‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 24 sur 205 · LYSIMAQUE · texte numérisé non relu

LYSIMAQUE

en lymphe. C’est, dans le langage courant des sportsmen qui s'appellent eux-mêmes «hommes de cheval», l'opposé de ce qu’ils entendent en disant qu’un cheval a du sang, ce qui signifie que son système nerveux est excitable à un degré élevé.

L'expression de lymphatique est en fait conforme à la vérité scientifique, bien que, certainement, l'usage qui l’a fait adopter n’en ait point été inspiré. Il y à là une de ces heureuses rencontres comme les bons observateurs, même non éclairés, en ont eu souvent. Les sujets qualifiés ainsi ont constamment le tissu conjonctif lâche très abondant, sous la peau et ailleurs. Il en est de même pour tout le système des éléments anatomiques de même sorte. Etant connu maintenant que les vaisseaux Iymphatiques ont leur origine dans les lacunes de ce tissu, et que conséquemment c’est lui qui élabore la lymphe qu’ils charrient pour la conduire dans lappareil circulatoire du sang, il s'ensuit nécessairement que ces sujets font de la lymphe en abondance et qu’ils sont ainsi justement qualifiés de lymphatiques.

On a eru longtemps que le qualificatif avait un sens seulement figuré. Ce qui précède montre que ce sens est au contraire tout à fait positif. Il est eonstant que dans le sang des individus auxquels il s'applique les globules blancs ou cellules lymphatiques sont proportionnellement beaucoup plus nombreux que dans celui des sujets à tempérament vif. AS:

LYSIMAQUE (botanique, horliculture). — Genre de plantes dicotylédonées, établi par Linné (Lysimachia L.) et rangé aujourd’hui dans la famille des Primulacées. Les Lysimaques se distinguent parmi les plantes du même groupe, et particulièrement des Primevères, dont elles sont très voisines, parce qu’elles ont le calice dialysépale et non gamosépale, la corolle rotacée et non en coupe, les étamines légèrement unies entre elles par leurs filets (voy. PRIMULACÉES). Ce sont des herbes à feuilles simples, opposées, sans stipules. On en connait environ soixante espèces, parmi lesquelles un petit nombre appartient à la flore de nos pays.

Les Lysimaques croissent habituellement sur le bord des ruisseaux, dans les allées humides des bois. Les animaux les dédaignent d'ordinaire et l’on peut dire qu'au point de vue agronomique ce sont des plantes plutôt nuisibles qu'utiles. L'horticulture d'ornement en tire, au contraire, un assez bon parti.

L'espèce la plus commune dans nos contrées est la Lysimaque vulgaire (Lysimachia vulgaris L.), belle plante d’un mètre environ, à feuilles opposées ou verticillées par trois ou par quatre, terminée par une grande grappe ramifiée de cymes de fleurs jaunes dorées. Elle convient très bien pour orner les plates-bandes à sol frais et riche en humus.

On trouve dans une grande partie des Pyrénées, d’où elle a été introduite dans les jardins, une espèce glauque, à fleurs blanches, disposées en longues grappes terminales ou axillaires. C’est la Lysimaque Ephémère (L. Ephemerum L.), plante à tige dressée, de même taille que la précédente, et qui s'emploie aux mêmes usages.

La Lysimaque Nummulaire (L. Nummularia L.) est une herbe rampante, commune dans les bois ombragés et dans les prairies humides. Ses fleurs sont solitaires à l’aisselle des feuilles, colorées en jaune vif et ponctuées. Cultivée en pot, elle sert à former des suspensions fort élégantes.

Toutes ces espèces sont vivaces et se multiplient facilement par éclats ; elles demandent une terre fraiche et substantielle. E. M.

LYSSES (vétérinaire). — On a donné cette appellation à des vésicules qui se développent sur la muqueuse buccale, au niveau des glandes maxillaires et sublinguales, sous l'influence de diverses causes. Elles n’ont aucune signification précise.

LYTHRARIACÉES

On les a considérées bien à tort comme caractéristiques de la rage. — Quelques auteurs ont encore donné ce nom à la ligne blanchâtre, constituée par du tissu fibreux, que l’on trouve à la face inférieure de la langue du chien, et que le vulgaire appelle le ver de la langue du chien. P.eJ.:C.

LYTHRARIACÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones, dont l'étude sommaire peut être faite sur les Salicaires (Lythrum L.), d’où elle tire son nom. Les Salicaires ont la fleur régulière et hermaphrodite. Leur réceptacle a la forme d’un tube allongé, à parois minces, qui porte le calice autour de son ouverture (ce tube est souvent décrit comme appartenant au calice, alors considéré comme gamosépale). Les sépales varient en nombre : suivant les fleurs examinées, on en compte quatre, cinq ou six, ce dernier nombre étant le {plus fréquent. En dehors d’eux s’observent de petites languettes (calicule) alternes. Les pétales sont en nombre égal, alternes avec les sépales, atténués en un court onglet, chiffonnés et tordus dans le bouton. L’androcée est toujours diplostémoné ; il y a done huit, dix ou douze étamines. Celles qui sont superposées aux sépales sont lengues et saillantes ; elles s’insèrent vers le

Fig. 288. — Coupe longitudinale de la fleur de la Salicaire commune.

haut du tube réceptaculaire et ont les anthères introrses, biloculaires et déhiscentes en long. Celles qui sont en face des pétales, beaucoup plus courtes, insérées beaucoup plus bas, se montrent plus ou moins stériles. L’ovaire est libre, attaché au fond du tube réceptaculaire, et surmonté d’un style renflé et bilobé à son extrémité stigmatique ; il se partage en deux loges, dont l’une est antérieure, l’autre postérieure. Sur un gros placenta porté par la cloison, on voit dans chaque compartiment de nombreux ovules ascendants, anatropes, avec le micropyle dirigé en bas et en dehors. Le fruit est une capsule induviée par le réceptacle, et irrégulièrement septicide à la maturité. Les graines renferment sous leurs téguments un embryon dépourvu d’albumen. * Les Salicaires sont des herbes ou des sous-arbrisseaux à rameaux tétragones, à feuilles ordinairement opposées, simples et sans stipules. Leurs fleurs se disposent en cymes rapprochées en épis ou en grappes plus ou moins ramifiées. On en connait environ douze espèces, propres aux régions marécageuses de toutes les parties du monde.

Autour de ce genre viennent s’en grouper d’au-

LYTHRARIACÉES

tres, dont les uns en diffèrent à peine, dont les autres, un peu plus dissemblables, deviennent les types de sections distinctes. Nous indiquerons seulement ceux qui se rencontrent spontanés autour de nous, ou qui sont généralement cultivés.

Les Nesæa Commers. ne diffèrent guère des Salicaires que par la forme de leur réceptacle peu profond, et par leur ovaire qui compte de trois à six loges (les fleurs de Salicaires à ovaire triloculaire ne sont pas très rares). Ce sont des plantes africaines ou américaines, toujours ligneuses.

Les Lagerstræmia L. ont les étamines indéfinies et les graines ailées;, 1ls constituent de beaux arbres de l'Asie orientale, très usités dans nos cultures de luxe.

Les Hennés (Lawsonia L.) n’ont plus que quatre parties au périanthe; huit étamines s’insèrent au niveau d'autant de glandes nées sur les bords du réceptacle cupuliforme. On n'en connaît qu'une espèce originaire de l’Arabie.

Les Cuphæa P. Br. se reconnaissent facilement à l'irrégularité de leur fleur, qui est d’ailleurs construite comme celle des Salicaires. Le tube réceptaculaire se prolonge en arrière et en bas en une

Fig. 239. — Diagramme de la même

fleur.

Fig. 299. — Fruit déhiscent. Fig. 291. — Graine entière

et coupée en long.

sorte d'éperon obtus. Des six pétales, les deux postérieurs sont ordinairement plus grands que les autres (tous peuvent manquer). L’androcée est réduit à onze étamines, par suite de l'avortement constant de celle qui serait en face du sépale postérieur. L’ovaire porte en arrière une glande qui se loge dans l’éperon ; il est biloculaire, mais la loge postérieure demeure quelquefois stérile. Le fruit est une capsule. On peut donc définir les Cuphæa des Lythrum irréguliers. Les nombreuses espèces de ce genre sont toutes américaines.

Un peu plus dissemblables sont les Péplides

LYTTA (Peplis L., Ammania Houst.) dont une espèce est commune sur le bord de nos étangs. Elles ont, en effet, la fleur constamment isostémonée, et manquent quelquefois de corolle.

