MALVOISIE
desquels ils entrent, un élément d'’alcoolicité et de finesse très précieux; on les emploie aussi comme raisins de table.
Ce cépage est souvent cultivé en hautains avec taille longue, mais la taille courte en souches basses est préférable et permet d'en obtenir des grains plus volumineux et plus sucrés. GE:
MALVOISIE (œnologie). — Le vin de Malvoisie est un vin de liqueur, dont le type provient des environs de Nauplie de Malvoisie, dans le Péloponèse (Grèce). On en fabrique aussi dans les îles de Candie et de Chypre.
MAMELLES (z0otechnie). — Les mamelles sont les organes sécréteurs du lait (voy. LACTATION). Leur présence est caractéristique d'une classe d'animaux vertébrés qui pour cela sont nommés mammifères (portant des mamelles). Ces organes sont des glandes appartenant au groupe de celles que les anatomistes appellent glandes en grappe, en raison de leur structure. Elles se rattachent à l’ensemble des glandes sébacées de là peau, dont elles ne sont qu'une complication. Celles-ci sont des glandes en grappe simples. Les mamelles sont des glandes en grappe composées, c’est-à-dire une sorte d'agglomération des premières. Cette notion d'anatomie générale a une grande portée zootechnique, parce qu’elle permet de conclure de l’abondance des glandes sébacées dans la peau des jeunes femelles à un grand développement et à une grande activité ultérieurs des mamelles.
Quels que soient leur nombre et leur situation, les mamelles ont toujours une organisation identique. Ce nombre est toujours de deux au moins, formant une paire, et présentant chacune un prolongement de la peau, de forme variable, appelé mamelon ou trayon. C’est un objet de controverse de savoir si chaque mamelle n’a jamais qu'un seul mamelon, ou si elle peut en avoir deux ouplusieurs. Cela dépend de la manière de l’envisager et de la définir, et conséquemment n’a qu'un faible intérêt. Nous nous en occuperons tout à l'heure.
Comme situation, les mamelles sont normalement inguinales, ventrales et pectorales, toujours disposées par paires le long de la ligne médiane et plus ou moins rapprochées. Chacune en particulier a une forme plus ou moins irrégulièrement globuleuse ou lenticulaire. La peau la recouvre ou non sur toutes ses faces, hormis celle par laquelle s’établissent ses rapports avec la paroï abdominale ou pectorale. La face interne est parfois accolée à celle de l'autre glande de la même paire, et alors l'enveloppe cutanée est commune aux deux. Dans tous les cas, immédiatement au-dessous de la peau mince et couverte de poils fins et plus ou moins rares, pourvue d’une couche abondante de tissu conjonctif läche, se trouve toujours une seconde enveloppe en tissu étastique, fournie par le muscle costo-abdominal externe pour les mamelles inguinales et ventrales, et par le peaussier pour les pectorales. Cette sorte de coque fibreuse sert de soutien aux éléments glandulaires réunis en lobules entre lesquels elle envoie des prolongements. Elle aussi est pourvue, à sa face interne, d’une épaisse couche de tissu conjonctif che. Lorsque deux glandes sont accolées sur le plan médian, leurs deux coques fibreuses forment ainsi une double cloison de séparation qui, au point de vue pathologique, les rend indépendantes l’une de l’autre. C’est intéressant à savoir pour la médecine (voy. MAMMITE).
Après ces notions, la façon la plus simple et la plus facilement compréhensible de décrire l’organisation de la glande mammaire, comme celle du reste de toutes les autres glandes en grappe, consiste à partir de l’orifice de son canal ou conduit. Celui-ci, dans le cas présent, se trouve à l’extrémité libre du mamelon. Il est unique ou multiple, peu importe, mais toujours pourvu d’un anneau ou sphincter de faisceaux musculaires lisses, qui
MAMELLES
le tient ordinairement clos par sa contraction. Par cet orifice, on pénètre dans un conduit tubulaire qui, immédiatement au-dessus de la base du mamelon, aboutit dans une sorte d’ampoule, tapissée comme lui par une muqueuse. Ce canal du mame-
lon est le conduil galactophore et l'ampoule est
Mn
MNT
TEE
Fig. 322. — Coupe verticale de la mamelle de la vache,
le réservoir, la cilerne ou le sinus galactophore des anatomistes (fig. 322).
