‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 6 sur 205 · PR CO · texte numérisé non relu

PR CO

ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectares Pommes de LITE re nn DS 79 h1. 46 13341 66 qx Légumes secs 3746 10 h]1. 76 2115 46 h1. 50 Racines et lé, gumes divers 2353 98 qx 71 6089 193 qx Betteraves ..… 814 210 qx 90 71955 295 qx Chanvre... 707 6 h1. C4 159 8 h].

Line, » » { The a0 Colza 2035 41 h1. 70 642 16 NI.

La surface consacrée aux Pommes de terre a plus que doublé de 1852 à 1882; en 1862, cette culture s’étendait déjà sur 10 988 hectares. Les Betteraves occupent une surface près de dix fois plus considérable qu’en 1852; les 7955 hectares cultivés en 1882 comprennent 6307 hectares de Bet-

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teraves fourragères et 1648 hectares de Betteraves à sucre. Les légumes secs perdent 1600 hectares ; les 2115 hectares cultivés en 1882 comprennent : 39 hectares de Fèves ou Féveroles, 1148 hectares de Haricots, 9 hectares de Lentilles et 478 hectares d’autres légumes secs. La culture des racines fourragères et alimentaires, autres que les Betteraves, a gagné près de 4000 hectares ; les 6089 hectares cultivés en 1882 comprennent 2457 hectares de Carottes et 3632 hectares de Navets. La culture du Colza, par suite de la concurrence des huiles minérales, a notablement diminué; en 1862, elle comprenait encore 2007 hectares, soit 1400 hectares de plus qu’en 1882.

La statistique de 1852 évalue à 28 019 hectares la superficie des prairies naturelles; sur cette surface, 1872 hectares étaient irrigués. En 1862, cette surface s'élevait à 21621 hectares, comprenant : 18 575 hectares de prés secs, 2858 hectares de prés irrigués et 188 hectares de prés vergers; de plus, 6731 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. En 1882, les prairies naturelles occuperaient 23 065 hectares répartis comme il suit :

hectares Prairies naturelles irriguées naturellement par Jesicfués des rivières. Le. ,F RTE 10531 Prairies naturelles irriguées à l’aide de travaux SPÉCIAUX, 2.4.2 24e ve dues 10 QE SRE 1611 Prairies naturelles non irriguées.....,......... 10923

Il convient d'ajouter à ces chiffres, 6001 hectares de prés et pâtures temporaires, et 2913 hectares d’herbages pàturés. Enfin les fourrages verts étaient cultivés en 1882, sur 20 156 hectares comprenant : 4112 hectares de Vesces, 15 184 hectares de Trèfle incarnat, 393 hectares de Maïs-fourrage, 103 hectares de Choux et 464 hectares de Seigle en xert.

En 1852, les prairies artificielles occupaient 60919 hectares ; en 1862, 67 083 hectares. D’après la statistique de 1882, la surface consacrée aux prairies artificielles serait de 64 063 hectares, savoir :

hectares Trèfle sr Re ENT EEE RERERS 19 089 Luzernei.:.i st ARS / MORE ETES 18587 SAN ÉOIN. a du 0 S ve ONCE EEE 19880 Mélanges de Légumineuses........... 6507

D’après ces chiffres, la culture fourragère est en progrès dans le département et nous verrons que cette progression correspond à un accroissement dans la population animale du département. Si aux 23 065 hectares de prairies naturelles existant en. 1882, on ajoute les 2913 hectares d'herbages pâturés existant à la même époque, on obtient un total de 25 978 hectares. Pour les-prairies artificielles, il faut ajouter aux 64063 hectares cultivés en 1889, les 20 156 hectares de fourrages verts existant à la même époque et les 6001 hectares de prés et pàtures temporaires constatés en 1889, soit en tout 90 220 hectares qu'il faut comparer aux 60 919 hectares existant en 1852. D’après ces chiffres, il y aurait donc diminution de 2041 hectares dans la surface consacrée aux prairies naturelles et augmentation de 29301 hectares dans la superficie des prairies artificielles et fourrages annuels.