La famille des Lythrariacées, telle qu'elle est aujourd'hui délimitée, contient une trentaine de genres, entre lesquels sont fort inégalement réparties deux cent cinquante espèces environ, dont près d’un tiers appartient au seul genre Cuphæa. Son aire géographique est fort étendue, car certains genres sont représentés depuis la Laponie jusque dans le Chili méridional. Quant à ses affinités, elles sont multiples, mais surtout évidentes avec les Onagrariacées et les Myrtacées, dont le principal caractère différentiel est l’adhérence de l'ovaire. Les Mélastomacées présentent également une grande analogie avec le groupe dont il est question ; mais la nature particulière de leurs étamines les en distingue facilemeut.

Les propriétés des Lythrariacées sont assez diverses : les unes contiennent de notables proportions de tanin ; d’autres sont plutôt riches en résine, en principes àcres et purgatifs. La Salicaire commune (Lythrum Salicaria L.), si abondante sur le bord de tous nos cours d’eau, a joui longtemps d’une grande réputation comme astringente et antidysentérique; on l’emploie encore dans nos campagnes pour confectionner des cataplasmes qui passent pour vulnéraires. Quelques plantes du groupe sont précieuses pour les matières colorantes qu’elles renferment ; la plus célèbre sous ce rapport est le Henné (Lawsonia inermis L.), petit arbre maintenant cultivé dans presque tous les pays chauds (voy. HENNÉ). |

La Salicaire donne un assez bon fourrage, que les animaux acceptent volontiers ; mais, pour nous autres Européens, c’est surtout comme plantes d'ornement que les Lythrariacées présentent de l'intérêt. La Salicaire est très usitée pour garnir les bords des pièces d’eau ; tout le monde connaît les Cuphæa, qui font, dans les corbeilles et les bordures, un si joli effet, tant par leurs fleurs à forme bizarre, que par la variété de leur feuillage. Les Nesæa, et surtout les Lagerstræmia, sont des arbustes de toute beauté, dont chacun a pu admirer dans nos serres l’admirable floraison. E. M.

LYTTA (entomologie). — Genre d'insectes Coléoptères, tribu des Cantharidiens, famille des Méloïdes. Ces insectes, voisins des Cantharides (voy. ce mot), en diffèrent par la fine pubescence qui recouvre le corps, par la forme des màchoires et des antennes, le corselet moins court et les élytres un peu élargies en arrière. En Europe, les espèces de ce genre sont rares; mais en Amérique, elles sont assez nombreuses. Dans la République argentine, on trouve abondamment la Cantharide pointillée (Lytlta adspersa), longue de 13 à 16 millimètres, de couleur gris cendré, avec des petits points noirs; les antennes sont noires et les pattes roussâtres. Cet insecte vit sur la Betterave cultivée dont il ronge les feuilles; sur certains points, il a compromis la culture de cette plante; on lui fait la chasse suivant une méthode analogue à celle employée pour les Altises, en secouant le matin les feuilles de Betteraves au-dessus d’un sac en toile à large ouverture, dans lequel on fait tomber les insectes engourdis. Cet insecte possède des propriétés vésicantes analogues à celles de la Cantharide.

MACAREL

MACAREL (biographie). — Louis-Antoine Macarel, né à Orléans en 1790, mort en 1854, jurisconsulte et conseiller d'Etat, fut un des premiers propriétaires qui s’adonnèrent au reboisement de la Sologne en pratiquant des plantations et des travaux d'assainissement. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. Parmi ses nombreux ouvrages juridiques, il convient de citer son Cours de droit administratif professé à la Faculté de droit de Paris (1842-1843), dans lequel une large place est faite aux subsistances publiques et à l'industrie agricole. HS:

MACCABEO (ampélographie). — Le Maccabeo est un cépage méridional que l’on ne rencontre guère que dans le Roussillon, en Provence et dans le Cantal ; il prend dans ces diverses contrées divers noms qui sont indiqués ci-dessous.

Synonymie : Maccabeo dans le Roussillon; Ugni blanc dans presque toute la Provence; Bouan et Beou (bon et beau), Queue de renard, Clairette à grains ronds, dans le Var; Grédelin, dans Vaucluse. Le nom d'Ugni blanc ne saurait le faire considérer comme une variété de l’Ugni noir qui est l'Aramon et dont 1l diffère absolument.

