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jaune hâtif d'Auxonne, très estimé en Bourgogne et dans l'Est, variété précoce et qui donne des rendements assez élevés ; —le Maïs jaune très précoce des Motteaux, sélection du précédent obtenue par M. Bailly, du Motteaux, grain jaune foncé, de grosseur moyenne, et mürissant très facilement, même sous le climat de Paris; — le Maïs jaune gros, très apprécié dans le midi de la France où il donne de grands rendements, fort Maïs atteignant 2 mètres de hauteur et produisant des grains arrondis, gros, un peu cornés, d'un jaune foncé ; — le Haïis a bec ou Maïs pointu, se caractérisant suffisamment par ses grains terminés par une pointe en forme de bec ; c'est une plante de 1%,50 de hauteur, avec des épis allongés, un peu minces,
V7 des grains petits; variété U NA demi-hâtive qui n’est à sa
F place que dans le midi y de la France.
Nous signalerons seulement comme curiosité le Maïs perle qui atteint 2%,50 de hauteur et porte de grands épis à grains blanc et noir irrégulièrement distribués.
Le Maïs ne parait pas avoir des exigences très accentuées en Ce qui concerne la nature minéralogique du sol. Cependant s’il prospère dans les sables ct les graviers de la région septentrionale, il lui faut, dans les contrées méridionales de l'Europe, des terres plus compactes, des alluvions profondes argilo-calcaires ou argilo-siliceuses conservant, pendant l'été, la fraicheur indispensable au maintien de la végétation chez une plante à
développement foliacé aussi considérable. En
somme, on peut dire que seules, les argiles compactes et les sols marécageux ne lui conviennent pas, parce que, d’une part, la semence pourrit souvent dans de semblables milieux et que, d'autre part, les soins d’entretien nécessaires ne peuvent y être effectués économiquement. Le climat du lieu doit donc être pris en sérieuse considération dans le choix du terrain, qui sera d’autant plus léger qu'on sera plus au nord et inversement. On voit, à l'inspection de la carte géologique de France, que ce sont les étages du miocène et du pliocène qui fournissent, dans le Midi, avec les alluvions récentes, les terres les plus favorables au Maïs; dans la partie nord de l'aire géographique, ce sont les sables crétacés et les calcaires jurassiques.
On ne fertilise pas assez les champs destinés au Maïs; aussi les rendements sont-ils loin d’être ce qu'on serait en droit d'espérer d’une culture bien conduite. Comme le Froment, le Maïs a besoin
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de trouver dans la couche arable des doses élevées de potasse, d'acide phosphorique, de chaux et d'azote. La rapidité de sa végétation exige que ces éléments soient à un état tel qu'ils puissent être utilisés dans un laps de temps assez court. C'est pourquoi le fumier de ferme qu’on ne saurait trop conseiller comme base de la fumure doit être complété par des engrais complémentaires appropriés, superphosphate et nitrate de soude principalement. Le chaulage ou le marnage a une. action très heureuse chaque fois que le sol manque de l'élément calcaire ; le plâtrage a été pratiqué avec succès en Amérique et en France.
En Toscane, on remplace le fumier par les matières fécales qui, en raison de la rapidité de leur décomposition, conviennent très bien pour cette céréale. Dans le Bergamasque et le Frioul, les fientes de Vers à soie, les litières de magnanerie sont employées au même usage. Les cultivateurs du midi de la France, qui nourrissent très peu de bétail, font quelquefois venir des causses du Larzac des excréments de moutons qu'ils appliquent à la dose de 700 à 800 kilogrammes par hectare.
Le Maïs ne versant pas et bénéficiant dans une large mesure des engrais qui lui sont judicieusement distribués, c’est une économie mal comprise que de ménager les fumures. C’est en automne et par un labour moyen qu'il convient d’enfouir le fumier de ferme ; on attend généralement le printemps pour les engrais complémentaires. Les uns et les autres sont différemment répartis suivant le genre de culture adopté.
