MANIOC
Le Manioc comprend diverses espèces, dont les deux principales sont :
1. Le Manioc à suc vénéneux où Manioc amer ou Manioc tres utile (Manihot utilissima ou Manihot edulis ou Jatropha Manihot ou Sanipha Manihot) a des racines longues, épaisses, jaunûtres et gorgées de fécule et d’un sue volatil et vénéneux. es tiges sont dressées, un peu tortueuses, arrondies, rameuses, hautes de 2 à 3 mètres et brun jaunâtre. Ses feuilles sont alternes, palmées, à cinq lobes lancéolés, vert noirâtre en dessus et blanchâtres en dessous avec des nervures orangées. Le suc de cette espèce constitue un poison d’une grande violence, quand il a été distillé. Dans les circonstances ordinaires, il disparait de la pulpe par le lavage et la chaleur.
2. Le Manioc non vénéneux ou Manioc doux ou Comanioc (Manihot aipi ou Manihot dulcis) a des racines longues de 1 mètre, cylindriques, rougeätres et sans suc vénéneux. Ses tiges sont dressées, arrondies, peu rameuses, hautes de 2 mètres et brun rougeätre. Ses feuilles alternes sont longuement pétiolées, divisées profondément en cinq lobes, vert noirâtre en dessus, blanchâtres en dessous, avec des nervures rosées. Cette espèce est répandue au Brésil sous le nom de Mandioca mansa. C’est elle qui fournit la farinha des pao.
Les deux espèces qui pré- -cèdent ont produit un grand nombre de variétés qui diffèrent les unes des autres par la couleur de leurs tiges et de leurs pétioles et par la forme de leurs feuilles.
Ces sous-arbrisseaux ont des fleurs monoïques jaune pàle ou fauve, avec un calice
pourpré en dehors, disposées
en grappes terminales pani-
culées; les fleurs mâles et
Fig. 329. — Maniements du Bœuf.
Tous les maniements admis ou reconnus sont bien loin d’avoir la même valeur pratique et dès lors la même importance. Chez les Bovidés, on en compte en tout dix-huit, désignés chacun par plusieurs noms dont la signification n’est pas toujours bien correspondante à l’objet. Nous allons les énumérer (fig. 329) dans l’ordre où, pour la plus grande commodité, 1ls sont habituellement explorés : 1, bord, abords du bassin, bord du cimier, cimier, couurd; 2, cordon, entre-fesson, entrefesses, entre-deux, braie; 2’, dessous, rognon, brague, scrotum; 3, lampe, hampe, grasset, œillet, œillères, fras ; 14, avant-lait; 4, hanche, maille; 7, flanc, croûte; 5, travers, aloyau, pavé de graisse; 6, côte; 9, paleron; 8, cœur; 10, contre-cœur; 12, poitrine; 13, collier; 11, veine, avant-cœur ; 15, veine du cou; 16, oreillette; 17, dessous de langue, gros de langue, sous-mächelière. (Pour la description, voy. chacun de ces mots.) LEA
MANIOG. — Sous-arbrisseau de la famille des Euphorbiacées, cultivé dans l'Amérique mériilionale et les parties chaudes de l'Afrique et de l'Asie pour ses racines où rhizomes alimentaires. Le Manioc, Maguioc ou Manihot, a une grande importance dans toutes ces contrées. Au Pérou, à Guatémala, on le désigne sous le nom de Yuca et dans la République Argentine sous celui de Handioca. Au Brésil, on le nomme Mandioc. Les Javanais l’appellent Ob2 bolanda.
les fleurs femelles sont portées par des pédoncules dif- ‘ férents, mais qui ont le même point de départ. Les fruits sont des capsules à trois coques contenant des graines noires, luisantes, un peu analogues à celles du Ricin.
Le Manioc se propage aisément par boutures ayant 0,33 de longueur et 0",02 à 0,03 de diamètre. Ces boutures sont prises sur des tiges. bien aoûtées. On les plante dans des fosses ayant environ 20 centimètres de profondeur et 30 à 40 centimètres de longueur. Chaque fosse reçoit deux boutures inclinées en sens contraire. La partie qui excède la surface du sol doit avoir 20 centimètres de longueur. Au Congo, on plante trois boutures sur chaque monticule. Un hectare au Brésil comprend en moyenne huit mille pieds ou fosses.
Ce sous-arbrisseau demande une terre profonde, de consistance un peu légère, de bonne qualité et exposée à l’est ou au sud. Il végète mal dans les sols humides. Les racines restent en terre tantôt six, huit ou dix mois, tantôt pendant une année. Il existe même des contrées où l’arrachage des rhizomes n'a lieu que lorsque le Manioc a végété pendant deux années. Avec l’âge et au delà de trois années, les racines deviennent ligneuses.
