noy. LEU- COCYTHÉMIE. |
LYMPHANGITE (vétérinaire). — On désigne par cette expression l’inflammation des vaisseaux lymphatiques. Assez fréquente sur tous nos animaux, elle est commune chez le cheval, où on peut l’observer à la suite de plaies insignifiantes. La 1ymphangite est dite essentielle lorsqu'elle se développe sans être précédée d'aucune autre affection. Elle est symptomatique quand elle survient comme complication d’un traumatisme ou d’un état pathologique quelconque.
Elle reconnait des causes externes et des causes internes. Parmi les premières, les principales sont : les divers accidents inflammatoires, les abcès, les maladies cutanées, les tumeurs malignes et les solutions de continuité, notamment celles auxquelles un liquide venimeux ou une matière virulente ont été déposés. Il résulte des recherches de M. Colin (d’Alfort) que la pénétration de la plupart des virus dans l'organisme s'effectue par les voies Iymphatiques, particularité qui explique bien pourquoi les plaies se compliquent si souvent de lymphangite. Produite par une cause interne, la lymphangite survient pendant le cours de certaines maladies spécifiques (diathèse morvo-farcineuse, horsepox, gourme, tuberculose).
Que la maladie soit consécutive à une plaie ou qu’elle apparaisse sans lésion anatomique préexistante, dans tous les cas elle s'exprime par des symptômes qui la font facilement reconnaître. La région qui en est le siège est fortement tuméfiée, ædémateuse, chaude et douloureuse. D'abord plus ou moins limité, le mal gagne peu à peu; en même temps apparaissent des trainéés sinueuses, irrégulières, légèrement saïllantes, un peu chaudes et très douloureuses. Pendant quelques jours, ces trainées sont assez larges, œdémateuses, mais bientôt la sérosité exsudée autour des canaux enflammés se résorbe en même temps que les parois vasculaires s’épaississent, et l’on voit apparaître nettement la corde caractéristique de la Iymphangite. C’est surtout aux parties où la peau est fine (parties latérales de la tête, gouttières Jugulaires, faces latérales de l’encolure, côtes, flancs, croupe, face interne des membres), que la corde de la lymphangite est facilement perçue. Au membre postérieur, à la face interne de la cuisse, on peut trouver, dans le cas d’éruption farcineuse ou gourmeuse, des lymphatiques indurés ayant le volume du pouce ou même du bras d’un enfant.
La maladie se termine par la résolution, la suppuralion ou le passage à l’état chronique.
Qu'elle survienne spontanément ou par un traitement approprié, la résolution a lieu graduellement : les divers symptômes remarqués s’atténuent peu à peu, puis s’effacent complètement. Si la lymphangite doit aboutir à la suppuration, on voit se développer, en divers points de la corde principale, des renflements arrondis, d’abord durs et très douloureux, qui se ramollissent ensuite, deviennent fluctuants et enfin s'ouvrent par une