MAQUEREAU
fait prendre à tous les haims; leur croissance est très grande. Arrivé comme Sansonnet de 200 à 300 grammes sur les côtes de l'Océan, au printemps, ce poisson se pêche en août et septembre sur les côtes de la Hollande, pesant jusqu’à 1 kilogramme, et, en hiver, dans la mer du Nord, jusqu’à 1 kilogramme et demi.
Nous ne rappellerons pas, à propos de la migration de ce poisson, ce que nous avons dit du Hareng. L'idée de son hibernation dans les vallées profondes de l'Océan ne saurait être admise; puisque l'espèce de l'Océan n’a pas de vessie natatoire, il lui faut donc chercher des eaux à température constante, oscillant entre les chiffres que nous avons donnés, pour y passer l’hiver.
Par myriades, pressés les uns contre les autres sur des bas-fonds vaseux, M. Préville le Pelay affirme les avoir vus, engourdis, passer l'hiver sur nos rivages, entre Dunkerque et Saint-Brieuc, alors que certains savants ne leur font rien faire moins que des promenades de 8000 à 10000 kilomètres, aller et retour, avec une vitesse de 40 à 44 kilomètres par vingt-quatre heures de leurs sept mois de voyage. Puisque nous parlons de la vitesse des bancs, disons que le seul fait un peu sérieux qui ait été avancé sur cette importante question est le suivant : dans la grande enquête anglaise de 1863, faite pour la revision des règlements de pêche, le député Fenwich aivançait que des bancs de Harengs se dirigeaient ordinairement du nord au sud avec une vitesse qui n’excédait pas 400 mètres par vingtquatre heures. Nous voilà bien loin des 45 kilomètres avancés ci-dessus.
La pêche du Maquereau se fait ordinairement à ja ligne garnie d’empiles, avec hameçons amorcés de Vers de mer, Crevettes ou morceaux de poisson. Cette ligne porte un plomb pour la caler, mais elle ne doit jamais traîner sur les fonds ; la rapi-
dité de la marche du bateau sous voiles doit être
telle que les hameçons doivent toujours être maintenus à fleur d’eau. Dans la Méditerranée, cette pêche se fait toute l’année à 3 ou 4 kilomètres des côtes. De mai à juillet a lieu la plus grande pêche dans la Manche, alors que les bancs descendent de la mer du Nord dans l’invariable direction de nordsud-ouest; mais cetle pêche se fait alors aux manets ou filets dérivants.
Un fait qui doit être retenu, c’est qu'en ce moment le frai est passé et que les Maquereaux n’ont plus ni œufs ni laitance. C’est l’époque de leur plus grande voracité, aussi s’en prend-il parfois des quantités considérables. En août, ils deviennent plus rares et se nomment des Chevillés. La pêche aux manets cesse alors pour faire place aux hameçons, au moyen des libourets à avalettes.
Le Maquereau dépose son frai sur des roches calcaires, par 25 ou 30 brasses de fonds, remontant par des pentes douces vers la côte; Yport, dans la Manche, serait un de ses cantonnements préférés. Après le frai, une femelle de 700 grammes pond de 500000 à 600000 œufs.
M. Gobin, dans un récent travail sur les courants marins, nous dit que les bancs de Maquereaux se mettent en marche au printemps, l’avant-garde apparaissant, en avril et mai, au-dessus des îles Shetland et le gros de la troupe en juin. En abordant ces iles, les bancs se fractionneraient en deux colonnes, dont la première, suivant les côtes de l'Ecosse, se séparerait encore, à la hauteur de l'Irlande, en deux nouvelles brigades, dont l’une entrerait dans le canal de Saint-Georges et l’autre suivrait les côtes orientales de l'Ecosse etde l'Angleterre, traverserait le Pas-de-Calais, entrerait dans la Manche et aborderait notre littoral depuis Boulogne jusqu'à Trouville. Une troisième section descendrait le long des côtes de Norvège, passerait par le Cattégat et le Sund et pénétrerait dans la Baltique.
