NOM DES HUILES
(Tr CORRE Œillette, Sésame, Coton, Arach.de.
ArACNITes rt. eee .... Coton, huile de Crucifères.
RM MNT LE ECO Fe de Crucifères, Ara-
Amandes douces (très Re A :
rarement pure dans) Coton, ne Sésame, Faine, le commerce)..." l For
(Cameline, Ravison, Navette, Chè-
COLZ APR re che cte ss nevis, Niger, Lin, huiles minél rales.
CM OEM ASE Lin, huiles minérales.
Rarement falsifiée.
|: 6 SAONE Falsifiées les unes par les autres, selon leur prix.
COTÉES een «ce Lin, huiles minérales.
RER ETS Ent ae Huile de poisson.
O0 OI CITE Huile d'Œillette.
Poisson...... MÉRRURS . Huile de Ricin.
L'étude des méthodes permettant de reconnaître ces falsifications sort du cadre de cet article. Nous avons indiqué quelques procédés d'un usage simple et rapide ; disons seulement que les huiles minérales ajoutées aux huiles végétales peuvent en être séparées, en agitant celles-ci avec de l’alcool concentré qui dissout les premières, sans agir en général sur les huiles végétales ; en filtrant la solution alcoolique, on peut ensuite y reconnaitre la présence des huiles minérales. H. Q.
HUITRE (ostréicullure). — L'Huître (Ostrea) est un genre de Mollusques acéphales, lamellibranches et hermaphrodites, de la famille des Ostréides. Les principales espèces sont : Ostrea edulis, dont deux variétés : O. hippopus et O. lamellata, cette dernière répandue en Algérie avec l'O. simiosa; 0. Virginiana et ses variétés aux Antilles ; O. parasitica et la rubella; en Océanie, 0. spathulata et O. cristagalli; en Afrique, l'Huitre gascar ou des amers, huître exquise sur les côtes du Sénégal ; O. plicata et O. adriatica, spéciales à la Méditerranée et aux Etats-Unis; enfin ©. angulata ou
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Gryphea, vulgairement gryphée ou Huître portugaise.
L'Huitre possède-t-elle un système nerveux, des sens ? D’après les derniers travaux du directeur du laboratoire, marin de Roscoff, M. de Lacaze-Duthiers, cela ne saurait être mis en doute. La glande de Bojanus, les acini sont des découvertes de la science moderne qui montrent l'importance qu’on a attachée à la connaissance du précieux mollusque.
Le naturaliste américain Brooks nous dit que l'O. Virginiana aux 8 ou 9 millions d'œufs serait, ainsi que ses variétés nombreuses, unisexuée; le genre Pecten nous présentant un fait analogue pour une de ses variétés, acceptons-le donc. Nos variétés d'Huitres européennes ne donneraient pas plus d’un million d'œufs qu’elles expulsent de mai à août; la Gryphée fait seule exception, son frai durant toute l’année, sauf quand le thermomètre tombe au-dessous de zéro. Dans la séance du 15 décembre 1884, nous avons montré à la Société nationale d'agriculture de France un jeune naissain de Gryphée, âgé de six à dix jours, que nous venions de récolter sur les collecteurs des roches de l’Estrée, fait jusque-là unique dans les annales des sociétés savantes.
La maturité de l’œuvée, au moins des embryons, se reconnait à la teinte plus ou moins ardoisée de la masse d’abord laiteuse contenue dans les coquilles.
Avant de passer au naissain qui, en vrai tourbillon, nage autour de la mère, avant de gagner la grande eau, disons un mot de la fécondation artificielle et de l’hybridation de l'Huitre. Dans ces temps derniers, ce fut le champ sur lequel se ruèrent avec fracas trois ou quatre personnalités aussi remuantes après la mort de Coste qu’elles avaient été silencieuses auparavant. En dehors des consciencieux travaux de MM. de Quatrefages et Carbonnel et du grand travail de Coste sur la fécondation artificielle des Huîtres, nous ne connaissons rien non seulement de sérieux, mais même de sensé sur ce sujet. Et maintenant revenons à notre naissain. Rien n’est plus curieux et intéressant, nous dit M. Davaine (Recherches sur la génération des Huitres), que de voir sous le microscope ces petits mollusques parcourir la gouttelette d’eau qui les réunit en grand nombre, s’éviter mutuellement, se croiser en tous sens avec une merveilleuse rapidité, sans se heurter, sans se rencontrer Jamais. La petite Huître ne se sert de son appareil que pour nager et jamais pour marcher ou ramper, de même que jamais non plus les cils qui la recouvrent ne suspendent leurs mouvements vibratoires.
