‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 2)Chapitre 61 sur 205 · MANCEAU · texte numérisé non relu

MANCEAU

vaux qui les composent actuellement ont des qualités de rusticité et de vigueur qui les rendent précieux (voy. CAMARGUE). Sur un sol plus sain, ils acquerraient un peu de taille, des formes plus élégantes, et ils fourniraient d'excellentes montures pour la cavalerie légère.

Ce sont les manades de Bovidés qui ont surtout diminué. A la fin du seizième siècle, on estimait, paraît-il, à 16 000 le nombre des têtes qui les composaient. Actuellement, ce nombre ne dépasse guère 1200. Leur exploitation, cependant, ne laisse pas d’être avantageuse. Elle se fait dans des conditions qui ne ressemblent qu’en partie à celles des autres parties de notre pays.

Dans ces manades camargues, la reproduction se fait librement, en sélection naturelle, le plus souvent. On entire des taureaux pour les courses ou ferrades si populaires dans le Sud-Est, et des bœufs pour la consommation des villes d’Arles, de Nimes et de Marseille. Les taureaux sont loués pour les courses, puis, lorsqu'ils ont accompli leur fonction, ils sont bistournés et ensuite vendus pour la boucherie.

L'auteur d’un intéressant mémoire sur la Camargue et ses troupeaux, M. Pader, raisonne ainsi le côté financier de l’exploitation des manades de Bovidés : « Etant donnés, dit-il, un bœuf de cinq ans, d'une valeur de 200 franes, ayant déjà rapporté 200 francs comme taureau de courses, et une vache du même âge, d’une valeur de 150 francs, ayant donné trois veaux qui ont pu être vendus à quatre mois 180 francs les trois, on voit, défalcation faite des frais et pertes (30 à 34 francs de frais par tête et par an et un vingtième de pertes), que tout propriétaire de manade réalise un bénéfice d’au moins 200 francs par tête des animaux vendus à cinq ou six ans. »

Est-il bien sûr que le changement de système de culture considéré comme un progrès, et qui doit faire disparaître les manades de la Camargue, conduise à un résultat équivalent? A0:

MANCEAU (zootechnie). — Deux populations animales sont qualifiées de Mancelles, comme habitant l’ancien Maine ou pays manceau. L'une et l’autre sont intéressantes à connaître, à cause de leur importance et de leur valeur pratique. IL y a des Bovidés Manceaux et des porcs Manceaux.

BOVIDÉS MANCEAUX. — La population bovine Mancelle était anciennement considérée comme formant une race, qui a été bien décrite par O. Leclerc-Thouin, alors secrétaire perpétuel de la Société centrale d'agriculture. Il la considérait,

à juste titre d’ailleurs, comme résultant de croisements entre trois races dont les aires géographiques sont voisines, celle de la Bretagne, celle de la Normandie et celle de la Vendée. Cette population métisse, qu'aucune aptitude bien tranchée ne signalait, ne compte plus maintenant que de rares représentants. Elle se caractérise surtout par son pelage assez uniformément blanc et rouge, d’une teinte un peu jaune. L'auteur qui vient d’être cité s’étonnait qu'étant issue de deux races bonnes laitières ct d’une forte travailleuse, elle ne fût ni laitière, ni bonne pour le travail. On lui reconnaissait seulement une propension märquée à l’engraissement.

Il y a une quarantaine d'années, Jamet, habitant alors le département de la Mayenne, entreprit une campagne de propagande en faveur de l’amélioration de la prétendue race Mancelle par le croisement avec les Courtes-cornes anglais. Sous son influence, des vacheries de Courtes-cornes purs furent établies dans le pays, et les taureaux de ces vacheries mis à la disposition des propriétaires de vaches Mancelles. Poursuivie avec ardeur et persévérance pendant de longues années, la campagne a abouti à une transformation presque complète de la population bovine. Elle a eu pour consé-

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