‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 54 sur 205 · MALESHERBES · texte numérisé non relu

MALESHERBES

bout à l’autre de la table. Le malaxage s'opère comme avec l'appareil précédent. Dans les plus petits modèles, servant à malaxer 2 kilogrammes de beurre, la table est longue de 65 centimètres et large de Jo centimètres ; dans les plus grands modèles, servant à malaxer 4 kilogrammes, les dimensions sont de 80 centimètres pour la longueur et de 50 centimètres pour la largeur.

Dans les petites fermes, on emploie avec avantage un malaxeur à tablette (fig. 314). Il en existe divers modèles, dont le plus simple consiste en une planche, dont une des extrémités est portée sur

Fig. 314. — Petit malaxeur à tablette.

deux pieds, et dont on fait reposer l’autre extremité sur le bord d’un baquet. Deux palettes en bois, sur les côtés longs, servent à guider un cylindre cannelé qu’on tient avec deux poignées, et à retenir le beurre qu’on pétrit avec ce cylindre.

Quel que soit le modèle de malaxeur adopté, il importe de l’entretenir avec une grande propreté, de le laver à l’eau tiède et à l’eau froide chaque fois qu’on s’en sert, et de le faire sécher avec soin après qu’il a été lavé.

MALESHERBES (biographie). — Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, né à Paris en 1721, mort en 1794, fut non seulement un des magistrats les plus célèbres du dix-huitième siècle, mais un agriculteur distingué. Sur son domaine de Malesherbes (Loiret), il fit des plantations et de nombreux essais de culture. Il fut membre de l’Institut et de la Société nationale d'agriculture. Outre des publications sur les Mélèzes et sur les Pins, on lui doit : Mémoire sur les moyens d'accélérer l’économie rurale en France (1790), Idées d'un agriculteur sur le défrichement des terres incultes (1791). H. S.

MALINES (COUCOU DE) (basse-cour). — Les races de poules, elles aussi, ont leurs alternatives de grandeur et de décadence. La race Coucou de Malines, qui plus tard à pris le nom de Poulet Coucou de Bruxelles, après avoir eu son heure de célébrité, a presque disparu; elle tend aujourd’hui à revenir et à reprendre son rang dans la famille des Gallinacés.

Elle mérite ce rang. C’est avant tout une excellente volaille comestible. Il n’en faut pour preuve que le goût que témoignent pour elle les Bruxellois, gens gourmets et délicats et de tous temps fort amateurs de volailles, car, dès 1370, ils portaient le surnom de XKiekefrelters, c’est-à-dire mangeurs de poulets.

La race Coucou de Malines est de haute taille. ‘Le coq a l'aspect batailleur et le justifie, car 1l n’est

MALOPE

pas poltron. Sa tête est petite. La crête est simple, avec des dents régulières et courtes ; les joues sont rouges et nues, les oreillons rouges et longs, les barbillons.également. Le dos et les reins sont très larges, la poitrine est large et bien développée ; les pattes de la race améliorée sont courtes, grosses, d'une couleur blanc rosé et quelque peu emplumées ; elles sont très écartées ; les doigts des pieds sont très gros.

La poule a exactement les mêmes caractères distinctifs, mais plus réduits. En somme, coq et poule, d’un joli plumage coucou, forment un beau couplé, bien solide et bien planté.

Une remarque est à faire au sujet des pattes : à l'origine, les volailles de cette race avaient les pattes jaunes. On sait que les poulets à pattes jaunes sont peu estimés et d’une vente difficile. Les éleveurs, mus par l'intérêt commercial, s’ingénièrent donc à améliorer la race sur ce point et y parvinrent. Presque tous les poulets Coucou de Malines ont aujourd’hui les pattes de teinte rosée.

Comme dans beaucoup de régions d'élevage, il y a aux environs de Bruxelles, à Beyghem, Wemmel, Humbeck, Cappelle-aux-Bois, Muysen, etc., des éleveurs qui produisent les poussins, les vendent en cet état au marché de Malines à des spécialistes qui se chargent d’engraisser les poulets. Ce sont ces engraisseurs, qui arrivent le matin à Bruxelles avec les petites charrettes attelées de Chiens, que connaissent bien tous ceux qui ont visité la Belgique, qui amènent leur provision de fins Poulets gras, les Coucou de Malines.

