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MATÉ

Pour ce qui est des arbustes employés en sous-bois, le nombre des espèces qui peuvent servir est plus grand encore que celui des arbres. Ge pourront être des arbustes donnant des floraisons variées que lon mélangera avec d’autres à feuilles persistantes. On peut limiter ces massifs de façons diverses. Souvent, on ménage tout autour une bande de terre que l’on occupe par une plantation de fleurs, chaque année renouvelée. L’ornementation de cette bande rentre alors exactement dans les règles indiquées pour la confection des corbeilles (voy. ce mot), toutes les fleurs qui servent dans ce dernier

cas pouvant être le plus souvent plantées en bor-

dure ; toutefois, il ne faut pas perdre de vue que cette situation étant forcément ombragée, il faudra donner la préférence aux plantes qui ne redoutent pas d’être privées de l’insolation directe.

On a imaginé de limiter dans les jardins paysagers, sur les pelouses, les massifs par des lignes irrégulières ; dans ce cas, au lieu de terminer la plantation par des lignes concentriques, on donne au bord une forme plus ou moins onduleuse, puis on plante en dehors du massif, cà et là sur le bord du gazon, quelques arbustes de choix. Il en résulte que la plantation empiète sur le gazon awlieu que celui-ci soit arrêté par une ligne nette. Cette disposition a l'avantage de se rapprocher davantage de ce qui à lieu dans la nature sur le bord des massifs forestiers. J. D.

MASTIC A GREFFER (horlicullure). — Quand on a pratiqué la’ greffe (voy. ce mot), il importe le plus souvent d’en recouvrir les diverses parties par un enduit, pour les protéger contre les intempéries. Cet engluement doit être onctueux quand on le pose et pouvoir sécher rapidement à l’air, sans se briser et sans comprimer les parties du végétal qu'il recouvre. Le plus ordinairement, on se sert de terre glaise délayée dans l’eau pour former une pâte ; on étale cette pâte autour de la greffe, et après l'avoir maintenue avec un peu de filasse de Chanvre, on l'entoure d’un chiffon, de manière à former ce qu'on appelle une poupée. L’onguent de Saint- Fiacre, qu'on emploie assez communément, est formé par un mélange composé de deux tiers de terre glaise et d’un tiers de bouse de vache.

Dans les pépinières, on emploie souvent un mastic à greffer dont on se sert à l’état tiède, et dont M. Baltet a donné la formule qui suit. On {fait fondre ensemble 750 grammes de poix blanche et 1,750 de résine, en même temps qu’on fait fondre à part 500 grammes de suif; on verse le suif fondu dans le premier mélange, en agitant constamment ; puis on ajoute 500 grammes d’ocre rouge, par petites parcelles qu’on mélange à la masse en continuant à agiter. On applique ce mastic sur les greffes avec une spatule. Dans le commerce, on trouve un grand nombre de masties à greffer, dont les uns sont employés à chaud, et les autres à froid; parmi ces produits, le mastic Lhomme-Lefort, ainsi appelé du nom de son inventeur, est apprécié généralement, solide à la température ordinaire, il se ramollit suffisamment à la chaleur de la main pour être appliqué facilement sur les greffes.

MASTICATION. — Voy. DIGESTION.

MATÉ (botanique). — On appelle Maté ou Thé du Paraguay un arbuste des régions tempérées de l'Amérique méridionale, appartenant au genre Houx, très analogue, par conséquent, à l’espèce de nos bois. Le Maté (/lex paraguaiensis A. S. Hil.) a des feuilles alternes, coriaces, obovales, à nervures saillantes (surtout la médiane), à bords irrégulièrement et superficiellement dentés. Ses fleurs sont blanches et réunies en petites cymes axillaires.

Les feuilles constituent la partie utile de la plante. Après les avoir récoltées, on les grille et on les réduit en une poudre grossière que l’on abandonne pendant plusieurs mois en tas recouverts de toiles. La poudre est ensuite enfermée dans des sortes de

MATRICAIRE

sacs confectionnés avec des peaux non tannées et cousues avec des lanières de cuir. Elle sert à préparer des infusions théiformes, très appréciées dans une grande partie de l'Amérique du Sud.

Le Maté est une boisson populaire au Brésil et dans les pays voisins. On le sert dans de grandes tasses en porcelaine ou en argent, ou dans des noix de coco plus ou moins artistement travaillées. Le vase contient à la fois la poudre et le liquide : celui-ci est aspiré au moyen d’un tube métallique, dont l'extrémité inférieure porte une ampoule percée de tout petits trous, assez semblable à une pomme d’arrosoir minuscule, et qui fait fonction de filtre. Cette infusion, que l’on essaye depuis quelque temps d’ introduire chez nous, est tonique, stimulante et stomachique. Elle contient une certaine proportion de théine à laquelle elle doit des propriétés analogues à celles du thé et du café.

Il importe de ne pas exagérer la quantité de poudre employée, car, à dose $rop élevée, le Maté est vomitif.

Il est vraisemblable que la culture de l’Jlex paraguaiensis réussirait dans le midi de l'Europe et surtont en Algérie. E. M.

MATRICAIRE (horticullture). — Genre de plantes de la famille des Composées, tribu des Chrysanthémées. Les Matricaires (Matricaria L.) sont des herbes à feuilles alternes disposées en rosette d’où s'élèvent des rameaux aériens portant des capitules terminés en cimes unipares ou en corymbes. Les demi-fleurons sont disposés sur un seul rang, ils sont blancs. Les fruits sont des achaines munis de trois à cinq côtes.

On cultive dans les jardins la Matricaire inodore {Matricaria inodora L.), qui se caractérise par le réceptacle du capitule qui est allongé, obtus, plein intérieurement et une fois plus long que large. Les fleurs disposées sur ce réceptacle ont une corolle blanche. Par la culture, les fleurons du centre sont transformés en fleurs ligulées et forment un pompon blanc d’un agréable effet. Cette espèce est vivace, glabre, peu rameuse; ses feuilles sont profondément découpées. On la rencontre à l’état spontané dans les champs. Dans les jardins, il convient de la cultiver en terre meuble et fraiche. Elle sert fort bien à la formation de bordures. Sa multiplication se fait aisément par la division des touifes, la variété à fleurs doubles, la seule cultivée dans les jardins, ne donnant pas de graines.

La Matricaire mandiane (4. par thenoides Desf.) est également cultivée dans les jardins où elle eroîit presque sans soin. Toutes les parties de cette plante répandent une forte odeur rappelant celle de la Camomille. Les fleurs sont blanches, portées sur un réceptacle plan, creusé à l'intérieur. Par la culture, on a obtenu une variété à fleurs doubles. Cette plante, bien que possédant une floraison abondante et longtemps soutenue, est cependant peu utilisée à cause de l’odeur peu agréable qu’elle répand et qui empêche de l’employer dans les bouquets. Il en est tout autrement d’une variété à feuilles d’un beau jaune doré qui convient très bien à l’ornementation des plates-bandes et des corbeilles et notamment à la formation de mosaïques. Sa culture est très répandue de nos jours, car ses faibles dimensions permettent de l'utiliser en bordures où elle s'allie agréablement à d’autres feuillages colorés.

La croissance de cette variété est lente dans les premiers temps, aussi convient-il d'en faire le semis de bonne heure. Pour hâter son développement, on sème sur couche chaude en janvier et février, puis on repique sur couche ; après avoir habitué les plantes à l’action de Pair extérieur, par une aération graduée, on peut les mettre en plein air dans le courant de mai. La pisniel est très rustique et passe souvent l'hiver sous notre climat sans abri; on peut donc se Servir des vieux pieds

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