Dans l’autre hémisphère, la bande descendue par
MARAICHÈRE (CULTURE)
le détroit de Béring se diviserait en deux fractions descendant à peu près jusqu'aux mêmes points sur les côtes d’Asie et d'Amérique, celle du détroit de Davis jusqu’à Charlestown.
Notons le fait si curieux de sa rareté extrême sur les côtes du Groenland, dans la baie de Baffin.
M. de Broca, à la suite de la mission que Coste lui fit confier pour l’étude de la pisciculture marine en Amérique, spécialement sur l’ostréiculture, publia, sur la pêche du Maquereau, le travail le plus sérieux que nous possédions. Homme de mer, il donna aux marins, aux négociants et aux savants des conseils qui ne sauraient être trop connus; fonds commun d’où est sorti, depuis plus de vingt ans, tout ce qui a paru de sérieux sur cette question. C.-K.
MAQUIS. — On donne, en Corse, le nom de maquis aux terres incultes couvertes de taillis qui sont souvent très touffus (voy. CORSE).
MARAICHÈRE (CULTURE). — La culture maraichère s’occupe de la production industrielle des légumes de choix. On divise la culture légumière en culture maraichère qui représente l’exploitation commerciale des légumes et en culture potagère qui s'occupe de la mise en valeur des potagers, dont les produits servent à alimenter ceux qui en sont les possesseurs. Parmi ceux qui produisent les légumes dans un but de vente, on distingue encore les exploitants de vastes terrains qui n’utilisent pas les moyens artificiels de chauffage ; on les désigne généralement sous le nom de cultivateurs.
Les maraichers se placent le plus souvent dans le voisinage des grandes villes, souvent même dans leur enceinte. Les raisons qui influent sur le choix de ces emplacements, tiennent moins à la facilité des débouchés qu’au moyen qui leur est fourni de se procurer le fumier nécessaire à leur culture. En effet, bon nombre d'exploitations maraichères produisent exclusivement en vue de l'exportation au loin. Il est des maraichers qui, placés dans l’enceinte même de Paris, exportent tous leurs produits jusque dans le nord de l’Europe. Il n'est pas douteux que si la facilité des débouchés était la raison déterminante, ces producteurs auraient bien plus d'intérêt à s'établir en pleine campagne à proximité d’une gare plutôt que de payer dans les villes des loyers souvent très onéreux.
Les maraichers se préoccupent peu de la qualité du sol sur lequel ils doivent s'établir. La terre qu'ils cultivent est rapidement transformée par de fréquentes façons et des fumures énergiques. Fréquemment cette terre est totalement remplacée par le terreau des couches. Les maraichers qui s'occupent surtout de la culture forcée établissent dès le mois de novembre, des couches (voy. ce mot) sur lesquelles ils obtiennent des produits de primeurs. Ces couches sont remaniées dans le courant de l'hiver de façon qu'elles produisent sans cesse un dégagement de chaleur. Au printemps leur action est terminée ; on les laisse cependant en place et l’on cultive sur leur surface des légumes qui, trouvant dans le fumier décomposé une alimentation abondante, se développent rapidement. Ce terreau, qui constitue un sol nouveau, reste la propriété du maraicher ; s’il vient à changer d'emplacement, il l’enlève complètement et le transporte sur le nouveau terrain qu'il doit occuper.
On conçoit sans peine que, dans de semblables conditions, la facilité plus ou moins grande de se procurer le fumier doit être la préoccupation dominante de tout maraicher qui s’installe. Habituellement le fumier de cheval est seul employé; c’est celui qui donne la température la plus élevée. Les maraichers l’achètent quelquefois au mètre cube dans les dépôts de cavaleries militaires ou civiles. Le plus souvent cependant, cet achat est fait par abonnement, à raison d’un prix fixe par cheval et
Il. — 4
MARAICHÈRE (CULTURE)
par jour. Ce prix est variable suivant qu’il s’agit de chevaux de luxe ou de gros trait. Il varie entre quatorze et vingt-deux centimes par cheval et par jour. Dans ces conditions, les maraichers doivent prendre livraison du fumier pendant tout le cours de l'année, mais comme celui-ci n’a pas d'emploi pendant l'été, on l’entasse en grandes meules étroites du bas, larges du haut et terminées par un dôme soigneusement fait. Dans ces conditions le fumier se dessèche rapidement, et si la couverture est suffisante pour ne pas permettre à l’eau de pluie de pénétrer dans la masse, il se conserve jusqu’à l’hiver. La pénétration de l’eau dans la meule peut déterminer une fermentation subite qui amène quelquefois l’inflammation de la masse.