Les poussins de cette race sont faciles à élever. Les marchés de Bruxelles en approvisionnent Anvers, La Haye et même Amsterdam. ER. L.

MALINGIÉ (biographie). — Malingié-Nouel, né dans le département du Nord, mort en 1854, éleveur français, après avoir cultivé dans son pays d’origine, devient, en 1830, agriculteur à la Charmoise (Loir-et-Cher). Il a acquis une grande notoriété par la formation d’un troupeau célèbre auquel il donna le nom de sa ferme (voy. CHARMOISE). Il a publié : Considérations sur les béles à laine au milieu du XIX° siècle (1851). Son troupeau a été dispersé après la mort de son fils Paul Malingié, survenue en 1865. H. $S.

MALIQUE (ACIDE) (chimie). — L'acide malique (C8H6010) est un acide bibasique, découvert par Scheele en 1785 dans le jus de pomme, et qu'on trouve aussi dans un certain nombre d’autres fruits (prunelles, fruits du Sorbier, groseilles, etc.) et dans les feuilles de certains végétaux (Tabac, Rhubarbe). On attribue à la prédominance de cet acide le goût spécial des fruits non encore mûrs.

MALOPE (horticulture). — Plante de la famille des Malvacées, croissant à l’état spontané en Algérie et utilisée pour l’ornementation des jardins. On n’en cultive qu’une seule espèce, la Malope à trois lobes (Malope trifida Car.). C'est une plante annuelle atteignant jusqu'à un mètre de haut. Glabre dans toutes ses parties, elle porte des feuilles luisantes, ovales, entières à la base des rameaux et au contraire trilobées vers leur extrémité ; les fleurs sont solitaires et portées sur des pédoncules longs d’une dizaine de centimètres. Le périanthe est triple, car il comporte un calicule de trois pièces ovales à lobes arrondis et munis de cils sur les bords ; ces pièces sont moins longues que les sépales, au nombre de cinq, qui entourent une large corolle rosacée à cinq divisions tordues dans la préfloraison. Cette corolle est habituellement d’un beau rose, cependant il existe des variétés blanches.

La Malope convient très bien à la décoration des plates-bandes, qu’elle orne agréablement de sés grandes fleurs s’épanouissant pendant tout l'été. On peut semer sur place en avril-mai, mais le mieux est de semer sur couches en avril, puis de repiquer le plant en godets et de ne mettre en place que

MALPIGIX

forsque les gelées ne sont plus à craindre. On obtient de la sorte une floraison soutenue pendant le courant de l’été. Les graines mürissent très bien sous notre climat du centre, pourvu que les semis aient été faits de bonne heure. JD:

MALPIGHI (biographie). — Marcello Malpighi, né à Crevalcuore (Italie) en 1628, mort en 1694, anatomiste, professeur à Pise et à Messine, s’est rendu célèbre par plusieurs découvertes capitales dans la science anatomique. On lui doit un traité sur le Ver à soic, publié à Londres sous le titre Dissertatio epistolica de Bombyce (1669); deux traductions françaises en ont été faites, la première en 1686, la deuxième en 1878, cette dernière par M. Eug.

Maillot, directeur de la station séricicole de Montpellier. H: #5:

MALT, MALTERIE (fechnologie). — Le malt est le grain d'Orge, qu'on a fait germer et qu'on a desséché ensuite, pour servir à la fabrication de la bière. Pour la préparation du malt, voy: BRASSERIE.

MALTAISE (x00lechnie). — Qualificatif de trois variétés animales, dont deux sont intéressantes par leur valeur pratique, et qui se trouvent, comme on le comprend bien, dans l'ile de Malte. L'une de ces variétés est ovine, l’autre caprine ot la troisième porcine.