Dans cette ampoule aboutissent un nombre va-
riable d’autres conduits largement ouverts, dont il
nous suffira de suivre un seul pour connaître la disposition de tous les autres. Ce sont les conduits lactiferes. À une faible distance de son débouché dans la citerne, le tube se divise en deux maîtresses branches, dont chacune subit bientôt à son tour la
Fig. 323. — Coupe microscopique d’un groupe de culs-desac glandulaires.
même division, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les dernières ramifications n’aient plus qu’un diamètre capillaire. Ces dernières ramifications se terminent en cul-de-sac et à l’intérieur de celui-ci se trouve une couche de cellules épithéliales polyédriques appliquées sur des travées conjonctives. C’est l’élément glandulaire proprement dit, le grain glandulaire, pourvu de son épithélium sélecteur ou sécréteur (fig. 323).
Les ramifications du conduit étant dirigées dans tous les sens, les grains glandulaires s’agglomèrent, unis par du tissu conjonctf, pour former un lobule: en sorte que chaque lobule à finalement son collecteur, représentant le tronc de l’arborisation que figure ‘la division dichotomique des conduits lactifères. L’agglomération des lobules unis de même entre eux forme la glande, en y ajoutant les vais-
seaux sanguins nécessaires à la fois pour la nutri-
MAMELLES
tion et pour le fonctionnement de l'organe. Chaque travée conjonctive des culs-de-sac ou grains glandulaires supporte un réseau de vaisseaux capillaires, en communication, d'une part, avec les artérioles, et d’autre part, avec les racines veineuses. Les artérioles proviennent d'une artère, dont les divisions suivent les conduits lactifères, et qui est différente suivant que les mamelles sont inguinales, ventrales ou pectorales. Les veinules s’anastomosent pour aboutir finalement à des troncs veineux en nombres différents, suivant la situation des mamelles, et dont la connaissance précise, pour celles qui sont inguinales, est de grande importance en zootechnie. L'activité de la circulation veineuse donne en effet la mesure de celle de la circulation artérielle, avec laqueile celle de la sécrétion est en
rapport nécessaire. C’est pourquoi nous devons
nous y arrêter.
Les racines veineuses de la partie antérieure de chaque mamelle inguinale viennent toutes aboutir finalement à un tronc unique, qui se place, après avoir reçu les veines qui rampent sous la peau de l'organe, sous la paroi inférieure de l'abdomen, pour aller pénétrer dans son intérieur à la faveur d’un orifice situé à côté de l’appendice du sternum, et aller de là se perdre dans la veine cave postérieure. Ce tronc veineux, collecteur de tout le sang qui a irrigué plus ou moins de la moitié de l’organe, est appelé, en raison de son trajet ou de sa fonction, veine sous-cutanée abdominale, ou veine mammaire. Son volume et ses flexuosités sont un indice consulté pour mesurer l’étendue de l'organe sécréteur. Elle est parfois bifurquée et alors il y a deux orifices de pénétration de chaque côté, au lieu d'un seul. Le diamètre de ces orifices, chez les jeunes femelles, permet aussi de prévoir le développement ultérieur des veines mammaires (voy. PORTES DU LAIT).
Pour la partie postérieure, les veinules aboutissent à un nombre variable de veines beaucoup moins volumineuses que les veines mammaires et qui, après avoir rampé sous la peau des mamelles, puis sous celle d’une partie de la face interne des cuisses et celle qui recouvre l’espace compris entre les fesses, pénètrent dans le bassin entre les ischions, pour aller aussi contribuer à former le tronc de la veine cave postérieure. Elles sont connues sous le nom impropre de veines périnéales. Elles aussi fournissent un indice de la valeur fonctionnelle des mamelles, mais non point par leur examen direct, car elles ne sont que rarement accessibles à l'œil (voy. ECUSSON).
En somme, on voit que la mamelle est essentiellement constituée par des grains glandulaires agglomérés en lobules, dont l’intérieur communique avec un réservoir commun par l'intermédiaire des canaux lactifères anastomosés deux par deux jusqu’à un collecteur unique; par des vaisseaux sanguins capillaires, des vaisseaux artériels et des vaisseaux veineux; et par du tissu conjonctif maintenant le tout réuni.
