RHONE
HYBRIDES
trouvent formulées, était de montrer que la fécondité n’est pas un criterium admissible pour la caractéristique de l'espèce. Il est constant que le croisement donne des produits tantôt féconds et tantôt inféconds (voy. CROISEMENT). Mais tous ces produits doivent-ils être appelés hybrides? Est-il légitime de confondre l’état d’hybridité et l’état de produit croisé? Voilà ce qui méritait d’être examiné. Il y a dans la science deux expressions qui s'appliquent aux produits croisés, celle d’hybride et celle de métis. Peut-on, sans inconvénient pour la clarté du langage, les employer indifféremment ?
Ces deux termes ont eu durant longtemps leurs définitions classiques. On appelait hybride le produit de deux espèces différentes ; métis, celui de deux races. Ces définitions dépendaient de celles de l’espèce et de la race, telles qu'elles étaient admises. Mais ni l’une ni l’autre n'étant fixée et variant au contraire, selon les auteurs, rien ne paraissait moins arrêté que ies qualités en question. La confusion et l’obscurité régnaient sur tout cela. Ce que l’un nommait hybride, l’autre l’appelait métis, et réciproquement. De mème, ce que celui-ci prenait pour une espèce n'avait pour celui-là que la valeur d’une race, les deux catégories étant considérées comme de même ordre. Aujourd’hui, ces choses peuvent être nettement définies et distinguées (voy. ESPÈCE et RACE), et il en résulte que les not.us qui s’y rapportent ne peuvent nullement servir pour la définition des produits de croisement. L'expérience a montré que, parmi les produits de deux espèces reconnues différentes par tout le monde, il en est qui ne diffèrent en rien de ceux qui proviennent de deux races reconnues distinctes également par tout le monde. Le Chabin, qui est issu d’une brebis et d’un bouc, a les mêmes attributs que le Dishley-mérinos, issu d’un bélier Dishley et d'une brebis Mérinos; le Léporide se confond facilement avec certaine variété de Lapins, à ce point que les personnes ayant de fréquentes occasions de voir les sujets présentés comme tels, doutent encore de la réalité de son existence. Celleci n’est pas moins certaine, toutefois; mais cela prouve évidemment que, par leurs attributs visibles, les Léporides, issus du croisement de deux espèces universellement admises, ne diffèrent point des sujets issus de ce qui est considéré seulement comme deux variétés de Lapins.
Il fallait donc absolument, pour mettre de l’ordre dans cette confusion, trouver une définition nette et sûre de l'hybride, une définition qui füt en accord avec les notions expérimentales de l'espèce et de la race et aussi avec celle du croisement. On a vu plus haut que les anciennes définitions sont inacceptables, quelque opinion qu’on ait sur la valeur des termes d’espèce et de race. Les botanistes, plus logiques que lès zoologistes, qualifient indistinctement d'hybrides tous les sujets provenant de la fécondation croisée des plantes. Ils ne connaissent pas les métis. En botanique, la question est donc simple, l’usage est établi, il n’y a pas de difficulté. En zoologie, nous sommes en présence d’un usage contraire et non moins impérieux. I ya nécessité, sous peine de ne jamais s'entendre sur l'appréciation des produits de croisement, d'établir une distinction certaine entre les deux termes d’hybride et de métis, tous deux solidement installés dans le langage, et cela de façon que l’hybride de l'un ne puisse pas être le métis de l’autre.
On ne voit pas, pour atteindre le but, de meilleur moyen que celui qui consiste à revenir purement et simplement à l’ancienne notion d’'infécondité attachée à la qualité d’hybride. C’est celui auquel, pour notre compte, nous nous sommes arrêté depuis longtemps; et depuis lors nous n’avons vu nulle part se produire une objection de nature à être prise en considération. La définition du terme est par là nette et précise. Elle défie toute hésitation,
HYBRIDES
et elle doit séduire par sa grande simplicité. D’après cette définition, l’hybride est le produit infécond d'un accouplement croisé; le métis, au contraire, en est le produit fécond. Les métis se reproduisent indéfiniment entre eux ; les hybrides y sont radicalement impuissants (voy. MÉTIS). -
A l'aspect extérieur des animaux, la distinction n'est pas possible, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer. L'expérience seule peut prononcer, car le criterium de lhybridité est d'ordre purement physiologique. On ne peut même pas s'arrêter au caractère anciennement donné par Prévost et Dumas, tiré de l’absence ou de la présence des spermatozoïdes dans le liquide séminal. Leur absence bien constatée rend évidemment la fécondation impossible (voy. FÉCONDATION), mais leur présence n'implique pas nécessairement, chez les sujets croisés, la fécondité. Nous avons vu personnellement des mâles résultant de croisement entre un Sanglier et une truie, et dont le sperme était abondamment pourvu de spermatozoïdes en apparence tout à fait normaux, n’en pas moins rester inféconds dans de nombreux accouplements avec leurs sœurs, qui, elles, se sont montrées fécondes -avee un verrat pur de la race de leur mère. Les pièces de l’expérience sont conservées à l’école de Grignon.
