MALAISE (RACE
passion pour ce genre de spectade, dans lequel ils risquent des sommes considérables et où ils se montrent plus féroces encore que les animaux qu’ils engagent. Dans les marchés du pays, le prix de ces oiseaux s'élève à proportion de leur aptitude à la lutte. Quelle que soit l'humeur batailleuse du coq Malais, il est plus bravache que brave, et il ne parait pas avoir le réel courage du véritable coq de Combat, qui lui est bien supérieur à tous égards. Dans son ensemble, comme dans les détails, le coq Malais offre une conformation tout à fait ori-
ginale. La tête large et courte, avec un bec fort et,
crochu, un œil méchant à la pupille noire cerclée d’or, une arcade sourcilière proéminente et surbaissée, a une expression dure et féroce. Les joues sont rouges et nues, les barbillons et les oreillons rouges et très petits. La crête, qui part du nez ets’arrête sur le milieu du crâne, basse,
ÿ Fig. 811. — Coq Malais.
plate, figure assez bien la € cuisse » d’une noix. Le caractère de la tête est encore accentué par la forme du cou qui, au lieu de s'élever tout droit ou de former une inflexion gracieuse, comme chez la plupart des oiseaux, décrit une suite de courbes, se renfle par endroits pour s’amincir ensuite, comme chez certains reptiles, et semble un instrument étrange chargé d’assener le coup de bec.
Si l’on examine le corps du coq Malais, on lui trouve une configuration toute différente de celle de ses congénères, même les plus proches, comme le Cochinchinois. Celui-ci va s’élargissant vers les reins : le Malais au contraire va s’amincissant, se rétrécissant, ce qui lui donne un certain air étriqué, au moins dans la partie postérieure, et fait que, vu de haut, le corps affecte jusqu’à un certain point la forme d’un cœur. Ajoutez à cela, pour compléter la physionomie du sujet, un corps formant un plan très incliné, une queue courte, aux faucilles peu accentuées, mal plantée sur ce croupion trop étroit, une poitrine et des épaules larges, des ailes hautes bien détachées du corps. Les plumes qui recouvrent ce corps sont courtes, dures, lustrées, serrées les unes contre les autres comme une cuirasse brillante et comme ajustées sur l'oiseau qu'elles contribuent encore à rétrécir. Cette carcasse est Juchée sur deux pattes d’échassier, étroitement culottées jusqu’au genou, d’un jaune clair et éclatant du genou jusqu'aux ergots, grandes, grosses et fortes, si bien que le corps semble sacrifié aux extrémités, qui sont des armes de combat. Tout cet ensemble est plus menaçant que beau ; l'agrément en est banni au profit de la force et de la férocité.