Description. — Souche forte. Sarments étalés, longs, de moyenne grosseur, à mérithalles longs, d'une couleur gris roussätre. Feuilles moyennes, quinquélobées, sinus pétiolaire ouvert, sinus latéraux supérieurs profonds et fermés, les inférieurs ouverts; dents aiguës; face supérieure d’un vert clair un peu jaunâtre, face inférieure couverte d'un duvet aranéeux assez serré. Grappe longue, cylindrique (d’où le nom de Queue de renard), plus ou moins ailée. Grains moyens, sphériques, blancs, se colorant en roux ou en rose clair, dans les sols chauds et un peu caillouteux en coteaux, ce qui a donné lieu à l’idée erronée qu’il existait une variété rose de ce cépage. Maturité tardive (troisième époque un peu tardive de M. Pulliat).

Le Maccabeo est peu difficile quant à la nature du sol, il ne redoute guère que ceux qui sont humides à l'excès, dans lesquels il dure peu. D’une grande rusticité, il craint peu les gelées du printemps, à cause de l’époque tardive de son débourrement. La peau épaisse de son fruit le protège contre la pourriture et permet de le conserver facilement en hiver. Il parait offrir une grande résistance à l’action du mildew. Son vin, lorsqu'il a été récolté dans des situations bien exposées et dans des sols chauds et caillouteux, est de très bonne qualité et peut être comparé au bout de quelques années à celui de Marsala; il entre dans la composition des vins blancs de Cassis (Bouchesdu Rhône), qui jouissent d’une certaine réputation locale. G. F.

MAC-COMBIE (biographie). — William Mac- Combie, né en 1805, mort en 1880, fermier à Tillyfour, comté d’Aberdeen (Ecosse), a été un des éleveurs écossais les plus renommés du milieu du dix-neuvième siècle ; il obtint surtout de grands

MACHE

succès dans l'élevage de la race bovine qui porte le nom d’Angus-Aberdeen. Il fut le premier fermier qui ait été appelé par l'Ecosse à siéger au parlement anglais. H. S.

MAC-CORMICK (biographie). — Ingénieur américain, Mac-Cormick, né vers 1800, mort en 1885, s’est rendu célèbre par l'invention de la moissonseuse mécanique qui à servi ensuite de type à tous les autres modèles. Le principe de cette invention, décrite dans plusieurs brevets dont le premier date de 1831, consiste dans la transmission de la force du moteur à une scie portée par une lame armée de dents qui lui sert de support; cette scie est douée d’un mouvement rectiligne alternatif et progressif. Ce système a prévalu sur toutes les combinaisons imaginées antérieurement (voy. Mois- SONNEUSE). EH. S.

MACERON (botanique). — Genre de plantes de la famille des Ombellifères. Le Maceron (Smyrnium L.) est une herbe bisannuelle ou vivace, portant des feuilles amples d’un vert foncé, luisantes, composées pennées, à segments arrondis, la gaine est large et membraneuse. Les inflorescences n’ont pas d’involucre, mais sont munies d’involucelles ; les fleurs qui les composent sont d’un vert jaunâtre et comportent un calice à divisions entières avec lesquelles alternent celles de la corolle. Les fruits sont noirs, presque globuleux, relevés de trois côtes peu saillantes ; ils sont contractés à la commissure. On rencontre le Maceron (Smyrnium olusatrum L.) dans les haies, les décombres de toutes les régions maritimes de la France.

Il existe une forme potagère de cette plante que l'on a beaucoup cultivée dans les siècles passés, mais qui est ensuite tombée dans l’oubli. Cependant en Turquie la culture de cette plante est encore en honneur. On en consomme la feuille après étiolement, ainsi que les racines. Celle-ci est pivotante turbinée, recouverte d’une écorce noirâtre.

Elle contient en abondance une fécule à grains très

irréguliers de dimension. Cette racine mérite d’être cultivée. La croissance de la plante est rapide et sa culture est sans exigence. Il convient, pour la consommer, de la cuire à grande eau, de façon à lui faire perdre son goût aromatique. JD:

MACHAON (entomologie). — Voy. PAPILLON.

