‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 58 sur 205 · TIMES · texte numérisé non relu

TIMES

MAMMITE

la mulsion on n'obtient que du pus couleur lie de vin ou du sang plus ou moins altéré. Dans la plupart des cas la teinte extérieure du tégument n’est pas modifiée et à la palpation on ne perçoit qu'une légère infiltration œdémateuse sous-cutanée. Cependant, quand l’inflammation profonde est violente, la peau présente ordinairement une nuance rouge vif ou sombre, et, lorsque les mamelles ont été meurtries, on peut y constater de larges ecchymoses. La mammite aiguë caractérisée par des phénomènes locaux intenses s'accompagne toujours d’une fièvre de réaction assez vive; les malades mangent peu, la rumination est rare ou suspendue, le mufle est sec, l'artère tendue, le pouls faible et précipité, la peau chaude. Après avoir persisté une à deux semaines, la maladie se termine par la résolution, la formation d’ abcès, la grangrène ou le passage à l’état chronique.

La résolution s'annonce par la cessation de la fièvre et l’atténuation graduelle des symptômes locaux. Pendant un certain nombre de jours, le lait reste séreux et caillebotté; ce n’est souvent qu'après deux ou trois semaines qu'il récupère toutes ses propriétés physiologiques. — Les abcès se forment dans les acini glandulaires, ou dans le tissu conjonctif sous-cutanf. On reconnait les abcès superficiels de la mamelle à une tuméfaction circonscrite dont la partie centrale devient bientôt fluctuante, puis s’entr'ouvre et laisse échapper une quantité variable de pus de bonne nature. Les abcès profonds déterminent une augmentation de volume considérable du pis qui devient dur et très douloureux. Avant de se faire jour au dehors, le pus produit souvent des altérations très graves de la mamelle, et les phénomènes réactionnels auxquels ils donnent lieu, atteignent parfois un degré tel que la mort en est la conséquence. — La gangrène consécutive à la mammite est circonscrite ou envahissante. Sous la première forme, elle aboutit à la destruction d’une portion limitée du parenchyme glandulaire. D'abord cette partie est très dure, chaude, rouge sombre et extrèmement douloureuse, puis, en quelques jours, elle devient froide et insensible; la peau qui la recouvre se durcit et se recroqueville ; les parties vivantes voisines du fragment sphacélé s’enflamment, et bientôt celui-ci, qui parfois comprend une mamelle entière, est entièrement délimité. Après son élimination, il reste une vaste plaie bourgeonnante qui se comble peu à peu à la façon des cavités purulentes. La gangrène envahissante gagne de proche en proche, se complique de putréfaction locale, d'infection septique et tue rapidement les sujets.

La mammite aiguë pouvant produire en quelques jours des désordres qui ne permettent plus le retour de l'organe à son état primitif, il importe de la combattre dès son début.

Lorsqu'il n’y a encore qu’engorgement laïiteux, ilfaut pratiquer la mulsion avec douceur cinq ou six fois dans la journée. L'usage des tubes trayeurs est avantageux. Si la femelle “nourrit, le petit doit être écarté tant qu'il y a sensibilité exagérée de la mamelle. Pour atténuer l’inflammation, on peut employer un grand nombre de topiques. Les astringents, les tempérants, les émollients, les narcotiques, les fondants ont été recommandés. Une saignée copieuse à la veine mammaire correspondante produit un dégorgement rapide de la glande congestionnée et exerce une influence très salutaire. Quand la suppuration paraît inévitable, il faut hâter la formation du pus par des frictions maturatives ou : irritantes. Les abcès, surtout ceux qui se développent dans la profondeur de l’organe, doivent être ponctionnés un peu hâtivement. Quant au traitement à instituer pour combattre les accidents gangreneux, il comporte les divers moyens qui ont été indiqués ailleurs (voy. GANGRÈNE).

Mammite chronique. — C’est une affection très

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