‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 38 sur 198 · IF · texte numérisé non relu

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bilifères ; enfin, il est parfois le résultat de la présence de parasites dans le foie ou dans l'intestin.

Chez le cheval, le bœuf et les autres ruminants, outre la coloration jaunâtre de la peau et des muqueuses, coloration qui existe aussi plus ou moins accusée aux organes et aux tissus, et qui est le signe certain de l’ictère, on note encore des symptômes variés : diminution de l'appétit, quelquefois, mais très rarement, inappétence complète ; augmentation de la soif, diminution des sécrétions internes amenant la constipation, modifications des urines qui sont troubles, rougeâtres, rouge brun ou présentent même une nuance plus foncée, noirâtre. Généralement, chez ces animaux, l’ictère est sans gravité ; il se termine rapidement par la résolution. On favorise celle-ci par une alimentation légère, — diète blanche, barbotages, — et l'usage des purgatifs doux ou des alealins.

Chez le chien, l’ictère est toujours grave, souvent mortel. Les malades, insensibles à ce qui se passe autour d’eux, aux caresses et à l'appel de leur maitre, sont couchés en rond, la tête posée sur les membres; plus rarement, ils s'étendent complètement. Si on les oblige à marcher, ils avancent péniblement en voussant les reins et en trainant les membres. La plupart refusent tout aliment, même le lait. La bouche est sèche, il y a ordinairement une constipation opiniâtre, les excréments sont noirâtres, l’urine est foncée et albumineuse. La circulation et la respiration se ralentissent, les battements du cœur sont rares et faibles. Tous ces symptômes de l'intoxication biliaire s’aggravent sans réaction sensible ; l’état comateux devient de plus en plus profond, et la vie s'éteint peu à peu.

On traite l’ictère du chien par le bicarbonate de soude (2 à 6 grammes par jour, suivant la taille des sujets) ou par le calomel donné par petites doses successives jusqu’à purgation. Il faut soutenir les malades avec le lait ou le bouillon de viande. P.-J. C.

IF (sylviculture). — L’'If (Taxus baccata), genre unique de la famille des Taxinées, est un arbuste qui prend parfois les proportions d’un arbre de 10 à 12 mètres. Sa floraison est dioïque. Les chatons mâles axillaires sortent du centre d'une rosette d’écailles, ils sont composés d’étamines nombreuses soudées par leur base en une colonne: leurs filets, très courts, supportent des anthères à 8 loges à connectif aplati. Les fleurs femelles, solitaires, consistent en un unique ovaire entouré d’écailles imbriquées. Le fruit drupacé à disque charnu, d’un rouge de corail, a la forme d’une coupe profonde au fond de laquelle la graine est enchässée. Les feuilles subdistiques, longues de 2-3 centimètres, sont linéaires, à pointe émoussée, d’un vert foncé en dessus, plus pâles en dessous; elles ressemblent à celles du Sapin pectiné, mais n'ont pas leur raideur. Les feuilles et les jeunes pousses ont des propriétés toxiques.

L’'If forme une pyramide élargie, à branches épaisses, étalées, à rameaux pendants; son feuillage sombre donne un couvert épais. Son écorce, d'un gris rougeûtre, reste mince et s’exfolie comme celle du Platane.

Le bois d'If est dur, compact, d’un grain fin. Sa couleur est un brun rouge, veiné de brun foncé. Il se travaille et se polit bien. Les tourneurs, les sculpteurs et les luthiers le recherchent, mais sa rareté en limite l’emploi.

L'If était employé dans l'antiquité à l’ornement des tombeaux ; de nos jours, il sert à la décoration des parcs et des jardins. Nos pères mettaient à profit la docilité avec laquelle cet arbre se prête à la taille pour lui donner des formes architecturales ou même celles plus compliquées d'hommes ou d'animaux, mais cette mode a passé; aujourd’hui on ne l’emploie plus que pour garnir les dessous des massifs, cacher les murs et former des haies d’abri.

La culture de l’If est facile ; il s’accommode de

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tous les terrains et se multiplie aisément de graine. Quand on sème en automne, aussitôt après la maturité, la germination se produit l’année suivante. Mais, si le semis se fait au printemps, la germination n’a lieu qu’au bout de trois ou quatre ans.

Fige 44e — If. À, rameau fructifère; B à D, fleur femelle; E et F, ovule entier et coupé; G, H, chaton de fleurs mâles.

La croissance de l'If est très lente, sa longévité prodigieuse. On cite, en Angleterre, quelques Ifs dont l’âge dépasse quinze cents ans. La circonférence de l’un d’eux, planté dans le cimetière de Crowhurst, comté de Surrey, est de plus de 9 mètres. B. DE LA GRYE.

IGNAME. — Sous ce nom on désigne plusieurs plantes qui appartiennent au genre Dioscorea et à la famille des Dioscorées. Ces plantes produisent des rhizomes qui sont alimentaires par la fécule qu'ils renferment; elles ont une grande importance dans les contrées intertropicales. Le genre Dioscorea comprend un très grand nombre d'espèces.

Celles principalement cultivées comme plantes alimentaires sont au nombre de dix, savoir :

1° L’Jgname cultivée (Dioscorea sativa), très cultivée à Java, au Malabar et dans les îles Philippines.

2° L'Igname ailée (Dioscorea alala), qui produit des tubercules très volumineux, simples et un peu aplatis. Cette espèce est cultivée sur d'importantes surfaces dans l'Asie équatoriale, l'archipel Indien et les îles de l'océan Pacifique; elle est très productive. Elle a produit à la Nouvelle-Calédonie quatre variétés : la première a des tiges vertes et des tubercules fusiformes, à écorce grisâtre ; la seconde produit aussi des tiges vertes, mais ses rhizomes sont digités et à écorce grisâtre ; la troisième a des tiges violettes, des tubereules fusiformes à chair violacée ; la quatrième diffère de cette dernière par ses tubercules qui sont digités. L’Igname ailée est commune en Cochinchine, aux Antilles et à Tahiti. Cette Igname est l'espèce qu'on nomme Yam; elle remplace le pain et la pomme de terre

IGNAME

dans les contrées tropicales et on l'a appelée Igname du pays des nègres.

