‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 4 sur 198 · III · texte numérisé non relu

III

HOUBLON

caution doit être prise quand il y à nécessité à enlever diverses feuilles sur les tiges dans le but de faciliter l'accès de l'air, de la chaleur et du soleil sur le sol.

Le Houblon est attaqué pendant sa végétation par un puceron appelé Aphis humili, insecte qui se propage très aisément et qui détruit les jeunes pousses ou les nouvelles feuilles vers la fin d'avril ou le commencement de mai; puis, par la larve du papillon appelé Hépiale, qui vit aux dépens des vieux pieds et les fait périr; enfin, par la limace, qui cause des dégâts semblables à ceux que font les pucerons. Tous ces insectes sont d’une destruction difficile. C’est en opérant la taille qu'on peut détruire la larve de l’Hépiale et celle du Hanneton, qui est aussi parfois très nuisible.

Le Houblon, dans certains sols et dans certaines années, est sujet à diverses altérations qui diminuent très sensiblement la production et la valeur commerciale des cônes. Ainsi, parfois, on remarque ‘sur les feuilles une matière gommeuse, luisante, qui constitue la miellée ou le miellat, maladie qui nuit comme la rouille à la végétation des plantes, mais contre laquelle on ne connait aucun remède. Dans d’autres circonstances, on constate que les souches présentent des chancres ou des endroits désorganisés par la pourriture. La première de ces deux altérations a pour cause des blessures faites pendant la taille par une main inhabile ; la seconde a pris naissance par suite d’un excès d'humidité contenu dans le sol et le sous-sol.

La récolte des cônes a lieu à la fin de l'été ou au commencement de l'automne, suivant les variétés cultivées et la latitude sous laquelle elles végètent. En France, on l’exécute de la fin d’août à la miseptembre, en Angleterre de la fin septembre à la mi-octobre. Le Houblon est arrivé à maturité quand les cônes ont pris une couleur jaunâtre, légèrement rougeàtre, vert doré ou verdàtre suivant la variété à laquelle il appartient. Alors la base des écailles qui constituent les cônes est chargée d’une poussière jaune doré très aromatique ; alors aussi, les cônes adhèrent assez aisément les uns aux autres quand on les presse dans la main. Il faut éviter de procéder à la cueillette des cônes ou trop tôt ou trop tard. Dans le premier cas, le Houblon est peu odorant parce que la lupuline n’est pas arrivée à maturité ; dans le second cas, les cônes ayant perdu une notable quantité de cette matière résineuse sont secs, entr'ouverts, et ils ont une faible valeur commerciale.

Pour pratiquer la récolte, des enfants coupent à 30 centimètres environ du sol les tiges qui s'enroulent autour des perches, et des hommes arrachent celles-ci avec précaution et sans secousses. L'opération du déperchage exige le concours de deux à trois ouvriers; elle a pour but d’extirper la base de la perche et de la coucher sur le sol. C’est à l’aide d’un levier spécial et d’un petit chevalet qu'on parvient à soulever la perche hors de terre. Pour éviter qu’elle ne tombe sur le sol et ne se brise, un des ouvriers en soutient la partie supérieure, dès qu’elle s'incline, au moyen d’une fourche fixée à l'extrémité d’un long manche. Alors les femmes et les enfants récoltent les fruits en laissant à chaque cône une queue de deux à trois centimètres au plus. Ces fruits sont. recueillis dans des paniers. Lorsque ceux-ci sont pleins, on les présente au maître ou à la maîtresse, qui vérifie leur état, examine si des feuilles y sont mêlées et les inscrit au compte de l'opérateur. Cette vérification faite, l’ouvrier verse les cônes dans une grande manne ou corbeille en osier, dans laquelle on transporte les cônes au séchoir. Une ouvrière habile peut cueillir par jour jusqu’à six et même huit hectolitres de cônes, selon l'abondance de la récolte.

-- À mesure que les perches ont été débarrassées

HOUBLON

des grappes de cônes qu’elles soutenaient, on enlève les tiges du Houblon pour les ineinérer sur place ou pour les utiliser comme combustible. Chaque jour on a soin de relever les perches et de les disposer en faisceaux assez solides pour que le vent ne les renverse pas pendant l'hiver.

On procède ensuite à la dessiccation des cônes. Les séchoirs dans lesquels a lieu cette dessiccation sont très aérés, mais le soleil n’y pénètre pas. Les cônes y sont déposés en couche mince sur le plancher ou sur des châssis disposés en étages les uns en dessus des autres. On les remue souvent pour empêcher l’échauffement, mais sans violence. Les volets des ouvertures restent plus ou moins ouverts pendant le jour selon que le temps est beau et l'air plus ou moins see. On augmente l'épaisseur des couches à mesure que la dessiccation s'opère, opération qui, dans les circonstances ordinaires. dure de six semaines à deux mois. On reconnait que les cônes sont secs à la crépitation des écailles quand on les froisse dans la main. On compte qu’il faut une surface carrée de 1",25 pour sécher à l'air libre dans un séchoir un kilogramme de cônes nouvellement récoltés.