S'il n’y avait jamais que cela dans les mamelles, si aucun élément étranger à la constitution de la glande ne s’y ajoutait, la fonction de lactation se mesurerait facilement au volume de l'organe. Cette fonction est nécessairement en raison du nombre des grains glandulaires et de leurs voies d’irrigation sanguine, fournissant les matériaux du lait. Mais, en outre, il se dépose souvent, dans les vacuoles du tissu conjonctif, des cellules adipeuses. La mamelle s’engraisse, et l'accumulation de ces cellules devient telle parfois que les grains glandulaires sont comprimés au point de ne pouvoir plus fonctionner. En tout cas, le fonctionnement est toujours plus ou moins entravé par leur présence en raison de leur propre incompressibilité, et l’augmentation de volume qu'elles déterminent ne peut pas être un signe d’accroissement de fonction.
MAMELLES
Alors, au lieu que la mamelle vide cède sous Ja pression de la nain, comme le fait l'éponge qu’on comprime, elle résiste, donnant la sensation d’un corps dur, comme dans le cas où elle est pleine de lait. Les culs-de-sac, libres au milieu du tissu conjonctif qui les entoure, lorsqu'ils n’en contiennent que peu ou point, se laissent au contraire comprimer sans difficulté; leurs parois se rapprochent, et elles reviennent ensuite à leur position première dès que la pression cesse. La mamelle, en outre, distendue par l'accumulation du lait dans ses conduits lactifères, diminue de volume à mesure que: ceux-ci se vident par la succion du jeune ou par la traite, tandis que dans le cas où ce volume est dû pour la plus forte part à l’engraissement, il demeure à peu près sans changement.
Nous n'avons rien à dire ici des nerfs qui se distribuent dans les mamelles, pour y conduire les excitalions nutritives, sécrétoires et motrices sous l'influence desquelles l'organe fonctionne, comme tous les autres. Leur description minutieuse y serait déplacée, étant superflue. Il doit suffire de signaler leur existence, afin de n’être pas accusé de lavoir omise involontairement.
Les mamelles existent à l’état rudimentaire, dès la naissance, mais elles restent normalement à cet état jusqu’à un certain âge, qui est celui des premières manifestations de l'instinct génésique. Alors la circulation sanguine devient plus active dans les vaisseaux mammaires et les glandes se développent. Mais elles ne croissent très sensiblement, chez les femelles qui nous intéressent, que sous l'influence de la gestation, et seulement à partir d’une période assez avancée de celle-ci. Leur développement se continue ensuite durant toute la période de croissance de la femelle, et il est proportionnel au nombre des gestations durant cette même période. Il y a là pour elles une véritable gymnastique, activant la prolifération des éléments glandulaires. On a vu cependant les mamelles se développer et donner du lait, dans de nombreux cas, indépendamment de toute gestation. C’est fréquent chez les chiennes et il y en a aussi des exemples authentiques chez des génisses. Le plus souvent, sinon toujours, il s’agit de bêtes ayant contracté l'habitude de sucer leurs mamelons ou de se téter, comme l’on dit. L’excitation trophique, en ces cas, au lieu d’être normale et de venir du centre nerveux, est provoquée par les succions répétées. C’est une excitation dont le réflexe est extérieur, au lieu d’être interne. Au fond le phénomène reste le même. On n’y trouve pas moins un enseignement au sujet des pratiques capables de favoriser, durant la période de croissance, le développement des mamelles.
Il nous faut maintenant arriver aux particularités de nombre, de situation et de forme propres à chacun des genres d'animaux qui sont les sujets de la zootechnie, pour compléter nos deseriptions.
Mamelles des Equidés.— Chez la jument et chez l’ânesse 1l n’y à jamais que deux mamelles situées dans la région inguinale. Elles y sont accolées l’une à l’autre, séparées seulement par la cloison: fibreuse résultant de l’adossement de leurs deux coques élastiques, et sous lenveloppe commune que leur fournit la peau fine de la région. Cette peau, fortement pigmentée, est dépourvue de poils et ne porte qu’un fin duvet à péine visible. Leur forme est globuleuse dans l'ensemble, et le ma-: melon de chacune, relativement court, est aplati d’un côté à l’autre. Il est percé de deux ou trois: orifices petits, et situé plus près du bord antérieur. que du postérieur de la mamelle.