En 1852, la Vigne occupait une surface de 37 854 hectares ayant produit des vins pour une valeur de plus de 14 millions de francs. En 1862, elle n’occupait plus que 51 971 hectares ayant produit 783 580 hectolitres de vin d’une valeur de 23 108 433 franes. D'après la statistique de 1882, les Vignes n’occupent plus qu'une surface de 27 734 hectares, répartis ainsi :

hectares

Vignes en pleine production........... 24935 — nouvellement plantées......... 2 578 — avec cultures intercalaires....., 221

LOIRET

La récolte a été de 381817 hectolitres de vin représentant une valeur de 14 882 662 francs.

La Vigne occupe des terrains silico-argileux, argileux ou argilo-calcaires plus ou moins graveleux ; elle est échalassée dans les arrondissements d'Orléans et de Gien, mais aucun échalas ne la soutient dans le Gâtinais. Le plant le plus estimé est l’Auvernat. Les meilleurs vins d'Orléans sont récoltés dans les vignobles situés sur les territoires d'Orléans, d’Olivet, de Meung, de Beaugency.

D'après l'enquête du service du Phylloxéra en 1887, la superficie plantée en Vignes serait de 29 500 hectares, sur lesquels 3300 hectares seraient envahis par le parasite, mais résisteraient encore. Depuis l'invasion le département aurait perdu 969 hectares. Le Gâtinais surtout a été atteint; les Vignes de l’Orléanais résistent mieux, grâce aux terrains généralement riches et profonds où elles sont cultivées:

Le Noyer est assez commun dans le Gâtinais.

D'après le cadastre, les bois et forêts occupaient 107 761 hectares; en 1889, cette surface serait de 195 574 hectares, répartis ainsi :

4 hectares Bois appartenant aux particuliers...... 87091 — — aux communes ...... 137 = — AE HER ASPA STE 38 346

La forêt d'Orléans compte 37 688 hectares; celle de Montargis s'étend sur 4057 hectares. Les essences dominantes sont le Chêne, le Charme, le Hêtre et le Bouleau. Les Peupliers suisse et d'Italie sont très communs dans le Val de la Loire et sur les plateaux argileux du Gâtinais. Le Pin maritime couvre de grandes étendues dans les terres sablonneuses le l'arrondissement de Gien et la partie de l’Orléanais située sur la rive gauche de la Loire.

Lors de la confection du cadastre, nous avons vu que les terres labourables occupaient 423 598 hectares, soit 62 pour 100 de la superficie totale du département; en 1852, elles comprenaient 435 211 hectares ou 64 pour 100 de la surface totale; en 1862, 443256 hectares ou 66 pour 100; en 1882, 453 151 hectares ou 67 pour 100. De 1842 à 1882, en quarante ans, le département a donc conquis 29 553 hectares de terres labourables. La superficie cultivée du département comprend, en 1882, une surface de 635 323 hectares, et la superficie non cultivée, une surface de 13 825 hectares, savoir :

hectares

Landes, pâtis, bruyères..,..........:.......... 8 023 Terrains rocheux ou de montagnes incultes..... 1696 NE MATÉEADEUX: see due somme ones qres esse 3 146 TOURMENTE se Us 359

Les progrès de 1852 à 1882 sont donc les suivants : augmentation de la surface des terres labourables, augmentation des surfaces boisées, augmentation dans la surface consacrée aux fourrages et aux racines, dans la culture des Pommes de terre et de la Betterave.

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

Chen tnt ns. 30278 33457 39676 Anes et ânesses........ 6108 6392 5 806 Mulets et mules........ 19297 41055 291 Bêtes’ bovimes 17... 100019 136 108 135 832 PR ONINE SC 526 867 474194 349 465

© — porcines......... 28279 34580 40 894 — çaprines.,....... 3045 4257 5 488

L'espèce chevaline, d'après ces chiffres, a gagné 9000 têtes de 1852 à 1882; la marche a été progressive et continue, comme il est facile de s’en

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rendre compte à l'examen des chiffres de 1862. Ces animaux appartiennent à des races très diverses, mais principalement à la race Percheronne et à la race Berrichonne. On élève très peu de poulains dans le département. L'espèce asine est restée à peu près stationnaire; mais les mulets ont été presque partout remplacés par les chevaux.