3° L’Igname du Japon (Dioscorea japonica) a des tubercules aplatis; elle est cultivée et connue au Japon sous le nom de 7suki imo; on en extrait un amidon très estimé.

4 L’Igname globuleuse (Dioscorea globulosa) est très cultivée dans l'Inde. Elle produit des tubercules arrondis et blanc jaunâtre.

o° L’Igname jambe d’éléphant (Dioscorea elephantopus) est commune au cap de Bonne-Espérance ; elle fournit des rhizomes très volumineux et hémisphériques.

6° L’Igname de Cayenne (Dioscorea cayennensis) est cultivée à la Martinique, à la Guadeloupe et à la Guyane; elle produit des tubercules petits, globuleux et un peu comprimés.

7° L'Igname bulbifere (Dioscorea bulbifera) existe dans l'Inde et à Tahiti, mais elle est bien moins cultivée que les autres espèces, parce que ses tubercules un peu allongés, tronqués à leur partie inférieure et de qualité secondaire, ne sont pas plus gros qu’une pomme ordinaire. Cette espèce est commune à la Nouvelle-Calédonie où elle est très cultivée, quand.

les autres Ignames ont donné de faibles récoltes. Elle produit de petits turions aux aisselles de ses feuilles supérieures.

8° L'Igname pourpre (Dioscorea purpurea), cultivée dans l'Inde, est souvent désignée sous le nom de Pomme de terre: de Pondichery.

ge L'Igname a cinq feuilles (Dioscorea pentaphylla) est cultivée à la Nouvelle-Calédonie et à Tahiti; ses rhizomes sont globuleux et plus alimentaires que les tubercules de l'Igname bulbifère.

10° L’Igname de Chine (Dioscorea batatas) est la seule espèce qu’on cultive en Europe. Elle a été importée en France en 1848, par M. de Montigny. Cette espèce est vivace ; ses tiges annuelles, vertes ou violacées, sont rampantes ou grimpantes jusqu’à 2 et même 3 mètres (fig. 141) ; ses feuilles sont pétiolées, triangulaires, cordiformes, opposées, luisantes et d’un beau vert; les supérieures sont souvent terminées par une pointe allongée. Les fleurs mâles apparaissent dans les aisselles des feuilles ; elles sont blanches, très petites et disposées en grappes (fig. 142). Les

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fleurs femelles se développent aussi à l’aisselle des feuilles ; elles sont portées par de petits pédicelles (fig. 143), mais elles ne produisent que très

Fig. 141. — Rameau fleuri de l’Igname de Chine.

accidentellement des fruits; ces derniers sont assez souvent remplacés par des bulbilles globu-

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Fig. 442. — Rameau de l’Igname de Chine mâle,

leux qu’on utilise pour multiplier l’Igname de Chine. Cette espèce produit des rhizomes très allongés (fig. 145) en forme de massue et présentant sur

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une peau brun rouge une infinité de très petites | radicelles qui se sèchent et tombent quand les

Fig. 143. — Rameau de l’Igname de Chine portant des fruits.

rhizomes sont restés à l’air pendant un certain temps après avoir été arrachés. Ces rhizomes ont

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Fig. 144. — Tubercules de l’Igname de Chine.

une chair blanche, très fine et très farineusc ; celle des espèces précitées est blanche, rose ou violacée.

IGYAME

L’'Igname de Chine est très alimentaire et d’une remarquable rusticité; malheureusement la grande longueur de ses rhizomes (0%,50 à 1 mètre) oblige à la cultiver sur des terres très profondes et elle rend leur arrachage assez difficile et coûteux. On avait espéré pouvoir obtenir à l’aide de semis des variétés à rhizome plus court et exigeant des sols moins profonds. M. Decaisne a bien obtenu des rhizomes plus volumineux et bien moinslongs(fig.145); mais, soit que cette race fût l'effet du hasard, soit qu’on n'ait pas cherché à la fixer, toujours est-il qu’elle a disparu. C’est avec raison que M. Vilmorin croit qu'on pourra peut-être la rencontrer parmi les nombreuses variétés qu’on importe du Japon et qui sont encore à l'étude.

L'Igname de Chine n’est pas seulement remarquable par sa grande rusticité et ses qualités alimentaires; elle se distingue aussi par la facilité avec laquelle elle conserve ses propriétés alibiles, quand elle a été arrachée.

Cette espèce, comme toutes celles que j’ai mentionnées, exige une terre de consistance moyenne, fraiche, profonde et de bonne qualité. C’est par deux labours ou un défoncement à bras qu’on prépare en France, en Asie ou dans l'Océanie les terres qu’on destine aux Ignames. 4

Les espèces cultivées dans les contrées intertropicales sont propagées à l’aide de simples tronçons de rhizomes munis d’un bourgeon. L’Igname de Chine se multiplie de la même manière ou à l’aide des petits tubercules qui apparaissent à l’aisselle des feuilles. La mise en place de ces boutures a lieu dans l'Asie et en Afrique au commencement de la saison des pluies. L’Igname de Chine est plantée cn France en mars ou avril. Les morceaux de rhizome sont placés horizontalement dans des sillons espacés de 40 à 60 centimètres, suivant l'espèce cultivée. On rame les tiges avec des roseaux ou des bambous afin de rendre plus faciles les travaux d’entretien.