Dès que les racines ont été apportées à l'usine, on les lave et on les pèle pour les dépouiller de leur enveloppe brune; puis, on les lave de nouveau. Ce premier travail terminé, on les râpe avec une ràpe mécanique ou à l’aide d’une planche garnie de pointes de fer. Alors on abandonne la pulpe à elle-même ou on la laisse tremper dans le sue pendant vingt-quatre heures et quelquefois durant.
MANIVELLE
plusieurs jours. Quand elle commence à fermenter, on la met dans des sacs ou dans des cylindres pour la soumettre à l'action d’une presse, afin de faire couler le sue opalin dans un bac où il doit déposer la fécule qu’il entraine. Quand la pulpe a été bien pressée, on la fait sécher en l’exposant à la chaleur du soleil ou à celle d’une étuve, puis on la tamise grossièrement, afin d'obtenir une substance pulvérulente ou friable. C’est cette farine grossière qui sert à obtenir la couaque et la cassave.
Les parties féculifères très ténues que le suc a entrainées, sont lavées avec soin par décantation, séchées et tamisées ; elles constituent la fécule, qui est employée dans la préparation de la moussache et du fapioca.
Le Manioc vénéneux perd son acide hydrocyanique par l’eau et la chaleur.
On obtient la couaque ou couac en projetant sur une plaque métallique modérément chauffée, de la farine qu’on étale avec une spatule en boïs et qu'on remue sans cesse. On retire le produit quand on constate un léger commencement de torréfaction. La farine est alors en petits grains durs imitant la semoule. Elle est très nutritive et-sert à faire des potages. Elle gonfle d’une manière extraordinaire sous l’action de l'eau bouillante. Quelquefois on crible la couaque dans le but d’avoir des grains d'une grosseur uniforme.
La cassave ou cassabe est la pulpe pressée, mais non séchée. On la tamise ou on l’étend en couche mince sur une plaque métallique chaude et on la comprime très légèrement avec une palette en fer ou en bois, pour que ses parties s’agglomèrent ou que la fécule et le mucilage euisent et lient les parties composant la pulpe. Le biscuit qu’on obtient est le pain de cassave qui est très estimé des nègres; on le désigne aussi sous le nom de biscuit de Manioc.
La moussache ou cipipa est la fécule pure qui est entrainée par le suc quand on presse la pulpe. Après l'avoir lavée, on la fait sécher à l’air. Cette fécule, blanche ou jaunâtre, est importée en Europe et vendue souvent sous le nom d’arrow-root. Elle est un peu grenue. Sa saveur est douce.
Le fapioca ou tapioka n’est autre que la fécule qu'on a fait sécher sur des plaques chauffées à 100 degrés, après l'avoir humectée d’eau. Pendant cette opération, les grains de fécule s’agglomèrent en grumeaux durs, irréguliers et peu élastiques.
Le tapioca n’est pas entièrement soluble dans l'eau froide; dans l’eau bouillante il prend de la viscosité et se transforme en une gelée transparente. Lorsqu'il subit pendant longtemps l’action de l’eau bouillante, il se précipite en un résidu insoluble. Le tapioca de Singapour est régulier ; on lui donne le nom de fapioca perlé; mais 1l à moins de valeur commerciale que celui du Brésil.
Le cassarep ou tuccupi est le suc épaissi du Manioc amer ayant perdu son principe vénéneux. Il est antiseptique. On l'utilise dans les sauces.
Dans les circonstances ordinaires, 100 kilogrammes de rhizomes fournissent de 30 à 35 kilogrammes de fécule et 20 à 25 kilogrammes de cassarep. Au Brésil, 1 hectare peut fournir de 7000 à 5000 kilogrammes de tapioca, quand la culture est bien dirigée.
Le Manioc forme au Brésil la base de la nourriture des populations du littoral. A Nossi-Bé et dans l'Afrique orientale, on mange grillées les racines du Manioc doux ; à la Guyane, les Galibés emploient la féule de Manioc pour faire une boisson fermentée. Dans les Indes néerlandaises, au Brésil, ete., la fécule sert à fabriquer l’amidon de Manioc.
Les tiges de Manioc peuvent servir de combustible. G. H.
.MANIVELLE (mécanique). — Bras N fixé perpendiculairement à un arbre A et destiné à déterminer le mouvement de rotation de cet arbre, lorsqu'on
MANIVELLE
agit à l'extrémité de ce bras, soit avec la main, soit au moyen d’une bielle (voy. ce mot). La manivelle porte à son extrémité libre B, un tourillon eylindrique m appelé bouton, auquel vient s’articuler la bielle (fig. 330), ou sur lequels’exerce l’action de la main. Dans ce dernier cas, le bouton plus long est appelé maneton ; il est entouré d’un manchon en bois
qui peut tourner librement autour du bouton et qui
Fig. 330. — Manivelle vue de côté et de face.
