IMMORTELLE
on peut entrer dans sa stalle, s'approcher de sa tête, même l’exciter de la voix ou du geste sans provoquer la moindre réaction. Souvent il est dans une attitude anormale : tantôt les membres antérieurs ou postérieurs sont disposés l’un devant l'autre, plus ou moins croisés ; tantôt, au contraire, anormalement écartés. En général, on ne constate aucune modification sensible dans les fonctions circulatoire et respiratoire. Pendant la préhension des aliments et des boissons, on remarque encore des phénomènes étranges. Le cheval immobile mastique lentement la nourriture qu’on lui distribue; de temps en temps, à des intervalles irréguliers, il s'arrête, conservant entre ses dents quelques brins de paille ou de foin, ce que les anciens hippiàtres avaient exprimé en disant que l'animal fume sa pipe. Les boissons ne sont pas prises avec plus d’avidité que les aliments solides. Parfois le cheval immobile plonge la tête jusqu’au fond du seau rempli d’eau qu’on lui présente et ne la retire qu'au moment où se fait sentir le besoin de respirer. Enfin, aux différentes allures, il obéit mal aux aides de celui qui le dirige ; les divers mouvements sont raides, pénibles.
Il s’en faut que, dans tous les cas, l’immobilité soit aussi nettement caractérisée; chez beaucoup de chevaux, elle ne s’accuse d’une façon évidente que par intermittences, et, pour l’affirmer, il est quelquefois indispensable de placer les animaux dans les conditions qui en aggravent l'appareil symptomatique.
Les traits de l’immobilité sont d’autant plus marqués que la maladie remonte à une date plus éloignée. Pour conclure en toute sûreté à son existence, il faut apprécier judicieusement les symptômes constatés sur les sujets que l’on examine. L’impossibilité du reculer est loin d’être toujours un signe certain d’'immobilité ; elle peut dépendre de la faiblesse, d’une lésion des reins, de la fatigue, de l'usure des membres, de l’endolorissement des barres, d'actions trop énergiques exercées sur le mors; parfois encore elle est due au mode d’attelage ou à l’inexpérience des animaux.
A l’autopsie de la plupart des chevaux immobiles, on trouve des lésions encéphaliques diverses par leur nature et leur localisation. L’hydropisie des ventricules cérébraux, les abcès ou les kystes de la substance nerveuse, les tumeurs des enveloppes de l’encéphale, les exostoses du crâne, telles sont les altérations le plus souvent constatées. Mais il faut reconnaitre que parfois l’autopsie des chevaux immobiles ne décèle aucune lésion sérieuse et, aussi, qu’à l’examen des centres nerveux de chevaux n'ayant jamais présenté des symptômes se rapportant à l’immobilité, on a quelquefois rencontré telle ou telle des lésions que nous venons d'indiquer. La physiologie a donné l’explication de ces curieux faits révélés par l'observation : ils tiennent à la tolérance extrêmement variable des différentes parties de la masse encéphalique.
La loi du 2 août 1884, comme la loi du 20 mai 1838 qu’elle a abrogée, répute l’immobilité comme vice rédhibitoire, avec un délai de neuf jours, chez le cheval, l’âne et le mulet. PS0
IMMORTELLE (horticulture). — On cultive sous ce nom un nombre très grand de genres de plantes appartenant à la famille des Composées. Deux d'entre eux sont particulièrement recherchés dans l’ornementation : l’un est le Xéranthème (Xeranthemum L.), plus connu sous le nom d’Immortelle de Belleville ; l’autre est l'Hélichryse (Helichry- . sum DC.) que l’on désigne encore sous le nom d'Immortelle à bractée. ;
Immortelle de Belleville (Xeranthemum annuum L.). — Cette espèce est une herbe de deux à trois décimètres, recouverte sur toutes ses parties d’un tomentum abondant. Les capitules disposés en cymes unipares portent des écailles scarieuses, dont