IBIS
Le tempérament est robuste. Les masses museulaires, plus épaisses sur tout le corps que la couche graisseuse, montrent que la race est plus apte à élaborer de la chair que de la graisse. Cette race est cependant forte mangeuse, mais elle est rustique et agile, et sa chair a une saveur accentuée. Les truies sont d’une fécondité moyenne. Elles ne font guère plus de huit ou neuf gorets.
L’aire géographique de cette race est beaucoup plus étendue que celle de la race bovine de même nom. Cela tient sans doute à ce que, dans son extension, elle n’a pas rencontré la même concurrence. Comme elle introduite en Amérique par les conquérants espagnols, elle s’y est beaucoup multipliée, et c’est en y observant de ses descendants qui vivaient en liberté que Roulin a commis sa méprise sur leur prétendu retour au sanglier. A part sa portion américaine, l'aire géographique actuelle comprend toutes les régions méridionales de l’Europe et celles du nord de l'Afrique où la conquête française l’a introduite. Elle en avait été chassée par le mahométisme, défendant, comme on sait, aux musulmans la consommation de la chair de cochon. Présentement la race Ibérique se trouve en Espagne, en Portugal, dans les Baléares, en France dans tout le Midi, depuis le plateau central jusqu'aux Pyrénées et à la Méditerranée, en Italie, à Malte, en Grèce, en Dalmatie, en Roumanie, en Serbie, en Bulgarie, en Autriche, en Hongrie et en Russie méridionale. Sur tous ces points elle est à l’état de pureté, avec tous ses caractères. On constate aussi sa présence partout où l’ancienne occupation espagnole s’est établie, dans le vieil empire d'Allemagne, dans les Flandres, en Lorraine, dans les provinces du Rhin, en Franche-Comté. Mais là se montrent constamment des traces de croisement avec la race Celtique, ancienne oceupante des lieux, attestées soit par des taches blanches plus ou moins étendues sur le corps, soit le plus souvent par : l'absence complète de pigment.
Il ne parait pas douteux, d’après cela, que le berceau de la race soit dans le centre hispanique. Les découvertes de Strobel, indiquées plus haut, en sont la preuve. On sait que dans l’antiquité les troupeaux de porcs étaientnombreux en Grèce. Les livres homériques, l'Odyssée notamment, le montrent clairement. Il en était de même en Italie et en Sicile. Présentement, c’est encore la race Ibérique qui est la plus abondante en Europe. Elle compte de nombreuses variétés dont les principales sont appelées napolitaine, toscane, maltaise, hongroise ou mangalicza, bressane, lorraine, du Quercy, limousine, gasconne, béarnaise, espagnoles et portugaises (Voy. ces mots). AS.
IBIS (ornithologie). — Une seule forme de ces oiseaux se rencontre en Europe, c’est l’Ibis falcinelle (Falcinellus igneus Gray), nommé aussi falcinelle éclatant. C’est le courlis d'Italie de Buffon. L'ibis falcinelle a de 52 à 63 centimètres de long, 96 centimètres à 1,05 d’envergure ; le ventre, la poitrine, le cou, les cuisses et les couvertures des ailes sont châtains, le dos, les rémiges et les rectrices d’un brun noir, ainsi que le sommet de la tête, cette nuance foncée présentant des reflets bronzés, violets ou verdâtres. Tel est le plumage d'été, mais en hiver la livrée de cet oiseau change, la tête et le cou sont alors noirs, celui-ci varié de blanc inférieurement ; le dos est cuivreux verdâtre, le dessous du corps est gris brun. L’Ibis falcinelle se rencontre isolé dans le midi de l'Europe ; sédentaire en Egypte, il est de passage dans nos régions. On le voit passer dans la France méridionale en mai pour repartir en septembre. Se plaisant dans les lieux marécageux, il nage facilement, mais marche aussi dans les étangs peu profonds, cherchant sa nourriture dans la vase. Les migrations se font par troupes nombreuses, et les oiseaux volent en formant une chaîne ondulée. L’Ibis falci-
IBN-EL-AWAM
nelle se reproduit en Europe, notamment dans les marais de Hongrie ; on dit qu’il s'empare des nids de Hérons abandonnés, mais il nidifie aussi sur les Saules, au voisinage des nids de ces derniers oiseaux ; on compte de trois ou quatre œufs, de la grosseur de ceux d’une poule, allongés, vert bleu ou vert clair. La chair de ces oiseaux est assez estimée. M. M.