VARIÉTÉ OVINE. — La population de cette variété est la moins nombreuse, et, conséquemment, la moins importante parmi les trois Maltaises. Elle appartient à la race du Soudan (0. À. sodanica) et elle est venue dans l'ile de Malte par l'Egypte. Elle n'a de remarquable que sa grande fécondité ct l’activité des mamelles, pour laquelle les habitants des parties basses de l'ile l’exploitent principalement. Ils se nourrissent du lait des brebis de leurs troupeaux et du fromage qu'ils font avec ce lait. Les moutons Maltais ne sortent point de leur Île, si ce n’est pour approvisionner les navires qui passent et font escale pour prendre du charbon. Les brebis ont été quelquefois recommandées, à cause de leur aptitude laitière, comme pouvant être avantageusement importées en France. Une telle recommandation, faite vraiment trop à la légère, étant donné l’état de nos richesses ovines et la condition économique de leurs produits, n’a pas besoin d'être combattue. Il n’y a aucune chance de la voir prendre en considération.

VARIÉTÉ CAPRINE. — La chèvre Maltaise, bien plus connue que la brebis, parce qu’elle s’est répandue en dehors de son ile, notamment en Algérie, forme la plus forte part de la population animale de cette ile. Elle vit sur les hauteurs en nombreux troupeaux, où les brebis ne trouveraient point de quoi se nourrir. C'est une variété de la race d’Afrique (0. C. africana), aux longues oreilles pendantes et au nez fortement busqué, par où cette race se distingue à première vue de toutes les autres.

La variété Maltaise atteint le maximum de taille observé dans sa race. Elle va jusqu'à 65 centimètres. Les mamelles globuleuses, à mamelons divergents, qui sont aussi l’un des caractères distinctifs de cette race, ont, chez les chèvres Maltaises, un volume extraordinaire et une activité à l'avenant. Ces chèvres ne donnent guère moins de 4 litres de lait par jour, ce qui est à peu près le double du rendement que l'on obtient généralement de celles de la race d'Europe. C’est par là surtout qu'elles sont précieuses et que s’établit la caractéristique zootechnique de leur variété. Elles sont aussi d’une docilité remarquable, beaucoup moins vagabondes que les autres.

Nous avons dit déjà que les chèvres Maltaises se sont répandues en Algérie. On les trouve en grand nombre sur le littoral, où il n’est pas facile d'obtenir du lait de vache. C’est par là surtout qu'elles nous intéressent, étant un des éléments de prospérité pour notre belle colonie. Cela n'attire pas beaucoup l'attention de ceux qui s’en occupent

MALVACÉES

d'une manière générale, sans entrer dans les détails. Il n’en est pas moins vrai qu'eu égard au peu de valeur de leurs consommations, ces chèvres Maltaises du littoral algérien sont des machines d'un rendement excellent, qui donnent de gros bénéfices, tandis que d’autres, d’une exploitation en apparence plus brillante, et quelquefois signalées par des distinctions publiques, conduisent à la ruine. En France, on en rencontre de temps à autre quelques-unes, surtout dans les grandes villes, à Paris notamment, mais elles y sont tout à fait isolées. Elles mériteraient d'y être plus exploitées, à cause de leur aptitude vraiment supérieure, qui cependant ne se conserve point entière, en dehors des régions méditerranéennes.

VARIÉTÉ PORCINE. — La variété porcine Maltaise appartient à la race du cochon Ibérique (S. ibericus), dont les caractères spécifiques sont décrits

à leur place (voy. IBÉRIQUE). Elle ne diffère pas

beaucoup de celles de la Sicile et de l'Italie méridionale, non plus que de celle de la Grèce. A Malte, les pores sont nombreux. Ils remplissent un grand rôle dans l'alimentation des habitants. Uniformément de couleur noire ou brune, ils sont rustiques et se nourrissent principalement dehors. Comme les chèvres, ils ont été introduits en Algérie dans ces derniers temps. Pour utiliser les glands d’une forêt de Chênes-livtge des environs de Bône, un de nos colons, notamment, en a exploité un nombreux troupeau qui lui donnait de remarquables profits. On comprend que les pores Maltais n’éprouvent aucune difficulté pour prospérer dans notre colonie algérienne. Ils ne pourront manquer de s’y répandre de plus en plus, à mesure que

la population d'origine européenne s’y accroitra. Là, en vérité, ils sont chez eux. A.eS.