L'espèce bovine est en augmentation de 35 000 têtes environ, par suite de l’extension donnée aux fourrages verts, aux racines et en général aux cultures fourragères. L'espèce bovine a remplacé dans nombre de localités l’espèce ovine, qui a perdu 180 000 têtes 2nviron de 1852 à 1882. Les bêtes bovines appartiennent aux races Normande, Durham et Hollandaise. On élève peu dans le Loiret, surtout dans les plaines calcaires. La race Charolaise est peu répandue. Le lait produit est employé à la fabrication du beurre et du fromage. Le fromage d’Olivet, près d'Orléans, est renommé. Dans les plaines du Gâtinais, on pratique l’engraissement des veaux.

Quant à l'espèce ovine, c’est la race Mérinos qui domine; c’est elle qui forme les troupeaux de la Beauce orléanaise et du Val de la Loire. Ces troupeaux étaient jusqu’à présent atteints du sang de rate; grâce aux vaccinations anticharbonneuses (voy. CHARBON), dont la pratique est devenue générale, le mal s’est arrêté. La Sologne et le Gâtinais élèvent la race Solognote. Il existe enfin quelques bons troupeaux de Southdown.

Les animaux de l'espèce porcine ont gagné 12000 têtes de 1852 à 1882 ; ils appartiennent aux races françaises croisées avec la race Yorkshire ; cette dernière race et la race Berkshire font l’objet d’élevages assez importants à Château-Renard et à Sainte-Geneviève-des-Bois.

Le sol calcaire des plaines de la Beauce et du Gâtinais se prête bien à l'élevage des Dindons et. des Oies. — Les ruches sont au nombre de 30 915. Les miels du Gâtinais sont justement renommés.

D’après le recensement de 1881, la population du Loiret s'élève à 368 526 habitants, ce qui représente une population spécifique de 54 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, le Loiret a gagné 78387 habitants. La population agricole (mâles adultes), de 1862 à 1882, a subi les modifications suivantes :

1862 1882 Propriétaires agriculteurs... 34782 33 195 Férmièrs Sep RP 3821 18177 Métayers RS Eee 411% 297 DOMmeSqUES EEE OR EEE 17097 19927 JOUTNAlIERS 2 PARA ER RPE 10183 15 655

Le département comprend 1850915 parcelles d’une contenance moyenne de 33 ares.

Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 31 924, s'élève, en 1882, à 58 490. Pour expliquer cette différence, il convient de faire remarquer que la statistique de 1862, n’avait pas relevé les exploitations de moins de À hectare; celles-ci, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 20 749. Ces exploitations se divisent comme il suit :

1862 1882 Exploitations de moins de 5 hectares. 19677 41 699 — de » à 10 hectares..... 9277 8112:

— de 10 à 40 hectares... 4390 6248 — de plus de 40 hectares. 2 580 2431

La culture directe par le propriétaire est généralement adoptée ; la culture au moyen de métayers est l'exception ; le fermage lui est presque toujours préféré, comme le montre le tableau suivant :

LOIRET — 904 — LOMBRIC NOMBRE CONTENANCE | du bas prix des céréales et du bétail, n’est pas D'EXPLOITATIONS MOYENNE prospère; mais c’est là une crise momentanée. hectares L'introduction d’un matériel perfectionné, l'emploi Culture directe.......... 44 582 5,14 d'engrais chimiques complémentaires, de semences Héftagé.: 2 ee 11821 18,34 améliorées et d'animaux sélectionnés amèneront Métayage................ 2407 13,45 le Loiret à un état de complète prospérité.

Ia contenance moyerhe des cotes foncières, par suite de l'augmentation sans cesse croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions sensibles depuis la confection du cadastre. Elle était :

hectares D'aprèsile.cadastre.. 1700 reuRe. 5,47 BAM SOL RRN UE SE ST MENT EEE De 4,81 BnMSDIE RS Re NE co Mao TA eE 4,38 BAD AS DURE cout sou be Mec 4,15 HAS Sd RER Ten de sac meule 3,94

La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :

1859 1862 1882 francs francs francs Terres labouraiDles 2. 638 à 1563 968 à 2335 704 à 3005 Prés A Peu 874 2022 41099 9%539 1000 3130 Vignes tnare 11499 92504 1505 3075 1390 3510 Bols: Ma Le 695 2938 490 2435 600 2640