La base de l’appareil locomoteur se rétrécissant graduellement, cet organe devient de plus en plus proéminent et n’est bientôt plus attaché que :par un pédicule assez mince. Néanmoins, il entraine encore l'embryon à sa remorque ; enfin, ce dernier lien se brise et la petite Huître tombe et reste 1mmobile, tandis que son appareil vivement agité par les mouvements de ses cils continue à circuler dans le liquide ambiant. Alors, organe aveugle et sans volonté directrice, il se jette sur tout ce qu'il rencontre, roule sur lui-même, jusqu'à ce que, arrêté par quelque obstacle, il manifeste sa vitalité (cette vitalité, d’après Coste, va d’un à cinq jours) par l'agitation de ces cils.
D’après M. Gerbe, cet organe de natation des jeunes Huitres ne tombe que par accident, il est servi par des machines puissantes qui le font sortir des valves et le font rentrer au gré de l’animal ; le naissain fixé, il s'atrophie sur place à mesure que les branchies se développent dans le point qu'il occupe. Gerbe ne serait pas éloigné de penser que cet organe cilié serait l’origine, la première forme en quelque sorte des branchies de l'adulte.
L’Huître de trois ans donnerait un ou deux millions de jeunes, comme on le voit : qu'aurait à faire
It. — {6
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la fécondation artificielle, lorsque les 9 dixiëèmes de cette poussière vivante peuvent être recueillis et mis à profit ?
Toute la question se réduit done à fournir au naissain le point d'appui sur lequel il tombera et se fixera, et sans lequel tout le reste aisparaîtra soit dans les vases, soit dévoré par les animaux inférieurs se nourrissant d'infusoires qui, en quelques jours, anéantiront ces myriades d'êtres vivants. L'Huître, fixée par son talon, passe sa vie sans se
Fig. 133. — Morceau de bois chargé d'Huîtres.
déplacer et sans faire d'autre mouvement que celui d'ouvrir et de fermer sa coquille supérieure, saisissant ainsi les particules animales ou végétales que lui apportent les eaux.
Les valves entr’ouvertes laissent apercevoir le manteau qui s’étend sur leurs bords, ne jaillissant jamais au dehors. Mince membrane divisée en deux lobes distincts dont chacun tapisse les parois intérieures de chaque valve. En écartant les lobes du manteau, on découvre alors quatre feuillets menbraneux semi-circulaires qui ne sont autres que les branchies. La bouche est au sommet des valves. Une petite valvule fait office de langue. Un canal établit une communication entre le cœur et l’estomac ou mieux les estomacs (deux, dit-on). On distingue encore un foie, puis un rectum.
Naissant de juin à fin août, c’est surtout l’été que l’Huitre océanienne croit, la Gryphée exceptée. On connaît trois sortes d’Huîtres : 1° celle de drague, du nom de l'instrument avec lequel on la prend, 2° l’Huitre commune, et 3° l'Huître cultivée. D'où, comme on le voit, deux grandes divisions dans cette question de l’ostréiculture marchant à peu près parallèlement et représentant l’une et l’autre de grands intérêts. La première est l’industrie normande : pêche et parcage ; la seconde, Arcachon, Marennes : production et élevage.
