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MANADE

peau qui les recouvre prend successivement les teintes rouge, violacée, livide et noirâtre. En même temps que s’accomplissent ces modifications, la région tuméfiée devient froide et insensible; c’est un signe que la gangrène est réalisée. La mort se produit en peu d'heures.

Les récentes recherches expérimentales de M. Nocard ont établi que cette affection est de nature microbienne.

Si l’on recueille du lait pendant le cours de la maladie, on constate qu’il est très fluide, rougeûtre et qu’il possède une réaction acide. Au microscope on y aperçoit une infinité de Microcoques très petits, isolés, jamais réunis en chapelets, comme ceux de la mammite contagieuse des bêtes bovines. Ensemencés dans des milieux neutres ou alcalins, ces Microcoques pullulent avec une rapidité effrayante et modifient la réaction des milieux de culture qui deviennent acides. On peut prévenir cette acidité, toxique pour les Microcoques qui l'ont déterminée, en ajoutant au liquide de culture une petite quantité de carbonate de chaux. Ces parasites peuvent aussi être cultivés sur la gélatine, dans le vide comme à l'air libre : ils sont aérobies et anaérobies.

L'inoculation à un animal sain d’une petite quantité d’un liquide de culture de ces Microcoques, reproduit invariablement la maladie dont nous avons indiqué les caractères. Que l’inoculation soit faite dans les sinus galactophores, au moyen d’une sonde mousse ne produisant aucune éraillure, ou dans le tissu même de la mamelle, le résultat est le même : en peu d'heures, l’inflammation s'allume au point d’inoculation, et l’on voit survenir les manifestations de la mammite gangreneuse.

C’est une affection spéciale aux brebis, car l’inoculation aux animaux des autres espèces, même à la chèvre, reste sans résultat ou ne donne lieu qu'à des accidents insignifiants.

Le traitement est exclusivement chirurgical. Il faut, dès que la maladie existe, pratiquer.l’ablation de la mamelle atteinte. Ensuite, on doit faire à la plaie des lavages fréquents avec une solution de sulfate de cuivre, ou par des applications d’une pommade contenant 6 à 7 pour 100 du même sel.

Les autres moyens de traitement essayés par M. Nocard — injections d'acide borique, de sulfate de cuivre, de liqueur de Van Swiéten dans la mamelle — sont restés infructueux. La différence constatée à cet égard entre la mammite gangreneuse des brebis et celle des bêtes bovines, s’explique facilement par la façon différente dont se comportent les agents qui provoquent ces affections. Tandis que les micro-organismes de la mammite des vaches restent confinés dans les tissus et les acini de la mamelle, ceux dont il vient de s’agir traversent la muqueuse qui tapisse ces cavités et envahissent très rapidement les tissus voisins, où les injections thérapeutiques ne peuvent plus les atteindre. P.-J. C.

MAN. — Nom vulgaire de la larve du Hanneton (voy. ce mot).

MANADE (z00{echnie). — En Camargue et dans l'Aude, on appelle manades (manada) les troupeaux de chevaux et les troupeaux de Bovidés vivant en liberté sur les parties marécageuses et incultes du pays. Chaque manade est surveillée par un gardien, qui la maintient dans les limites du parcours appartenant à son propriétaire.

Les manades, ou troupeaux demi-sauvages de la Camargue, ont été beaucoup plus nombreuses qu'elles ne le sont aujourd’hui. Elles vont diminuant à mesure que le sol est assaini et mis en culture. On peut prévoir le moment, assez prochain, où elles auront complètement disparu.

En ce qui concerne les manades de chevaux, il y aura lieu de les regretter. On pourrait, avantageusement pour le pays, les conserver, tout en améliorant leurs conditions d'existence. Les petits che-

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