L'emploi du fumier est très onéreux: c’est lui qui grève le plus lourdement le budget de la production légumière. Depuis quelques années les maraichers ont songé à se servir des chauffages à eau chaude. Cet emploi donne de très bons résul-
MARAICHÈRE (CULTURE)
Afin de favoriser la venue des légumes et de leur donner toutes les qualités requises pour la vente, on est obligé de les arroser fréquemment. Ce n’est, en effet, qu’en fournissant aux plantes de l’eau en grande abondance, qu'on peut en amener le prompt développement. Il existe à cet égard un préjugé qui consiste à dire que les plantes produites par les maraïîchers, à grand renfort de fumures et d’eau, ont peu de qualité et qu’elles ne valent pas, dans tous les cas, celles qui se sont développées librement. Cette manière de voir ne résiste pas à un examen attentif des faits. Les tissus des plantes que nous consommons sont, comme on sait, formés de cellules d’une part, de l’autre de fibres et de vaisseaux: Ce sont les cellules qui élaborent toutes les matières utiles à notre alimentation. Or, quand une plante se développe rapidement, c’est surtout son tissu cellulaire qui se multiplie si bien que plus cet aceroissement sera rapide, plus la plante sera comestible, pour la raison que ses
tissus seront gorgés de matières
utiles à notre ali-
ni
mentation. Il en
faut donc dé-
if nt |
duire que les moyens qui favorisent le prompt
développement
des légumes, en
augmentent la
qualité alimen-
taire. L'eau est
précisément l’a-
gent qui joue le
Fig. 333. — Arrosage d'un jardin maraîcher.
tats sinon pour remplacer totalement le fumier, du moins pour agir concurremment avec lui. On se sert de thermosiphons composés d’une chaudière installée à poste fixe et de tuyaux mobiles que l’on peut établir dans les châssis qu'il convient de chauffer. Certaines cultures hivernales ne peuvent se faire qu'avec le secours de ces ‘appareils de chauffage, aussi n'est-il pas douteux que leur usage ira en se généralisant.
La culture en primeur, qui est le propre de la production maraïchère, nécessite non seulement l'emploi des moyens artificiels de chauffage, couches ou thermosiphon, mais aussi celui d’un matériel spécial composé de cloches et de chàssis. L'emploi de ces engins en verre repose sur la connaissance que l’on a du pouvoir diathermane du verre. Celui-ci se laissant traverser aisément par les rayons lumineux, permet à l'air enfermé sous les cloches et sous ies châssis de s’échauffer rapidement. Les châssis et les cloches représentent souvent un capital considérable, lequel doit être amorti en peu d'années, car leur usure est rapide. Les châssis, bien que faits en bois de Chêne, ne durent habituellement que de quinze à vingt ans, ce qui porte le taux d'amortissement à près d'un franc par châssis et par année. Il n’est pas rare de voir employer dans
MA jardin maraîcher de douze à quinze cents châssis.
rôle le plus actif dans ce développement.