Le Maïs est traité en plante sarclée, et, à ce point de vue, il commence très avantageusement une rotation; aussi, depuis longtemps a-t-on pris l'habitude de le mettre en tête d’assolement où 1l remplace la jachère. On le trouve, dans les environs de Castelnaudary, précédant le Froment et succédant à un Trèfle. Dans l’assolement biennal, jachère, Blé, on l’a substitué à la jachère et il reçoit la fumure ; les vallées du bassin de la Garonne, une partie de la Bresse, sont soumises à cette dernière rotation. En Alsace, et, d’une manière générale, dans tous les pays à étés peu longs, on a reconnu les inconvénients de cette succession qui ne permet pas de préparer convenablement le sol pour une céréale d'automne ; on a été ainsi conduit à intervertir l’ordre établi ci-dessus, c’est-à-dire à faire précéder le Maïs par le Froment et à le faire suivre d’une plante de printemps, Avoine, Orge, Tabac, Fève ou Chanvre. Quels que soient les procédés de culture adoptés, la base de la préparation du terrain est un labour profond à l'automne. La terre, ainsi exposée aux influences atmosphériques de l'hiver, se travaille facilement au printemps, et un ou deux labours légers suivis de hersages et de roulages alternés sont suffisants pour produire cet émiettement de la surface qui assure la réussite de l'ensemencement.
Le choix de la semence a une grande importance. Au moment de la récolte, on doit réserver les plus beaux épis provenant de pieds vigoureux et bien garnis; on les dépouille de leurs spathes, on les attache deux à deux et on les suspend dans un endroit sec. Dans ces conditions, les grains se conservent parfaitement, et, au printemps, il suffit d’égrener la partie médiane de chaque épi pour avoir de la bonne semence. De Gasparin se demandait si cette pratique de ne prendre que les grains du milieu était fondée sur l'expérience, ou sur un simple préjugé; ce que nous avons dit en commencant, au sujet du développement de l’inflorescence femelle, montre qu'elle a une base solide et qu’elle a pour résultat d'éliminer les grains les plus jeunes et par suite les moins mÜûrs.
On complète la sélection en immergeant dans l’eau la semence choisie comme il a été dit, et en
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éliminant tout ce qui surnage. Les grains qui restent sont ensuite soumis à diverses préparations ayant pour but, les unes d’éloigner les rongeurs ou les oiseaux qui peuvent faire de grands dégâts dans les semis de Maïs, les autres de favoriser le développement de la Jeune plante. C’est ainsi qu’on enduit les semences de décoction de Coloquinte ou d'Hellébore blanc, qu’on les recouvre de coaltar ou de plâtre, qu’on les praline avec divers engrais. Il est indispensable de n’employer pour le pralinage que des substances n'ayant sur les grains aucune action toxique; le plus souvent, d’ailleurs, on supprime cette opération. Le mouillage des semences vingt-quatre heures avant le semis n’est pas non plus régulièrement adopté. On a conseillé le sulfatage contre le charbon; c’est un remède impuissant.
On peut semer dès que les gelées ne sont plus à craindre et que le sol est suffisamment réchauffé ; c’est que la jeune plante est très délicate et ne résiste pas à de faibles abaissements de température ; de plus, les grains mis dans une terre humide et froide pourrissent au lieu de germer. Si l’époque des semis est subordonnée au sol et au climat, elle dépend encore de la variété cultivée. Quoi qu'il en soit, dans le Midi, on sème généralement à deux époques différentes : au printemps, en avril et mai, les variétés tardives ; en été, en juillet et même en août, après la récolte du Froment, les variétés très précoces, comme le Maïs à poulet qui peut venir en culture dérobée. Dans le Nord, où les semis de l'été ne peuvent avoir lieu, on sème généralement en mai.
On sème à plat ou sur billons.
Les semis à plat se font : 1° à la volée ; 2° à la main, dans le sillon ouvert par la charrue; 3° à la main et en poquets ; 4 au semoir en lignes.
