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de l'attelée. I1 n’est pas naturel qu'aucun animal se prête de bonne grâce aux tortures qui lui sont infligées. Le sentiment qu’une observation superticielle inspire en ce cas part d’un bon cœur, évidemment, mais il est plus que douteux qu'il soit motivé. Du reste, si la torture était réelle, elle se traduirait par un signe facile à constater. Si peu intense que fût le travail moteur effectué, les sujets ainsi martyrisés perdraient deleur poids, ils maigriraient. On voit au contraire en grand nombre les jeunes bœufs, dans les pays où ils sont bien soignés et non excédés, croître rapidement et gagner du poids en travaillant de la sorte.
La gêne attribuée à la liaison par le joug est donc au moins en grande partie imaginaire, si ce n’est pour le tout. Il ne serait même pas surprenant que des expériences comparatives bien conduites, et qui n’ont d’ailleurs jamais été faites encore, vinssent à montrer que l'effet utile des efforts déployés par deux bœufs ainsi couplés est plus grand que dans le cas de leur indépendance, et que conséquemment ces efforts se produisent avec plus d’efficacité au joug double qu'au joug simple, objet de la prédilection des zoophiles. La question a été tranchée par eux en faveur de ce dernier, et ils ont même obtenu que dans certains Etats de l'Allemagne l'usage de l’ancien Joug fût interdit par mesure de police. C’est peut-être excessif. En tout cas, nul, dans l’état actuel de la science, ne serait en mesure de prouver qu'il y a pour le bœuf avantage à tirer par la tête, avec un compagnon, en restant indépendant de ce compagnon, plutôt que maintenu avec lui sous un même Joug.
La prédilection des zoophiles, unanimes pour condamner l’emploi du joug ordinaire, s’est partagée entre ce qu’ils ont appelé demi-joug ou joug indépendant et le collier. Ce dernier leur a paru toutefois assurer une plus grande liberté d’allure. En faveur du collier il a été dit que dans le cas du joug la tige de transmission de l'effort étant plus longue, puisqu'elle comprend la région cervicale en outre de la région dorso-lombaire du rachis, est nécessairement plus flexible, et qu'en conséquence elle nécessite un surcroît de travail qui incombe aux muscles de l’encolure. Il ne saurait donc être douteux, a-t-on ajouté, qu'à dressage égal un bœuf ne puisse produire avec un collier bien ajusté plus de travail qu'au joug ; ce qui aurait, est-il avancé en même temps, été établi par plusieurs essais dynamométriques. C’est là une affirmation dont la preuve ne se trouve nulle part. À notre connaissance il n’a jamais été fait, dans des conditions démonstratives, des essais dynamométriques de ce genre; et l’on ne voit même pas comment ils pourraient être institués et conduits pour donner des résultats convaincants. D'ailleurs, étant donnés les efforts que l’on peut raisonnablement exiger d'un bœuf tirant par la tête ou par les épaules, les différences que l’on pourrait être amené à constater, si tant est qu'il s’en produisit, seraient tout à fait insignifiantes pour la pratique. À ce point de vue de la force déployée, la question doit être considérée comme oiseuse. Elle reste avec son caractère purement sentimental, sur lequel nous nous sommes expliqués plus haut, et se réduit dès lors à une valeur nulle.