Avant d'entrer dans l'exposé de ces deux grandes divisions, nous résumerons l'historique de l’ostréiculture par ces deux chiffres dont le lecteur comprendra l’éloquence dans le passé et le présent. A la mort de Serguis Orata, le Luxorium magister dont on a tant écrit, les pares et viviers de Baïa, furent vendus environ 3 millions de francs. Quand, en 1853, nous eûmes l’honneur d’être envoyé au bassin d'Arcachon, l’Huître y rapportait entre 60 et 70 000 francs ; en 1883, le Bulletin du ministère de La marine nous donnait le chiffre d'environ 5 millions de francs! Notre appel pour la culture des crassats n'avait pas été tout à fait inutile et entendu des Arcachonais.
Quand nous aurons redit que c’est au modeste commissaire de la marine de Marennes, M. Ackermann, et à son garde Rabeau qu'est due l’idée du recueillement du naissain en 1854, base de l’ostréiculture moderne, nous en aurons fini avec l’historique de cette question, pour les détails de laquelle
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nous prierons le lecteur de sé reporter soit au grand travail de Coste (Exploration des côtes de France, 1855), soit au Journal de l’agriculture, n° 3995, 457, etc., où nous l'avons traitée.
HUITRE ORDINAIRE. — Pêche. — L'Huitre se pêche à la drague sur toutes les côtes de la France, excepté pendant le frai de mai à septembre et ne se fait que d'octobre à avril, sous le contrôle et la direction des officiers de l'inscription maritime. Ce sont eux qui déterminent les bancs à exploiter, balisent ou déterminent les amers (point de repère), sur lesquels on devra se diriger pour la manœvre de la drague. Cette question de la protection des bancs est une chose toujours fort délicate, nos voisins Anglais et Flamands étant, sous ce rapport, des visiteurs souvent peu scrupuleux ;, aussi l'Etat est-il obligé de les faire protéger par ses avisos.
Le grand ennemi des bancs d'Huitres est la vase, mais nous savons comment les ostréiculteurs des rochers de l’Estrée ont, avec leur collecteur balayeuse, résolu ce grand et si curieux problème du dévasement, les bancs frais n'étant jamais envasés dans la limite du point de marée ou banc de côte. Voyons comment on exploite ceux que l'on appelle les bancs du large ou grands bancs sur les côtes de Normandie, de Bretagne et Vendée.
Cette pêche se fait d'octobre à avril, avec un instrument en fer, espèce de truble appelé drague, râteau en fer, muni d'une poche en filet de cuir ou en corde ramassant tout ce que le bord de l’ouverture a détaché du fond sur lequel il est remorqué, trainé par une barque. Par bonne brise, il est facile de s’imaginer la puissance de traction qui fait parcourir dans tous les sens le banc-mis en exploitation. Faisons répéter cette manœuvre par 00, 60, 100 dragues même, et l’on voit les sillons immenses tracés par ce primitif engin dans les bancs d’Huîtres. Selon la richesse du dépôt sous-marin, la poche ou drague se remplit plus ou moins vite, 800 à 1000 Huiîtres sont ordinairement le produit d’un bon coup de drague. Un banc trop pêché, épuisé, est aussitôt envahi par la Moule, le Maërle (Millepora fasciculata), plante terrible qui aura bientôt fait disparaître tous les bancs de la rade de Brest, plante ou animal, être, en tout cas, des plus curieux.
L'exploitation d’un banc, faite avec intelligence, ne donne que de bons résultats, mais malheur à l'imprévoyant qui, pour quelques milliers d'Huitres, dépasserait le but. La reconstitution après son épuisement est une affaire de bien des ans.
L'histoire des bancs de Granville n’est-elle pas là pour nous montrer combien est courte la distance qui sépare la misère de la prospérité.
Les dépôts de Saint-Waast, bien qu’exploités en commun par les Anglais et nos marins, sont toujours les plus riches de la côte normande.
Combien possédons-nous de bancs? Quelle est leur prospérité ? Il y aurait là un travail sérieux à faire que nous demandions, il y a plus de trente ans, pour la première fois ; espérons que nos stations de pisciculture marine ne nous feront plus attendre aussi longtemps une réponse si intimement liée à la connaissance de nos courants, ceux de fonds surtout. L’appauvrissement des sept bancs restants de Cancale n’est-il pas là pour nous avertir qu'il ne serait que temps de se mettre à cette étude, la plus sérieuse de l'ostréiculture moderne ?
