IBÉRIQUE
là ne sont pas purs. Ils ont hérité du pelage d’une autre race voisine. Celui de la race Ibérique est toujours de l’une des nuances foncées du jaune, depuis le fauve jusqu’au brun, dont les tons se montrent de préférence aux parties antérieures, lepuis la tête jusqu'aux épaules. C’est une des races concolores. On n’y voit Jamais, chez les individus purs, ni le blanc ni le rouge.
Le tempérament de la race est sobre et rustique, vigoureux. Les mâles y sont courageux et agiles, ce qui n’est pas habituel aux Bovidés. Les mamelles des vaches sont peu développées et d'une activité sécrétoire très faible. Les masses musculaires étant peu développées dans les quartiers postérieurs, le rendement en viande n’est guère élevé, mais la chair a une saveur agréable ; lorsqu'elle a été bien engraissée, elle donne de la viande de bonne qualité.
L'aire de cette race comprend ce qu’en géographie zoologique on appelle le centre hispanique et qui est le bassin méditerranéen. Elle embrasse l'Espagne ou Péninsule ibérique et la région française pyrénéenne, les iles de la Méditerranée, Corse, Sardaigne, Sicile, et le littoral italien et les anciens états barbaresques de l'Afrique, la Tripolitaine, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. On sait qu’au moment où est apparue la faune à laquelle appartiennent les Bovidés, la mer Méditerranée n'existait point encore. Le détroit de Gibraltar n’était pas formé et le nord de l'Afrique était uni au continent européen par de longues étendues de terrain, sans doute basses et marécageuses. C’est vraisemblablement sur un des points aujourd’hui submergés qu'était situé le berceau de la race. Celle-ci s’est irradiée dans toutes les directions et s’est multipliée partout où celle a rencontré des conditions de vie et l'absence de concurrence, avant que se fût produit le phénomène géologique d’envahissement marin du centre de son aire.
Sur cette aire géographique telle qu’elle se présente aujourd’hui, il s’est formé de nombreuses variétés, dans lesquelles le type naturel se retrouve intact. On y distingue les variétés corse, sarde, napolitaine, sicilienne, algériennes, marocaines, espagnoles el portugaises, pyrénéenne, landaise et carolaise (Voy. ces mots).
RACE PORCINE IBÉRIQUE. — C’est la race du S.
ibericus, dont le crâne est dolichocéphale. Ce crâne est à front étroit et un peu déprimé, saillant
à son bord supérieur et en plan faiblement incliné. Les os du nez, de longueur moyenne, sont étroits et un peu incurvés en contre-bas depuis leur connexion avec les frontaux jusqu’à leur extrémité libre. L’arcade incisive est très petite. Cela donne un profil régulièrement curviligne rentrant peu accentué, une face étroite, allongée et effilée, se rapprochant le plus du sanglier d'Europe (S. scrofa).
Des crânes de ce même type ont été retrouvés par Strobel dans les Mariere et Terramares de l'Italie, remontant par conséquent aux temps préhistoriques. Ils fournissent une nouvelle preuve de la fixité des types naturels.
Les caractères zootechniques généraux de la race porcine Ibérique sont, eux aussi, nettement distinctifs. La tête est relativement peu forte, mais souvent longue, à groin petit, avec des oreilles étroites, allongées et dirigées obliquement en avant, de bas en haut, souvent presque horizontales. Le cou est court, le corps de longueur moyenne, cylindrique, à ligne dorso-lombaire droite. Les membres, relativement peu longs, sont fortement musclés. Les truies ont rarement plus de cinq paires de mamelles. La peau est naturellement toujours plus ou moins fortement pigmentée. L'absence de pigment sur une partie ou sur la totalité du corps est un indice certain d’impureté. Les soies, au moins grises, sont le plus souvent d’un brun rougeûtre ou fout à fait noires. Elles sont généralement rares et eu 10ngues.