L’arrachage des rhizomes a lieu, en Asie, sept à huit mois après la plantation des boutures ou des bulbilles et toujours avant l’arrivée de la saison sèche. On conserve ces tubercules sur des elaies situées dans des cases spéciales. A la Nouvelle- Calédonie où les espèces qu’on cultive ont une grande importance, 1l n’est pas rare de récolter des rhizomes d'un mètre de longueur du poids de 8, 10 et même 15 kilogrammes. L’Igname de Chine est arrachée en France en novembre ou décembre.

Les rhizomes des espèces qui appartiennent aux pays tropicaux, contiennent un principe âcre, mais qui disparaît aisément par les lavages qu’on est obligé de faire pour obtenir une fécule pure ou par la cuisson. C’est après avoir laissé tremper les rhizomes dans l’eau froide pendant deux jours qu’on peut les râper avec facilité.

Les rhizomes sont très souvent mangés cuits ou grillés après avoir été lavés, divisés et débarrassés de leur peau brune. Ils constituent un excellent aliment. Les rhizomes des D. alata et batatas contiennent de 16 à 18 pour 100 de fécule ; celle-ei est très blanche. La fécule du D. pentaphylla est grise; celle du D. bulbifera est couleur chamois. Ces deux dernières espèces sont regardées dans l'Inde comme les moins alimentaires et, à cause de l’amertume de leurs rhizomes, on ne peut les consommer

ILLE-ET-VILAINE

qu'après les avoir fait bouillir dans l’eau. Les rhizomes du D. cordifolia qu'on cultive à la Guadeloupe ont une saveur douce et sucrée après avoir été cuits. Ils forment la base de la nourriture des indigènes. |

M. Jules Lépine, de Pondichéry, a, dans ces dernières années, proposé de cultiver en Algérie le

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Fig. 145. — Igname de Decaisne à racines rondes.

D. fasciculata, dont les tubercules blancs sont de la grosseur d’un œuf. La culture en est facile, ses rhizomes s’enfonçant peu dans le sol. G.H

ILLE-ET-VILAINE (DÉPARTEMENT D’) (géog'r'aphie). — Ce département a été formé en 1789, de la portion nord-est de la Bretagne. Il est traversé à Rennes par le 4 degré de jongitude ouest du méridien de Paris et ce degré divise le département en deux parties à peu près égales. En latitude, il est coupé à une dizaine de kilomètres au sud de Rennes, par le 48 degré. Le département d’Illeet-Vilaine est borné, au nord, par la mer de la Manche, par la baie du Mont-Saint-Michel et par le département de la Manche ; à l’est, par le département de la Mayenne ; au sud, par celui de la Loire- Inférieure ; à l’ouest, par ceux du Morbihan et des Côtes-du-Nord. Sa superficie est de 672 583 hectares. Sa plus grande longueur du nord-nord-est au sudsud-ouest, de la pointe de Grouin au confluent de la Vilaine et de l’Oust, est de 120 kilomètres. Sa largeur, qui n’est que de 10 kilomètres vers Chateauneuf-de-Bretagne, et de 30 à 32 au sud de Dol, est de plus de 60 sous le parallèle de Fougères, de 90 sous celui de Rennes et de 92 à 93 sous celui de Plélan-le-Grand. Le pourtour est de 425 à 450 kilomètres, en ne tenant pas compte d’une foule de sinuosités secondaires.

Le département est divisé en six arrondissements comprenant 43 cantons et formant un total de 351 communes.

Les arrondissements de Saint-Malo et de Fougères occupent le nord du département, celui de Saint-Malo seul touche la Manche ; immédiatement au-dessous et s’appuyant sur ces deux arrondissements, se trouventles arrondissements de Montfort, Rennes et Vitré; enfin l'arrondissement de Redon occupe le sud du département. Rennes est d’une façon absolue le centre du département.

ILLE-ET-VILAINE

Le département d’Ille-et-Vilaine est l’un des moins accidentés de France; les collines y sont cependant nombreuses, mais en général d’une faible hauteur. La principale se dresse dans l'arrondissement de Montfort-sur-Meu , au-dessus des sources de l’Aff, sur lafrontière même du Morbihan ; elle n’a cependant que 255 mètres d’altitude. Dans l'arrondissement de Fougères, à l’est de cette ville et sur la frontière du département de la Mayenne, on trouve également la colline de la Chapelle-Janson qui a 248 mètres d’altitude. Dans l’ensemble, le département d’Ille-et-Vilaine est assez varié dans sa partie orientale qui est plus élevée que le centre et l’ouest, plus mouvementée, découpée en vallées plus profondes et arrosée par un grand nombre de rivières et de cours d’eau.

Dans le centre et dans l’ouest, le pays de collines fait place à un pays de plateaux souvent monotones, succession de plaines, de vallées peu accentuées, de rochers de granit, de talus schisteux, de prairies, de landes. La partie la plus basse, la plus unie et en même temps la plus riche du département est le Marais-de-Dol. Ce marais a une superficie de 15000 hectares. « Si le pays de Fougères, dit M. Joanne, est la Suisse d’Illeet-Vilaine, le marais de Dol en est la Hollande. »

Le département d'Ille-et-Vilaine envoie presque toutes ses eaux à la Vilaine, fleuve côtier. L'arrondissement de Vitré, celui de Redon, ceux de Rennes et de Montfort presque entiers appartiennent à ce bassin de la Vilaine ; celui de Fougères se divise-entre les bassins du Couesnon, de la Vilaine et de la Sélune ; celui de Saint-Malo, entre les bassins du Couesnon, de la Rance et du Guioult. En résumé, le bassin de la Vilaine comprend à lui seul près de 500000 hectares dans le département.

