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INCUBATION

bourrelets l’un au-dessus de la plaie qui devient le plus gros, l’autre au-dessous qui atteint un moindre volume ; la portion du rameau située au-dessus de l'incision s’allonge moins et grossit davantage qu’elle ne l’eût fait dans les conditions ordinaires; les fleurs qui y naissent coulent moins, la tendance à la fructification devient plus grande, le volume et la richesse en sucre des fruits s'élèvent dans une notable proportion.

Ces résultats étaient autrefois expliqués par l’ancienne théorie de la sève descendante. On croyait à une circulation de la sève analogue à celle du sang des animaux; la sève brute, pensait-on, absorbée par les racines, s’élèverait par les couches intérieures du bois, puis après avoir été élaborée par les feuilles et devenue susceptible de nourrir la plante, elle redescendrait vers les racines par les couches corticales. Dès lors, en coupant et en comprimant ces dernières,on arrêterait la sève élaborée, qui s’accumulerait dans les fleurs et dans les fruits situés au-dessus de ce point d'arrêt. Les progrès de la physiologie végétale ont amené à reconnaitre que la sève élaborée ne suivait pas nécessairement une direction descendante, mais que les matériaux qui la représentent se portaient, indépendamment de tout mouvement de liquide, vers les points susceptibles de les précipiter à l’état insoluble. Ce ne peut donc être parce que l’incision annulaire oppose un obstacle à la descente de la sève, qu’elle produit les effets que nous venons d'indiquer ; au reste, l’accumulation de la sève élaborée dans la partie supérieure du rameau devrait en augmenter le développement, alors que c’est le contraire qui a lieu. On peut admettre comme plus probable l'hypothèse suivante : l'inex sion annulaire serait une cause de diminution dans l1 végétation du rameau auquel elle s’applique, ce qui est généralement une condition favorable à la fructification. Le bourrelet qui suit l'opération résulterait de l’accumulation de matériaux qui sont appelés habituellement vers les points lésés où se forment les tissus cicatriciels. Ces matériaux arrivent surtout, dans ce cas, du côté de la plaie correspondant aux feuilles où ils sont élaborés; le côté opposé, au contraire, en reçoit fort peu, par

‘suite de l’interruption des tissus à cellules grilla-

gées par lesquels se fait la propagation des matières azotées.

Malgré les résultats incontestables de l’incision annulaire, cette opération ne s’est pas répandue dans la pratique usuelle; elle présente, en effet, divers inconvénients sérieux et qui mettent obstacle à son emploi : les Vignes qui y sont soumises habituellement s’épuisent promptement sous l'influence de l’excès de production. De plus, les rameaux présentent vers leur base un étranglement qui les rend très cassants et éprouvent de nombreux accidents par les grands vents, à moins qu'on ne les ait attachés avec soin à des échalas ou autres tuteurs ; ces accidents sont quelquefois assez importants pour entraîner la perte d’une quantité de récolte plus grande que l'excédent que peut fournir l’opération elle-même. G. F.

INCUBATION (basse-cour). — L’incubation est le séjour permanent de l’un des parents, la mère le plus souvent, sur les œufs, pour en provoquer le développement jusqu'à l’éclosion. L’incubation, qu’on appelle encore la couvaison, remplace la gestation dans le sein de la mère; elle est générale chez les oiseaux. C’est une opération importante pour l’agriculteur ; car de sa régularité dépend La richesse des basses-cours.

La durée de l’incubation n’est pas la même pour tous les genres d'oiseaux ; d’après les observations faites sur un grand nombre d’espèces, les limites paraissent être comprises entre douze et soixante jours, mais dans une espèce elle paraît absolument fixe. Voici, pour les oiseaux de la basse-cour, et

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pour quelques autres espèces, les durées respectives de l’incubation :

ROUlE EC eat ete Pa tee 91 jours.

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C’est par un instinct spécial que la femelle couveuse est attachée à son œuvre ; elle parait subir une sorte de surexcitation, qui lui permet de supporter la fatigue inhérente à l’incubation, et la privation de nourriture qui, pour quelques espèces, en est la conséquence. Parmi les races d'oiseaux de basse-cour, surtout dans le genre Coq, les poules de certaines races paraissent spécialement aptes à la couvaison : parmi les meilleures races françaises sous ce rapport, figurent celles de la Flèche et de la Bresse; parmi les races étrangères, celles de la Cochinchine, de Brahma-Pootra, de Dorking, etc.