On ne peut donc pas prévoir si, d’un’ accouplement croisé quelconque, résultera un hybride, c’est-à-dire un produit infécond, ou bien un métis, c’est-à-dire un produit fécond. Il n’y a point, à notre connaissance, en ce qui concerne le mâle
croisé, de fécondité précaire ou limitée, comme
pour la femelle. Il est fécond ou il ne l’est pas, et lorsqu'il l’est, ses produits le sont comme lui. C’est d’ailleurs une conséquence nécessaire de l’une des lois de l'hérédité (voy. RÉVERSION). On serait porté à penser que de deux espèces éloignées l’une de l’autre dans leur série générique résulteront probablement plutôt des hybrides que des métis. G. Morton, l’auteur de Types of Mankind (Londres, 1854), en a, l'un des premiers, sinon le premier, formulé l'idée, et nous y inclinons fortement pour notre part, d'après nos observations. Mais le difficile, en pratique, est de mesurer la distance. L’âne d'Europe et la jument du Poitou donnent des Mulets dont aucun ne s’est jamais montré fécond. Le même âne avec des juments d'Espagne, d'Italie ou d'Algérie, en a donné plusieurs dont la fécondité a, au contraire, été authentiquement constatée. On à pu voir auJardin d’acclimatation les cinq produits encore vivants d’une mule venue, en 1872, d'Algérie avec le premier d’entre eux et le cheval qui l’avait fécondée. Trois sont issus de ce cheval et deux d’un âne d'Egypte. Cette mule ne doit donc pas être qualifiée d’hybride, tandis que ceiles du Poitou ne peuvent l'être autrement.
En passant, comme nous l'avons fait dans notre Traite de xootechnie, la revue de tous les produits connus de croisement entre espèces différentes, et sans tenir compte de ceux des espèces généralement considérées, sous le nom de races, comme de simples variétés, on est conduit à constater que parmi ces produits les hybrides ou produits inféconds forment une exception relativement minime. Chez les animaux domestiques sujets de la zootechnie, nous ne connaissons que les Bardots et les Mulets qui soient de véritables hybrides, et encore faut-il, en ce qui les concerne, faire la réserve indiquée plus haut à l'égard de ceux qui se produisent dans les pays de l’Europe méridionale et en Algérie. Ni les Chabins, ni les Léporides, niaucun des nombreux produits croisés des espèces domestiques telles que nous les définissons, du moment qu'ils jouissent d'une fécondité incontestable, ne sont autre chose que des métis.
Il se pourrait qu'on arguât (c’est arrivé déjà), contre notre définition de l’hybride, de la difficulté de le reconnaitre à la simple vue. Cette difficulté
HYDRANGELLE
n’est pas niable, puisque nous avons reconnu qu’il s'agit même d’une impossibilité. Mais il suffira sans doute, pour réfuter l'argument, de faire remarquer que l'hybridité, n’étant qu’un état physiologique,ne saurait relever que de l’expérimentation, comme tous les états de même ordre. Pour rejeter cette définition, il faudrait la remplacer par une autre qui fût incontestablement meilleure. Et c’est ce qui n’a pas encore été fait. A. S.
HYDATIDE. — Nom donné aux larves ou formes transitoires de diverses espèces de Ténias, qu'on considérait autrefois comme des espèces distinctes (voy. TÉNIA).
HYDNE (cryplogamie).— Genre de Champignons de la famille des Hydnés, à réceptacle charnu, dont la partie inférieure présente des pointes ou aiguillons isolés, dont le chapeau est irrégulier, sessile ou à pédicule court. On connaît plus de cent
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Fig. 135. — Hydne sinué.
espèces d'Hydnes ; toutes ces espèces sont comestibles. La plus répandue est l’'Hydne sinué (fig. 135), de couleur jaunâtre, à chair ferme et blanche. Ce Champignon, qui croît par terre dans les bois, est connu sous les noms vulgaires de pied de mouton blane, rignoche, etc.
HYDRANGELLE (horlicullure). — Genre de plantes de la famille des Saxifragacées.Les Hydrangelles ont des fleurs de deux sortes distinctes ; celles du centre des inflorescences sont hermaphrodites et fertiles, tandis que celles de la périphérie sont stériles. Les fleurs hermaphrodites portent sur le bord d’un réceptacle sacciforme un calice de quatre ou cinq divisions en forme de petites dents avec lesquelles alternent les divisions d’une corolle d'un nombre égal de pièces. Les étamines dont les filets émargent d’un disque glanduleux, sont disposés en un double verticille. L’ovaire, logé dans la cavité du sac réceptaculaire, est surmonté d’un style à deux ou quatre branches qui correspondent à un nombre égal de placentas, lesquels se réunissent au centre de la cavité ovarienne et forment de fausses cloisons divisant l'ovaire en deux ou quatre loges. Le fruit est une capsule loculicide.
On connaît une trentaine d'espèces d'Hydrangelle, originaires des deux Amériques et de l'Asie orientale. Ce sont toutes des arbres ou des arbustes à feuilles persistantes ou plus souvent caduques et toujours opposées. Les fleurs sont réunies en de grandes grappes de cymes simulant souvent un corymbe.
Par la culture et la sélection, on a multiplié les fleurs stériles qui constituent à elles seules toute l’inflorescence dans certaines variétés. Dans ces fleurs le calice, devenu pétalloïde, revêt une couleur blanche ou rosée suivant la variété et constitue toute la fleur, les autres pièces ayant avorté ou n’élant représentées que par une sorte de petit mamelon central. Parmi les nombreuses espèces connues, deux surtout sont communément cultivées dans les jardins. ;
Hydrangelle hortensia (Hydrangea hortensia DC.). — Sous-arbrisseau originaire de Chine, à