Avant que les glandes se soient développées chez: la jeune femelle, alors que les mamelons seuls sont visibles, le rapprochement ou l'écartement de ceux-ci permet de prévoir le degré de développement ou le volume qu’elles atteindront, conséquem-
MAMELLES
ment l'intensité de la lactation. II y a là une donnée importante pour la sélection des mères et sur laquelle l'attention ne se fixe pas assez ordinairement. La façon dont elles remplissent leur rôle de nourrice est pratiquement plus à considérer encore, en général, que leurs qualités héréditaires. Les bonnes nourrices font toujours des poulains vigoureux et solides, atteignant la plus forte taille et “ayant, dans leur variété, la plus grande valeur. On ne saurait donc être trop attentif à choisir les mères parmi les juments et les ânesses qui ont les mamelons les plus écartés, indiquant, pour chaque mamelle, un champ vasculaire plus étendu. Avec des mamelons se touchant presque, on ne voit point se développer, au moment normal, des mamelles volumineuses.
Mamelles des Bovidés. — Dans nos régions, les mamelles des Equidés caballins ne servent que pour l'allaitement des jeunes. Seules celles des ânesses sont en partie exploitées pour un autre objet. Il n’en est pas ainsi chez les femelles de Bovidé. Bon nombre de vaches n’ont même pas à nourrir leur veau au delà de quelques jours seulement. Elles sont tout de suite exploitées pour la production industrielle du lait (voy. LAITIÈRES). L'étude spéciale de l’organe est donc chez elles, pour ce motif, d’un intérêt plus grand.
En règle les mamelles des femelles de Bovidé, de la vache et de la bufflesse notamment, sont plus volumineuses de beaucoup que celles des juments de même taille ou de taille plus élevée. Inguinales aussi, elles ont une forme lenticulaire plus ou moins régulière; en sorte que leur adossement sur le plan médian donne à peu près pour l’ensemble un sphéroïde, dont le profil postérieur dépasse ou non celui des cuisses. La peau qui enveloppe cet ensemble est aussi plus fine que celle des régions voisines, mais elle est toujours couverte de poils dont la finesse et la direction se montrent variables. Souvent rares, courts et fins, ils sont parfois abondants et longs. Leur rareté et leur grande finesse sont des indices de l'abondance des éléments glandulaires, non seulement dans les mamelles, mais aussi dans la peau, conséquemment de l’activité de la fonction. Leur direction n’est point la même sur toute l’étendue de l'enveloppe cutanée des mamelles. Aux parties postérieures ils s’inclinent d’avant en arrière et de bas en haut, en sens inverse, eonséquemment, de celle des poils de la face externe des cuisses (voy. ECuSson et Epi). Sur la ligne médiane on voit un sillon nettement marqué, correspondant au plan d’adossement des mamelles latérales et à la cloison fibreuse qui les sépare. Il est surtout profond et bien accentué dans le cas où leur forme est régulièrement lenticulaire.
Le nombre des mamelons est variable, mais ils sont toujours plus volumineux que ceux des mamelles d'Equidé. Leur forme est conique à pointe mousse, ils sont tantôt longs, tantôt relativement courts. Dans le premier cas, ils sont plus volumineux que dans le second. Cela dépend des races. ‘On n'y voit jamais qu'un seul orifice pourvu d’un fort sphincter. Celui-ci, chez certaines vaches impressionnables, se contracte à ce point qu'il est impossible de les traire. On dit vulgairement d’elles qu'elles retiennent leur lait. Il ne se relâche que quand on a réussi à les calmer par des caresses ou tout autre moyen (voy. TRAITE).
Les femelles de Bovidé n’ont jamais moins de quatre mamelons, appelés communément pis. Ce nom de pis est souvent aussi donné, chez les vaches, à l’ensemble des mamelles. Il y a ordinairement deux mamelons de chaque côté, mais on en observe parfois trois d’un côté et deux de l’autre, ou trois de chaque côté, Nous en avons même vu jusqu’à quatre, soit en tout huit mamelons, au lieu de six, de cinq ou de quatre. Ces mamelons, qualifiés de supplémentaires, sont toujours situés en arrière
MAMELLES
des quatre normaux. Quelquefois ils ne sont que rudimentaires, n'intéressent que la peau et ne pré-' sentent point d’ orifice, mais habituellement ils sont percés et correspondent, comme les autres, à un système de conduits galactophores et lactifères. Quand on néglige de les faire fonctionner, ce qui est une faute habituellement commise, ils restent moins développés et moins volumineux que les autres.
