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MACHINES

La récolte de la graine se fait sur des plantes provenant du semis d'automne. On a soin d'enlever tous les pieds qui ne sont pas très étoffés, pour ne laisser monter à graine que les meilleurs. On arrache les Mâches dès qu’elles commencent à jaunir, pour les étendre sur une toile et les soumettre à un léger battage. Si l’on a tardé de faire la récolte, une grande quantité de graines est tombée sur le sol; dans ce cas, on ramasse à la pelle et au balai la couche superficielle du sol, et on jette le tout dans un baquet d’eau; les graines venant à surnager, on les retire pour les sécher à l’ombre. La graine de Mâche présente la particularité de germer mieux alors qu’elle est âgée de deux ans que quand elle provient de la récolte de l’année précédente. Pour cette raison, il est utile, quand on récolte sa graine soi-même, d'indiquer sur le sachet la date à laquelle la récolte a été faite. RER

MACHINES (génie rural). — On donne le nom de machines aux corps ou aux assemblages de corps destinés à transmettre le travail des forces. Le travail mécanique consistant à vaincre une résistance et à parcourir un chemin, les organes des machines doivent être combinés de manière à atteindre ce double résultat. Ces organes sont toujours de trois sortes : les organes récepteurs, sur lesquels le moteur agit directement ; les organes de transmission, qui servent à transmettre et à transformer le mouvement du moteur ; les organes actifs ou les outils, par lesquels est exécuté le travail auquel la machine est appliquée. La mise en œuvre d’une machine absorbe toujours une certaine partie du travail initial, de telle sorte que le travail utile ne représente qu'une fraction du travail du moteur (voy. TRAVAIL). Cette fraction est le rendement de la machine : on comprend qu'une machine est d'autant plus parfaite que son rendement est plus élevé.

On emploie, dans les travaux agricoles, un grand nombre de machines de toutes sortes. C’est d'abord la machine à vapeur (voy. VAPEUR), qu'on trouve aujourd'hui dans la plupart des exploitations de quelque importance. Ce sont ensuite les machines à labourer (voy. CHARRUES, EXTIRPATEUR, SCARIFI- CATEUR et VAPEUR), à semer (voy. SEMOIR), à herser (voy. HERSE), à sarcler (voy. HOUE, etc.), à faire la récolte des fourrages (voy. FAUCHEUSE, FANEUSE, RATEAU), à moissonner (voy. MOISSONNEUSE), à battre les récoltes (voy. BATTEUSE), à les préparer pour divers usages ( vOy. COUPE-RACINES, DÉPUL- PEUR, HACHE-PAILLE, TRIEUR, etc.).

Toutes les transformations des produits du sol s’opèrent aussi à l’aide de machines plus ou moins compliquées, qui sont décrites dans ce Dictionnaire à leur place respective ; il en est de même pour les appareils des industries agricoles. à

La construction des machines agricoles a pris, depuis un demi-siècle, une importance eroissante dans tous les pays civilisés. C’est d’abord en Angleterre et aux Etats-Unis d'Amérique que ce mouvement s’est opéré; il a gagné rapidement tous les autres pays, particulièrement la France. Une émulation féconde existe partout entre les inventeurs. Nous pouvons constater en France que les mécaniciens travaillent sans cesse à améliorer leurs machines, et qu'ils apportent le plus grand zèle à satisfaire à tous les besoins agricoles, soit qu'il. s'agisse de perfectionner la construction, soit qu'il s'agisse du choix des matières premières. La qualité de la construction dans la plupart des machines françaises est certainement égale à celle des meilleures machines d’origine étrangère ; en ce qui concerne notamment les machines à vapeur et les batteuses, nos mécaniciens tiennent le premier rang dans les concours internationaux; pour les charrues, on ne trouve nulle part d'instruments aussi bons que les nôtres; l’acier est devenu d’un emploi presque général dans leur. fabrication. S’il

MACIS

y a eu jusqu'ici une certaine infériorité dans la construction des faucheuses, des moissonneuses et de quelques autres types, la cause en est que ces machines se sont répandues beaucoup plus lentement en France qu’en Angleterre et surtout en Amérique; mais cette infériorité, qui diminue rapidement, disparaitra à bref délai.

Quant à l'influence de l'emploi des machines en agriculture, il se résume en deux mots: travail plus rapide et moins coûteux, et par suite prix de revient moins élevé. C’est ce qui ressort de l’étude de chacune des opérations auxquelles les machines sont appliquées. Non seulement leur emploi permet de réaliser de grandes économies de main-d'œuvre, mais il permet d'exécuter une foule de travaux auxquels, sans leur secours, on devrait renoncer.

Les cultivateurs sont parfois embarrassés en présence de la multiplicité des types de machines entre lesquels ils hésitent. À égalité de travail, on doit donner toujours la préférence aux machines qui présentent le plus de garanties sous le rapport de la solidité et de la facilité des réparations; ces deux qualités sont de première importance pour les usages agricoles.