Dans un grand nombre de fermes, on laisse les poules couver au hasard; à cette pratique, il convient de substituer un couvoir, pièce spéciale dans laquelle on réunit les poules couveuses, en y préparant des nids, dont les meilleurs sont des paniers dans lesquels on peut mettre quelques faux œufs, pour inviter les poules à y pondre. Le couvoir peut faire partie du poulailler ou bien en être séparé, ce qui importe peu, pourvu que ce soit un local modérément chaud, bien aéré, dans lequel les poules restent tranquilles, sans être troublées par des bruits extérieurs. Il importe que les nids soient toujours tenus propres et exempts de vermine ; on obtient ce résultat en les lavant avec une brosse de chiendent et en les saupoudrant avec de la fleur de soufre quand ils sont secs.

M. Lemoine, de Crosne (Seine-et- Oise), a construit un excellent type de couvoir, qui peut servir de modèle pour les fortes basses-cours. Il consiste en une pièce longue de 5 mètres et large de 2 mètres, dans une construction isolée; la toiture est en tuiles, et les intervalles des chevrons ne sont pas remplis, pour faciliter la circulation de l’air ; à l’intérieur, des potences portent de longues planches, sur lesquelles sont placés les paniers, renfermant chacun treize œufs, Sous un hangar attenant au couvoir, sont disposés des casiers, portant des numéros correspondant à ceux des paniers. Chaque jour, on soulève doucement chaque poule, à heure fixe, et on la porte dans un casier où elle trouve de la graine, de l’eau et du sablon pour se poudrer ; au bout de vingt minutes, on la reporte sur le nid, en veillant à ce qu’elle reste propre. La réussite est, en moyenne, de dix œufs sur treize.

Chaque jour, la poule couveuse retourne doucement et régulièrement ses œufs, en plaçant au centre du nid ceux qui étaient à la circonférence, et réciproquement. Il importe, pour que l’opéra-

Le Tue

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tion réussisse, que le nombre des œufs soit toujours proportionnel au volume de la poule.

INCUBATION ARTIFICIELLE. — L’incubation artificielle a pour objet de faire éclore les œufs sans l'intervention de la poule couveuse, dans une chambre close et chauffée. Cette pratique remonte à la plus haute antiquité; elle a été adoptée de temps immémorial en Egypte, favorisée d’ailleurs par le climat. Malgré les efforts poursuivis à diverses époques pour la réaliser sous les climats tempérés, l'incubation artificielle est restée à l’état d’objet de curiosité ou d'étude jusque dans ces derniers temps. Le premier appareil qui ait donné des résultats ap— préciables sous le rapport de la pratique, a été la couveuse Carbonnier, décrite vers 1860, et qui a été modifiée un peu plus tard par M. Deschamps, dont la couveuse figura à l'Exposition universelle de Paris en 1867. Ces appareils ont servi de types, d’où sont sortis d’autres modèles, aujourd’hui nombreux, qui ont transformé l’incubation artificielle en une industrie désormais prospère, et qui s’est répandue dans un grand nombre de pays.

La couveuse Deschamps consiste (fig. 148) en une boîte en bois A, fermée par un couvercle B, au-dessous duquel un châssis vitré G permet de

Fig. 148. — Couveuse Deschamps.

suivre la marche de l’incubation ; dans cette boîte,

deux tiroirs T renferment les œufs, et ils reçoivent l'air extérieur par de petits trous c ménagés dans.

les parois de la boîte ; entre ces tiroirs est placé un réservoir d’eau chaude, à la température de 75 à 80 degrés, nécessaire pour maintenir dans les tiroirs la température de 38 degrés ; on renouvelle l’eau chaude par le conduit O, et l’on fait écouler l’eau refroidie par le robinet R; enfin, les parois de la boîte sont garnies intérieurement de substances isolantes, qui servent à y maintenir la chaleur. — La couveuse était complétée par une éleveuse (fig. 149 et 150) servant à recevoir les poussins après l’éclosion; c’est une boîte allongée À fermée

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par un couvercle en lattes B, dont un des petits côtés porte un réservoir d’eau chaude F; l’enveloppe de ce réservoir est garnie d’une fourrure €, sous laquelle les poussins peuvent venir se réchauffer ; une cuvette extérieure D contient de l’eau pour désaltérer les poussins, et une porte à coulisse E permet de les laisser sortir ; en O et 0’ sont les ouvertures nécessaires pour renouveler l’eau du réservoir.

