MASSIF
régularise la forme et l’arrête nettement. On donne souvent à cette disposition le nom de charmaille pour la raison que primitivement ces plantations étaient exclusivement faites en Charmes, lesquels se prêtent très bien à la taille et peuvent prendre toutes les formes qu’on veut bien leur imposer. Depuis l'introduction dans les jardins d'espèces à feuilles persistantes, tels que Fusains du Japon, Troènes, etc., ces arbustes ont remplacé les Charmes et autres arbres à feuilles caduques. Se prêtant très bien à la taille, on peut aisément les maintenir dans des formes régulières, -en les taillant sur toutes les faces. Dans certains cas, ces massifs réguliers sont bordés de plantations florales disposées en lignes parallèles au bord.
Dans les jardins paysagers, les massifs sont employés à limiter la vue dans certains sens, de façon à ménager des perspectives déterminées. On les utilise encore à masquer les limites du jardin et ils permettent ainsi de donner à l'ensemble un aspect particulier d’ampleur qu’il n’a pas réellement. Ces massifs peuvent donc, suivant le but qu'ils ont à remplir, ou bien être disposés sur les parties gazonnées dont ils couronnent toujours les reliefs, ou venir s’adosser à un mur ou à un bâtiment et être, dans ce cas, limités du côté opposé à l'obstacle, soit par une allée, soit par une pelouse. Quel que soit l’endroit que doive occuper le massif, la disposition en est toujours régie par des règles précises.
Toutes les fois que ces massifs occupent de grands espaces, c’est-à-dire quand ils couvrent plusieurs ares et qu’ils sont éloignés de la maison d'habitation, les essences qui les composent doivent être peu variées. Le centre est alors planté d'arbres de grande taille, tandis que les bords sont limités par des arbustes divers à feuilles persistantes ou caduques. {1 importe beaucoup de faire un choix Jjudicieux des arbres qui doivent composer le fond du massif. De leur dimension, de la coloration de leur feuillage, de leur mélange résulteront des effets très divers. Les arbres à feuilles blanches, en donnant aux contours une forme peu précise, peuvent, dans des cas déterminés, augmenter la perspective en faisant croire à un éloignement apparent plus grand qu'il n’est en réalité ; les feuillages sombres formant des massifs, aux contours bien arrêtés, produiront l'effet inverse. D’autres fois, on peut obtenir des effets de coloration en mélangeant des feuillages blancs à d’autres très foncés. Il faut, pour dessiner ces massifs et en indiquer avec précision la composition, avoir des connaissances précises des plantes qui entrent dans leur composition ainsi que de leurs exigences culturales, afin de les adapter au sol et au milieu dans lequel on veut les placer.
Dans les petits jardins, il faut apporter plus de soins encore à la composition et à la plantation des massifs. Quand il s’agit, en effet, de planter des massifs de grande étendue, dans lesquels les arbres, à cause de la dimension qu’ils doivent acquérir, doivent être éloignés de quelques mètres, on peut très bien se contenter de creuser des trous par p'ace en ne leur donnant que la dimension suffisante pour que les racines trouvent à leur disposition une petite quantité de terre meuble qui leur permette de bien reprendre. Quand il s’agit, au contraire, d'établir des massifs dans lesquels les arbres seront entremêlés d’arbrisseaux de toutes sortes qui en garniront le baset qui, par conséquent, doivent être rapprochés les uns des autres, il devient infiniment préférable de pratiquer un défoncement total, c’est-à-dire de remuer toute la surface qui doit être employée pour la plantation.
Ces massifs de petite étendue doivent être composés avec des arbres très variés, tant de forme que d'aspect. C’est ainsi qu’en opérant un choix judicieux, il sera aisé de trouver des essences qui donneront une floraison soutenue ou bien dont les uits pourront contribuer à la décoration du jardin.
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