Le premier procédé, dont on comprend les inconvénients sans qu'il soit utile d’insister, est complètement abandonné. Dans le deuxième, qui est encore le plus suivi dans toute la région du Midi où la petite culture domine, on profite, pour enfouir la semence, du dernier labour. A cet effet, une femme ou un enfant suit le laboureur et place sur le flanc de la bande de terre qui vient d’être retournée, trois à quatre graines tous les 35 à 40 centimètres. La bande suivante recouvre la semence. Ce système donne de bons résultats, à la seule condition que le semeur soit soigneux; si, en effet, les grains, au lieu d’être appliqués contre la bande de terre, sont simplement jetés au fond de la raie, les chevaux ou les bœufs les enfoncent profondément dans le sol et la levée se fait mal. C’est pour éviter cet écueil qu'on adopte quelquefois la troisième méthode. Elle consiste, le champ étant préalablement hersé, puis roulé, à faire passer un rayonneur dans deux sens perpendiculaires, de façon à diviser la surface du terrain en petits carrés égaux. Les semeurs ouvrent alors, à l'intersection des lignes, à l’aide d’une binette, de petits trous de 3 à 9 centimètres de profondeur, dans lesquels ils déposent quatre à cinq grains qu'ils recouvrent de terre. Ce procédé, qui est applicable à la fois à la grande et à la petite culture, peut acquérir, avec cette dernière, un degré de perfection tout spécial ; il permet aux petits cultivateurs de tirer de la faible quantité d'engrais dont ils disposent, le maximum d'effet utile, en accumulant cet engrais, dans de petites fosses, sous le poquet de Maïs lui-même. Enfin, on dispose aujourd’hui de semoirs en lignes, très bien construits, qui peuvent être employés, pour semer le Maïs à la profondeur et à la distance exigées par le terrain et par la variété cultivée.
Quand on adopte le système des billons, on opère de la façon suivante : on billonne le sol une première fois et l’on répand, dans les dérayures ainsi formées, la semence à la main; on passe alors une deuxième fois pour refendre les billons, ce qui
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revient à en former de nouveaux qui se trouvent à la place occupée précédemment par les dérayures. Avec ce système on peut encore économiser beaucoup l’engrais en le répartissant dans l'intervalle des billons, avant le semis. On fait alors passer une herse qui abat les crêtes et recouvre ainsi le fumier ; c’est sur cette légère couverture de terre qu’on laisse tomber les graines. La refente opère l’enfouissement.
La distance à établir entre les pieds de Maïs constitue un facteur important des rendements. La variété cultivée exerce ici une influence prédominante ; on le comprend sans peine, quand on se rappelle les différences que nous avons signalées entre les tailles des Maïs. Comme les grandes variétés sont, d’une manière générale, réservées aux climats méridionaux, il s'ensuit que c’est là qu’on constate les plus forts écartements. On estime que
Fig. 307. = Champ de Mais après la floraison.
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peu recouverte. Les expériences faites par Bürger ont montré que la profondeur de l’enfouissement ne devait, en aucun cas, excéder 0,05; dans les terres fortes 0,03 sont suffisants. Une pratique à observer est l'orientation des lignes nord-sud, qui assure l’égale répartition de la chaleur et de Ja lumière entre toutes les plantes.
Huit à dix jours après le semis, quand le printemps est chaud, la feuille cotylédonaire, enroulée en cornet, apparaît à la surface du sol. Dès que la levée est complète, on donne, dans les cultures à plat, un binage très économique, en faisant passer la herse. Ailleurs, on attend un peu pour exécuter le premier binage, qui se fait alors à la houe à main. On ne travaille ainsi que la partie du terrain qui est voisine du plant: le reste est nettoyé et ameubli à l’aide de la houe à cheval.
Lorsque les plantes ont de 30 à 40 centimètres de hauteur, on donne un deuxième binage, plus profond que le premier, mais exécuté dans les mêmes conditions, c’est-à-dire, partie à la main, partie à la houe à cheval. Dans les petites cultures, la houe à main est seule employée, et l’on ne doit pas hésiter à donner un troisième binage si le besoin s’en fait sentir ; mais généralement on se contente de deux opérations. Ces soins favorisent la formation du chevelu qui prend une grande extension; après la production des racines adventives, le Maïs qui jusque-là avait végété lentement, pousse avec vigueur.
Chaque tige émet souvent, par ses nœuds inférieurs, des rejets qui épuiscraient le végétal en pure perte, car ils ne donnent que des épis sans valeur; des femmes ou des enfants passent entre les rangs, et, à l’aide d’un instrument tranchant, enlèvent ces gourmands. On arrache également les pieds surabondants et l’on fait même la soustraction des épis trop nombreux sur chaque pied. Enfin, on coupe rez terre les tiges stériles, c’est-à-dire celles qui ne portent pas de graines;
elles augmentent la masse du four-
rage qu’on récolte dans ces diverses
opérations.
