‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 37 sur 198 · ICTÈRE · texte numérisé non relu

ICTÈRE

agiles, sans cesse en mouvement, voletant, allant, marchant, se posant pour s'envoler encore parmi les herbes, les buissons, les plantes basses, examinant en tous sens les feuilles, les brins d'herbes. D'autres furettent parmi les tas de bois, les écorces d'arbres, le long des branches, même dans les maisons, courant rapidement le long des boiseries, sans cesse à la recherche d’une proie. Cette proie si convoitée est pour leurs larves.

A l’état parfait, les Ichneumons vivent presque sans se nourrir, à peine sucent-ils un peu le nectar de quelques fleurs d’'Ombellifères ; aussitôt l’accouplement terminé, la femelle se met à la recherche d’une chenilfe ou de toute autre larve, pour pondre ses œufs soit sur sa peau, soit même dans l’intérieur de son corps. Les espèces fréquentant les bois et faisant la chasse aux larves xylophages vivant dans l’intérieur des troncs, sont douées d’un sens merveilleux pour découvrir l’endroit exact où se cache la proie qu’elles destinent à leurs larves. La tarière, par d’habiles mouvements, pénètre à l’endroit précis, après avoir traversé une couche de bois plus ou moins épaisse, et les œufs sont pondus dans l’intérieur du corps de la larve abritée pourtant dans sa galerie au milieu d’une épaisse zone de bois. De l’œuf ainsi pondu sert une larve apode, allongée, qui se nourrira aux dépens de la graisse de son hôte, et n’attaquera ses parties vitales qu’au moment de la métamorphose. Les Ichneumons ne poursuivent pas seulement les chenilles et les larves, certaines espèces attaquent les chrysalides, d’autres même les Charançons adultes ; il en est qui pondent dans le corps des Araignées, parfois aussi dans les cocons où elles ont renfermé leurs œufs. Il est des Ichneumons qui attaquent toujours les mêmes espèces d'insectes; d’autres, au contraire, pondent indifféremment dans le corps de toutes les larves qu’elles rencontrent.

Les larves des Ichneumons se métamorphosent souvent dans le corps même de la victime où elles ont vécu ; souvent aussi elles en sortent et filent un petit cocon soit sur la peau vide et sèche du cadavre, soit à côté. Ce cocon est arrondi, ovoïde, le plus souvent jaune ou blanchâtre, parfois varié de bandes foncées plus ou moins régulières.

Au demeurant, les Ichneumons sont des animaux très utiles. Il faut considérer ces insectes comme de précieux auxiliaires de l’agriculteur, car ils détruisent force insectes nuisibles et les font même disparaître pendant quelque temps, ainsi qu'on a pu le remarquer en certaines années pour la Pyrale de la vigne. Ce n’est pas, en effet, les chenilles même détruites immédiatement qu’il faut considérer, mais bien l'obstacle apporté ainsi à la reproduction de l’espèce par la disparition des individus adultes qui périssent avant leur dernière métamorphose.

Les principaux genres d’Ichneumons sont les Pimples, les Ophions, les Cryptes, les Trogus, les Ephialtes, les Rhyssas, les Tryphons, les Ophions, les Anomalons, etc. M. M.

ICHTYOCOLLE. — Voy. COLLAGE DES VINS.

ICTÈRE ou JAUNISSE (vétérinaire). — On désigne par ces expressions un état morbide symptomatique surtout caractérisé par la coloration en jaune des muqueuses et des régions cutanées dépourvues de pigment. Tous nos animaux peuvent en être atteints, mais le cheval, l’âne, le mulet, le chien et le chat y sont particulièrement exposés.

On reconnaît dans l’ictère deux types principaux : l’ictère catarrhal et lictère grave. Le premier seul s’observe chez nos animaux.

Les causes ordinaires sont:les refroidissements et les alternatives subites de chaud et de froid; l’ingestion de substances alimentaires àcres, irritantes ou d’une eau impure, corrompue; le séjour dans des locaux humides ; dans quelques cas, il est produit par des calculs engagés dans les conduits

Page 1