La Vilaine n’a pas sa source dans le département, mais ce n’est encore qu’un ruisseau quand du territoire de la Mayenne elle passe sur le territoire d’Ille-et-Vilaine. Elle y coule vers le sud-ouest jusqu'au delà de Vitré, puis vers l’ouest jusqu’à Rennes, par Chateaubourg, Bressé, Acigné et Cesson. A 4 ou 5 kilomètres en aval de Rennes, au confluent de la Flume, la Vilaine tourne brusquement au sud. Au-dessous de Pont de Réan, au confluent de la Seiche, la vallée devient une espèce de défilé sinueux entre des talus à pic. Agrandie à partir de Rennes par le tribut de nombreuses rivières, elle change de direction et, inclinant au sud-ouest vers la mer, sépare le département de celui de la Loire- Inférieure. Elle forme le lac de Murin. En aval de Redon, à l'embouchure de l’Oust, elle quitte le territoire d’Ille-et-Vilaine pour entrer sur celui du Morbihan.

La Vilaine reçoit dans le département : la Vilaine méridionale, la Calanche, le Chevré, l'Ille, la Flume, le Meu, la Seiche, le Canut, la Samnon, la Chere, le Canut de Pipriac et l'Oust.

La Vilaine méridionale a son embouchure à 5kilomètres au-dessous de Vitré; elle a 30 kilomètres de cours et reçoit la rivière d'Argentré. La Calanche a un cours de 35 kilomètres, elle forme l'étang de Châtillon en Vendelais, reçoit la Pérouse et tombe dans la Vilaine entre Vitré et Chateaubourg. Le Chevré, long de 40 kilomètres environ, se grossit de la Veuvre et se déverse dans la Vilaine un peu en aval d’Acigné. L’Ille n’a pas 45 kilomètres de cours ; elle sort de l’étang de Boulet, coule vers le sud et reçoit l’/llet. La Flume a son embouchure à o kilomètres en aval de Rennes. Le Meu, long de 15 à 80 kilomètres, vient des Côtes-du-Nord, il

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baigne Gaël, Iffendice, Montfort, Mordelles ; il reçoit le Comper, le Garun, la Chèze. La Seiche sépare pendant 15kilomètresl’Ille-et-Vilaine de la Mayenne : son cours est de 85 kilomètres; elle reçoit le ruisseau de Piré, l'Ygaigue, l'Ize et tombe dans la Vilaine, à 3 kilomètres au sud-ouest de Bruz. Le Canut gagne la Vilaine dans l'étang de Bourg-des- Comptes.

La Samnon forme l'étang de Martigné-Ferchaud, passe près d’'Ercée en Lamée, entre Bain-de-Bretagne et le Sel, et se perd dans la Vilaine à Pléchâtel. Son principal affluent est le Bruez. La Chère sépare pendant 10 kilomètres l’Ille-et-Vilaine de la Loire- Inférieure ; elle reçoit l’Aron et le ruisseau de Fougeray. L'Oust est le principal tributaire de la Vilaine, qui la reçoit dans la banlieue de Redon. Elle est navigable, soit directement, soit par le canal de Nantes à Brest. L’Aff, son affluent, ne dépend d’Ille-et-Vilaine que par sa rive gauche.

Les trois autres rivières principales sont : le Couesnon, la Rance et la Sélune.

Le Couesnon commence sur la frontière du département de la Mayenne. Il passe à un kilomètre de Fougères, et doublé par le Nançon, incline vers l’ouest-sud-ouest ; vers Saint-Jean, à 4 kilomètres de Saint-Aubin-du-Cormier, il tourne au nord-ouest, puis franchement au nord jusqu’à la mer. Dans la dernière partie de son cours, il sépare l'Ille-et-Vilaine du département de la Manche. Ses affluents sont : le Nançon, la Minette, l'Oisance, le Tronçon et la Guerge. Vient ensuite un ruisseau insignifiant, le Guioult, qui passe à Dol et tombe dans la baie de Saint-Michel.

La Rance n'appartient au département que par son cours supérieur, mais un certain nombre de ruisseaux d’Ille-et-Vilaine viennent la grossir. Le principal est le Linon.

La baie du Mont-Saint-Michel reçoit encore la Sée et la Sélune. Cette dernière reçoit l’Airon formé de la Futaie et de la Glaine, et le Beuvron.

Les côtes du départements’étendent de Pontorson à Saint-Lunaire. De l'embouchure du Couesnon à celle du Guioult, la rive de la mer est basse et se prolonge par des grèves immenses tour à tour couvertes et découvertes, que domine le rocher du Mont-Saint-Michel. De l'embouchure du Guioult à la pointe de Chäteau-Richeux, le rivage reste plat; mais à cette pointe commence la côte de Bretagne. De ce cap à l'estuaire de la Rance, on remarque Cancale, la pointe du Grouin qui termine à l’ouest la baie du Mont-Saint-Michel, le fort Duguesclin, le havre de Roteneuf et le fort de la Varde. A l’ouest de l'embouchure de la Rance, que gardent Saint-Servan et Saint-Malo, on trouve les falaises de Saint-Enogat, la pointe du Décollé, le cap de la Garde-Guérin, et, enfin, la baie de Frémur.

Le climat du département d’Ille-et-Vilaine est tempéré, mais généralement humide. On n’y redoute ni les grandes chaleurs, ni les grands froids. La température moyenne est de 13°,42. Le printemps a une température moyenne de 11°,83, l’été de 24°,05, l'automne de 11°,99, et l’hiver de 5°,99. Les jours en automne, suivant l’expression de M"° de Sévigné, sont plus chauds qu’ils ne sont froids. Les pluies sont fréquentes, surtout en hiver. Les orages y sont rares; mais les brouillards sont souvent intenses et malsains au printemps et en automne. La hauteur d’eau qui tombe annuellement est de 660 millimètres. On compte en moyenne soixantequinze beaux jours, quatre-vingt-quinze jours où le ciel est couvert, cent cinq jours de pluie, quatre-vingts jours de brouillard, cinq jours de neige et cinq jours de glace. Les vents dominants sont ceux de l’ouest, du sud-ouest et du sud-est ; le vent du sud-ouest amène la pluie. La grêle est excessivement rare.