Dans tous les pays chauds, on ar-
Fig. 303. — Champ de Maïs après l'écimage.
les petits Maïs sont assez cespacés quand on les laisse à 40 centimètres les uns des autres, sur des lignes écartées de 60 à 70 centimètres. Pour les grands Maïs, des distances de 50 et de 80 centimètres sont nécessaires. On dépasse souvent ces chiffres à cause des cultures qu’on intercale entre les rangs et quelquefois même sur les lignes.
La quantité de semence employée varie, par hectare, de 35 à 70 litres, suivant les variétés et les conditions des semis. Cette semence doit être assez
rose le Maïs chaque fois que la situation le permet. Ces arrosages qui, judicieusement conduits, donnent de superbes résultats, auraient de fàcheuses conséquences s'ils étaient faits sans précaution. Il est indispensable d’arroser avec modération, si l’on ne veut pas diminuer la fructification. On regarde douze arrosages comme un maximum, même pour les terres sèches du midi de la France.
Lorsque, par une cause quelconque, il se forme des vides dans les champs de Maïs, on doit remplacer les pieds qui manquent. Certains agronomes ont conseillé le repiquage; de Gasparin estime que la réussite est beaucoup plus certaine en semant du Maïs à poulet qui, grâce à sa précocité, arrive encore à mûrir en même temps que l’autre.
Après la fécondation, quand la houppe soyeuse qui termine les épis femelles et qui est formée par la réunion des longs styles est devenue rouge, qu’elle commence à se flétrir, on écime. L’écimage, élétage ou écrétage, consiste à couper, avec des serpettes, la partie supérieure des tiges au-dessus du nœud
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qui suit le dernier épi femelle (fig. 308). Cette opération, qui active la maturation, est utile dans l’est de la France, elle ne semble nullement indispensable dans le Midi; mais on comprendra qu’on la néglige rarement quand on saura qu’elle produit un grand poids d'un fourrage estimé. Burger évalue à 1300 kilogrammes le poids du foin sec ainsi obtenu. On écime successivement au fur et à mesure des besoins de la consommation, ou bien on coupe rapidement et l’on soumet au fanage. Les petites variétés très précoces ne sont pas étêtées.
L'effeuillage, dont les effets sont différemment appréciés, s'entend de la soustraction de la partie libre des feuilles. C’est très peu de temps avant la maturité complète, et par une section bien nette que la feuille doit être détachée des tiges. Un effeuillage prématuré ou mal fait peut amener dans la végétation un arrêt préjudiciable au grain.
Pendant sa croissance, le Maïs est sujet à un certain nombre d’altérations plus ou moins graves. La chlorose apparaît sur les sols humides pendant les étés froids, et surtout dans le Nord ; les feuilles jaunissent, le végétal reste chétif, la réeolte est compromise. La rouille est peu à craindre; ce n'est qu'à la suite de grandes périodes d'humidité qu’elle forme des taches sur le limbe des feuilles. Le charbon (voy. ce mot) est un peu plus commun ; il transforme les épis en un rouleau noirâtre, atteignant des dimensions proportionnellement énormes, et répandant une poussière noire au moment de la maturité; quelques grains d'un épi peuvent être seuls attaqués ; ils deviennent alors de la grosseur d’un œuf de poule. L’ergot est très rare; il donne aux grains la forme d’une sphère surmontée d’un cône très allongé.
Outre les oiseaux qui dépeuplent les semis, on redoute encore le ver blanc ou larve du Hanneton, la Courtilière, le Taupin du Maïs qui rongent les jeunes racines ; la Noctuelle du Maïs dont la larve vit à l’intérieur des spathes et détruit les ovaires ; la Phalene forficule dont la larve creuse l’intérieur des tiges ; la MNitidule noire; la Cochenille du Maïs; le Puceron du Maïs.
Les vents violents renversent quelquefois les tiges de Maïs. Il est nécessaire de relever les pieds couchés et de les consolider par un buttage énergique.