Ayant à opérer des arrosages fréquents, les maraichers ont à se préoccuper de la facilité plus ou moins grande qui leur est fournie, de se procurer l'eau nécessaire à ces arrosages répétés. Le plus habituellement ils emploient l’eau de puits. Aussi se préoccupent-ils, dans l'installation de leurs jardins, de l'établissement de puits pouvant fournir de l’eau en grande abondance. Dans les anciennes installations, l’eau était puisée à bras ou bien à l’aide de grands seaux en bois que l’on faisait remonter à l’aide d’un manège à cheval. Cette eau déversée dans un réservoir se distribuait dans une série de tonneaux enterrés dans le sol et mis en communication par une canalisation habituellement faite en tuyaux de terre. C’est dans ces tonneaux que les jar— diniers venaient puiser l’eau à l’aide d’arrosoirs et la déversaient sur les plantes. Ce mode d'arrosage est devenu peu pratique de nos jours, à cause de l'augmentation sans cesse croissante du prix de la main-d'œuvre. Une première amélioration à consisté à remplacer les seaux de puisement par une pompe mue par un manège à cheval. Puis bientôt on eut l’idée, au lieu de se contenter de puiser l’eau et de l’amener à la surface du sol, de l’élever dans des réservoirs placés à plusieurs mètres de hauteur. Cette élévation donnant une pression dans les tuyaux de départ, permet de distribuer l’eau non plus à l’aide d'arrosoirs, mais simplement sous forme de jets. Les installations modernes comportent donc une pompe aspirante et foulante, élevant l’eau dans un réservoir placé à six ou huit mètres au-dessus du sol, puis une canalisation avec des
MARAICHÈRE (CULTURE)
robinets sur lesquels vient se visser un {tuyau mobile terminé par une pomme d’arrosoir (fig. 333).
Cette disposition a amené une modification profonde dans le système de culture, en même temps qu'une économie considérable dans les frais de main-d'œuvre. C’est ainsi qu'aujourd'hui un gamin peut facilement, à l’aide de la lance, remplacer le travail de deux hommes se servant d'arrosoirs. De plus, le travail pouvant toujours être rapidement exécuté, les plantes n’ont jamais à souffrir de la sécheresse. Les maraichers qui cultivent de grands jardins, installent de petites machines à vapeur qui mettent les pompes en mouvement. Dans certaines combinaisons, cette même machine peut servir à produire en hiver de l’eau chaude pour la culture forcée au thermosiphon et pour pomper l’eau en été.
Les jardins maraichers couvrent rarement une superficie d’un hectare; le plus ordinairement ils ont de sept à neuf mille mètres carrés. Une semblable surface suffit pour occuper toute l’année le jardinier et deux ou trois aides.
La production est habituellement spécialisée et comprend un petit nombre d'espèces, aussi la culture de chacune d'elles acquiert-elle une grande perfection. Il est assez rare que, dans la culture maraichère, on utilise les graines du commerce ; chaque cultivateur produit ses semences lui-même. Il étudie avecsoinles plantes qu “ilcultive, suit attentivement les divergences qui peuvent se produire chez certaines d’entre elles et les perpétue, s’il y a lieu, en leur appliquant une sélection constante. C’est ainsi que les maraïîchers créent des races de légumes dont les graines n’existent pas dans le commerce; c’est ainsi encore qu'ils produisent des légumes tels qu'il n’en est cultivé nulle part ailleurs. Seules les plantes de production courante, tels que les Radis, les Epinards, etc., proviennent le plus souvent de graines du commerce.
Ayant à supporter des frais considérables, les maraichers s'occupent surtout de produire des légumes de grande valeur. Pour cette raison, les légumes venus hors saison sont ceux dont la production les intéresse le plus. Anciennement, alors que les moyens de transport n'avaient pas encore acquis le degré de perfectionnement qu'ils atteignent aujourd'hui, tous les légumes pouvaient être produits en primeurs par les maraichers situés aux environs des grandes villes. De nos jours il n’en va plus de même : beaucoup de légumes sont importés du midi de l’Europe et du nord de l'Afrique et livrés à des prix trop bas pour que les maraichers puissent lutter contre cette concurrence. Certains légumes qui formaient le fond des cultures anciennes sont actuellement complètement délaissés. Ils ont fait place à d’autres plantes. Cette concurrence du Midi n’a d’ailleurs pas porté gravement atteinte à la production maraichère, mais elle l'a profondément modifiée. D'ailleurs, en même temps que les importations du Midi vers le Centre prenaient de l'importance, l'exportation vers le nord de l’Europe a pris de l’extension. Actuellement il existe des jardins maraïîchers dont tous les produits sont exportés au loin. Les légumes venus chez les maraichers sont tellement supérieurs à tous ceux obtenus par les procédés ordinaires, qu'ils ont toujours une plus-value notable sur les marchés et peuvent ainsi supporter la concurrence.