Mais elle a au contraire une réelle importance au point de vue économique, et c’est ce qui l’a fait résoudre par la très grande généralité, par la presque unanimité des praticiens, en faveur de l'antique joug. L'usage de celui-ci n’entraine que des dépenses on ne peut plus minimes. Il ne s’agit, pour chaque paire de bœufs, que d'une premiere mise de fonds insignifiante et que d’un entretien annuel s’élevant tout au plus à quelques francs. Un Joug bien construit dure plusieurs générations d'hommes. Les harnais qu’on propose de lui substituer sont au contraire très coûteux, aussi bien pour leur achat que pour leur entretien. Le joug simple
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ou indépendant, par exemple, exige une bride, des traits, une dossière et un appareil de reculement, comme accessoires, dans le plus grand nombre des cas. De même pour le collier, en outre de ce qu’il est lui-même beaucoup plus coûteux. D'un autre côté, il ne peut servir qu’à la condition d’être bien ajusté à l’encolure de l’animal qui doit le porter (voy. COLLIER). Or la science zootechnique commande de renouveler le plus fréquemment possible les attelages de bœufs afin d’en obtenir le travail moteur dans les conditions les plus avantageuses. Il faut donc, à chaque changement, faire ajuster de nouveau les colliers ou les remplacer, ce qui entraîne des frais considérables, sans compter l'usure. Le joug, au contraire, s’ajuste de lui-même à tous les bœufs. Il n’y a dèslors pas à hésiter, et en fait ceux qui calculent leurs opérations n'hésitent point. Par ces seules considérations ils donnent la préférence au joug ordinaire, à l’antique joug, et nous pensons qu'ils ont grandement raison, les résultats étant au moins aussi bons et considérablement plus économiques.
Resterait à examiner s’il y a lieu, théoriquement, de se prononcer pour le joug frontal ou pour le joug de nuque. Les usages locaux ont fait adopter l’un et l’autre, pour des raisons qu’il serait bien difficile, sinon impossible, de démêler. Au fond, la différence, s’il y en a une, doit être bien minime. Pour notre compte, nous avouons ne la point apercevoir. L'animal, dans les deux cas, tire toujours par le front. Seulement, dans le premier, il pousse le joug lui-même pour vaincre la résistance, dans le second il le tire par l’intermédiaire de son lien. Il ne nous parait pas y avoir là matière à discussion. Le mieux semble donc être de suivre simplement l'usage des lieux. AR
JOURDIER (biographie). — Auguste Jourdier, né en 1821, mort en 1872, a été successivement agriculteur et publiciste. Il créa un journal agricole sous le titre de Moniteur des comices et des cultivateurs. On lui doit, en outre, Excursion agronomique en Anglelerre et en Ecosse, Excursion agronomique en Russie (1860), le Matériel agricole (1856), Catéchisme d'agriculture (1857). H.Ss.
JOURNAL.— Ancienne mesure agraire, employée autrefois dans un grand nombre de localités, mais dont la valeur variait dans d'énormes proportions suivant les provinces. Ainsi le journal, ordinairement divisé en 100 verges, valait de 16 à 21 ares en Franche-Comté, de 25 ares 20 centiares à 34 ares 28 centiares en Bourgogne, de 35 à 54ares en Champagne, 48 ares en Bretagne, 52 ares en Anjou, de o ares 95 à 30 ares 39 centiares en Poitou, 28 ares 73 centiares dans une partie de la Flandre, etc.
JOURNU-AUBER (biographie). — Bernard Journu- Auber, comte de Tustal, né à Bordeaux en 1748, mort en 1815, homme politique et agronome, établit une ferme expérimentale sur son domaine de Tustal (Gironde), où il s’appliqua surtout à faire disparaitre les jachères par l'introduction des prairies artificielles et à élever des moutons Mérinos ; il présenta à la Société nationale d'agriculture, dont il était membre, plusieurs rapports relatifs aux améliorations qu’il avait réalisées sur ce domaine. On lui doit aussi un mémoire sur l'infertilité des landes et sur les moyens de les mettre en valeur (1789). HS:
JUBÉA (arboricullure). — Genre de Palmiers de la tribu des Cocoïnées. On n’en connaît qu’une seule espèce, le Jubæa spectabilis Humb., originaire du Chili, où il est le dernier représentant de la famille des Palmiers, par 36 degrés de latitude australe. C’est un grand arbre qui atteint jusqu'à 12 mètres, dont le stipe se renfle vers le milieu de sa hauteur; il est couvert d’écailles formées par la base persistante des feuilles. La tête, ample et régulière, est garnie de feuilles longues de pres