La maturité s'annonce par des modifications profondes dans l'aspect de la plante tout entière. Les feuilles deviennent jaunes et cassantes, les styles sont complètement noirs et desséchés, les spathes ont pris une consistance parcheminée, une teinte blanche, en même temps qu’une souplesse toute spéciale, les tiges ont jauni comme les feuilles. A ce moment on peut récolter ; mais, le Maïs ne s’égrenant pas, rien n’oblige à opérer immédiatement, à moins qu’on n’ait à redouter des intempéries, des pluies intenses ou des gelées hâtives. C’est de juillet à octobre, suivant les cas et les variétés, qu’on procède à ce travail. Deux systèmes sont encore en usage.
Dans le premier mode, des femmes passent entre les rangs de Maïs et arrachent les épis en brisant l'axe principal à sa jonction avec la tige. Ces épis entourés de leurs spathes sont réunis dans des corbeilles, puis dans des voitures, et rentrés à la ferme. Tous les soirs, on dépouille la récolte de la journée. Gasparin a constaté que vingt-six femmes peuvent recueillir, par jour, le produit d’un hectare. On revient plus tard pour couper les tiges.
Dans le second mode, des ouvriers munis de serpettes coupent à la base les pieds de Maïs, et en forment des javelles qu’on charge sur des charrettes et qu'on rentre à la ferme; on ne récolte que la quantité de pieds qu’on pourra dépouiller dans la soirée. On se réunit sur l'aire où les javelles ont été déchargées, et, dans les environs de Castelnaudary on se murit d’un outil spécial qui sert à soulever les spathes; il se compose d’un morceau de bois
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de Frêne, taillé en pointe, au milieu duquel est enroulée une spathe de Maïs formant bague; on fait pénétrer le médium dans cet anneau et l’on saisit solidement le morceau de bois à la poignée. Quand l’épi est découvert, on le détache d'un coup sec; on passe la main à la surface pour enlever les styles adhérents, et on le jette dans des paniers. Au fur et à mesure de l’emplissage des paniers, on les vide dans des greniers bien secs, où les épis, mis en couches minces, achèvent de sécher.
La dessiccation des épis exige des précautions minutieuses partout où le climat n’est pas très sec. L’axe central ou rafle est encore très chargé d’humidité au momeut de la récolte ; s’il est suffisant, dans les contrées méridionales, d'étendre sur une aire sèche et d’aérer, les mêmes moyens n'empêcheraïent pas, dans le Nord et dans l'Est, l’altération des grains. Aussi, pour assurer la conservation, on opère de la façon suivante. Tantôt, on laisse, à la base des épis, deux ou trois spathes qui servent à les relier deux à deux, et l’on suspend les couples ainsi formés sous des hangars, dans des greniers, sous l’auvent des maisons, aux bonnes expositions, et même dans des séchoirs spéciaux. Tantôt, on a recours au séchage artificiel, comme en Bourgogne et en Franche-Comté; à cet effet, on entasse les épis préalablement dépouillés de leurs spathes, dans des fours fortement chauffés d’où on ne les retire qu’au bout de vingt-quatre heures.
L'égrenage des épis exige un assez grand déplacement de force. Dans la petite culture du midi de la France, en Alsace et en France-Comté, on égrène souvent à la main, pendant l'hiver, à la veillée. Tantôt on frotte les épis sur une lame de fer fixée en travers dans un banc servant de siège à l'ouvrier, tantôt on frotte énergiquement deux épis l’un contre l’autre ; on obtient ainsi un travail parfait, mais il faut au moins quatre heures à un homme pour égrener un hectolitre. L’égrenage au fléau est plus rapide, il est adopté en Italie. Il faut trois battages pour que tous les grains soient détachés. Quatre batteurs peuvent faire quinze hectolitres en neuf heures. Les constructeurs mettent aujourd’hui à la disposition des cultivateurs des égrenoirs (voy. ce mot) qui, desservis par un homme et un enfant, font jusqu'à vingt-cina hectolitres par jour.
Il est bon de n'égrener qu'au moment de la vente ou de la consommation; mais on peut très bien conserver aussi le grain battu en l'étendant en couches minces sur des greniers bien aérés; un simple coup de tarare rend le grain marchand.