De cette lutte avec l'importation méridionale est née, chez les maraïchers, une production spéciale, qui consiste non à hàter la maturation des légumes, mais bien à la retarder. Le grand point dans cette production est de fournir des légumes à la consommation, alors qu'ils sont rares et que par suite ils se vendent cher. Ce système de retarder la production à pris, depuis quelques années, une importance très grande. Bien des cultures ontété entreprises dans ce sens; elles donnent des résultats très avantageux.
MARAICHINE
Quelles que soient les cultures qu'entreprennent les maraichers, elle.doivent, dans tous les cas, se succéder rapidement sur le sol, afin de per mettre de les renouveler sans cesse et ‘de tirer un produit suffisant pour compenser les frais énormes que comportent l'emploi des couches et la nécessité de cultiver près des grandes villes où les loyers sont toujours onéreux. Il est rare dans la culture maraichère que le sol soit occupé par une seule culture; le plus souvent plusieurs plantes végètent en même temps dans le même milieu, si bien que les récoltes se succèdent sans aucune interruption.
La vente des légumes est presque exclusivement faite en gros. Ce n’est que dans les environs des petites villes que les maraichers les livrent au commerce de détail. Aux environs de Paris, les maraichers transportent leurs produits aux halles ou bien les vendent sur place, notamment quand il s’agit d'exportation. Pour la livraison aux halles, les légumes sont récoltés le jour, soigneusement lavés, puis emballés le soir dans des paniers que lon charge sur une voiture. Transportés la nuit, ils sont vendus de grand matin. Dans le commerce de l'exportation, les commissionnaires viennent acheter chez les maraichers eux-mêmes; ils n’acceptent jamais que les produits de premier choix, qui puissent supporter aisément le transport. L’ em ballage se fait dans des caisses où les légumes sont entourés de papier; on ne leur fait pas subir de lavage, afin qu'ils se conservent mieux.
En aucun pays, la culture maraîchère n’est aussi développée qu'en France. Elle y est prospère et donne de gros bénéfices à ceux qui s’y livrent. Cependant il y aurait encore fort à faire dans le sens de sa propagation sans craindre qu'il y ait encombrement de produits. En effet, l'alimentation en légumes est encore très imparfaite ; d'autre part, les portes de l’exportation sont large ouvertes et le commerce pourrait s'étendre beaucoup. J. D.
MARAICHINE (z00{echnie). — On appelle Maraichine la variété de la race bovine Vendéenne qui habite les anciens marais du littoral océanique, dans les départements de la Vendée et de la Charente-Inférieure. Cette variété diffère de sa voisine, la Poitevine, dite Parthenaise, principalement par son pelage où les tons bruns prédominent, surtout vers les parties antérieures, tandis que chez celle-ci tout le corps est uniformément fauve, de nuance plus ou moins claire. En outre, comme les Maraichins ne rentrent à l’étable que durant les plus mauvais temps de l'hiver, ils ont en général le poil grossier, terne et bourru.
La population, abondante dans les marais de Saint- Gervais, de Luçon, des environs de Marans, de Saint-Louis, de Saint-Just, sur la rive droite dela Charente, se compose principalement de vaches et de jeune bétail. Les bœufs reviennent pour s'engraisser, après avoir travaillé dans la plaine et le bocage vendéens. Cette population s'étend, mais moins dense, jusqu’à l'embouchure de la Gironde, aux environs de Royan.
