‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 28 sur 205 · MADÈRE · texte numérisé non relu

MADÈRE

agréable. Maturité à la première époque. Ce cépage demande, d'après M. Pulliat, une taille longue.

MADELEINE DE JACQUES.— Le raisin de ce cépage est surtout remarquable par sa maturité précoce, bien qu’il ne soit pas sans valeur, grâce à sa beauté et à son goût agréable.

Description. — Souche vigoureuse, à sarments vigoureux, érigés, à mérithalles courts. Feuilles grandes, tourmentées ; sinus pétiolaire en U; sinus latéraux supérieurs peu profonds; sinus latéraux inférieurs assez profonds; dents larges et obtuses. Grappe assez grosse, cylindro-conique. Grains moyens, sphériques, d’un blanc jaunâtre, juteux et sucrés. Maturile à la première époque.

La Madeleine de Jacques est peu rustique, elle redoute les gelées d’hiver qui en font périr le bois, et celles de printemps qui en détruisent la première végétation ; son fruit est très accessible à la pourriture. Aussi doit-on la placer dans des milieux où ces accidents ne sont pas à redouter. AE

MADÈRE (œnologie). — L'ile de Madère, située dans l’océan Atlantique, au sud-ouest des côtes de l'Europe, par 32 degrés de latitude nord et 19 degrés de longitude ouest, est renommée pour la culture de la Vigne et la production de vins célèbres. La Vigne y a remplacé la Canne à sucre, et elle a constitué la richesse presque exclusive de l'ile jusqu'à l'invasion du Phylloxéra en 1875; depuis cette date, une partie des Vignes ont été remplacées par des céréales et par la Canne à sucre, qui y à été introduite de nouveau. — Les vins de Madère sont des vins blancs secs, de couleur fortement ambrée, produits avec des raisins provenant surtout de cépages introduits de Chypre et de Bourgogne ; leur force alcoolique est, en moyenne, de 15 à 18 pour 100. La production, qui était de 250 000 hectolitres environ, a diminué de plus de moitié; l'exportation est de 80 000 à 90 000 hectolitres par an.

MADIA.— Le Hadia sativa ou M. viscosa est une plante annuelle, de la famille des Composées, originaire du Chili et connue en France depuis 1794. Elle a généralement de 40 à 50 centimètres de hauteur. Ses tiges sont velues dans leur partie inférieure et couvertes de poils glanduleux à leur sommet. Ses feuilles sont opposées et demi-amplexicaules ; ses fleurs jaunâtres sont disposées en capitules ; ses fruits sont des achaines grisätres et oléagineux.

Le Madia est d’une remarquable rusticité et ne redoute pas les grandes chaleurs. Malheureusement, ses tiges, ses feuilles et ses fleurs développent une odeur forte et désagréable. C’est cette odeur infecte et l'irrégularité avec laquelle il müûrit ses graines, qui sont cause que l’on a aujourd’hui renoncé partout en France à le cultiver comme plante oléagineuse.

Quoi qu’il en soit, on sème le Madia en place du 1% avril à la fin de mai. Les lignes sont espacées de 40 centimètres. On répand de 10 à 12 kilogrammes de graines par hectare. Les plantes doivent être éclaircies, de manière qu'elles soient espacées de 12 à 15 centimètres. À cause de leur odeur, aucun insecte ne les attaque.

Cette plante, dans les circonstances ordinaires, se développe rapidement. Elle arrive à maturité soit à la fin de juillet, soit dans la première quinzaine d'août ; elle est bonne à récolter quand la plupart des graines ont pris une teinte grise; mais, comme tous les capitules ne mûrissent pas en même temps, on se trouve dans la nécessité de laisser les tiges en javelles sur le sol pendant plusieurs jours. En agissant ainsi, on prévient la perte par l’égrenage d’une certaine quantité de graines. Le battage des tiges sèches a lieu dans le champ, sur une bâche à Colza et au fléau, ou à l’intérieur de la ferme à l’aide d’une machine à battre. Les graines, nettoyées au moyen du tarare ou d’un crible, sont étendues en couche mince dans un grenier.

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