La question controversée dont il a été parlé plus haut, question oiseuse du reste pour la zootechnie, est de savoir si l’on doit, dans ces cas, admettre autant de mamelles qu’il y a de mamelons, ou bien seulement deux, quel que soit le nombre de ceux-ci, une pour chaque côté, pourvue de deux, de trois ou de quatre mamelons. Il est certain que chacun des mamelons normalement conformé correspond à un système de grains glandulaires fonctionnant indépendamment des autres. Ce système, dont le conduit du mamelon est le débouché, pourrait être, à ce titre, considéré comme une glande distincte. Mais, d’un autre côté, les Ilobules qui le composent ne sont nullement séparés de leurs voisins par une enveloppe fibreuse ou une coque propre. Ils s’enchevêtrent même parfois avec eux à ce point que ceux dont les conduits lactifères vont s'ouvrir dans la citerne du mamelon postérieur sont situés en avant de ceux qui débouchent dans l’antérieur. Leurs conduits lactifères s’entre-croisent en ce cas et ils sont tous contenus dans une seule enveloppe commune. Il parait donc tout autant exact de les considérer comme formant une seule glande à deux ou plusieurs conduits excréteurs, comme il y en a È autres exemples parmi les glandes en grappe de
l’organisme animal. Et c’est l'interprétation qui prévaut dans le langage zootechnique habituel. On admet seulement, chez les vaches, deux mamelles, une droite et une gauche, dont l’ensemble est divisé en quartiers, deux antérieurs et deux postérieurs, chacun étant en règle pourvu d’un seul mamelon. Quand il y a des mamelons supplémentaires, ils appartiennent toujours aux quartiers postérieurs. La division entre la moitié antérieure et la postérieure de chaque mamelle est souvent marquée extérieurement par un sillon résultant du renflemer.t des citernes galactophores rapprochées l’une de l’autre.
Le développement des quartiers des mamelles n’est pas toujours égal; c’est-à-dire que la forme de chaque mamelle n est pas toujours celle d’une lentille régulièré. Tantôt les quartiers antérieurs se développent moins que les postérieurs, tantôt c’est l'inverse. Dans le premier cas, le profil des quartiers antérieurs se rapproche plus ou moins de la verticale et celui des mamelons est situé à peu près sur son prolongement. Ces quartiers sont ainsi réduits à un faible volume et celui des veines mammaires est à l’avenant. Dans le second cas la même disposition se montre en arrière, et elle se traduit par une faible étendue de l’écusson.
Dans lexamen des mamelles en vue de l’appréciation de l’aptitude laitière des vaches, il importe ‘ donc beaucoup d'arrêter son attention sur ces faits qui en décident pour la plus forte part. Et c’est pourquoi chacun des indices recommandés par les auteurs empiriques ne peutavoir,envisagé isolément, aucune valeur décisive. Les veines mammaires, par exemple, ne valent que pour les quartiers antérieurs, l’écusson que pour les postérieurs. Avec des veines ou un écusson de premier ordre, la vache peut n’être qu'une laitière médiocre, le grand développement qu'ils indiquent étant plus que compensé par une insuffisance corrélative. Pour qu’ils aient toute leur signification, ils doivent se présenter ensemble, parce qu'alors les quatre quartiers des mamelles sont également bien développés.
Alors les points d'attache des glandes sous l'abdomen sont situés très en avant du niveau des
En
MAMELLES
mamelons antérieurs et le profil est un are de grand cercle. Celui des quartiers postérieurs le répète en sens inverse et il déborde en arrière le profil des cuisses. Les mamelles, remplissant en épaisseur tout l'espace compris entre ces mêmes cuisses, descendent jusqu'au niveau des jarrets et parfois même au-dessous. Elles atteignent, chez certaines vaches des variétés laitières perfectionnées par la culture,
Fig. 324. — Mamelles de vache mal faites.
un volume énorme, et un poids, quand elles sont pleines de lait, qui fait fléchir la tige vertébrale. Mais c’est chez les vaches surtout qu'il faut être en garde contre les accroissements de volume dus à l’engraissement des- mamelles. Il arrive aussi qu'ils sont la suite d’une sclérose du tissu conjonctif, conséquence de l’inflammation. Ces indurations se reconnaissent facilement au toucher. C’est pourquoi
Fig. 325. — Mainelles de vache bien faites.
le fort volume de l’organe n’a de valeur qu'autant qu'on s’est assuré, en palpant, qu'il est dù seulement au grand nombre des éléments glandulaires et que l'accumulation des cellules adipeuses ou du tissu conjonctif sclérosé n’y est pour rien. Il en est ainsi lorsque les glandes se montrent souples, spongieuses, au lieu d’être dures et résistantes à la pression des doigts.