Ce grain a de nombreux usages. Il est encore employé dans beaucoup de localités du Midi à l’alimentation de l’homme. On le consomme soit en bouillies épaisses (gaudes), soit en pâte bouillie (pollenta), soit en pâte cuite au four (milias). On en fait du pain avec l'addition de farine de Froment. Payen y a dosé :
A'IMIUON RER ee 200 dues PU P PIRE 68,45 Gluten talbumine MM Re 42,50 Huile grasse AURONT SERRE 7 à 8,80 Dextrineret-glucose: ne; DEEP 4,00 Gellulos ete EE ane CR 5,00 Phosphate de chaux, sels alcalins, etc. 4,95
Cette analyse montre que le Maïs est riche en matières grasses et en matières azotées ; aussi est-il employé avec avantage dans l’engraissement des divers animaux. Les Oies de Toulouse, les poules de la Bresse consomment du Maïs.
Enfin, de grandes quantités de cette céréale sont aujourd’hui alcoolisées, à la suite de la saccharification de l’amidon et de la fermentation du moût sucré. On retire environ 34 litres d'alcool à 90 degrés de 100 kilogrammes de Maïs.
Outre son grain, le Maïs donne à l’agriculteur
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les tiges, les spathes, les rafles. Les tiges ont peu d'importance. Quand il y a pénurie de fourrage, on les conserve cependant en meules et on les fait passer devant le bétail, qui mange les parties foliacées restées adhérentes. Aïlleurs on les brûle sur le champ; quelquefois en les rentre et on les utilise comme litière. Les spathes étaient autrefois recherchées pour faire les paillasses ; on séparait alors avec soin les plus fines, qui se vendaient de 10 à 15 franes les 100 kilogrammes ; aujourd’hui on les fait principalement consommer par les animaux. Les rafles sont communément désignés sous le nom de charbon blanc, appellation qui indique leur rôle; on les vend facilement de 40 à 60 centimes l’hectolitre. Burger avait conseillé de les réduire en farine que les animaux consommeraient.
Les rendements du Maïs sont très variables. Burger signale un produit de 71 hectolitres, alors que chez nous on récolte souvent de 15 à 20 hectolitres. La moyenne, en effet, a été en France, pour 1885, sur 960 998 hectares, de 16,09 par hectare. Néanmoins, dans le Midi, le Maïs jaune gros rend Jjusqu’à 40 et 42 hectolitres, le Maïs blanc des Landes arrive à 35 hectolitres, tandis que le Maïs quarantain et le petit Maïs à poulet restent au-dessous de 20 hectolitres.
Le poids moyen de l’hectolitre est de 70 kilogrammes. Le Maïs à poulet pèse jusqu’à 78 kilogrammes ; les gros Maïs, au contraire, restent un peu au-dessous de 72 kilogrammes.
En ce qui concerne les produits accessoires du Maïs, Burger donnait, pour 71 hectolitres de grain:
kilogrammes AM See er een se needs 6734 SDALHESEE SR RER Cert sin e 730 Rafles-Éérnekte ss te PR 1 334
Mais ce sont là des chiffres très rarement atteints, et l'on compte, pour une récolte de 30 heetolitres :
kilogrammes Grains. ia here lire 2 160 listes SÔCheS LE. RAD MTUEE nd 3240 SPAlhes Pere re rene ARE UE AE 2 430 Pattes Mer er entrer enp r eee 650
Soit un total de 6480 kilogrammes, auquel il faut encore ajouter 1200 kilogrammes de fourrage sec provenant de l’écimage. De ces chiffres, on peut conclure que, dans une culture de Maïs, par 100 kilogrammes de grain, on récolte :
kilogrammes Tiges 1SéChES ee PRE EE : 150 SPALDES ere LE CIS De Pen à + 20 RATES SERRE RO DA ART MU 30 Fourrage sec. :.0+00 000 RASE 99 Plantes intercalies. — Nous avons dit qu’il était
bien rare que le Maïs fût cultivé seul, attendu qu'on cherche à tirer parti du sol que cette Graminée laisse en partie libre. C’est dans ce but qu’on sème, tantôt sur les lignes, quand on donne des façons à la houe à cheval, tantôt entre les lignes, quand les travaux d'entretien se font à la main, des Haricots, des Pois, du Chanvre, des Pommes de terre, Betteraves, Navets, ou même des Citrouilles.