Pendant la même période, le taux de fermage par hectare a subi les variations ci-après :

1552 4862 1882 francs francs francs Terres labourables. 18 à 44 31 à 67 28 a S9 Prés rene: 32213 44 94 23 195 NISAGSS M en ere J2010 52 93 43 108

L'outillage agricole a fait des progrès considérables. En 1852, il n’y avait dans le département , que 22 machines à battre, dont une à vapeur; en 1862, il en existait 339 dont 12 à vapeur; d'après la statistique de 1882, le Loiret posséderait 756 machines à battre. En 1862, le département possédait 48 semoirs, 6 faneuses, 5 faucheuses et 1 moissonneuse; en 1882, il y a 249 semoirs, 198 faucheuses, 349 moissonneuses et 390 faneuses et râteaux à cheval. L'agriculture emploie une force motrice de 2210 chevaux-vapeur fournie par 143 roues hydrauliques, 177 machines à vapeur et 225 moulins à vent.

Les voies de communication comptent 6365 kilomètres, Savoir :

kilom

12 Chemins de for: Ni R E TNE UE UE o11 Sarontes NATIONALES Nr EC ER ETES EE 436 1/2 19 routes départementales Tee Re. 538 Chemins vicinaux de grande communication... 4394

— — d'intérêt commun.......... 507

— -— OLAIMAITES MS ee tee 2 690 1/rivière navirable EEE 2 RU PORC 129 4 ÉANAUX ee LE TM EU LME ee M UNI 159 1/2

La Beauce orléanaise, le Val de la Loire et les plateaux calcaires du Gàtinais ont conservé l’assolement triennal, en le transformant toutefois en une succession de culture de six années. La premiére année est consacrée à une jachère, puis viennent des récoltes de Blé ou d'Escourgeon, d'Orge ou d’Avoine, des fourrages annuels ou bisannuels, un Blé ou un Seigle et une Avoine. Cet assolement est soutenu par une sole de Luzerne ou de Sainfoin placée hors de la rotation. La jachère est généralement occupée par des plantes fourragères.

Le département du Loiret est dans une excellente voie; la situation agricole, toutefois, en présence

Depuis la fondation des concours régionaux, quatre de ces solennités se sont tenues à Orléans : en 1861, en 1868, en 1876 et en 1884. La prime d'honneur y a été décernée trois fois : en 1861, à M. de Béhague, à Dampierre; en 1868, à M. Thibault, à Villamblain; en 1876, à M. Nouette-Delorme, à la Manderie, commune d’Ouzouer-des-Champs.

Le département possède un certain nombre d’associations agricoles ; ce sont : les Comices agricoles d'Orléans, de Gien, de Montargis’et de Pilhiviers, la Société horticole du Loiret, la Société d’horticulture de Montargis.

Le Loiret possède une. chaire départementale d'agriculture. Une école secondaire de sylviculture est établie au domaine des Barres ; une école pratique d’agriculture est en création à Montargis et un laboratoire agricole fonctionne à Orléans. G. M.

LOISELEUR-DESLONGCHAMPS (biographie). — Jean-Louis-Auguste Loiseleur-Deslongchamps, né à Dreux en 1775, mort en 1849, botaniste et agronome, s’est fait connaître surtout par des recherches sur les usages des plantes communes. Il fut membre de la Société nationale d’agriculture. Parmi ses nombreuses publications, il faut citer ici: Flora gallica (2 vol., 1807), le Nouveau Duhamel ou Traité des arbres et des arbustes cultivés en France en pleine terre (7 vol., 1812-1819), Herbier général de l'amateur (8 vol., 1817-1820), Müriers et Vers à soie (1832). Il a publié en outre, dans les Mémoires de la Société nationale d'agriculture, des travaux importants, notamment sur les céréales et sur les Müriers. H95;

LOMBARD (biographie). — Charles-Pierre Lombard, né en 1743, mort en 1824, apiculteur français, s’est surtout occupé, par la pratique et par des cours publics, du perfectionnement de l'élevage des Abeilles. I1 fut membre de la Société nationale d'agriculture. On lui doit : Manuel des propriétaires d’Abeilles (1802 ; 6° éd., 1825) ; Mémoire sur la difficulté de blanchir les cires en France (1808).