La dessiccation artificielle se fait dans des séchoirs spéciaux appelés {ourailles (voy. BRASSERIE). Ce séchage dure ordinairement dix à douze heures. Après cette opération, on laisse les cônes se refroidir dans un local appelé chambre d'aération, et, au bout de cinq à six jours, on peut les réunir en grande masse ou les mettre en balles. Quand le Houblon est de bonne qualité et qu’il a été récolté par un temps favorable, 3 kilogrammes de cônes frais donnent environ 1 kilogramme de cônes secs.

En Angleterre, dans le but d'empêcher la fumée produite par le charbon de terre ou le coke qu'on brüle dans les séchoirs de brunir les cônes, on a recours au soufre. L’acide sulfureux que produit la fleur de soufre permet aux écailles de conserver leur couleur native. Dans cette dessiccation artificielle qui dure dix-huit heures, il est indispensable d’élever progressivement la température jusqu’à 22 degrés à 25 degrés centigrades. La couche des cônes soumise à l’action de la chaleur produite par le charbon de terre, le coke ou le bois, ne doit pas avoir au delà de 25 à 26 centimètres d’épaisseur. On soufre aussi le Houblon dans le nord de l'Allemagne et de l'Autriche, contrées où le climat ne favorise pas toujours la parfaite maturité des cônes.

La mise des cônes de Houblon en balles à lieu dans de grands sacs de toile qui ont 2,50 de longueur et 1,30 de circonférence. Les cônes y sont fortement pressés soit par des hommes, soit à l’aide d’une presse spéciale, afin que la lupuline ne puisse se détacher des écailles pendant le transport.

Le Houblon bien desséché contient de 6,15 à 10,25 pour 100 d'humidité. Il donne 8 à 9 pour 100 de cendres, qui renferment de 2 à 3 pour 100 de chlorure de soude, 25 à 38 pour 100 de potasse, 15 à 22 pour 100 de chaux et 18 à 19 pour 100 d’acide phosphorique.

Les tiges donnent à l’incinération de 3 à 6 pour 100 de cendres et les feuilles de 13 à 24 pour 100. Les premières contiennent 6 à 7 pour 100 de sels de soude, 17 à 31 pour 100 de sels potassiques, 36 à 44 pour 100 de chaux, 10 à 12 pour 100 d’acide phosphorique ; les secondes renferment 2 à o pour 100 de sels de soude, 9 à 13 pour 100 de sels potassiques, 45 à 55 pour 100 de chaux et 4 à 6 pour 100 d’acide phosphorique. Ces résultats prouvent une fois de plus l'influence que peuvent exercer sur la végétation du Houblon les engrais calcaires, les sels alcalins et le phosphate de chaux.

La lupuline, à laquelle le Houblon doit ses principales propriétés, existe dans les cônes dans la proportion de 8 à 18 pour 100. Les Houblons des comtés de Kent et de Worcester (Angleterre) et de

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Spalt n’en contiennent pas, en moyenne, au delà de 13 à 14 pour 100. Les Houblons français les plus riches en lupuline sont ceux qu'on récolte aux environs de Lunéville et de Rambervillers. Cette substance est une matière aromatique très active.

La production du Houblon est très variable; suivant les variétés cultivées et les années, elle oscille entre 200 et 2000 kilogrammes de cônes par hectare. La production moyenne, en France, varie de 1000 à 1200 kilogrammes. Cesrendements sont un peu plus faibles que les produits moyens qu’on obtient en Alsace et en Belgique.

De 1808 à 1861 (54 années), on a obtenu en Angleterre les récoltes ci-après :

Récolte abondante... ...11....: ro tannees BONNE RÉCOIE EE Lee Mes Mr 93 Récolte passable.. 2... ae ADN Mauvaise reeolles ses eee AL AE >

En général, on ne peut pas compter sur plus d’une bonne récolte tous les deux ou trois ans. Dans les bonnes et moyennes années, chaque perche, dans les cultures bien dirigées, donne, en moyenne, de 50 à 300 grammes de cônes bien secs; il faut des années exceptionnelles ou cultiver le Houblon sur des terres d’une grande fécondité pour espérer obtenir par perche 400 grammes de cônes marchands. Un hectare qui contient 3500 perches doit done produire, quand la récolte est bonne, de 900 à 1000 kilogrammes de Houblon.

Le Houblon sert à aromatiser la bière et à en assurer la bonne conservation. On l’emploie dans la fabrication des bonnes bières à la dose moyenne de 1 kilogramme par hectolitre. En Angleterre, d’après un acte du Parlement, la bière ne peut être faite qu'avec de l’'Orge et du Houblon.

Les Houblons de premier choix sont

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pour la pureté de la race, que les plumes noires soient bien noires et les plumes blanches bien blanches, et non pas grisätres. Quelques plumes du vol seules doivent être exclusivement blanches.