Il n’est pas rare de rencontrer des bœufs Maraichins dont la taille s'élève jusqu’à 1",45 et au delà. Les vaches sont beaucoup moins grandes. Tous les sujets ont la poitrine basse et le plus souvent ample, à côtes bien arquées, le dos droit, les lombes larges, les hanches écartées, les fesses et les cuisses fortement musclées. Leur défaut général est d’avoir le squelette grossier. La conformation est donc bonne : il n’y manque que des os moins volumineux, qu'il serait facile de leur faire acquérir par une meilleure application des méthodes zootechs niques.
Les mamelles des vaches laissent souvent à déste rer sous le rapport de la régularité de leurs formes. Les quartiers antérieurs sont généralement moins développés que les postérieurs. Cependant on én observe peu qui rendent moins de 2000 à 2500 litres
MARAIS
de Jait par an. C’est donc à tort que les Maraichines ne sont pas rangées par les auteurs au nombre des laitières. Depuis bien longtemps on les exploite comme telles en leur pays, et dans toute la région de l'Ouest central, le beurre qu’elles fournissent à une réputation justement acquise, principalement sous la marque de beurre de Marans.
Les bœufs Maraichins gras sont en Vendée l’objet d'un commerce très actif. Ils contribuent pour une bonne part à l’approvisionnement de Paris. Ils figurent sur le marché de la Villette, à partir du milieu de l'été jusqu’à la fin de l’automne, en qualité de bœufs d'herbe, ayant été engraissés au pâturage dans les anciens marais. Leur poids vifne descend guère au-dessous de 900 kilogrammes. Leur viande, bien engraissée, est estimée pour sa saveur. Mais ayant la peau épaisse et lourde, la tête et les membres trop volumineux, ils ne rendent pas plus de 50 à 55 pour 100 en viande nette. Ils font aussi beaucoup de suif, maintenant de faible valeur.
Des tentatives d'amélioration, à ce point de vue, ont été faites aux environs de la Rochelle par le croisement avec les Courtes-cornes anglais. Elles sont toujours restées étroitement localisées. Ce n’est en effet point dans cette voie qu'il conviendrait de s'engager. La race Vendéenne possède en elle-même d'excellents éléments, dont il suffirait de se servir par une sélection attentive etun meilleur régime des jeunes, pour faire acquérir en peu de temps à la variété Maraichine le degré de précocité compatible avec son mode de production, qui lui a manqué jusqu'à présent. Elle n’a besoin, pour devenir une de nos meilleures variétés bovines, étant donnée la qualité naturelle de sa viande, que d'acquérir un squelette moins grossier. A. S.
MARAIS (CULTURE DES).— Les marais sont, comme on sait, des terrains plus ou moins vastes, couverts d’eau qui ne s’écoule pas naturellement, et qui ne disparait que par l’évaporation ou l’infiltration. Le plus souvent, on les rencontre sur des plateaux étendus, à peine ondulés, ou dans des vallées larges et sans pente. L’imperméabilité du soussol, qui s’oppose à la pénétration des eaux de surface dans les couches profondes, est la principale cause de la formation des marais. Ils constituent généralement des cuvettes, dans lesquelles séjournent les eaux pluviales qui coulent sur les déclivités de leur bassin, ainsi que celles qui jaillissent dans leur voisinage ou au centre même de leur étendue. Sous l'influence des saisons, le niveau des eaux dans les marais s'élève et s’abaisse alternativement ; sur leurs bords, le retrait des eaux met à découvrir des vases plus ou moins mélangées à des débris organiques, provenant des animaux et des plantes qui vivent dans ces eaux; la décomposition de ces matières organiques, sous l’action de la chaleur, de la lumière et de l'humidité, provoque le dégagement de miasmes dont la nature n’est pas encore bien connue, mais qui paraissent la cause des maladies connues sous le nom de fièvres des marais ou fièvres paludéennes, endémiques dans les pays marécageux, et qui en déciment la population. Il est donc d’un haut intérêt hygiénique d’en faire disparaitre la cause ; d’autre part, le desséchement des marais tend à augmenter la surface productive.