LOMBRIC. — Le Lombric est un Annélide très commun et connu vulgairement sous le nom de ver de terre où achée. Les Lombrics existent partout sous les climats tempérés dans les jardins, sous les gazons et dans les terres fertiles ou riches en matières organiques ou humus. Leur corps est ordinairement arrondi ou cylindrique et exceptionnellement anguleux; ïl est divisé en anneaux étroits. Ils manquent d’yeux, de tentacules et de branchies. Leur bouche est simple et sans dents; elle est munie de deux lèvres contractiles ; la lèvre supérieure est la plus grosse, apparente et pointue ; elle est regardée comme une sorte de tarière qui leur sert pour percer la couche arable. L’anus est terminal.

Les Lombrics sont hermaphrodites. L'’accouplement a licu en juin en dehors du sol. Les œufs, véritables vésicules à coques cornées et ovalaires, éclosent près du rectum et les petits sortent vivants par l'anus.

Les mouvements des Lombrics sont vermieulaires. Une matière visqueuse transsude sans cesse de leurs pores. Leur durée d'existence est encore inconnue.

Ces animaux sont inoffensifs ; ils vivent de terre pour s'approprier l’humus qui s’y trouve. Ils rejettent sous forme vermiculaire les particules terreuses qu'ils ont avalées. Cette terre, complètement infertile, ne contient plus alors de parties végétales. La nuit, les Lombrics se tiennent dans des

“trous, la tête en dehors du sol; mais comme dans

cette position ils craignent sans cesse le danger,

LOMENI

ils se retirent avec une grande vitesse. On parvient cependant à en saisir quand on évite le moindre bruit et lorsqu'on agit avec une extrême rapidité.

Les espèces sont nombreuses, mais celles qui intéressent l'horticulture et l’agriculture sont au nombre de deux : 1° le Lombric commun (Lumbricus terrestris), répandu dans toute l’Europe et qui est rougeûtre, luisant et demi-transparent ; sa longueur n'excède pas ordinairement 16 centimètres ; 2° le Lombric vermiculaire (Lumbricus vermicularis), blanchâtre et qu’on trouve plus spécialement dans les forêts du nord de l'Europe.

Ces Annélides, pendant l'hiver, s’enfoncent en terre pour se soustraire à l’action des grands froids ; mais, au printemps, ils remontent à la surface du sol. Ils sont ordinairement rares dans les sables purs, les sols crayeux, les argiles plastiques, c'est-à-dire dans tous les terrains peu fertiles. Par contre, ils abondent dans les sols frais et riches en humus et dans les fumiers à demi décomposés.

Dans de tels terrains, par suite des trous qu'ils exécutent, ils rendent la couche arable plus perméable à l'air et à l’eau pluviale.

Les Lombrics servent de nourriture aux Taupes, aux Hérissons, aux oiseaux, aux volailles, aux pe- {its quadrupèdes. Les pêcheurs les emploient comme appât dans la pêche aux petits poissons. Les Lombries sont peu nuisibles; cependant, lorsqu'ils sont nombreux, ils compromettent la germination des graines fines et retardent le développement des plantes cultivées en pots. CH

LOMENI (biographie). — Ignazio Lomeni, né à Milan en 1779, mort en 1838, agronome italien, fut d’abord médecin de l’hôpital de Milan, puis s’adonna à l’étude des sciences agricoles. Il rédigea pendant douze ans les Annales de l’agriculture italienne. On lui doit en outre : Traité de la fabrication du vin (1839), Mélanges d'agriculture et d'économie rurale (1834-35), l'Ecole du magnanier (1832). Il a publié aussi une traduction italienne de l’ouvrage de Bonafous sur le Maïs. H.S.

LONGE (z0otechnie). — C’est le nom de l’accessoire du licol (voy. ce mot) à l’aide duquel les Equidés sont attachés à l'écurie ou retenus par celui qui les conduit dans leurs petits déplacements. La longe est en corde ou en cuir, sous forme de lanière. Elle est fixée, par l’une de ses extrémités, à l'anneau que porte le licol à la partie inférieure de sa muserolle, ou bien au collier, lorsque celui-ci remplace le licol.

