LYMPHATIQUE
véritable ulcération de la peau. Tandis que, dans la Iymphangite gourmeuse, le pus qui s'écoule des cordes est blanc, épais, crémeux, dans la lymphangite farcineuse, il est, au contraire, jaunâtre, liquide, filant. Lorsque la maladie passe à l’état chronique, les symptômes de l’état aigu disparaissent ; l’'œdème est remplacé par un tissu fibroïde qui entrave les mouvements de la région atteinte, surtout lorsque la lésion siège à un membre.
Toujours la lymphangite est accompagnée d’adénite. Les ganglions auxquels aboutissent les vaisseaux lymphatiques enflammés subissent les mêmes modifications que ceux-ci : ils se tuméfient, s’enflamment, et s’abcèdent ou s’indurent.
Outre ces symptômes locaux, on note, dans la presque totalité des cas, un état fébrile plus ou moins accusé. L'animal est triste, abattu ; il refuse les aliments ; les grandes fonctions sont accélérées, la peau est sèche et chaude, il y a quelques frissons, la température générale s'élève. Ces symptômes, qui marchent ordinairement de pair avec les manifestations Jocales, qui les précèdent quelquefois, disparaissent dès que la lymphangite se résout, ou, lorsqu'il y a Suppuration, dès que le pus a trouvé une voie d'écoulement au dehors.
On observe quelquefois sur le cheval des lymphangites profondes de tout un membre, consécutives à des crevasses, à des plaies du paturon ou du boulet ou à des opérations pratiquées à ces régions. Elles s’accusent par des symptômes très graves : engorgement œdémateux diffus, chaud et très douloureux, défaut complet d'appui des membres, état général exprimant une vive souffrance. - Si l'on ne donne pas prématurément issue au pus formé dans la profondeur de la région malade, il fuse sous les aponévroses et exerce son action nécrosante sur les tissus qui ont son contact.
On a aussi constaté sur le-cheval une lymphangite chronique épizootique. Elle accompagnerait les plaies, les atteintes, les excoriations, qui deviendraient réfractaires à la cicatrisation par le dépôt, dans leur profondeur, d’une substance d'apparence tuberculeuse, jouant Je rôle de corps étranger. Les caractères de cette lymphangite ne diffèrent guère de ceux qui ont été indiqués plus haut. L’évolution de la maladie est extrêmement lente; sa durée est de deux à six mois.
Enfin, dans ces derniers temps, on a décrit sous les noms de farcin volant, farcin bénin, farcin d'Afrique, pseudo-farcin, des variétés de lymphangite qui n'ont avec le farcin (voy. ce mot) qu'une certaine analogie symptomatique, et qui en sont radicalement différentes. L'expression de farcin doit être réservée aux manifestations cutanées de la diathèse morveuse.
La lymphangite simple réclame un traitement antiphlogistique. La saignée générale ou locale, les émollients, surtout les bains antiseptiques tièdes, permettent de l’enrayer à une période voisine du début. Lorsqu'il y a menace de suppuration, il faut recourir aux résolutifs. Dès que la suppuration existe, il faut ponctionner les points fluctuants au bistouri ou au éautère, et, lorsque le pus est recouvert par d’épaisses couches de tissus, il est indispensable d'intervenir rapidement si l’on veut éviter d'irréparables désordres. Les collections purulentes profondes doivent être ouvertes par l’incision mé-— thodique des plans charnus qui les recouvrent et ensuite fréquemment détergées, lavées par des injections antiseptiques. p.710
LYMPHATIQUE (z0o0technie). — Qualificatif d’un certain tempérament des animaux, qui est l'opposé de ceux qu’on appelle vif ou nerveux. C’est done l'équivalent du tempérament mou. Ce qualificatif est fréquemment employé pour caractériser les sujets aux allures lentes, aux habitudes calmes, et surtout ceux qui, dans tous lesgenres, s’engraissent facilement. Il veut dire que ces sujets sont riches