Le coq a une belle prestance, un peu fière, la tête haute, le bec légèrement crochu, la poitrine large, les pattes courtes, fortes et espacées, roses avec quelques taches grises, et (caractère distinctif) cinq doigts dont trois antérieurs qui posent à terre et deux postérieurs bien détachés. Il porte une huppe en plumes fines rejetées en arrière à la façon d’une chevelure romantique. Ses favoris sont fournis. Sa cravate est saillante. La crête, située au-dessus du bec et en avant de la huppe, affecte une forme particulière ; elle représente assez bien une coquille de Moule ouverte et un peu dentelée ; au milieu des deux caroncules qui la composent sort un troisième petit caroncule rudimentaire. Les barbillons sont longs; les oreillons sont blancs, courts et cachés par les favoris.

La poule de Houdan a un plumage semblable à celui du mâle, également cailleté noir et blanc; seulement sa huppe est plus ronde et plus fournie,

ceux qui se composent de cônes entiers et aplatis, ayant une couleur jaune avec des pointes rosées, une saveur amère et une odeur forte et pénétrante.

En général, les Houblons des Vosges et

de la Lorraine contiennent plus d'huile essentielle que les Houblons récoltés en Angleterre et en Belgique, contrées où les pluies et les brouillards sont plus fréquents qu'en France pendant les mois de septembre et octobre.

Quant à la valeur commerciale du Houblon, elle est très variable d’une année à l’autre suivant l’abondance et la qualité des récoltes.

Le Houblon appartient à l’horticulture comme plante décorative. Il sert à faire des portiques, des berceaux et des arcades de verdure d’une grande élégance.

La médecine l’a elassé depuis fort longtemps parmi les plantes médicinales ; il est tonique, diurétique, dépuratif et sédatif. On l’emploie surtout dans les affections du système lymphatique sous forme de décoction, d’'infusion. La lupuline est à la fois aromatique, tonique et narcotique; on l’administre en pilules, en sirop ou en teinture. G. H.

HOUDAN (RACE DE) (basse-cour). — Le village de Houdan, en Seine-et-Oise, a donné son nom à une des races de poules françaises les plus justement appréciées et recherchées. Elle se distingue, au premier coup d'œil, par un plumage irrégulièrement marqué, cailleté de noir et de blanc ; les plumes blanches paraissent semées, en quelque sorte au hasard, parmi les plumes noires qui, généralement, dominent la première année. Il importe,

Fig. 116. — Coq de Houdan.

ses plumes sont épaisses; ses favoris très accentués. La cravate est forte et saillante. La crête rudimentaire a la forme d’un très petit papillon; les barbillons sont très courts; les oreillons très petits, et, comme chez le coq, recouverts par les favoris. Comme chez le coq aussi, les pattes sont fortes, roses avec des taches grises ; elles ont également cinq doigts placés de la même façon.

La poule de Houdan est une bonne pondeuse; elle donne en moyenne cent vingt-cinq œufs par an, et le poids de chaque œuf est de 62 grammes environ. Mais elle a le défaut de toutes les bonnes pondeuses, elle ne couve pas. À Houdan, une grande partie des œufs sont couvés par des Dindes et les accouveurs sont très habiles à forcer ces bêtes à couver de bonne heure.

Le poussin de Houdan naît avec un duvet blanc sous le ventre et noir sur le dos. De tous les poussins, c’est celui qui a la croissance la plus rapide; pendant vingt jours il augmente de 0*,009 par jour.

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Les poulets de Houdan sont très précoces et très faciles à élever. Ils peuvent être engraissés à l'âge de quatre mois. Ils mangent beaucoup, déploient une grande activité dans la recherche de leur nourriture, ils ont besoin d'une alimentation plus substantielle que celle que l’on distribue aux autres poulets. Mais aussi ils s'assimilent très facilement les aliments qu’on leur donne et transforment en viande tout ce qu’ils consomment. A six mois un poulet de Houdan pèse environ 2 kilogrammes dont 1x,800 de chair et 200 grammes d’os.

C'est la farine d’Orge mouillée avec du lait qui est généralement employée pour l’engraissement, sans que celui-ci soit généralement poussé à un très haut degré. La race de Houdan ne donne pas à cet égard des sujets extraordinaires. Elle fournit plutôt ce qu’on appelle le poulet moelleux, ni trop gras ni trop maigre, d’une chair fine et délicate, d’une vente très facile; 1ilest extrêmement recherché.

Pour conserver à cette race tous ses caractères distinctifs, elle a besoin d’une sélection très sévère ; elle dégénère très facilement et, dégénérée, elle n’est plus qu’une volaille médiocre. Beaucoup des animaux que l’on présente sous le nom de Houdan ont des plumes aux pattes; on peut en inférer que des éleveurs, voulant donner du volume à leurs élèves, ont introduit dans leur basse-cour des coqs asiatiques. D’autres prétendus Houdan ont les pattes tout à fait grises et les crêtes en forme de cornes plates ; il ya là l'indice du sang de Crèvecœur destiné à rendre plus foncé le plumage des animaux chez lesquels les plumes blanches finissent par dominer.

En parlant de Houdan, on ne peut se dispenser d’en citer le marché, qui a une grande importance ; lc tableau suivant, qui résume les arrivages sur ce marché en 1886, en donne une idée.

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