Généralement, pour l’attache à la mangeoire de l'écurie, l'extrémité libre de la longe est passée dans un trou qui lui permet de glisser, ou bien dans un anneau mobile, puis dans une pièce de bois en boule, ou courte et cylindrique, dont le poids l’entraine après qu’on y a fait un nœud retenant cette petite pièce de bois. Celle-ci lui fait ainsi suivre les mouvements de la tête, de façon à ce qu’elle soit toujours tendue. Elle doit être assez longue pour qu’en élevant la tête l'animal puisse facilement prendre le fourrage dans le râtelier, et aussi pour qu’une fois couché sa tête puisse se reposer à plat sur la litière.

Cette longueur nécessaire ne laisse pas d’avoir des inconvénients. Il arrive, par exemple, qu’en se servant de leur membre postérieur pour se gratter le cou, les chevaux à l'écurie rencontrent, en abaissant ce membre, leur longe tendue qui le retient par le pli du paturon. Ils sont ainsi maintenus dans une attitude très pénible pour eux, et les efforts qu'ils font pour s’en délivrer, le plus souvent avec impatience, entraînent au moins une blessure de la peau, si ce n’est des tiraillements articulaires dangereux.

Pour les rendre impossibles, on a eu l’idée heureuse de réduire la longueur de la longe au minimum possible, en faisant glisser son extrémité opposée à celle de l’attache au licol le long d'une

LOPHYRE

tringle verticale, placée en avant du support de la mangeoire, et cela au moyen d’un anneau dans lequel cette tringle est passée. A l’autre extrémité, la longe porte une clavette ou un porte-mousqueton, pour l’attache au licol. Il suffit alors que sa longueur soit égale à la distance qui sépare, en hauteur, le bord de la mangeoire du ràtelier. Lorsque l'animal se couche, l’anueau de la tringle descend jusqu’au sol. Il n’y a de la sorte aucun danger de prise de longe (voy. ces mots).

Dans les écuries de la cavalerie française, où ce mode d’attache est adopté, les longes sont remplacées par des chaînes. C’est plus durable, mais le bruit que fait leur cliquetis n’est point, lui non plus, sans inconvénient. Ce bruit se produit, nécessairement, à chaque mouvement de la tête, et dans les écuries nombreuses il devient facilement assourdissant. A. S.

LONGICORNES (entomologie). — Les insectes Coléoptères cryptopentamères, à corps allongé, à longues antennes, à larves xylophages ou phythophages, sont enveloppés sous la dénomination de Longicornes ; on les nomme aussi Cérambycides et on les a subdivisés en un certain nombre de sousfamilles, basées surtout sur le port horizontal ou vertical de la tête. Ces insectes, élégants de forme,. remarquables par leurs antennes déliées et très allongées, ont de nombreux représentants en tous pays ; leurs mœurs sont à peu près partout les mêmes. Les uns, habitants des forêts, vivent à l’état de larve dans le tronc des arbres, où ils se percent de profondes galeries, et souvent, à la belle saison, on les voit sortir de bûches de bois de chauffage, du bois ouvré dans nos maisons ou dans les chantiers. D’autres ont des mœurs terrestres et se plaisent sous les pierres; leurs larves vivent enterrées parmi les racines dont elles se nourrissent; d’autres encore habitent les tiges fistuleuses de certaines plantes dont elles sortent rarement. L’agriculture et l’industrie comptent un certain nombre d’ennemis parmi ces beaux insectes : c’est ainsi que les larves des Capricornes percent le bois des Chênes et se développent même dans le bois ouvré, qu'elles traversent de leurs galeries; les jeunes arbres attaqués par les grosses larves meurent souvent; ainsi la Saperda carcharias est nuisible aux jeunes Peupliers, la Compsidia populnea aux Trembles ; d'autres rongent le bois à sa surface, comme le font les Scolytes ; telles sont les Rhagies, dont les larves creusent entre l’écorce et le bois leurs galeries rameuses; la larve du Vesperus æatarti ronge les racines de la Vigne; le Calamobius linearis ou Aïguillonnier a causé de grands dégâts parfois dans les Blés, dont sa larve détache les épis en rongeant leur base; la Gracilia pygmæa a fait souvent, par sa multiplication excessive, d'assez grands ravages dans les vanneries, etc.