évite les glissements de la main pendant le mouvement du mécanisme. Les manivelles sont en fer ou en fonte. Le bouton est généralement en fer forgé.
La manivelle sert le plus souvent à transformer le mouvement rectiligne alternatif en un mouvement circulaire continu. Mais elle est aussi employée pour la transformation ‘inverse. Dans les moteurs à vapeur, par exemple, le mouvement de va-et-vient de la tige du piston est transformé en un mouvement circulaire continu de l'arbre de couche à l’aide d’une manivelle. Dans les pompes d’épuisement, au contraire, la manivelle est utilisée pour transmettre au piston de la pompe le mouvement de l'arbre moteur. Les usages de la manivelle sont nombreux dans les machines agricoles et industrielles.
La vitesse angulaire de l'arbre sur lequel est calée la manivelle étant constante, ou, en d’autres termes, l’arbre tournant d’un mouvementuniforme, la vitesse de la tige reliée à la manivelle par une bielle est variée. Cette vitesse est maximum lorsque la bielle et la manivelle sont à angle droit; elle est minimum ou égale à zéro à l'instant où la bielle et la manivelle se trouvent dans le prolongement l’une de l’autre. Les positions du bouton de la manivelle correspondant à l'instant où la vitesse de la tige est nulle sont appelés points morts. Entre ces limites, la vitesse de la tige eroit et décroit graduellement. Pendant chaque demi-révolution de la manivelle, la tige prend des vitesses dont les variations sont identiques.
Chaque fois que la manivelle fait un demi-tour, un point de la tige animée d’un mouvement rectiligne alternatif parcourt un chemin égal au diamètre de la circonférence décrite par le bouton de la manivelle, c’est-à-dire que la course de la tige est égale au double de la longueur de la manivelle. Si la tige qui commande la manivelle est sollicitée par une force d'intensité constante, le travail de la manivelle est égal, pour chaque demi-tour, au pro= duit de cette force par le double de la longueur de la manivelle. Le mouvement d'une manivelle est en général régularisé par un volant. +
On cale souvent deux manivelles sur un méme arbre. On dispose dans ce cas les deux manivelles de
telle sorte que les points morts de l’une correspon-
MANIVELLE
dent au maximum de vitesse de l’autre ; on diminue ainsi les variations de vitesse de l'arbre. Quelquefois on dispose trois manivelles sur un même arbre. Les boutons de ces manivelles sont alors également espacés, c’est-à-dire que les trois manivelles forment entre elles des angles de 120 degrés. La régularité de la marche est augmentée, et la transmission subit des écarts de vitesse moins considérables. On trouve ce dispositif employé fréquemment dans la manœuvre des pompes.
Pour que la manivelle puisse fonctionner, il est nécessaire qu'elle soit calée à l'extrémité de l’arbre qui la porte, le bouton tourné en dehors. Lorsque la bielle doit être articulée en un autre point de l'arbre, on remplace la manivelle par l'arbre lui-même qui est coudé, ainsi que l'indique la figure 331. La partie a a’ du coude parallèle à l'arbre A fait fonction de bouton de manivelle, et c'est à cette partie que vient s'attacher la bielle.
Toutes les machines
B agricoles d'intérieur de Fig. 331. — Manivelle ferme, dites 0 bras, sont idee: munies d'une manivelle, quelquefois de deux, sur lesquelles s'exerce l'effort des hommes chargés de les mettre en mouvement. Les batteuses à bras, les appareils de triage ou de nettoyage des grains, les hache-paille, les couperacines, etc., portent tous des manivelles. Leur rayon est compris entre 30 et 35 centimètres; la longueur du maneton est de 30 centimètres environ lorsque la machine doit être actionnée par un seul homme, de 40 à 45 centimètres lorsque deux hommes doivent agir à la même manivelle. La manivelle doit être calée sur la machine à une hauteur telle que, dans sa position la plus basse, le maneton se maintienne à 50 centimètres ou moins au-dessus du sol, pour la commodité de la manœuvre.
Dans la plupart des machines, la résistance est constante ou sensiblement constante pendant une révolution entière de la manivelle. Dans quelquesunes, les hache-paille par exemple, la résistance est variable, la coupe n'étant effectuée qu’à des intervalles plus ou moins longs, suivant le nombre des couteaux de l'appareil. On munit alors les machines d’un volant, et la manivelle est généralement fixée à l’un des bras du volant. Il convient de placer la manivelle de façon que le travailleur ait toute facilité pour exercer le plus grand effort dont il est capable lorsque la résistance atteint son maximum.