La physionomie générale de. l’Ille-et-Vilaine est

ILLE-ET-VILAINE

très variable. L’arrondissement de Rennes est le plus riche et le plus bocager ; il est généralement plat en dehors de la vallée de l'Ille et de la vallée de la Vilaine. L’arrondissement de Vitré a beaucoup de rapports avec le Maine; il est productif; les arbres fruitiers y sont nombreux. L’arrondissement de Fougères se rapproche du type du Bocage normand, mais il est plus accidenté ; il est traversé du sud-ouest au nord-est par une série de collines qui le divise en deux parties ; la culture y a beaucoup progressé, grâce à l'emploi de la chaux im= portée du Maine, et à l’utilisation de la tangue de la baie du Mont-Saint-Michel et, en particulier, de Moidrey. L’arrondissement de Saint-Malo est maritime ; il renferme la baie de Cancale, le vaste estuaire de la Rance et les marais de Dol. L’arrondissement de Montfort est assez fertile; dans sa partie centrale, on rencontre un grand nombre de petites vallées. L’arrondissement de Redon est le moins productif; il est accidenté, mais il est pierreux et peu boisé dans sa partie méridionale ; on y trouve encore beaucoup de landes ; c’est dans les environs de Redon que sont situées les seules Vignes que possède le département.

Au point de vue géologique, le département d’Ille-et-Vilaine appartient presque entièrement au terrain granitique et aux terrains de transition. La zone granitique est le prolongement du massif des roches primitives de la Manche, de Vire, d’Alençon et de la Mayenne ; ce n’est pas un massif continu, mais une série de bandes qui s'étendent au milieu des schistes ou des quartzites des terrains de transition. La roche prédominante est un grenit à petits grains, composé de feldspath blanc grisàtre, et de mica bronzé, qui se décompose facilement. Il contient des couches subordonnées de gneiss, de micaschiste et de schiste talqueux. Outre ce granit à grains fins, le plus ancien de formation, on trouve sur la ligne de faite qui sépare la Bretagne de la Normandie, un granit plus moderne à grands cristaux.

Ces roches ont donné naissance, par suite des érosions marines, à un sable qui s’est mélangé aux débris d’algues et de coquilles. La tangue que l’on trouve depuis Saint-Malo et surtout depuis l’anse de Moidrey, le long des côtes de la baie de Cancale, est composée de carbonate de chaux, d’argile, de sable quartzeux, feldspathique et micacé, avec de petites quantités de phosphate, de sulfate de chaux, de chlorures et de matières organiques plus plus ou moins azotées.

D’après Isidore Pierre, la tangue de Moidrey renfermerait 1,38 pour 100 d'acide phosphorique et 39,2 de carbonate de chaux. « Cette tangue, dit M. Risler, dans son Traité de géologie agricole, est ordinairement mise sur les terres destinées aux Froments ou aux Orges et surtout sur les Orges dans lesquelles on doit semer de la trémaine (Trèfle). » Cette tangue et les goémons et varechs qui abondent sur ces côtes ont peu à peu formé sur la côte, à partir de Saint-Malo et se dirigeant vers Brest, une bande de 30 à 40 kilomètres de largeur qui contraste par sa fertilité avec la pauvreté de l’intérieur; c’est la ceinture dorée. Mais à côté de cette région privilégiée se trouve la lande, qui manque de chaux et d’acide phosphorique. Cette lande fournit l’Ajonc que Léonce de Lavergne appelle la Luzerne de la Bretagne; les jeunes pousses servent comme fourrage ; quant aux. grosses tiges, elles fournissent un combustible très précieux dans un pays qui manque de bois.

Les terrains de transition d’Ille-et-Vilaine comprennent les trois systèmes : cambrien, dévonien, silurien. La base du cambrien est constituée par les schistes de Rennes où l’on peut distinguer trois assises : 1° des schistes gris verdâtre, terreux, avec grauwackes, filons et quartz, bancs de poudingues et lits de calcaire siliceux et ma-

ILLE-ET-VILAINE

gnésien ; 2° des schistes roses, contenant aussi des lits calcaires ; 3° des schistes verts en grandes dalles avec grauwackes et poudingues. Au-dessus des schistes de Rennes apparaissent, sans aucune discordance de stratification, les schistes rouges. Ces schistes renferment des tubes désignés sous le nom de Tigillites. On y observe du bas en haut la succession suivante : schistes gris à Tigillites avec grès sombre, d’un gris bleuàtre ; poudingues roses à gros éléments et gris ; grauwackes à Tigillites et poudingues roses ; schistes d’un rouge brun à Tigillites. Les schistes rouges avec poudingues dits Poudingues de Montfort correspondent à l'étage scandinavien, alors que les schistes de Rennes correspondent à l'étage ardennais.

Au sud et à l’est de Rennes, c’est une vaste contrée silurienne parsemée de quelques rares et très petits dépôts tertiaires. L’étage inférieur est formé par le grès armoricain, intimement lié par sa base aux schistes rouges. Le système schisteux superposé au grès armoricain débute en général par une zone ferrugineuse ; au-dessus viennent les schistes à Calymènes, parfois ardoisiers comme à Vitré, légèrement micacés, fréquemment pyriteux. Aux environs de Rennes, on observe un grès sans fossiles.

Le dévonien est représenté dans Ille-et-Vilaine par les schistes de Montigné, les schistes et grauwackes de la Lézaie et de la Coudraie, à Pleurodictyum problematicum; par des calcaires fréquemment mêlés de schistes et par des grès à Orthis Monnieri.

Enfin, à Landéan, existent des argiles lacustres à Melania muricata, Potamides perditus, qu'on peut attribuer à l’éocène supérieur, probablement sur l'horizon des marnes supragypseuses.

