II
MAMMITE
rare qui ne survient guère que comme terminaison de la forme aiguë. Elle consiste en une sclérose de la mamelle atteinte qui S’atrophie comme tous les organes envahis par l’inflammation chronique.
La mamelle malade diminue de volume et se durcit de plus en plus, son mamelon se rétracte et se ride; elle sécrète en petite quantité un liquide jaunâtre formé par un mélange de lait et de pus.
- Cette maladie résiste à tous les moyens que l’on a recommandés pour la combattre.
Mammile contagieuse des vaches laitières. — Cette affection a été confondue jusqu’à notre époque avec la mammite chronique simple. C’est en 1884 que MM. Nocard et Mollereau établirent la nature contagieuse et parasitaire de cette variété de mammite.
Elle envahit d’abord un seul quartier, puis frappe successivement les trois autres si les animaux sont conservés assez longtemps. Son seul symptôme, à l'exploration des mamelles, est l’induration des quartiers atteints, ès sont noués. Tout d’abord lelait conserve son aspect et ses caractères extérieurs ; mais bientôt il devient séreux, jaunâtre, grumeleux et se coagule rapidement ; il a une réaction acide et exhale une odeur désagréable, quelquefois fétide. Mélangé avec le bon lait, il provoque aussitôt la coagulation de la masse entière. A l'examen microscopique, on constate dans ce lait des microorganismes spéciaux, très petits, de forme ovoïde, disposés en longs chapelets. Ensemencé dans du lait, du bouillon de poule, de pore ou de veau, le lait malade reproduit en trente-six à quarantehuit heures une proportion considérable de chapelets absolument semblables à ceux dont ils procèdent. Les cultures successives donnent invariablement le même résultat et se font toujours avec la même vigueur. Après chaque culture, le‘bouillon, qui était neutre ou alcalin au moment de l’'ensemencement, accuse une réaction franchement acide. Jamais, lorsqu'on procède avec les précautions de rigueur, 1l ne se développe dans le liquide de culture de micro-organismes différents, et les chapelets paraissent conserver indéfiniment leur forme dans les ballons où ils ont été cultivés. On peut rencontrer des chapelets dans le lait encore normal des bêtes récemment atteintes.
La maladie ne se propage dans les étables que par la contagion ; et c’est par l'opération de la traite qu’elle est communiquée des bêtes malades à celles dont les mamelles sont indemnes.
Le traitement comporte des indications préventives et des moyens curatifs. Avant la traite, la personne chargée de cette besogne devra laver le pis et se laver les mains avec une solution phéniquée à 3 pour 100. 11 faut répéter ce double lavage chaque fois qu’on opère sur un nouveau sujet, et l’on doit traire les vaches malades en dernier lieu. Le traitement curatif consiste à injecter dans chaque glande malade, par le trayon, aussitôt après la traite, 100 grammes d’une solution tiède d'acide borique à 4 pour 100. Pour obtenir la guérison parfaite, il suffit de renouveler cette injection deux ou trois fois à huit jours d'intervalle.
Mammite gangreneuse des brebis nourrices. — Cette maladie, vulgairement désignée sous le nom d’araignée, est propre à l’espèce ovine. On l’observe particulièrement sur les femelles en pleine lactation. Elle s’accuse toujours par des symptômes graves qui la font facilement reconnaitre. La mamelle malade est tuméfiée, chaude, douloureuse, rénitente et présente une coloration rouge, analogue à celle de l’érysipèle. Les malades éprouvent de vives souffrances ; elles sont tristes, restent constamment couchées et ne prennent aucune nourriture. La fièvre de réaction est toujours très forte. Les phénomènes inflammatoires évoluent avec une grande rapidité et s'étendent à la face interne des cuisses ; l'engorgement des mamelles devient énorme, et la