MALTE (géographie). — Ile de la Méditerranée, entre la Sicile et l'Afrique, par 35° 54! latitude N. ct 13° 40’ longitude E. Sa surface est de 25500 hectares. Gette ile est presque complètement constituée par un rocher calcaire, à surface accidentée; dont les plus hautes parties s'élèvent à 400 mètres audessus de la mer. On raconte qu’une grande partie de la terre végétale a été apportée de Sicile. Grâce à l'énergie des habitants, la production y est abondante. Les principales plantes cultivées sont le Cotonnier’et les céréales ; dans l'ile voisine de Gozo, on élève des troupeaux assez nombreux. Les deux iles font un grand commerce de fruits, principalement de raisins, d’oranges et de limons ; on est obligé de creuser des citernes dans le roc pour conserver les eaux pluviales, dont on se sert pour l'irrigation des Orangers et des Limoniers. L'apiculture est très développée dans l'ile, et son miel jouit d'une grande renommée. Sur les côtes, on a organisé d'importantes pêcheries. La population de Malte est très dense : elle dépasse 140 000 habitants ; l’émigration, principalement pour l'Algérie, a pris une grande extension.

MALVACÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones établie par A.-L. de Jussieu, et qui a subi de la part des auteurs qui lui ont succédé de nombreuses modifications quant à ses limites et à ses subdivisions. Ce groupe, très étendu, ne saurait être étudié ici dans tous ses détails, parce que plusieurs des types qu'on y admet n’ont pas reçu d'applications importantes en dehors des travaux de science pure.

Les Malvacées renferment des genres à carpelles indépendants et des genres à carpelles unis en un seul ovaire; c’est à ces derniers que nous emprunterons d’abord des sujets d'étude.

Les Ketmices (Hibiscus L.) ont les fleurs régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle convexe porte d'abord un calicule formé de plusieurs bractées unies entre elles à la base, ou libres. Le calice est gamosépale, à cinq divisions valvaires dans le bouton. Cinq pétales alternes forment la corolle.

MALVACÉES

Is sont tordus et réunis en un tube très court, adhérent lui-même à la base de l’androcée. Celui-e1 comprend un nombre indéfini d’étamines dont les filets monadelphes forment une sorte de manchon

MALVACÉES

qui semblent en réalité constituer trois espèces seulement, dont deux sont propres à l'Amérique, tandis que la troisième est australienne.

Les Mauves (Malva T.), qui ont donné leur nom

Fig:

de la surface duquel se détachent leurs sommets surmontés chacun d’une anthère uniloculaire, à déhiscence longitudinale introrse. L’ovaire supère porte un style d’abord simple, qui parcourt le tube staminal, et se divise supérieurement en cinq branches dont les extrémités, ordinairement capitées, se couvrent de papilles stigmatiques. On compte cinq loges superposées, comme les divisions du style, aux sépales, et contenant chacune dans leur angle interne un nombre plus ou moins considérable d’ovules presque campylotropes, bisériés. Le fruit est une capsule induviée par le calice et le calicule, s’ouvrant à la maturité par cinq fentes

loculicides Les graines réniformes contiennent sous leurs téguments,

dont l’extérieur est souvent velu, un gros embryon à cotylédons plissés qu’accompagne un albumen peu abondant, de consistance muqueuse. Les Ketmies sont des herbes, des arbrisseaux ou des arbres. Communes dans la plupart des régions chaudes du globe, elles sont plus ou moins velues, et portent des feuilles simples, entières ou découpées, alternes et accompagnées de deux stipules libres. Leurs fleurs sont ordinairementsolitares (axillaires ou terminales), amples et diversement colorées. On connaît dans ce beau genre environ cent cinquante espèces que des caractères accessoires, tels que la forme du calicule et du calice, l’état de la surface des graines, la consistance du péricarpe, etc., permettent de séparer en un certain nombre de sous-genres élevés par quelques auteurs au rang de types distinct:

(ex.: Lagunaria Don., Bombycella DC., Paritium Gærtn.).