La superficie d’Ille-et-Vilaine est de 672 583 hectares. Voici comment elle est répartie d’après le cadastre, achevé en 1841 :

hectares Fermastabourabless ce ebeScmc eee 402659 LCL É PR rtr ET RE PP ‘ 72984 MADRID AE EP AE OLA NSP E 138 PORC LE EUR A6 2 42096 Vergers, pépinières, jardins........... 11 597 Oseraies, aulnaies, saussaies.......... 45 CRT CE MINES. serie, de ce 76 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 152 Ganaeidé navigation. .7.932.10 1010 262 Landes, pâtis, bruyères, ete.........., 105612 PONS RL TER EE PM A de 7e 2 906 Ghâtaigneraies........ .............. 508 RIONMOOSADARBSS. nec utile dde oo 4427 Total de la contenance imposable...... 643432 Total de la contenance non imposable.. 29151 Superficie totale du département...... 672 583

La superficie des terres labourables représentait 59 pour 100 de la surface totale du département; la surface consacrée aux prés formait 10 pour 100 de cette même surface, celle consacrée aux bois 6 pour 100 de la surface totale.

Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :

de RP LAS SR UR cote Tr 7 DRE

ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol.

Froment .... 105638 10,36 139 811 14,71 Méteilire 6090 19,85 1167 15,13 Seigle ...... 10 805 19,22 7181 13,26 LD ae: cc 13687 16,71 37 602 48,05 Sarrasin .... 102982 16,09 94888 17,80 Avoine..:... 55102 18,49 58 284 20,27 Maison » » 20 11,77

ILLE-ET-VILAINE

La superficie totale consacrée aux céréales était, en 1852, de 294 304 hectares ; en 1862, elle n’était encore que de 297 201 hectares ; en 1882, elle atteint le chiffre de 338 959 hectares, soit une augmentation de 44 655 hectares, ou 15 pour 100. La presque totalité de cette augmentation porte sur le Froment, qui gagne 34 000 hectares, et sur l’Orge, qui en gagne 24 000. Il y a, par contre, diminution dans les superficies ensemencées en Méteil, en Seigle et en Sarrasin. C’est là une preuve certaine de l’amélioration de la culture, grâce aux apports d'engrais marins, à l’emploi du phosphate de chaux. L’Orge est cultivée sur des marais pris à la mer. Les rendements ont également augmenté dans d’assez fortes proportions : 4hectolitres pour le Froment, 2 pour l’Orge et pour l’Avoine et 1 pour le Sarrasin.

Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

PO À tt RE

ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectares Pommes de terres 40e 4157 58 hl. 74 19745 70 qx Betteraves ... 2063 213 qx 53 12477 958 qx Légumes secs. 643 14 h1. 09 554 22 hi. 50 Racines et légumes divers 4964 142 qx 08 7966 180 qx Chanvre... 3239 8 h1. 59 1677 9 h1. 50 AA PER OL EU 270% 5 h1. 70 999 9 hl. 60 Colz arm 2 680 14 h1. 78 1 995 44 h1. 70 HA SANIES: » » 103 11 qx

La culture des Pommes de terre s'étend donc sur une surface trois fois plus grande qu’en 1852. En 1862, cette culture avait déjà doublé d'importance, et comprenait 8861 hectares. Les Betteraves gagnent 10000 hectares ; les racines, 3000 hectares. Par contre, le Chanvre, le Lin et le Colza perdent de grandes surfaces. De 1852 à 1869, la superficie consacrée au Colza était passée de 2680 à 0804 hectares ; il n’est plus cultivé que sur près de 2000 hectares. La concurrence des huiles minérales a déprécié les huiles de Colza, et beaucoup d'agriculteurs, ne trouvant plus de bénéfices à le cultiver, renoncent volontairement à l'exploitation de cette plante.

Les légumes secs cultivés en 1882 comprennent 65 hectares de Fèves, 189 hectares de Haricots, 246 hectares de Pois et 54 hectares de Lentilles.

Les racines se composent de 4164 hectares de Carottes, 722 hectares de Panais et 3080 hectares de Navets.

Les Pommiers tiennent dans Ille-et-Vilaine la place que la Vigne occupe dans d’autres régions. Le département est le premier comme production du cidre. En 1889, il a été récolté dans le département 1955300 hectolitres de pommes et de poires, représentant une valeur de 12768592 francs. La récolte du cidre, la même année, se chiffre par 1784803 hectolitres ; en 1883, la même récolte s’est élevée à 3660393 hectolitres.

En 1852, la Vigne occupait 190 hectares ; en 1862, cette surface était réduite à 118 hectares et, d’après la statistique de 1882, on ne compte plus dans le département que 62 hectares de Vignes. Ces Vignes sont toutes situées dans les communes de Redon et de Renac. Elles produisent des vins blancs communs très médiocres.

Le Châtaignier est répandu à Redon, Lohéac, Bain, Arbresec, la Chapelle-Chaussée, Laignelet, Fougères, Vitré, Antrain, Janzé, Châteaugiron et la Guerche. Ces arbres occupent une superficie de 4703 hectares. Rennes fait un grand commerce de châtaignes.

Le département comprend 46884 hectares de bois et forêts, répartis comme il suit :

ILLE-ET-VILAINE

hectares Bois appartenant à l'Etat................. 7339 Les. — AUX COMMUTES ERP E TEE 491 2 — aux particuliers 1 -2%2%e 39 054

La forêt de Paimpont comprend 6070 hectares.

La forêt de Rennes appartient à l'Etat; elle renferme 4100 hectares. Les essences dominantes sont le Chêne, le Hêtre, puis le Châtaignier, le Tremble etle Bouleau. Le Peuplicr noir, le Peuplier suisse et le Peuplier d'Italie sont répandus dans les vallées ou sur le bord des canaux.