Les Haricots se rencontrent en Alsace et dans différentes localités du Midi; les Haricots nains sont à conseiller, Burger a trouvé qu’ils donnaient un supplément sérieux de produit sans diminuer sensiblement le rendement du Maïs. Il n’en est pas tout à fait de même pour les Haricots à rames.
Le Chanvre, qu’on observe aussi en Alsace au milieu des champs de Maïs, est cultivé pour fournir la semence. Il doit être très clairsemé, sous peine de nuire beaucoup à la récolte principale.
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Les Pommes de terre ne peuvent convenir que si les lignes de Maïs sont très espacées. C’est en Bresse qu'on a adopté les Citrouilles.
MAIS-FOURRAGE. — Le Maïs, dont nous avons vu le rôle important comme plante sarclée, pour la région du Midi, est en même temps, et pour une zone bien plus étendue, une précieuse plante fourragère. C’est ainsi que toute la France, l’Allemagne, la Belgique et l’Angleterre cultivent le Maïs comme fourrage. C’est surtout dans les localités à longues sécheresses estivales, là où les autres fourrages, moins vigoureusement enracinés, ne donnent qu'un faible produit, que cette plante est recherchée. Ce n’est, 1l est vrai, que dans les terres profondes et fraiches que le Mais atteint de très forts rendements; mais, dans tous les sols abondamment fertilisés, sa végétation est assez rapide pour lui permettre d'arriver en peu de temps à un grand développement, et de profiter ainsi des circonstances atmosphériques favorables. On a observé maintes fois, d’ailleurs, que l’accroissement de ce végétal, suspendu pendant une sécheresse intense, recommençait aussitôt le retour des pluies.
Le fumier de ferme est indispensable pour tous les champs qui ne sont pas très bien pourvus de matières organiques, et, comme la verse n’est pas à redouter, on peut en enfouir jusqu’à 60 000 et 60 000 kilogrammes. On assure ainsi une végétation continue au Maïs ; en général, il est utile de compléter la fumure par des engrais à action immédiate, et, dans nombre de situations, il est avantageux de diminuer la dose du fumier et d’avoir recours aux matières commerciales dans une plus large proportion. Des essais préalables peuvent seuls indiquer, avec quelque certitude, la marche à suivre dans chaque circonstance. Les irrigations influent énormément sur le produit qui, dans certains cas, à été véritablement colossal, surtout quand on a employé les eaux d’égout.
Le Maïs occupe fréquemment la place de la jachère dans l’assolement triennal. La préparation du sol peut alors être complète. Les travaux à exécuter sont les mêmes que pour les Betteraves : un labour profond à l'automne et un ou deux labours superficiels au printemps. Il est à remarquer que, dans les terres légères, dans les calcaires notamment, le Froment qui succède au fourrage ne réussit pas toujours très bien.
Le Maïs est pris quelquefois en culture dérobée. Il peut venir sur un Seigle récolté de bonne heure au printemps, sur un Trèfle incarnat, même sur des Vesces d'hiver. Enfin, il peut se succéder à luimême.
Les variétés à préférer pour la production fourragère sont celles qui atteignent un grand développement. Le Maïs jaune gros, le Maïs blanc des Landes, le Maïs dent de cheval sont recherchés à cet effet.
Les semis doivent être successifs, afin de pouvoir fournir, durant tout l'été et pendant une partie de l'automne, du fourrage vert de bonne qualité. C’est au mois d'avril qu’on fait les premiers ensemencements ; mais on continue, avec des arrêts de quinze jours à trois semaines, jusqu'au mois d'août.
‘On sème à la volée ou en lignes. Le premier procédé ne peut être admis que sur les terres propres; on emploie alors de 150 à 200 litres de semence par hectare ; par ces semis drus, on obtient des tiges relativement fines que le bétail consomme avidement. C’est là une culture très économique et très communément adoptée.
Les semis en lignes sont moins rapides, ils sont plus coûteux; mais ils permettent de donner au terrain, pendant la végétation du Maïs, un nombre variable de façons culturales (binages, buttages), qui réagissent très favorablement sur la récolte et assurent le nettoiement complet du champ. Cette pratique se répand de plus en plus, depuis l’inven-