Le développement de l’emploi des machines en agriculture a été considéré quelquefois comme devant entrainer la misère pour les ouvriers agricoles. Au début de l’usage des machines, Léonce de Lavergne répondait victorieusement à cette objection comme il suit : (« On peut être certain que la somme de travail ne sera pas diminuée; les bras devenus libres seront employés à d’autres travaux qu'on ne fait pas aujourd'hui, et qui augmenteront d'autant la production; c’est ce qui arrive toujours en pareil cas. Dans toutes les industries où a pénétré l'emploi des machines, les salaires ont monté, au lieu de baisser; il en sera de même dans l’industrie rurale. L'exemple de l’Angleterre, où l’on emploie plus de machines aratoires et où les salaires ruraux sont plus élevés que chez nous, le démontre suffisamment. Nos propriétaires et fermiers peuvent donc, en toute sûreté de conscience, réaliser, dès qu'ils le pourront, l'économie que les machines doivent leur procurer. » Ces prévisions se sont réalisées rapidement et en tous points; Jamais les salaires ruraux n’ont été aussi élevés en France que depuis le développement de l'usage des machines. H:5:

MACIS (botanique). — On donne ce nom, dans le commerce des drogues et des épices, à un produit très aromatique, fourni par le Muscadier {Myristica fragrans Houtt.), arbre des Moluques et de la Nouvelle-Guinée, qui donne également la muscade.

Le macis n’est autre chose qu’un arille né à la fois du hile et du micropyle de l’ovule du Muscadier. Il est charnu, à l’état frais, et d’une teinte carminée ; il entoure incomplètement la graine au moment de sa maturité. Dans les pays de production, on le détache avec soin, sans le briser, et on le sèche au soleil. Il prend alors une couleur orangée, et se présente sous la forme d’une sorte de cupule plus ou moins ajourée, à bord profondément lacinié. Sa consistance est presque cornée, et, quand on le comprime fortement, il laisse exsuder l'huile essentielle qu’il contient. Il est doué d’une odeur forte et pénétrante (différente de celle de la muscade) et d’une saveur chaude. Le macis est, comme presque tous les aromates, un stimulant énergique de l’appareil digestif. On l’emploie comme condiment, et il entre dans la composition d’un certain nombre de médicaments. E. M.

MACQUELINES (FROMAGE DE) (laiterie). — Fromage à pâte molle affinée, fabriqué avec du lait de vache pur ou partiellement écrémé, à Macquelines et aux environs de Senlis (Oise). C’est un fromage rond, large de 10 centimètres, épais de 3 centimètres, pesant environ 300 grammes. La fabrica-

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tion a une grande analogie avec celle du Camembert (voy. ce mot). Comme pour tous les fromages semblables, la valeur des produits dépend surtout de l’écrémage du lait.

MACRE (botanique). — Genre de plantes créé par Linné sous le nom de Trapa, et actuellement rangé dans la famille des Onagrariacées.

Les Trapa se distinguent parmi les autres genres du même groupe par les caractères suivants. Leur fleur est régulière et tétramère, avec un réceptacle non pas sacciforme, mais creusé en coupe assez peu profonde. Leur androcée est isostémoné. Leur ovaire, en partie supère, supporte un style simple, capité, et se divise en deux loges situées à droite et à gauche du plan antéro-postérieur de la fleur. Il n’y a dans chacune de celles-ci qu'un seul ovule anatrope, descendant, avec le mycropyle supérieur et intérieur (au moins dans le jeune âge). Le fruit estun achaine à péricarpeï solide, muni, vers la moitié de sa hauteur, de quatre épines plus ou moins arquées et dures, qui représentent les quatre sépales accrus et lignifiés (ce phénomène ne se produit que sur deux des sépales, dans une des espèces connues). Sa cavité unique renferme une graine volumineuse, dépourvue d’albumen, et dont l'embryon possède deux cotylédons fort inégaux : l’un squamiforme, à peine visible ; l’autre épais et charnu, formant à lui seul la plus grande partie du volume de la semence.

Les Macres sont des herbes aquatiques dont on connait un petit nombre d'espèces disséminées dans les régions tempérées ou chaudes de l’ancien monde. Leur tige plonge dans la vase par sa racine, et porte deux sortes de feuilles : les unes, toujours submergées, sont réduites aux nervures entourées d’une mince couche de parenchyme, ce qui les fait ressembler à autant de faisceaux de racines pour

Fig. 292. — Mâcre ou Châtaigne d’eau.

lesquelles on les prend assez souvent. Les autres sont rapprochées en rosettes flottantes ; leur limbe, simple et denté, termine un pétiole plus où moins long, renflé vers son sommet en une sorte de vésicule destinée à maintenir la plante dans une situaton à peu près verticale. Toutes ces feuilles sont opposées, etles supérieures seulement portentà leur

‘aisselle des fleurs solitaires, assez brièvement

pédonculées.

La seule espèce du genre connue en Europe se trouve jusqu'en Danemark et en Sibérie; c'est la Macre flottante (Trapa natans L.), espèce annuelle et vigoureuse. En France, elle habite les eaux dormantes, surtout dans l’ouest, et elle est connue, suivant les contrées, sous les noms vulgaires les plus divers, tels que : Chäâtaigne d’eau, Noix d’eau, Marron d’eau, Truffe d'eau, Marron cornu, Corniolle, Cornuelle, Echardon, Galurin, etc. Ses fruits (fig. 293) sont bons à manger et possèdent un goût analogue à celui de la châtaigne, mais moins sucré. On les consomme crus ou cuits, soit entiers, soit réduits en purée. Ils servent, dit-on, de pain dans une partie de la Suède. Les tiges et les feuilles de cette plante sont quelquefois employées pour nour-

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