Très analogues aux Ketmies se montrent les Cotonniers (Gossypium L.), qui se différencient surtout par leurs fleurs accompagnées d’un large involucre de trois folioles cordiformes, par leur calice longuement gamosépale, et par leur ovaire divisé en trois ou cinq loges. Ce sont des herbes ou des arbustes à feuilles lobées, à fleurs Jaunes ou blanches. On connait un grand nombre de formes de ces plantes dès longtemps cultivées,

315. — Hibiscus syriacus : bouton et fleur coupée en long; fruit au moment de la déhiscence.

à la famille, ont la fleur à peu près construite comme les Ketmies, pour ce qui regarde le périanthe et l’androcée. On y trouve en effet un calicule, un calice gamosépale, valvaire, une corolle tordue, dont

Fig. 316. — Graine de Ketmie, grossie, entière et coupée.

les pièces s'unissent un peu entre elles et avec l’androcée monadelphe, polystémoné. Mais les anthères sont ici extrorses. De plus, le gynécée comprend un nombre indéfini de carpelles (8 à 15)

Fig. 317. — Malva sylvestris : fleur coupée en long; fruit.

réunis en un ovaire que surmonte un style divisé à son sommet en autant de branches filiformes et stigmatifères. Chaque loge ne renferme qu’un seul ovule anatrope ascendant avec le micropyle extérieur et inférieur. Le fruit est sec et induvié à la maturité par le calice et le calicule. Il se partage,

MALVACÉES

à ce moment, en un nombre d’achaines égal à celui des carpelles. La graine est construite comme celle des Ketmies. Les Mauves sont des herbes ou des sousarbrisseaux à feuilles alternes, palminerviées, stipulées.Leurs fleurs, rarement solitaires, forment d’ordinaire de petites cymes, situées à l’aisselle des feuilles ou de bractées, auquel cas l’inflorescence prend l’aspect d’une grappe plus ou moins compliquée. On connait une quinzaine d'espèces de Mauves réparties dans les contrées tempérées de l’ancien monde.

Auprès des Mauves se rangent plusieurs genres, parmi lesquels nous devons signaler les plus importants avec leurs caractères essentiels.

Les Guimauves (Althæa L.) ont le calicule composé de six à neuf bractées unies à la base, tandis que les Mauves n’en comportent que trois. On en décrit une douzaine d’espèces, qui habitent Îles mêmes régions que celles du genre précédent.

Les Sida L. se distinguent des Mauves surtout parce que leur ovule est descendant avec le micropyle intérieur. C’est donc l’ovule d’un Malva avec direction différente. On compte environ quatrevingts espèces dans ce genre, qui est essentiellement américain.

Les Abulilon Gærtn. sont faciles à distinguer, parce que le calicule manque à la fleur et que les carpelles renferment deux ovules ou un plus grand nombre. Les loges se séparent encore à la maturité, mais de plus s'ouvrent par une fente dorsale pour laisser sortir les graines. Ces plantes sont communes dans les régions chaudes du globe, où l’on en a découvert plus de soixante espèces.

Parmi les Malvacées à ovaire unique, il importe de signaler encore les Fromagers (Bombax L.) et les Baobabs (Adansonia L.), dont plusieurs ouvrages font, en les réunissant à quelques autres genres, la famille distincte des Bombacées.

Les Fromagers ont le réceptacle légèrement concave. Leur calice est gamosépale, à cinq divisions. La corolle comprend cinq pétales disposés comme ceux des /libiscus. Leur androcée est formé d’un nombre indéfini d’étamines unies seulement à la base en cinq faisceaux volumineux, connés à la base de la corolle. Les anthères sont uniloculaires. L’ovaire, un peu infère, porte un style quinquélobé, et se partage en cinq loges, dont l’angle interne montre un placenta volumineux, chargé d'ovules anatropes, plurisériées. Le fruit est une capsule ligneuse, loculicide, renfermant de nombreuses graines exalbuminées, entourées d’une laine abondante. Les Bombax sont des arbres tropicaux, en grande partie américains. Ils ont les feuilles composées-palmées et les fleurs rapprochées aux cymes pauciflores.