Sur une manivelle à bras, l'effort moteur n'étant pas exercé dans une direction constante, mais cet effort changeant de direction au fur et à mesure que le maneton se déplace, le travailde la manivelle est, dans ce cas, égal, pour une révolution complète de la manivelle, au produit de l'effort moyen développé par la main sur le maneton, par la longueur de la circonférence décrite par l’axe du maneton. On admet généralement qu'un homme de force ordinaire, bien constitué et convenablement nourri, est en état d'exercer sur une manivelle un effort moyen de 8 kilogrammes, avec une vitesse de 75 centimètres à la seconde. Si la durée du travail journalier est de 8 heures, le travail développé par l'homme s'élève à 172 800 kilogrammètres. Un très bon ouvrier peut donner par jour un travail de 288 000 kilogrammètres, en exerçant sur la manivelle un effort de 10 kilogrammes et en faisant prendre au maneton une vitesse de 1 mètre à la seconde. La manivelle fait en général 25 à 30 tours par minute. C’est la vitesse qui convient le mieux à la bonne utilisation du travail de l'homme,
MANIVELLE
MANIVELLE DYNAMOMÉTRIQUE. — Instrument destiné à mesurer le travail de l’homme appliqué à une manivelle. Cet appareil, imaginé par le général Morin, est représenté par la figure 332. Il se compose d’un manchon que l'on assujettit à l’aide de vis calantes sur l'arbre moteur de la machine à expérimenter, dont on a retiré la manivelle ordinaire. A ce manchon est fixée l'extrémité d’une lame d'acier dont l’autre extrémité est maintenue contre le maneton d'une manivelle, montée folle sur l’axe du manchon. Lorsqu'on agit avec la main sur le maneton de cette manivelle, le mouvement est transmis au manchon et à l'arbre par l'intermédiaire de la lame d'acier, qui subit une flexion proportionnelle à l’intensité de l'effort exercé. Les flexions du ressort sont enregistrées par un crayon m sur une bande de papier qui reçoit de l’appareil un mouvement de translation produit de la façon suivante :
Autour du manchon est disposée une couronne dentée R, que l’on peut rendre fixe dans l’espace à l’aide d’un levier spécial.
Cette roue dentée d'angle engrène avec un pignon ?, calé sur l'axe d’une vis sans fin, qui fait tourner une petite roue, que l’on ne peut voir sur la figure, mais dont l’axe porte une bobine à laquelle est fixée l'extrémité d’un fil de soie.
Ce pignon appartenant au bâti de la manivelle, lorsque l’ensemble du système tourne autour de l’axe de la couronne dentée, le pignon est obligé de tourner autour de son axe d’une quantité proportionnelle au déplacement de la manivelle. Le fil de soie, en s’enroulant sur la bobine, met en mouvement, par l'intermédiaire d’une fusée compensatrice (voy. DYNA- MOMÈTRE), un cylindre sur
lequel vient s’enrouler re D PR Pin Fig. 332. — Manivelle cédemment portée par un dynamométrique.
autre cylindre fou sur son axe. Pendant son passage de l’un sur l’autre de ces deux cylindres, le papier passe sous la pointe du crayon enregistreur. Un second crayon p, fixé au bâti de la manivelle, trace une ligne de base, correspondant à une flexion nulle du ressort. Ces deux crayons inscrivent sur la bande de papier un diagramme, dont la surface représente le travail développé sur la manivelle, puisque les ordonnées de la courbe tracée par le premier crayon sont proportionnelles aux efforts exercés et que la longueur de la ligne des abscisses tracée par le second crayon est proportionnelle au chemin parcouru par le maneton de la manivelle. Si Sreprésente la surface du diagramme, évaluée à l'aide d’un planimètre ou calculée par une méthode de quadrature quelconque, si { mesure la flexion de la lame d’acier correspondant à un effort de 1 kilogramme, et e la longueur de la bande de papier déroulée pour un mètre de chemin parcouru par l’axe du maneton de la manivelle, le travail total développé T est donné par l'expression :
S Pr
MANNE
On préfère souvent calculer le travail en fonetion de l’ordonnée moyenne et du nombre des tours effectué par la manivelle en une minute. Si n est le nombre des tours de la manivelle par minute, r étant le rayon de la manivelle, le chemin «a parcouru par l'axe du maneton en une seconde est donné par la formule :
En divisant la surface du diagramme par la longueur de la base, on obtient la longueur de l'ordonnée moyenne, et conséquemment la valeur de l'effort moyen f exercé sur le maneton. Le travail par seconde est alors donné par l’expression :