Les insectes parfaits ne sont jamais nuisibles; ce sont des êtres indolents et paresseux, passant la journée appliqués le long des branches ou des troncs des arbres, quelques-uns se plaisent à butiner sur les fleurs. Au crépuscule ils commencent à devenir plus actifs, ils volent plus ou moins lourdement, et leurs longues antennes les obligent à prendre les attitudes les plus singulières; de même que la plupart des insectes nocturnes, ils se laissent facilement attirer par la lumière des lampes. M. M.

LOPHYRE (entomologie). — Genre d'insectes Hyménoptères térébrants, groupe des Phytophages, famille des Tenthrédinidées. Les Lophyres sont des Tenthrèdes à antennes pectinées, dentelées, composées de dix-sept à vingt-deux articles ; bipectinées chez les mâles, elles sont simplement dentées en scie chez les femelles; ailes à quatre cellules cubitales et une seule radiale ; jambes postérieures et intermédiaires inermes. Les larves ont onze paires de pattes. Les espèces du genre Lophyre, au nombre d’une quinzaine, habitent l'Eu-

LOPUS

rope; la plus intéressante pour l’agriculture est le Lophyrus Pini (Lophyre du Pin). Get insecte, à maintes reprises, a attiré l'attention des forestiers par les dégâts que causent ses larves sur les Conifères en rongeant les aiguilles et en perçant les bourgeons. C'est un petit insecte dont le mâle est noir avec les tibias jaune ferrugineux; la femelle est ferrugineuse marquée de noir à la tête, sur le corselet et le milieu de l’abdomen ; lalarve estolivätre avec les pattes antérieures marquées de brun ou de noir.

Le Lophyre du Pin habite l’Europe moyenne et méridionale et apparaît souvent par quantités considérables, à la fin des saisons où ses larves ont commis leurs dégâts ; ily a déjà quelques années que ces Tenthrèdes ravagèrent les Pins en Champagne ct dans la forêt de Rambouillet.

C'est au mois de mai que les larves ou fausses chenilles commencent à attaquer les arbres, dont elles couvrent parfois les troncs de leurs troupes serrées. Les apparitions en masses énormes de ces larves ont parfois été suivies d’émigrations, les troupes innombrables traversant les pays et trouvant le plus souvent la mort dans les cours d'eaux qu’elles essayaient toujours de traverser. Ces larves subissent cinq mues avant d’avoir acquis toute leur croissance, puis elles se filent chacune une coque brièvement ovale, sur la branche qui les a nourries. L’insecte parfait éclôt en fin juillet ; la femelle ne tarde pas à pondre ses œufs dans l'intérieur des aiguilles qu’elle fend avec sa tarière en forme de scie; elle place ainsi de deux à vingt œufs dans chaque aiguille, la fente est bouchée par les mucosités accompagnant chaque œuf et formant autant de petites saillies. Chaque femelle pond de quatrevingts à cent œufs et généralement tous dans les aiguilles d’une même touffe. Les petites larves sortent des œufs vers le milieu d'août. Les insectes qui seront ainsi produits pondront au premier printemps, de telle sorte qu'il y a deux éclosions de ces insectes nuisibles ; les larves de la première couvée dévoreront les aiguilles des Pins en -mai et juin; celles de la seconde en août et en septembre; ces dernières passent l'hiver dans leurs cocons. Mais ces essaimages n’ont rien de régulier.

Le seul moyen de détruire le Lophyre du Pin consiste à écheniller les arbres attaqués, d’abord en mai et Juin, puis en août, septembre et octobre ; il faut aussi couper les touffes ou les branches chargées de cocons et les brûler. L’échenillage est d'autant plus aisé que les larves vivent rassemblées sur les mêmes touffes d’aiguilles. M. M.

LOPUS (entomologie).— Genre d'insectes Hémiptères hétéroptères, de la famille des Capsides, dont une espèce , le Lopus albomarginatus, fait parfois des dégâts assez considérables dans les Vignes, principalement dans la France centrale. Cet insecte, appelé vulgairement griselte, est long de 7 millimètres environ; son corps, de consistance molle, est allongé, noirâtre, avec des lignes cet des peints blanc jaunâtre. La larve, qui éclôt au printemps, atteint une longueur de 2 millimètres et demi; elle est de couleur rouge clair, avec les pattes grises, et devient jaunâtre avant de se transformer en nymphe; celle-ci est longue de o à 6 millimètres. La femelle pond ses œufs en juin dans les fissures des échalas ou sous les vieilles écorces des ecps; ces œufs éclosent au printemps

Fig. 280. — Lophyre du Pin (grossi).