La peau des mamelles de la vache est toujours plus riche en glandes sébacées que celle des autres régions du corps. Sa surface est par conséquent plus onctueuse. Il en est surtout ainsi sur les quartiers postérieurs, où elle forme des plis longitudinaux, chez les fortes laitières qui en sont à la fin de leur période de lactation, ou durant celle-ci, quand les mamelles viennent d’ètre vidées. L’abondance de
MAMELLES
la matière sébacée étalée en couche sur cette région est, avec raison, considérée comme un signe de l'aptitude des mamelles à sécréter du lait riche en beurre ou crémeux.
Enfin, sur les mamelons volumineux, la peau, toujours dépourvue de poils, pigmentée ou non, présente souvent, en nombre variable, de ces productions épidermiques appelées verrues. Il n’y a pas lieu de s’en effrayer. Cela n’entraine aucune conséquence fàcheuse, ni pour la fonction de l'organe, ni pour la santé générale de la bête. |
Mamelles des Ovidés. — On ne peut pas dire, d’une manière générale, que les mamelles des brebis soient différentès de celles des chèvres. On ne peut pas dire davantage qu’elles soient semblables. Cela dépend des espèces.
Chez tous les Ovidés, ariétins ou caprins, elles sont inguinales, et aussi au nombre de deux seulement, comme dans les genres que nous avons déjà vus. Les différences qui se montrent pour la plupart des espèces de l'un des deux groupes portent seulement sur la forme.
Chez les brebis, les mamelles sont globuleuses. Chacune n’a ordinairement qu'un seul mamelon court, cylindro-conique et divergeant par rapport au plan médian du corps. Il est percé d’un orifice unique. Assez souvent 1l y en a un autre supplémentaire plus petit et alors toujours situé en avant, contrairement à ce qui s’observe chez les vaches. Tayon, après avoir observé de nombreux cas de ces mamelons supplémentaires sur des brebis exploitées comme laitières dans le département de l'Hérault (voy. LARZAC), crut y voir un effet de la variation sous l'influence du milieu, et se laissa entrainer à des considérations philosophiques qu'il se füt épargnées, s’il avait su que dès le siècle dernier Daubenton signalait le fait sur des brebis dont les mamelles n'avaient à fonctionner que pour nourrir leurs agneaux. Il se présente en réalité dans toutes les races, sans qu'on puisse savoir, dans l’état de la science, à quoi il est dû.
Chez les chèvres, une espèce, celle d'Afrique (voy. CHÈVRES), a des mamelles globuleuses, à mamelons petits ct divergents, comme celles des brebis. C’est l’un des caractères par lesquels cette espèce marque le passage entre les deux groupes d'Ovidés domestiques. Dans toutes les autres, les mamelles sont allongées, pendantes et terminées chacune par un mamelon long et fortement conique, qui semble n’en être que la continuation. II n'y a, en effet, aucune transition entre la glande et son mamelon. La masse glandulaire, recouverte de peau fine et glabre, fortement pigmentée, parait bifurquée. Quand elle est remplie de lait et distendue, ses mamelons divergent un peu vers leur pointe. Ceux-ci n’ont qu'un seul orifice, comme chez la brebis.
Tout ce qui a été dit plus haut au sujet de l’appréciation des mamelles de la vache, s'applique, toutes proportions gardées, à celle des mamelles de la brebis et de la chèvre. Il serait donc superflu de le répéter.
Mamelles des Suideés. — Chez la Truie, chacune des mamelles n’a jamais qu’un seul mamelon court, faiblement conique et percé de plusieurs orifices. Elles sont nettement isolées, ayant chacune son enveloppe cutanée propre, qui est fine et dépourvue de soies, mais disposées par paires régulières,
le long de la ligne médiane, depuis les aines jus=
qu'à la poitrine. Elles sont donc à la fois inguinales, ventrales et pectorales.
Leur nombre est variable, non seulement selon les espèces, mais encore selon les individus, depuis quatre ou cinq paires jusqu'à neuf ou dix, soit du simple au double. Dans telle espèce, on n'en constate jamais plus de cinq paires; dans telle autre,
jamais moins de sept, du moins d’après nos obser-
vations personnelles. Les différences paraissent