L'Huître se pêche également avec le râteau en fer, à pointes concaves, les pinces anglaises (os{erlougs), et, enfin, en Espagne, à Minorque, par les
HUITRE
plongeurs qui, après avoir détaché les mollusques, remontent les déposer dans un panier, moyen aussi primitif que pittoresque, mais sans avenir. Le scaphandre est-il appelé à remplacer tout cela? Sans dire non, nous n'en sommes pas encore là.
Les bateaux dragueurs sont des bateaux non pontés de 15 à 30 tonneaux pour les bancs de la côte. Quant à ceux de la grande eau, d’une capacité de 40 à 50 tonneaux et pontés, ils peuvent contenir jusqu’à 300000 et 400000 Huîtres. Saint-Waast, Courseulles, Bernières, Beauvoir sont les points de nos côtes normandes et vendéennes spécialement admis à cette grande pêche. Déposée dans des leux spéciaux, appelés parcs, l’Huitre de drague séjourne plus ou moins longtemps pour y être hubillée, et contracter par le lavage de la marée auquel, deux fois par jour, elle est exposée dans ce pare, qui est en communication avec la mer, un goût plus agréable. Le problème est : 1° d'éviter l’envasement ; 2 de ne pas laisser l’Huître trop à l’air.
Les amareilleurs sont chargés du soin des Huitres dans les parcs de débarquement, de la mise en paniers. Celles-ci prennent le nom d’Huitres de pares, bien inférieures aux indigènes ou cultivées.
. Cette pêche est régie par une convention de 1839
entre la France et l'Angleterre, modifiée récemment, en mai 1876. La taille de l’Huitre de parcs a été fixée à 38 millimètres, au-dessous de laquelle toutes doivent être remises à la mer, et cela sur place ; la quantité permise à chaque acheteur présent ne saurait excéder 400 000 Huîtres. Telles sont les principales dispositions de cette convention, qui ne contient pas moins de 300 articles.
Culture. — La culture de l’Huître se fait sur les fonds émergents, c’est-à-dire couverts et découverts par la mer, qui sont alors les lieux de stabulation, d'élève et d’engraissement du mollusque, en opposition avec les fonds immergés, c’est-àdire ne découvrant jamais où l’on fait la récolte du naissain par des moyens artificiels : ruches à tuiles, charpente mobile, etc., et autres; collecteurs, pierres, enrochements des concessions du domaine public et cela, ici, sur des terrains émergents, et, ailleurs Sur des immergés.
Le principal centre de cette culture est Arcachon. C'est à M. Vonlabade, vers 1840, et à M. Boissière, en 1850, que l’on doit la première idée de l'utilisation des 15000 hectares d’eau du bassin d'Arcachon par la culture de l’Huître ; c’est par notre plaquette de 1853 (lithographie Gayer, passage Dauphine, 7) que fut lancé le premier appel à l'exploitation des crassats, c’est-à-dire des 5 ou 6000 hectares de fonds émergents du bassin.
Ce fut sur ces mêmes crassats émergents du bassin que le marquis de Crécy installa, au seizième siècle, les réservoirs à poissons. C’est un dérivé affaibli de l’industrie de Commachio (Italie) pour l'élève des Anguilles et des Muges. Le docteur Schmarda nous a appris, en 1864, que la salure des eaux y était même supérieure à celle de la Méditerranée : : 38,72 : 36,90.
En 1854, les concessions commencèrent sous l’active impulsion de Coste; on en comptait vingt en 1857. La mise en culture des crassats du Grand- Cès, Crastarbe et Sahilon par Coste, en 1860, est l’entrée dans l’ostréiculture de ce savant aux si larges vues, et le début, le point de départ de la question ostréicole. De 1862 à 1866, les deux premiers parcs fournirent 8 à 10 millions d'Huîtres, bien qu’il en restàt encore de 15 à 16 millions pour les deux premiers; quant au crassat de Sahilon, là où, en 1863, il n’existait rien, il y en avait plus de 5 millions en 1872, époque à laquelle il fut concédé par l'Etat à la Société des sauveteurs. Il en exportait plus de 10 millions, pour arriver, en 1882, à 268 millions pour les 4 hectares que Coste avait fait mettre en culture. En 1857 il y avait 20 concessions ; en 1882 il y en avait 4000!
