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LIT LL

HELOUS

Fig. 131. — Installation d’une huilerie agricole.

solides qu'elle tenaient en suspension. Les huiles destinées à Ja table sont ensuite filtrées sur une couche de coton, et les huiles industrielles sont soumises à une épuration chimique dont nous parlerons plus loin.

Les tourteaux qui constituent les résidus de la fabrication renferment encore de 6 à 12 pour 100 d'huile qu’on: ne peut plus extraire par la pression. Ces tourteaux, suivant leur origine, sont employés pour la nourriture du bétail ou comme engrais. Depuis quelques années on extrait, à l'aide du sulfure de carbone, l'huile que retiennent les tourteaux.

A cet effet on place dans un grand cylindre complètement clos, muni d’un double fond et d’un serpentin de vapeur, 10 000 kilogrammes de tourteaux. Une pompe aspirante et foulante puise dans un réservoir inférieur du sulfure de carbone et le refoule dans le cylindre, de manière à le remplir; on élève la température par une admission de vapeur dans le serpentin de manière à favoriser l'action dissolvante du sulfure de carbone, sans atteindre la température d’ébullition. Le sulfure de carbone tenant l'huile en dissolution passe par un tuyau placé à la partie supérieure

ul

L'huile obtenue à l’aide du sulfure de carbone conserve toujours un goût désagréable dont on peut la débarrasser en la battant avec 12 pour 100 de son poids d'alcool qui enlève la matière odorante : on décante, on distille l'alcool et, après rectification, on le fait servir à une nouvelle opération ; mais il y a toujours une certaine perte.

Dans une opération en grand, il serait avantageux d'opérer méthodiquement comme le fait M. Seyferth en plaçant les tourteaux dans une batterie de cylindres communiquant entre eux et en faisant circuler le sulfure de carbone dans la batterie, de manière que le dissolvant déjà chargé d'huile rencontre des tourteaux de plus en plus riches : cette disposition, analogue à celle des batteries de diffusion, permet d'opérer méthodiquement et d’une manière continue.

Purification chimique des huiles. — Thenard a proposé pour la purification des huiles le procédé suivant qui s'applique surtout aux huiles non comestibles. On bat l'huile avec 2 centièmes de son poids d'acide sulfurique à 66 degrés, puis on agite avec de l’eau, on laisse reposer pendant quelques jours, on décante et on filtre.

En opérant à 60 ou 70 degrés centigrades, on

HUILE — 2

peut abaisser à 0,5 pour 100 le poids d’acide sulfurique nécessaire. Dans beaucoup de fabriques, le battage de l'huile s'exécute à l’aide d’un bouloir : c’est un plateau cylindrique en chêne de 15 centimètres de diamètre fixé à un manche de 1",50 ; un ouvrier verse l'acide et l’autre bat l'huile avec le bouloir. Dans certaines usines on a employé un agitateur mécanique formé d’un axe vertical armé de palettes inclinées, mais dans ces appareils l'huile prend un mouvement horizontal qui fait que ce battage est moins bon que celui opéré à la main. MM. Grouvelle et Jaunez ont construit un appareil dans lequel cet inconvénient est évité et qui donne des résultats satisfaisants. Dans cet appareil (fig. 132), B est un bac doublé de plomb d’une contenance de 7 à 8 hectolitres jusqu'aux deux tiers de sa hauteur ; aux parois de ce bac est ajusté, sur de petits coussinets de cuivre, un agitateur horizontal A formé

HUILE

On peut, avec avantage, filtrer l'huile sur une couche de tourteau en poudre, reposant sur un lit de mousse; mais, au lieu de terminer par une filtration, on peut employer le procédé de M. Dubrunfaut. Dans une futaille de 6 hectolitres on verse 90 kilogrammes de tourteaux de graine broyés; on bat le mélange d'huile et de tourteau et on laisse déposer. Au bout de huit jours, on soutire 4 hectolitres d'huile parfaitement claire, qu’on remplace par un égal volume d'huile trouble; trois Jours plus tard on soutire de nouveau 4 hectolitres et ainsi de suite jusqu’à ce que le tourteau cesse de cla-

d’un arbre (dont les tourillons

sont en cuivre) armé de quatre

palettes en bois formées de plan-

ches espacées CC et destinées à

briser les courants qui tendraient à s’établir dans la masse. La hauteur de l'agitateur ne doit pas excéder la moitié de celle du bac, de

manière qu'il soit toujours com— plètement recouvert de liquide,

pour éviter les projections. L’agi-

tateur se meut avec une vitesse de quinze à vingt tours par minute, S le battage est parfait en moins de vingt-cinq minutes; au bout de ce temps le mélange a pris une teinte verte; on laisse reposer pendant vingt-quatre heures, l'acide s'empare des matières étrangères ; on ajoute ensuite un volume d’eau à 50 degrés égal aux deux tiers de celui de l'huile et on agite de nouveau jusqu’à ce que la masse présente une apparence laiteuse; l’eau de condensation des chauffoirs sert économiquement à cette opération. Le mélange soutiré par le robinet est abandonné à lui-même pendant trois semaines; l'huile vient surnager le dépôt noirâtre provenant de l’action de l'acide sulfurique sur les matières étrangères; on sature l'acide restant par la craie, et, après quelques heures, on décante l'huile, et on la reçoit dans des cuves dont le fond est percé de trous garnis de mèches de coton. L'huile se débarrasse, par filtration, des matières étrangères.

Aujourd'hui on commence à employer la vapeur au lavage des huiles. A cet effet, l'huile séparée du dépôt noir est envoyée dans des bassins en bois au fond desquels se trouve un serpentin en plomb, percé de trous, pour le passage de la vapeur ; au début, la vapeur se condense et provoque l’échauffement de l'huile ; la température s'élève progressivement jusqu’à 100 degrés, la vapeur traverse alors la masse sans se condenser et opère un lavage complet de l'huile soumise à son action; au bout de dix minutes, on arrête l’admission de la vapeur ; par le refroidissement l’eau se dépose rapidement, et, vingt-quatre heures après, l'huile claire peut être décantée. Par ce procédé, l'acide est plus complètement enlevé que par un simple battage, et l'économie de temps est considérable.

Dans la plupart des cas, après le lavage, il est nécessaire d’éclaircir les huiles par filtration. La méthode la plus répandue consiste à faire passer l'huile dans deux ou trois bassins étagés, munis d'un double fond, percés de trous et recouverts d'une toile sur laquellé est répartie la matière filtrante. La filtration doit se faire à la température ordinaire, sans quoi l'huile, claire au sortir du filtre, se troublerait par le refroidissement.

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