Les essences résineuses, le Pin laricio, le Mélèze, constituent çà et là des massifs d’une certaine importance. Dans les haies vives, on trouve l’Aubépine, le Houx, le Troëne, l’Erable, le Chêne, le Saule, l'Epine noire et l’Ajonc.

La statistique de 1852 évalue à 71872 hectares, dont 21729 hectares irrigués, la superficie des prairies naturelles du département, et à 25203 hectares celle des prairies artificielles. En 1862, la superficie des prairies naturelles était de 72554 hectares, dont 26 447 irrigués. Les prairies artiticielles occupaient 32572 hectares, soit 7000 hectares de plus qu’en 1852 ; il faut encore ajouter à ce chiffre 5567 hectares de fourrages verts.

D'après la statistique de 1882, les prairies naturelles occupent 72887 hectares; les prairies artificielles, 36754 hectares. Il faut ajouter à ces chiffres 21119 hectares de fourrages annuels, 7597 hectares de prés temporaires, et 4341 hectares d’herbages pâturés. En voici le détail :

hectares Prairies naturelles irriguées naturellement par les

CHUESAleSAMIVIETeS PE PE EPe-CrE cer Cie 31687 Prairies naturelles irriguées à l’aide de travaux BHÉDIANR ES eue BE Der Mets PAL D ÈS» DS eat 2 8440 Prairies naturelles non jrriguées: 00%. 00e 32 760 72 887 Herbages pâturés de plaines................... 3316 — de fcoteaux AE Pr MEL MER 976 — alpeStres tir Re RE RUE 49 Pres TEIDDOPAITOR A De Pet Lane due ble 7597 HréfleS sex tement seen cc Mes Se 31785 LL CDS ORNE ONE hs ANT RER EE AS EEE 1832 SANTOITER ee se exe detre be tCe-Ll-pe 339 Mélanges de légumineuses. ....:.........,...,. 2 802 36754 NV'eSCeS OU IALANVIE LPS RER ER EE PU DEC 3 969 TréfeAncaArnAlEs eee LE ee SUPER CLP CEE OR 6031 Mais-fourrafe re RE RE ANNE IIUE 715 CROSS ER ere CITE Don ele 9766 Selle CV Eee ere PET CEE ECC 9178 21 119

On voit, d’après ces chiffres, que la production fourragère à été sans cesse en augmentant. L’apport de la chaux a permis la culture du Trèfle, qui occupe maintenant à lui seul plus que la superficie consacrée en 1852 aux prairies artificielles. Il y à donc de ce côté un progrès sensible, mais il importe de l’accroître en vue d’une amélioration du sort des cultivateurs.

Avec son climat humide, la Bretagne doit chercher avant tout à augmenter sa production fourragère. Elle doit chercher à produire des animaux des races bovines, dont le lait donnera tacilement du beurre et du fromage. Comment obtenir ce résultat ? En ayant recours au phosphate de chaux, à la chaux, qui manquent aux terrains granitiques et schisteux dont son sol est formé.

Le tableau suivant donne, relativement à la popu-

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lation animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

1859 1862 1882 Chevaux PAR PENESS 69 478 73624 68465 Anes et änesses ..... 1324 1 493 1467 Mulets et mules...... 90 45 33 Bêtes bovines........ 387 114 323 928 331443 Bétes (OVINES 112533 44 589 33 404 Bêtes porcines....... 107163 107178 110 970 Chèvres, boucs, etc... 7164 71952 6245

D’après ces chiffres. il est facile de constater que la population animale à peu varié, sauf en ce qui concerne les bêtes ovines, dont le nombre a diminué à cause des défrichements de landes.

Les chevaux sont surtout nombreux dans la zone septentrionale du département. Les arrondissements de Rennes, de Montfort et de Saint-Malo reçoivent annuellement un grand nombre de poulains qui sont nés dans la basse Bretagne. La race des landes est répandue dans l’arrondissement de Redon. Les foires les plus renommées sont celles de Rennes, Combourg, Fougères et Hédé.

Les bêtes bovines appartiennent presque toutes à . la race Bretonne. Le nombre des bêtes bovines est considérable, presque une demi-tête par hectare. Contrairement à ce qui se passe dans les départements les plus pauvres de la France, qui possèdent beaucoup de moutons et de chèvres, on ne trouve en Bretagne qu’un petit nombre de ces animaux. Les petites vaches bretonnes jouent dans son économie rurale le même rôle que les moutons et les chèvres remplissent ailleurs. (Ge sont, dit M. Risler, de véritables biques aussi agiles pour aller recueillir leur nourriture dans les landes, aussi lai tières, malgré le pauvre régime dont elles doivent se contenter ordinairement. Elles donnent en moyenne trois à quatre litres de lait par jour, lait très riche en beurre, comme celui des vaches de Jersey. »

Les vaches sont nombreuses. En 1840, on en comptait 161504; en 1852, leur nombre était de 181156 ; en 18792, il avait atteint 220 9925, et, d’après la statistique de 1882, elles seraient au nombre de 215817, qui ont produit 2075982 hectolitres de lait, représentant une valeur de près de 52 millions de francs (51899 550 francs).

La fabrication du beurre salé prend chaque jour une importance plus grande ; Rennes en exporte chaque année des quantités importantes. Le développement de cette spécialité est tout indiqué comme un des buts principaux de la production du bétail en Bretagne. Les sources sont nombreuses et permettraient partout de bien laver le beurre ; mais si les Bretons ont beaucoup d’eau, ils n’ont pas encore appris à s’en servir aussi bien que les Nor-. mands. Ils n’ont qu’à prendre l'habitude de mieux laver pour faire du beurre aussi bon que celui d'Isigny.

Comme bêtes de travail, on emploie des bœufs Nantais ou plutôt Vendéens.