IBN-EL-AWAM (biographie). — Ibn-el-Awam, agronome maure, vivait à Séville, en Espagne, au douzième siècle de l’ère chrétienne ; il a laissé un ouvrage célèbre sur l’agriculture arabe. Dans cet ouvrage, il traite successivement de la nature des terres, des moyens de les amender, des eaux, des Jardins, du labourage, des maladies des végétaux, de la conservation des fruits et des graines, des modes de culture des principales plantes, des constructions rurales, de la distillation, du bétail et de l’art vétérinaire, des oiseaux de basse-cour; il donne de nombreuses citations des auteurs grecs ct latins. Une traduction espagnole de cet ouvrage a été publiée à Madrid par Bauqueri (1802), et une traduction française par M. Clément Mullet, sous le titre : Le Livre de l’agriculture, d’Ibn-el-Awam (2 vol., 1864). HS.
ICHNEUMON (entomologie).— Insectes de l'ordre des Hyménoptères, division des térébrants. On a donné le nom d’Ichneumons à ces insectes parasites par excellence, en souvenir de l’Ichneumon d'Egypte, cette Mangouste, que les anciens accusaient de pénétrer dans le corps du Crocodile, pour le dévorer vivant. Les Ichneumons sont, ainsi que tous les Hyménoptères, des insectes à quatre ailes menibraneuses, transparentes, traversées par un réseau de nervures solides. Leur corps est allongé, très grêle, et se termine chez les femelles par une tarière plus ou moins allongée, parfois d’une longueur démesurée. Comme caractères zoologiques précis, les naturalistes leur assignent des antennes filiformes ou sétacées, de longueur variable, jamais coudées, mais très flexibles et affectant parfois d'assez fortes courbures; elles sont généralement fines, mais peuvent, en certains genres, se terminer en massue. La tête est arrondie ; les mandibules sont le plus souvent épaisses et bidentées, les palpes maxillaires presque toujours de cinq articles, parfois de quatre et même de trois. Le thorax est généralement allongé, avec le prothorax très court. Aïles supérieures à point épais distinct, ayant trois cellules humérales allongées partant de la base, deux ou trois cubitales au-dessus de deux discoïdales, et au-dessous de celles-ci deux postérieures ; la cellule discoïdale externe est toujours fermée, etc. Pattes généralement longues, surtout les postérieures, dont les cuisses sont parfois renflées en massue. L’abdomen plus ou moins allongé est de forme très variable ; parfois allongé et cylindrique, il devient, dans d’autres genres, comprimé sur les côtés et recourbé en faucille, chez d’autres encore il se termine carrément et se coupe en soc de charrue. La tarière qu’il porte à son extrémité est tantôt bien apparente, tantôt cachée. Elle se décompose à première vue en trois fils déliés ; les deux latéraux ou valves forment le fourreau dans lequel se trouve protégée la tarière proprement dite. Celle-ci est elle-même formée de trois pièces, un tube externe ou gorgeret, ayant à sa face inférieure une cannelure, dans laquelle sont reçus les vrais instruments perforants, composés de deux soies raides, agissant comme des lames de scie ou les mèches d’un vilebrequin (Maurice Girard). Cette tarière n’existe que chez les femelles.
Tous les insectes appartenant à l'immense famille des Ichneumons ont été de tout temps désignés par les auteurs sous le nom de Mouches vibrantes, à cause de leur perpétuelle agitation et des vibrations continuelles de leurs antennes et des soies de leurs tarières. Ce sont des insectes vifs et
ras