MACHE (hortliculture). — Plante potagère de la famille des Valérianacées. La Mâche ou Doucette (Valerianella. Tour) est tantôt annuelle et d’autres fois bisannuelle. Ses feuilles forment sur le sol une rosette, du centre de laquelle s'élèvent des rameaux aériens divisés en dichotomie et portant des fleurs à périanthe double. Le calice est à cinq divisions très brèves avec lesquelles alternent celles d’une corolle rotacée. L’androcée comprend trois étamines. L'ovaire comporte trois loges, surmontées d’un nombre égal de styles; deux des loges restent stériles, seule la troisième contient une graine. Le fruit est induvié par le calice.

La Mâche est utilisée pour la confection de

MACHE

salades; elle croit dans les terrains calcaires à l'état subspontané, car elle ne paraît pas être indigène en France, mais provenir de Sicile et de Sardaigne où on la rencontre encore de nos Jours à l’état véritablement spontané.

L'espèce la plus généralement cultivée est celle de la Mâche potagère (Valerianella olitoria L.) La culture, en s’emparant de cette plante, en a modifié l’aspect. Les feuilles sont, dans les variétés potagères, plus étoffées et forment sur le sol une rosette compacte, ce qui a valu à la variété que l’on cultive dans les jardins le nom de Mäche ronde ou Mäche double. On s'attache actuellement à augmenter l'épaisseur des feuilles, de façon que celles-ci résistent à la flétrissure et supportent l'emballage et le transport à longue distance.

La culture de la Mäche est facile. Cette plante vient presque sans soins et présente l’incontestahle avantage de fournir sans frais une salade fraiche pendant tous les mois d'hiver. Aussi ne doit-on pas négliger d’en multiplier les époques de semis, afin d’en prolonger la récolte. On peut semer la Mâche dès le mois d'août. Ce premier semis fournira ses produits dans le courant d'octobre et jusqu'au milieu de l'hiver. Il est rare que les plantes provenant de ces semis hâtifs résistent bien aux grands froids ; aussi est-il utile, plutôt que de semer une grande quantité de Mäche en août, d’en faire des semis successifs en septembre et même jusque dans la première quinzaine d'octobre ; de cette façon on obtiendra une production soutenue pendant l’hiver et le printemps.

Les semis se font à la volée. Il convient de répandre environ 100 grammes de graines par are. Il faut éviter, en effet, de faire les semis trop épais, sans quoi les plantes se gênent les unes les autres, se développent mal et souvent pourrissent sur le sol. Habituellement les premiers semis ne sont pas faits dans un terrain spécial. On se contente de répandre la graine sur le sol déjà occupé par d’autres salades ou des Choux-fleurs. Les semis destinés à fournir leurs produits pendant l’hiver doivent au contraire être pratiqués dans un sol libre de toute autre culture afin de faciliter le bon développement des plantes d’abord, puis de faciliter leur récolte. La Mâche vient bien dans tout terrain, cependant les sols calcaires et argilo-calcaires sont ceux qui lui conviennent le mieux.

Les graines n'étant pas d’un fort volume, il n’est pas utile de les enterrer profondément; on se contente, dès qu’elles sont répandues, de herser le sol à l’aide du râteau, puis de le recouvrir d'une mince couche de terreau. Pour les premiers semis, quelques arrosages sont nécessaires afin de faciliter la levée ; celle-ci a lieu au bout de huit à dix jours. Il est utile, peu de temps après la levée, de pratiquer un sarclage, afin d'enlever toutes les mauvaises herbes qui peuvent nuire beaucoup au bon développement des Mâches et entrainer la pourriture d'une partie des jeunes plantes pendant l'hiver.

La Mâche ne craint pas les gelées; il est donc inutile de l’abriter pendant l'hiver. Cependant, si lon craint la neige, il est prudent, afin de se ménager une récolte facile même à ce moment, de recouvrir les planches de Mâche de quelques paillassons. Ceux-ci peuvent dans ce cas, ou bien être déposés directement sur le sol, ou, ce qui vaut mieux, reposer sur des gaulettes supportées par des petits piquets enfoncés dans le sol.

La récolte de la Mâche se fait en coupant le pied à l’aide d’un couteau. Quand la plantation est très serrée, il est bon, lors des premières récoltes, de ne couper que les plantes les plus développées. En donnant ainsi plus d'espace à celles qui restent, on en favorisera le développement et l’on augmentera d'autant la récolte. Dans les semis clairs, la récolte peut être totale dès le début; le terrain se trouve dans ce cas débarrassé plus rapidement.

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