On évaluait la surface des marais, en France, il y à un demi-siècle, à environ 450 000 hectares ; les travaux de desséchement ont considérablement réduit cette étendue. Les principaux travaux de desséchement, opérés le plus souvent par des syndicats, ont été indiqués ailleurs (voy. DESSÉCHEMENT): on a résumé, en même temps, les méthodes suivies pour cette importante opération, dont le principal but est de créer et de maintenir un écoulement constant pour les eaux superficielles.
Si les canaux d'asséchement ou d'assainissement sont indispensables pour l'écoulement des eaux des terres marécageuses, il n'importe pas moins que le
MARAIS
sol soit rapidement couvert par une végétation vigoureuse, dont le principal effet paraît être de faire disparaître les miasmes paludéens. Sous ce rapport, les plantations arbustives, faites en choisissant les essences les mieux appropriées au sol et au climat, tiennent le premier rang. Dans son pays d'origine, l'Australie, et dans tous les pays où on à pu l’acclimater jusqu'ici, notamment en Algérie et en Italie, l'Eucalyptus est un des arbres qui paraissent le mieux remplir cette mission. Dans les régions méridionales de la France, les plantations de Vigne, de Müûrier, ont rendu de grands services dans beaucoup de localités; il en a été de, même en Corse. Dans les régions plus septentrionales, d’autres essences, notamment le Peuplier, le Saule, l'Orme, l'Osier, ont donné les mêmes résultats. C’est donc aux plantations arbustives que. l’on doit avoir recours d’abord, pour assainir les marais desséchés et pour en obtenir des produits; leurs effets se feront sentir d’autant plus rapidement que l’on sera sous un climat plus chaud.
Dans certaines circonstances, on ne peut pas dessécher directement les marais, parce que l’opération entrainerait des frais bien supérieurs au capital que représenterait le revenu ultérieur qu’on en pourrait tirer. Dans ces conditions, on peut, par des digues bien établies, transformer les marais en étangs et tirer parti du sol sous cette forme. Mais lorsque cette opération elle-même est impossible, on doit avoir recours encore aux plantations arbustives, qui feront disparaitre progressivement le caractère paludéen des terres. Le nombre des essences qu’on peut employer pour cet objet est assez restreint : au premier rang, se placent les Saules, et surtout le Saule Marceau; puis viennent l’Aune et le Frêne, ce dernier surtout dans les circonstances où l’on a su pratiquer les saignées pour l'écoulement des eaux superficielles.
Toutefois, les plantations d’essences arbustives ne constituent pas un mode d'exploitation exclusif pour les terres marécageuses, surtout sous les elimats tempérés. Sous ces climats, les terres paludéennes bica assainies sont souvent soumises avec avantage au travail de la charrue. Par la nature même de leur formation, la terre des marais est riche en principes organiques. Elle se compose, jusqu’à une profondeur souvent considérable, d'un mélange de particules très fines amenées par les eaux et enlevées aux terrains avoisinants, et de débris plus ou moins décomposés des plantes palustres qui y ont vécu, des algues qui s'y sont développées. Ce mélange constitue un terreau d’une grande valeur, celle-ci étant en raison de la profondeur de la couche perméable. Aussi les terres de marais sont-elles le plus souvent d’une grande fertilité, en même temps qu’elles présentent une résistance relativement faible au travail de la charrue. Les rendements des céréales, des prairies, de la plupart des plantes cultivées, sont élevés et se maintiennent pendant de longues séries d'années. Le labour du sol, en y assurant la circulation de l’air et de la chaleur, active la carburation des matières organiques, au profit de la végétation. Dans un grand nombre d'anciens marais, on se livre avec grand succès à la production des plantes potagères; les marais des environs d'Amiens sont célèbres sous ce rapport (voy. HORTILLONNAGE).