Dans les Baobabs, la fleur est très analogue à celle des Fromagers, sauf que l’androcée est nettement monadelphe ; mais le fruit, également ligneux, ne s'ouvre pas. Les graines sont nichées dans une pulpe à saveur acide, qui finit par se dessécher et prend un aspect farineux. On ne connaît que deux espèces dans ce genre, l’une africaine, l'autre asiatique, toutes deux vivant sous les tro-

Fig. 948.

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piques. Leurs feuilles sont composées-palmées, leurs fleurs solitaires et axillaires.

L’androcée que nous avons vu polystémoné dans tous les types précédents, peut s’amoindrir etarriver dans la famille qui nous occupe, jusqu’à la diplostémonie. C’est ce que l’on voit chez les Bytnères (Buettneria Lœf.) qui, pour certains auteurs, forment avec quelques autres genres le groupe distinct

— Adansonia digitata : fleur coupée en long.

des Butnériacées. On trouve en effet à la fleur un calice gamosépale, à cinq divisions, une corolle formée d'autant de pétales alternes, compliqués de forme, et dix étamines monadelphes. Celles qui sont en face des sépales affectent la forme de languettes courtes et épaisses, glanduleuses sur les bords; elles n’ont pas d’anthère. Celles qui sont oppositipétales possèdent deux loges fertiles à déhiscence extrorse. Quant à l'ovaire, il est partagé en cinq loges dans l’angle interne de chacune desquelles il existe deux ovules incomplètement anatropes. Le fruit est une capsule dont les loges, souvent monospermes , d’abord séparées les unes des autres, s'ouvrent ensuite vers leur angle interne par un mécanisme analogue à celui qui s’observe dans les Lins. Les graines n’ont pas d’albumen, mais un embryon à cotylédons très grands enroulés en spirale autour de la tigelle. On connaît au moins cinquante espèces de Butineria. Ce sont des arbustes tropicaux, à feuilles alternes et stipulées, à fleurs réunies en cymes terminales ou axillaires. Les Cacaoyers (Theobroma L.) sont très voisins du genre précédent. Ils s'en distinguent toutefois par quelques différences sensibles. Ils ont en somme le même périanthe que les Buttneria, mais leur

Fig. 519. — Cacaoyer : graine entière et coupée en long.

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androcée comporte quinze pièces : cinq staminodes allongés, superposés aux sépales, et dix étamines fertiles, disposées par paires en face des pétales. Ces paires d’étamines ont d’ailleurs les filets connés en une seule baguette, ce qui, au premier abord, simule des étamines quadriloculaires. L’ovaire contient dans chacun de ses cinq compartiments un nombre indéfini d’ovules anatropes, bisériés. Le fruit est une baïe dont le péricarpe, finalement desséché, contient de nombreuses graines nichées dans une pulpe assez abondante. L’embryon porte deux cotylédons épais, fortement plissés, riches en matière grasse et en principes azotés. On connaît une demi-douzaine de Cacaoyers, tous américains. Ce sont des arbres à feuilles alternes, stipulées, dont les fleurs, solitaires ou réunies en petites cymes, naissent ordinairement sur les vicilles branches ou sur le trone même, au-dessus des cicatrices des feuilles dès longtemps disparues.

Les Malopes (Halope L.) ont la fleur très analogue par l'aspect à celle des Mauves dont elles possèdent plusieurs caractères. Elles ont même

calice gamosépale,

valvaire, même corolle gamopétale, tordue.

Leur- androcée com-

prend un nombre in-

défini d’étamines à

anthères uniloculaires,

extrorses, et dont les filets forment par leur réunion un tube que traversent les styles, et qui adhère à la base de la corolle. Mais leur gynécée consiste en un nombre indéfini de petits ovaires distincts munis d'autant de styles gynobasiques qui s'unissent en un long cylindre creux, partagé seulement à son sommet en fines lanières stigmatiques. Chaque ovaire contient un seul ovule de tous points semblable à celui des

Mauves. (Ces ovaires

deviennent plus tard des achaines ; ils forment un fruit multiple, induvié par le calice et le calicule persistants. Les Malope sont des herbes de l’Europe méridionale et de l’Afrique du Nord. Leurs feuilles sont alternes, stipulées et plus ou moins profondément incisées ; leurs fleurs, très brillantes, terminent de longs pédoncules axillaires.