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Dans ces dernières années, à côté de 3 ou 4 millions de gravettes, on y introduisit 28 ou 30 millions de portugaises ; les premières se vendent de 45 à 90 francs le mile, et les secondes, mises à 6 francs le mille, en sortent à 18 francs.
A l'éloquence de ces chiffres, et devant de tels résultats, nous nous arrêterons.
La culture proprement dite de la claire, l’enlèvement du moussillon (la jostère), la pose des collecteurs (tuiles), des caisses ostréophiles pour les préserver de leurs ennemis (Crabes) ; le défroquage,. enlèvement du naissain recueilli sur des collecteurs en mars-avril (l’Huitre a alors de huit à dix mois), pour être déposée dans les claies d’où elle ne sortira que l’automne et l'hiver suivant avant: sa taille marchande de 5 centimètres, en sont lesprincipales opérations.
Environ 200 hectares de bancs réservés sur des crassats émergents fournissent, sous la surveillance de l'administration, l’'Huître mère et de commerce. Tous les deux ans, ces parcs réservés, bien soignés, . bien entretenus, fournissent de 25 à 30 millions d'Huitres revendues dans les 250 ou 270 000 francs par les marins inscrits et les concessionnaires qui, . seuls, sont autorisés à les pêcher.
La culture de l'Huître sur les côtes de Bretagne ne nous ménagerait pas de moindres étonnements. MM. Leroux, de Valbock, bien que partis après les Arcachonnais, n’obtinrent pas de moins beaux résultats. Le quartier d’Auray, qui, en 1866, exportait 7 millions d’'Huîtres, en vendait 34 en 1881, plus 150 millions de naïissain où avant il s’en produisait 40 millions. L’Irlande et l’Angleterre sont les prin-cipaux centres d'exportation. On attribue aux dragages annuels des bancs naturels de la rivière d’Auray leur détérioration. L’Huître n’est marchande qu’à vingt-quatre ou trente mois, et on la pêche tous les ans : grande imprudence dont les tristes conséquences ne peuvent faire doute.
Education. — Le centre le plus important est, comme on le sait, l'embouchure de la Seudre. Marennes, Huitres vertes, Claires, sont les trois points qui résument cette belle et florissante industrie qu'en trois mots nous résumerons dans les trois chiffres suivants pour 1881 :
Huîtres exportées (viviers et
DÉpOtS)E: 25 ie dise vics 55 000000 (Portugaises) Huîtres des claires......... 90 000 000 Huîtres des dépôts français. 47000000 (Gravettes) TOR Mere 152 000 000
Ce commerce et cette culture se divisent égale- ment en trois spécialités : 1° éducation dans les . claires ; 2° élevage de l’Huitre blanche (viviers et dépôts) ; 3° élevage de la Gryphée.
Quand nous arriverons aux parcs, viviers et dépôts de la côte normande mis récemment en nouvelle lumière par les beaux travaux du major Hayes et du docteur Schmarda, nous reviendrons à Courseulles, Saint-Waast, etc., et autres points d’engraissement et de dépôts des Huitres des grands bancs ou Huitres de dragues.
Trente-huit ou quarante centres ostréicoles cul- vent l'Huitre, recucillent le naissain et l’élèvent, . et cela, de Dunkerque à Saint-Jean-de-Luz.
En dehors du parc de Brégaillon, créé par M. Malespine, dans la rade de Toulon, rien de sérieux n'existe sur la Méditerranée : étang de Thau, port : de Ranc, golfe de Fos; il y a là une persistance d’insuccès qu’on ne sait comment expliquer, le succès du parc de Brégaillon faisant aux autres expérimentateurs une responsabilité d'autant plus grave que les parcs et l'élève de l’Huitre, dans le golfe de Tarente, par M. Cirio, ont fait, à son actif et opulent créateur, une notoriété méritée.