LORANTHACÉES

suivant. La larve est très vorace ; lorsque les boutons à fleur de la Vigne commencent à paraitre, elle les attaque en y enfonçant son sucoir; elle parvient ainsi à détacher l'enveloppe de la fleur, ce qui en entraine la disparition. Les pertes dues à l’action de cette larve varient avec les années ; il arrive que les pluies abondantes du printemps en font périr un grand nombre. Pour détruire les œufs, on peut avoir recours à l’échaudage des échalas, à la décortication des ceps avec le gant à mailles d'acier (voy. DÉCORTICATION). Contre les larves, on a préconisé l'emploi de liquides insecticides projetés sur les ceps, notamment d’émulsions de benzine et de sulfure de carbone. La Grisette vit sur le Seneçcon et la Moutarde de champs avant l'apparition des boutons floraux de la Vigne ; il est indiqué dès lors que, en pratiquant des binages de bonne heure, on peut en faire disparaitre les colonies par la faim.

LOQUE (arboriculture). — Voy. PALISSAGE.

LOQUE (apiculture). — La loque ou pourriture du couvain estune maladie du couvain des Abeilles, qui entraine la mort des larves et des nymphes; elles deviennent molles, et leurs corps décomposés forment avec la cire une masse brunâtre et molle, répandant une odeur de viande pourrie. Cette maladie se manifeste le plus souvent sur les colonies faibles et mal logées ; elle apparait surtout au printemps, rarement à l’arrière-saison; elle est contagieuse, et peut se transmettre d’une colonie atteinte à des colonies saines. Par exemple, si l'on se sert, pour nourrir les Abeilles, de miel provenant de ruches loqueuses, on peut leur transmettre cette maladie.

Pendant longtemps, on n’a connu, pour combattre la loque, d’autre procédé que la destruction de tous les rayons atteints et même des rayons voisins, ct le transport des Abeilles dans une ruche saine. On conseillait aussi de détruire les ruches ayant logé les colonies atteintes, quoiqu’on puisse les désinfecter en les lavant fortement avec une eau chargée de carbonate de soude. M. de Layens a obtenu de bons résultats par l'emploi de la méthode suivante: lorsque, au printemps, une colonie présente des signes de loque, il fait passer les Abeilles dans une nouvelle ruche contenant des cadres plus ou moins garnis de rayons bien propres; il fait ensuite dissoudre à chaud 1 kilogramme de sucre dans 1 litre d’eau, et il y ajoute 10 grammes d’une solution d'acide salicylique dans l'alcool (50 grammes d'acide salicylique dissous dans 400 grammes d'alcool) ; il donne chaque soir, pendant quelques jours, un demi-litre de ce sirop à la colonie. Quant aux rayons de la colonie malade, on en-extrait le miel et on les fond; on passe les cadres dans l'eau bouillante; on nettoie la ruche avec de l’eau acidulée au dixième, et l’on y fait brûler du soufre. Si la maladie se déclare à l’arrière-saison, il est préférable de détruire les colonies, car elles n’ont plus le temps de reconstituer leur population,

LORANTHACÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones, dans laquelle nous n’examinerons avec quelques détails que le seul genre Gui (Viscum L.), non parce qu'il en représente le tvpe le plus parfait, mais parce qu’il renferme la seule espèce du groupe qui soit commune dans nos contrées,

Les Guis ont Jes fleurs unisexuées et régulières. Les fleurs mâles ont un petit réceptacle à peu près plan et un périanthe simple. I1 n’y a point en effet de calice, mais un renflement pédonculaire plus ou moins distinctement divisé en quatre lobes qui simulent autant de sépales. Le véritable périanthe comprend quatre pièces valvaires dans le jeune âge, sur la nature desquelles on a beaucoup discuté. Ces pièces, épaisses et charnues, laissent échapper du pollen par un grand nombre de petites ouvertures situées sur leur face interne, et qui leur

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