Les moutons, comme nous le faisions remarquer, sont peu nombreux; la race ressemble à celle des montagnes de l’Ecosse; cette race n’est remarquable que par la qualité exquise de la viande qu’elle produit, lorsqu'elle a été engraissée sur les prés salés des bords de la mer. En 1882, ils ont fourni 58317 kilogrammes de laine, représentant une valeur de 133546 francs.

Les bêtes porcines appartiennent à la race Celtique. Les animaux de basse-cour sont nombreux ; l'espèce galline domine ; en 1882, elle compte près de 700000 sujets. Le département ne possède qu’une race spéciale, connue sous le nom de race Coucou ombrée de Rennes.

Le nombre des ruches en activité était de 124689 en 1862, et de 92 904 en 1872. D'après la statistique

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de 1882, il y aurait 106114 ruches en activité, qui ont produit 843 607 kilogrammes de miel, représentant avec la cire une valeur de près de 900 O00 francs.

En 1882, la population animale du département a fourni à la boucherie les quantités suivantes :

Espèce bovine: 165534 têtes, pesant 11374397 kilogrammes , et représentant une valeur de 14744761 francs; espèce ovine, 519596 kilogrammes, représentant une valeur de 961 271 francs: espèce porcine, 6419368 kilogrammes, représentant une valeur de 77028410 francs.

Après ce rapide exposé des productions végétales et animales du département, il est facile de se rendre compte des progrès réalisés.

A l’époque du cadastre, en 1841, les terres labourables occupaient 402 659 hectares ; en 1882, elles s'étendent sur 467 533 hectares, soit 65 000 hectares en plus. En 1841, les terres labourables formaient 99 pour 100 de la surface totale du département ; en 1882, clles représentent 69 pour 109 de cette surface.

Cette augmentation est due aux défrichements des landes, défrichements qui ont été facilités par la création de voies de communication permettant de transporter les matières fertilisantes nécessaires à la mise en culture du sol et à l'emploi des phosphates de chaux.

Enfin, sur la côte, en arrière de la baie de Cancale, est situé le marais de Dol, terrain qui serait submersible à chaque grande marée sans la digue qui le limite près du rivage, et contre laquelle la mer ne cesse d’accumuler une certaine quantité de sable. Dans ces dernières années, gràce à cet exhaussement, on a pu protéger par une nouvelle digue près de 400 hectares de terres sablonneuses. En 1024, les ducs de Bretagne s’occupèrent de conquérir ces marais; en 1606 et ‘en 1630 eurent lieu de grandes inondations. En 1790, on abandonna les digues à elles-mêmes ; ce n’est que vers 1800 que les travaux furent repris. Le marais de Dol a une superficie de 15024 hectares, appartenant à vingt-trois communes. Depuis l’an VI, les propriétaires sont organisés en syndicat; la contribution est de 2 francs par hectare. La terre de ce marais est d’une grande fertilité ; le sable voisin de la mer est excellent. On y cultive les Artichauts, les Asperges, les Choux-fleurs.

La pêche et l’ostréiculture forment la principale industrie des côtes. Il existe des parcs à Huitres à Cancale, Dol, Saint-Méloir-des-Ondes, au Viviersur-mer, à Saint-Suliac, près duquel le banc du Néril, situé au milieu de la Rance, produit des Huitres estimées. Mais, au fond de la baie de Cancale, les ports de la Houle et de Cancale sont habités par des pêcheurs qui vont draguer les Huîtres les plus renommées peut-être du monde entier. Il s’en recueille 15 millions par an; mais un certain nombre de bancs paraissent s’épuiser.

On s’explique facilement que, grâce aux progrès de la culture, la population ait suivi une marche sans cesse croissante :

En 1801, elle était de 488846 habitants.

En 1896, 3 ji En 1846, 22 | PEER UE En 4872, Line SSD ETES Ve En 1881, CNE 015 IS

De 1801 à 1881, la population a donc augmenté de 126634 habitants. La population spécifique est aujourd'hui de 90 habitants par kilomètre carré, c’est-à-dire supérieure de 20 habitants à la moyenne gérérale de toute la France. Les arrondissements de Rennes et de Saint-Malo ont surtout profité de cet accroissement.

La population agricole s'élevait à 89152 en 1850

et à 90247 en 1872; d’après la statistique de 1882, .

elle serait de 187 792, savoir :

ILLE-ET-VILAINE Cultivateurs propriétaires............ 52 004 Fériniers 7.2 PER ae NRC 38 69% Métayers 2 ER ANNE TRIER ea 2971 JOUTNAlIErS ER ce M ne 926 56% Domestiques agricoles: 4... 67 559

Le nombre des exploitations était de 55 521, en 1862; ce nombre, en 1882, est de 84802. L’augmentation porte surtout sur les petites exploitations de moins de » hectares; les autres catégories restent à peu près stationnaires, comme il est facile de s'en rendre compte par le tableau suivant :

Exploitations de moins de 5 hectares... 25957 53 485 — de 5 à {10 hectares...... 15 512 16 589

— de 10 à 20% ==... 8284 8974

ee dle’20 à SON ee 3397 3559

-- de 30 à 40 — ..... 1343 1462

au-dessus de 40 hectares. 1023 133

Le nombre des parcelles est de 1697485, en 1882; en 1841, à l’époque du cadastre, il n’était que de 1011 469 ; soit près de 700 000 parcelles de plus actuellement.

Le nombre des exploitations dirigées et cultivées par le propriétaire est de 55808; la superficie moyenne de chacune d'elles est de 3 hectares 9 ares. Le nombre des fermes est de 37696 et la surface moyenne de chacune d’elles est de 7 hectares 47 ares; enfin on trouve 2900 métairies d’une contenance moyenne de 15 hectares 80 ares.

Le nombre des cotes foncières a suivi une marche sans cesse croissante ; la contenance imposable de chacune d’elles a suivi, par contre, une marche décroissante. Voici ces modifications :

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