C’est grâce à la découverte de la tuile sablée due-
HUITRE
à notre vieil ami de l'ile de Ré; M. le docteur Kemmerer, qu'ont pu être économiquement résolus la récolte et le détroquage du naissain (Arcachon n’en emploie pas moins de 14 à 15 millions par an). L’immense et universel succès de cette idée, mise en pratique partout el par tous, sous tant de noms différents, consolera ce vaillant ouvrier, rare survivant de la première heure, des injustices de ses concitoyens et des autres. Nous devons toutefois en excepter l'Angleterre, qui, avec les frères Astworh, MM. Hayes, Hornsbv, lui à rendu l'hommage dû à son patriotique désintéressement.
M. le docteur Brocchi, dans son récent Traité d’ostréiculture, a publié sur l'ostréiculture à l'étranger, les documents les plus récents des faits, des chiffres; ce sont des pages à consulter, desquelles nous relèverons que l’Huitre d’Ostende, comme nous l’avons imprimé il y a plus de trente ans, n’a jamais existé. Les Huitres françaises et anglaises sont baptisées assez curieusement d'Ostende, où ne réussit jamais un seul naïissain.
En Angleterre, la consommation des Huitres atteignait 100 millions en 1870, environ le double de la nôtre, qui, d’après un document récent d’un syndicat d’Auray, oscillerait entre 46 et48S millions de francs, l'importation par Liverpool des Huitres d’Amérique (Ostrea Virginiana) étant de 110 à 115 millions, et celle de la France de 25 millions.
On parlait, il y a quelques années, de la découverte d’un banc immense d’Huîtres qui n’existerait pas moins que de l’Irlande à la pointe du Finistère : soit, mais quelle peut en être l'utilité à de pareilles profondeurs ? Au-dessous de cent brasses la drague ne se manœuvre qu'avec d'extrêmes dangers.
Sur les côtes de Galice, l’Huitre est si abondante qu'elle ne s’y vendait pas plus de 10 centimes le cent il y a quelques années. L’exportation y a pris une telle importance et la culture y est si bien comprise qu’elle s’y écoule, aujourd'hui, au prix de { franc la douzaine.
Comment s’obtiennent les concessions du domaine public? Personnelles, toujours révocables et sans indemnité, même pour l’eau de mer introduite dans les propriétés privées, excepté pour les inscrits et leurs veuves ou enfants mineurs. Tout est soumis à une réglementation spéciale ressortant des ministres de la marine d’abord, des finances, des travaux publics, régie par la loi du 9 janvier 1852, modifiée par le décret du 12 janvier 1882.
Le typhus des Huitres, décrit pour la première fois, en 1884, par M. le docteur Kemmerer (voy. le n° 634 du Journal de l’agriculture), la cliane (cliane celatea), le chambrage, la maladie du sable et l'hépatite (maladie du foie), telles sont les affections de l’Huître.
Quant à ses ennemis végétaux et animaux, ils sont aussi nombreux que redoutables. D'abord, parmi les Squales, le Bleu (Cacharias glaucus), la Pastenague, de la famille des Raies (Trygon vulgaris), connue sous le nom de Tère; avec l’aiguillon de sa queue, ce poisson peut faire une dangereuse blessure. La Vieille de mer, de la famille des Saloes, poisson dit-tricolore ou à gueule pavée, fit, en 1857, d'immenses ravages dans le bassin d'Arcachon.
Le Crabe enragé (Carunius mœnus) est partout le plus grand ennemi des jeunes Huitres, ainsi qu'une Crevette, le Palamon serratus.
Après les crustacés, viennent les mollusques, parmi lesquels se trouve le fameux Murex (bigorneau) dont la langue perce la coquille supérieure. Coste recommandait de le faire ramasser, comme il le fit faire de 1863 à 1866, dans le bassin d’Arcachon. Mais, de tous, le plus dangereux est la Moule (Mytilus edulis): des bancs entiers disparaissent en quelques mois sous leurs innombrables phalanges.