Avec une organisation générale tout à fait semblable, les Palava Cav. peuvent être définis des Malope américains, dépourvus de calicule.

Les Kitaibelia Willd. se distinguent par leur calicule formé de six à neuf bractées, et par leurs fruits peu nombreux qui s’ouvrent par une fente dorsale, bien que monospermes.

C’est encore aux Malvacées qu'il convient de rattacher les Sferculia L. et quelques autres genres qui, dans beaucoup d'ouvrages, forment la famille des Sterculiacées.

Les Sterculia ont des fleurs polygames et régulières. Le réceptacle porte d’abord un calice gamosépale à cinq (rarement quatre ou six) divisions souvent colorées, Il n’y a pas trace de corolle. Le réceptacle se prolonge du fond du calice en une colonne de forme et de longueur variables, qui porte sur son sommet épaissil’androcée et le gynécée, ou l’un des deux seulement, si la fleur estunisexuée. Les étamines, au nombre de dix ou plus, ont une

Fig. 320. — Malope trifida : fruit.

D MALVACÉES

compte cinq carpelles superposés aux sépales, et dont les styles s'unissent à un certain âge en une sorte de tige capitée. Chaque ovaire renferme un placenta pariétal muni de deux rangées d’ovules anatropes dont le nombre, ordinairement indéfini, peut descendre à l’unité dans chaque série. Le fruit est formé de cinq follicules variables de taille et de consistance suivant les espèces. Les graines offrent aussi d'assez nombreuses différences dans

Fig. 321. — Sterculia : fleur hermaphrodite sans le périanthe (entière et coupée en long).

le détail de leur organisation ; nous dirons seulement que l'embryon y est entouré d’un albumen.

Les Sterculia sont des arbres, quelquefois très grands, à feuilles alternes, stipulées, diversement découpées. Leurs inflorescences sont des grappes plus où moins ramifiées de cymes. On en connaît environ cinquante espèces, toutes propres aux régions les plus chaudes du globe, et particulièrement répandues sur le continent asiatique.

Citons encore, à cause de son importance pratique, le genre Cola Schott, qui se distingue à peine du précédent, si ce n’est parce que la graine y est dépourvue d’albumen. Les Cola, au nombre de cinq ou six espèces, sont de grands arbres des parties équatoriales de l’Afrique.

La famille des Malvacées forme un groupe très considérable, divisible en sections dont le nombre varie suivant les auteurs. On s’accorde à y reconnaître environ quatre-vingt-dix genres comprenant plus de douze cents espèces, dont sept cents appartiennent à l’ancien monde exclusivement. A une aussi grande complexité correspond une extension énorme de l'aire géographique. Si, en effet, certains genres sont absolument confinés sous les tropiques, il en est quelques-uns (le genre Mauve par exemple) qui comptent des représentants depuis l'équateur jusque dans les régions les moins chaudes du globe, les zones arctiques exceptées.

La famille dont il est question présente d’étroites affinités avec celle des Tiliacées qui s’en distingue surtout par l’organisation de l’androcée et par l'orientation des ovules (voy. TILIACÉES). Elle se rapproche par certains côtés des Phytolaccacées et des Ternstræmiacées.