Il arrive souvent que la terre des marais desséchés présente une réaction acide; cette réaction est due à la prédominance des matières organiques incomplètement décomposées. On leur enlève facilement ce caractère par l'emploi des phosphates fossiles, à la dose de 1000 à 1200 kilogrammes par hectare. Le phosphatage permet notamment d'y substituer la culture du Froment à celle du Seigle; il fait disparaître, dans les terres en prairies, les Jones, les Mousses et autres plantes palustres; les bonnes Graminées fourragères et les Légumineuses
MARANTA
se substituent rapidement à toutes ces plantes inutiles.
Dans les marais de faible étendue ou dans les terres marécageuses et humides qui ne présentent pas le caractère absolu de marais, l’assainissement du sol peut s’obtenir par la création de puits absorbants. Ces puits traversent la couche imperméable du sous-sol et ils conduisent les eaux superficielles dans une couche sous-jacente perméable. Quant aux marais tourbeux, c’est-à-dire qui reposent sur une masse plus ou moins profonde de tourbe (voy. ce mot), on peut obtenir de bons résultats par l’'écobuage; en répandant sur la partie non écobuée les cendres qui proviennent de l'opération, on corrige rapidement l'acidité de la couche arable.
MARANTA (horticullure). — Genre de plantes de la famille de Marantacées, constitué par des espèces qui sont pour la plupart originaires des régions chaudes de lAmérique. On en cultive dans les serres chaudex, qu'elles décorent élégamment de leur beau feuillage, un très grand nombre d'espèces et de variétés. Ce sont des végétaux à rhizome souterrain charnu émettant de larges feuilles aériennes, portées soit directement par ce rhizome, soit par des rameaux aériens plus ou moins élevés et se terminant par un épi de fleurs irrégulières, entourées de larges bractées. Parmi les espèces les plus intéressantes, il faut citer les Marantha zebrina, pulchella, Lindeniana, etc.
Ces plantes végètent abondamment, quand on les cultive en pleine terre de Bruyère en serre chaude ; en pot, leur végétation est bien moins soutenue et les feuilles moins amples ne prennent jamais une coloration aussi brillante. Elles ne peuvent donc pas convenir à la décoration des appartements, dont l’air sec et la poussière leur causent un tort considérable. Les Maranta se multiplient par division des touffes. J:
MARANTACÉES (botanique). — Famille de plantes Monocotylédones établie par Lindley pour nn certain nombre de genres que la plupart des auteurs rangent aujourd’hui dans l’ordre des Zingibéracées, où 1ls ne forment plus qu’une section. Celle-ci cest caractérisée surtout par la structure de l’androcée qui ne comporte qu'une seule demi-anthère fertile, et par celle de l'ovaire, dont les trois loges renferment . chacune un seul ovule (voy. ZINGIBÉRACÉES). E. M.
MARASME (vélérinaire). — C’est l’étisie avancée, le dernier degré de l’amaigrissement. Le marasme est à la totalité du corps ce que l’atrophie est à l’une de ses parties. On l’observe dans les maladies aiguës comme dans les maladies chroniqués, mais plus souvent dans celles-ci que dans les premières. Il s'établit parfois avec une grande rapidité et il est difficile de s'expliquer comment le corps peut, en un petit nombre de jours, diminuer dans une proportion aussi considérable, sans évacuations apparentes. Les maladies infectieuses, les affections viscérales graves, les suppurations abondantes et prolongées, amènent dans toutes les espèces.
Faire disparaître l’état morbide qui a amené le marasme, régulariser les fonctions digestives, donner aux animaux une alimeñtation alibile, composée de substances très nutritives, facilement
assimilables : telles sont les principales indications à remplir. | P.-J. C.
MARCG ({echnologie). — On donne le nom géné-
rique de mares aux résidus qui restent après l’extraction du jus des fruits, de quelque manière que cette extraction soit obtenue. Ainsi, les marcs de vendange sont les résidus de la fabrication du vin, les marcs de pommes sont les résidus de la fabrication du cidre; les marcs de fruits, en général, sont les résidus des fruits qu’on a soumis à la distillation, ou ceux des graines ou des fruits oléagineux dont on extrait de l'huile; ces derniers sont plus généralement désignés sous le nom de tourteaux (voy. ce mot).