L'Annélide des sables fait parfois des ravages;
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mais, avec de la chaux éteinte, les Oléronais s'en sont vite débarrassés en la plaçant pulvérisée sur le fond des parcs.
Les Etoiles de mer ct autres zoophytes, comme les Ascidées ou Polypes, détruisent le naissain en prenant leur place sur les collecteurs.
Parmi les végétaux, citons l'herbe à perruque et le macile (Silva lactuca). Le Limon vert ou Conferve est, d'après M. de Moutange, un dangereux voisinage qui emporte au retrait de la marée, dans une espèce d’enchevêtrement, toutes les Huitres où il s’est formé. La propreté en a vite raison, ainsi que des Vignots (Sittorina liltoralis). |
Quand nous aurons dit qu'aux courants appartiennent la formation des bancs frais et à l’eau saumâtre, mélange d’eau douce et d’eau salée, l’engraissement de l'Huître (d’après Mayer, cette proportion doit être seulementde 7 dixièmes de sel),nous aurons fini notre tâche. Aux chiffres de la statistique officielle du ministère de la marine que nous avons déjà donnés pour 1884, nous ajouterons les faits suivants :
1° Constatation de la diminution des bancs naturels dans le quartier du Havre surtout, et de l’état stationnaire à celui d'Auray ;
2 Dans celui de Paimbæuf, la pêche en a été interdite, et cela tant à la drague qu'à la main;
3° Reconstitution du banc de Charret à Marennes, qui avait été envahi par les Moules ;
4 A Royan, le repeuplement a mal réussi;
5° À Arcachon, refus de pêche dans les canaux et sur les bancs réservés ;
6° Pendant deux jours seulement, on permet la pêche dans le quartier de Saint-Malo; elle est défendue dans celui de Brest dont on va essayer le repeuplement ;
7° Dans le quartier de la Rochelle, on se plaint de l’avilissement des prix par l’envahissement de la Gryphée;
8° Le verdissement de la Portugaise au Croisic sur les 200000 Huîtres du pare Réale aurait donné quelques résultats. 650 millions d'Huitres vendues pour 45 millions et occasionnant un mouvement de fonds de 46 à 48 millions, tels sont les faits concernant la culture de l'Huître dans l’année 1883-
HUÎTRE PORTUGAISE, GRYPHÉE. — Quand, en novembre 1883,la Société nationale d'agriculture de France s’occupa pour la première fois de l'Huiître dite portugaise, M. Milne-Edward, intervenant dans la discussion, dit : € J’insiste pour que le mot Gryphée disparaisse, car Lamarck a eu tort d’en faire un genre distinct. En fait les Huitres et les Gryphées ne sont qu’un seul et même genre. » Avec notre regretté et savant confrère, nous serons donc bien à l’aise pour aborder cette sérieuse et redoutable question de la Gryphée; joie et espoir des uns, sujet de si vives préoccupations pour les autres. Ce n’est que depuis une vingtaine d'années que la Gryphée, c’est-à-dire l’Huître importée des bords du Tage, a commencé à faire parler d’elle en France. Antérieurement. quelques marchands d’Huitres en gros s’en faisaient expédier à Bordeaux. Mais ce n’est qu'après un accident de mer arrivé à Verdon, au navire qui leur en apportait, que les pilotes de la Gironde signalèrent sa présence par l’obstruction de certaines passes. Telle est, en quelques mots, l'origine de l’Huître portugaise dite Gryphée sur les côtes sud-ouest de la France. Sera-ce un bien? Sera-ce un mal? A l’avenir la réponse ; mais qu’on sache bien, en attendant, que c’est là un fait que nulle puissance humaine ne saurait détruire.
À nous done d'essayer de faire sortir le bien du mal, si mal il y a, et, par une culture intelligerte, d’atténuer les conséquences de cet accident de mer, en améliorant l’Huitre portugaise à côté de notre Gravette incomparable. Son incroyable fécondité, sa rusticité et son énergie sans égales la rendront
HUITRE
maitresse de tous nos bancs, si par une sélection intelligente et des mesures conservatrices des lieux de dépôts, par l'étude des courants surtout, on ne parvient à y mettre obstacle.