Considérées au point de vue technique, les Malvacées offrent un intérêt considérable. Tout le monde connait l'usage que l’on fait dans notre pays des Mauves et des Guimauves comme plantes mucilagineuses, adoucissantes et pectorales. Les feuilles de la Grande Mauve (Malva sylvestris L.) et de la Petite Mauve (M. rotundifolia L.), partoutabondantes dans nos campagnes, sont journellement employées pour confectionner des cataplasmes résolutifs. Les fleurs de la première servent à préparer des tisanes émollientes et pectorales. Il en est de même de

anthère presque sessile, biloculaire et extrorse. On ; celles de la Guimauve (Althæa officinalis L.),

MALVACÉES

dont la racine est l’objet d’un commerce assez important. Les mêmes propriétés se retrouvent dans une foule d'espèces exotiques qui tiennent dans la pratique de leurs pays d’origine une place analogue à celle de nos plantes indigènes. Les genres Sida, Urena, Malope, Hibiscus et Abutilon sont remarquables sous ce rapport, ainsi que les Baobabs. Ces propriétés émollientes sont dues surtout à la facilité avec laquelle les parois cellulaires de ces plantes se transforment en mucilage au contact de l’eau (vo y. MUCILAGE). Certains Sterculia présentent cette transformation à l’état spontané, et laissent exsuder une sorte de gomme adragante.

Les graines des Malvacées, outre qu’elles peuvent fournir du mucilage, sont souvent riches en matière grasse et en principes actifs variés. La plus célèbre de toutes est sans contredit celle du Cacaoyer qui, comme chacun sait, sert à la fabrication du chocolat et à l'extraction d’une huile concrète connue sous le nom de beurre de cacao, et dont les usages variés s'étendent jusqu’à la fabrication du savon et des bougies.

On tire une grande quantité d'huile des semences des Cotonniers, et les tourteaux provenant de cette fabrication jouent aujourd'hui un rôle important en agriculture, pour l'alimentation du bétail.

Les graines du Cola acuminata R. Br. sont en Afrique d’un usage général comme masticatoire réconfortant, sous les noms de noix de Cola, gourou, etc. Celles de l’Ambrette (Hibiscus Abel moschus L.) sont recherchées par la parfumerie à cause de leur odeur forte rappelant celle du muse.

Plusieurs fruits de Malvacées sont comestibles. Ceux de l’Hibiscus esculentus L. se mangent avant leur maturité comme légume, sous le nom de Gombo (voy. ce mot); ceux du Pachira aquatica Aubl. constituent la chätaigne de la Guyane. Plusieurs Sferculia et Eriodendron sont célèbres en Asie et en Afrique pour les mêmes usages. Les fruits du Baobab africain fournissent, comme nous l'avons dit, une pulpe acidule très réputée comme remède dans les fièvres de marais, la dysenterie. Dans nos campagnes, presque tous les enfants mangent, sous les noms vulgaires de fromageons, petits fromages, les fruits des Mauves sauvages.

Nombre de Malvacées sont importantes pour les fibres textiles qu’elles contiennent. Le liber de beaucoup d'espèces est en effet abondant et séparable en lames plus ou moins tenaces. Tels sont les Hibiscus roseus Thor., H. cannabinus L., H. verrucosus L., H. syriacus L., le Sida Abutilon L., le Malva Alcea L., ete. Ces plantes ne peuvent fournir en général qu’une filasse assez grossière, à cause des anastomoses nombreuses qui relient leurs faisceaux libériens, et s'opposent à une séparation complète des fibres (voy. LIBER). La plus célèbre, comme aussi la plus précieuse de toutes ces substances, est le coton. Le coton n’est pas une fibre textile, au sens propre du mot, car il est formé uniquement par des poils séminaux provenant de l'hypertrophie de certaines cellules épidermiques de la graine. Ces poils commencent à se former vers l’époque de la floraison, et leur accroissement est si rapide qu'ils arrivent quelquefois à une longueur qui dépasse 15 centimètres. Quelles que soient d’ailleurs leur taille et leur couleur, ils présentent toujours les mêmes caractères qui les rendent faciles à distinguer. Ce sont des tubes à cavité unique, à paroi mince et affaissée sur elle-même,f ce qui leur donne (à un grossissement suffisant) l'apparence rubanée. En outre ils se montrent plus ou moins tordus suivant leur grand axe. Leur contenu est exclusivement gazeux.

Le paroi interne du péricarpe des fruits peut produire de semblables filaments qui n'adhèrent pas alors aux graines, mais peuvent les entourer plus ou moins complètement. C'est ce qui arrive notamment dans plusieurs espèces de Bombax,

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