Ses caractères anatomiques ne nous arrêteront pas. Les modifications de sa structure sont tellement inhérentes au milieu dans lequel elle se trouve appelée à croître, qu’il est absolument impossible de les fixer scientifiquement. Nous mettrons également de côté que l’Huître portugaise soit unisexuée. Pour qui a vu une heure les parcs de l'Estrée, cette idée ne saurait être prise au sérieux.
Ce fut en 1872 que MM. Lemaire Ardoin et le pilote Boisnard eurcnt l’idée de demander à l’administration de la marine la concession du rocher de l’Estrée, situé entre la Charente et la Seudre, en face des communes de Saint-Front et de Piédemont, pour y mettre en culture la portugaise. Cette concession leur fut accordée avec adjudication par le fpréfet M. Daviau de Piolant, dont nous allons bientôt voir le rôle utile et prépondérant.
En 1865, les riverains avaient été autorisés à établir des collecteurs sur le domaine public ; mais, comme ailleurs également, le décousu de ces tentatives et les pillards eurent vite raison de ces premières tentatives. En 1874, le rocher était si bien râpé qu'il n’y restait plus ni une Huitre, ni un seul coquillage. La situation, par rapport au jusant (c’est-à-dire les courants et contre-courants occasionnés par la remonte de l’eau douce avec la marée), était si curieuse et soumettait ce platin à une lévigation si constante et si régulière que ce sera l'honneur de M. de Piolant de l’avoir constatée et utilisée. Un syndicat fut formé et la concession fut localisée. En 1878, une cotisation des syndiqués a donné une encaisse de 1350 francs. En 1877, les associés s'étaient partagé chacun 200 Huitres ; en 1879, la cotisation était réduite à 1 franc, et les rentrées furent de 1725 francs. En 1880, les recettes s'élevèrent à 44920 francs, alors que tous les frais n’allaient pas à 3000 francs. À ce moment, le pare commun fut partagé, sauf une réserve de 2 hectares, pour y placer des collecteurs dont les produits devaient servir à payer les dépenses d'intérêt général, les syndiqués étant affranchis de toutes redevances. Le principe de la propriété individuelle sauvegardé, chaque sociétaire pourrait à sa guise cultiver son vivier et tirer de ses Huitres tel parti qui lui conviendrait le mieux, être propriétaire sans ‘payer aucune espèce d'impôts.
Depuis la première initiative du notaire Pougnard à la Tremblade, en 1852, les essais de MM. Beltremieux et Bellenfant, précédés des travaux de MM. d'Orbigny et Eugène Robert, dans la Charente- Inférieure, en 1855, ceux de Coste à l'ile des Oiseaux du bassin d'Arcachon, en 1864, rien de pareil ne s’est vu. Inutile de dire que ce qui précède ne se rapportait qu’à l’Ostrea edulis; l'accident du Verdon, qui nous fit faire connaissance avec la Gryphæa, n'ayant eu lieu qu’en 1864, à 50 kilomètres plus au sud dans l'embouchure de la Gironde.
Nous voilà donc en présence de la Gryphée modifiée, non seulement dans sa forme, mais encore dans son goût. Quelles immenses conséquences n'apparaissent pas avec ces faits, pour la portugaise, dont la multiplication par milliards de milliards, l'énergie, la robusticité, si nous osons dire, surpassent tout ce que l’on savait dans cette direction, à ce point que ces qualités inquiètent tellement que l’on en est à se demander si là, comme partout, le faible devant disparaitre devant le fort, notre bonne et savoureuse Gravette, notre Marennes, sans seconde, quoi qu’on en ait essayé en maintes régions, n’en était pas sérieusement menacée, non seulement dans ses lieux de production, mais même dans ses lieux de stabulation.
Mais ne serait-ce pas un cas spécial à l’Estrée, à son orientation, à ses courants? Le fait qui s’y