C'estsur les mêmes principes qu’ont été construits les appareils plus récents, et c’est à perfectionner la couveuse et l’éleveuse Carbonnier et Deschamps

Fig. 449. — Éleveuse Deschamps

qu'ont tendu les efforts des inventeurs. Leur principal souci à été de maintenir dans l’intérieur de l'appareil une température constante, et d’y assurer en même temps une aération suffisante pour que l'air y soit maintenu pur. MM. Roullier et Arnoult, M. Voitellier, d'autres encore, ont imaginé en France des appareils qui ont été imités dans un grand nombre de pays. Les couveuses actuelles répondent à tous les besoins, depuis ceux de la plus petite ferme jusqu’à ceux de l’exploitation industrielle la plus complète, depuis ceux de la plus modeste maison de plaisance jusqu'à ceux du plus

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tuyaux qui servent à l'introduction de l'eau. Les plus petits modèles ont 45 centimètres de hauteur sur o3 de largeur ; on peut y mettre à couver cinquante œufs ; c’est celui des petites exploitations. Un deuxième modèle pouvant couver cent œufs, mesure 94 sur 67 centimètres. Au-dessus de ces modèles, dans des dimensions plus considérables, se trouve l’hydro-incubateur pouvant servir à cou-

ann Pere LULU NU

Fig. 151. — Couveuse de Roullier et Arnoult.

ver deux cent vingt œufs à la fois ; c’est l'appareil des fermes où l’incubation est pratiquée industriellement. Dans ce dernier cas, on peut aussi avoir des incubateurs renfermant jusqu’à quatre cent cinquante œufs ; ils sont alors munis d’une double chaudière. À la partie supérieure de la hoîte, se trouve ce qu’on appelle une chambre sécheuse.

Cette chambre est chauffée

per la chaleur des chaudiè-

œ res; les jeunes poussins y

sont placés, au sortir des

tiroirs,immédiatement après

l’éclosion de l'œuf; ils s’y ressuient et évitent les con-

séquences fatales d’un brusque changement de température. Les incubateurs mu-

R nies d'une chambre sécheuse

Fig. 150. — Coupe de l’éleveuse Deschamps.

somptueux château. La production des poussins peut être ainsi poussée au dernier degré de la perfectio”.

Les couveuses de Roullier et Arnoult, appelées aussi hydro-incubateurs, sont formées (fig. 151) par des boîtes en bois, munies de tiroirs dans lesquels sont placés les œufs. Entre les tiroirs sont des réservoirs en zinc, dans lesquels on introduit de l’eau très chaude, de telle sorte que les tiroirs forment de véritables étuves, dans lesquelles les œufs sont soumis à une chaleur douce et constante. Les chaudières communiquent à l’extérieur par des

sont recouverts d’un châssis vitré et d’un double couverele capitonné.

L'éclosion des œufs n’est que le commencement de l'opération; l'élevage est plus difficile. Réussit-il réellement? « L'expérience répond, dit M. Gayot dans un rapport à la Société nationale d'agriculture : ces orphelins, sans le savoir, placés dans un milieu favorable, pourvus d'une mère artificielle sous laquelle ils trouvent un degré de chaleur convenablement entretenue, suivant l’âge des petits et la température extérieure, réussissent en plus grand nombre et plus complètement que sous la conduite de la couveuse animée ou de toute mère adoptive quelconque. Livrés à eux-mêmes, ils obéissent sans l'ombre de résistance à l'instinct qui leur est

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propre. Hâtivement développé sous l'influence du besoin, l'instinct les préserve plus sûrement que l'attention la plus éveillée, que les recommandations les plus pressantes de la couveuse ou de son

oser

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à cinquantes jeunes oiseaux ; les dimensions du plus grand sont suffisantes pour deux cents poussins. Autour de l’éleveuse, on peut établir un châssis, vitré, sous lequel les poussins sont à l’abri de la pluie ou des vents, lorsque l’éleveuse est placée en

Fig. 152. — Éleveuse hydro-mère.

suppléant. La statistique est là, avec ses relevés précis. Les poussins, absolument libres, indépendants, dans un élevage tel que celui-ci, réussissent mieux que ceux qui restent confiés à des guides animés. » C’est l’éleveuse hydro-mère (fig. 152) qui résout ce problème. Elle consiste en une boîte, dont la partie supérieure est munie d’une chaudière

Fig. 153. — Coupe de la couveuse Voitellier.

à eau chaude, et dont la partie inférieure est ouverte sur un côté. Cette partie inférieure sert d’abri aux jeunes poussins; le côté ouvert est muni d’un rideau qu’ils soulèvent pour entrer ou sortir. L'éleveuse peut être garnie d’un grillage ou d’un autre système de clôture pour parquer les poussins, Le plus petit modèle peut renfermer quarante

plein air.

Dans les couveuses Voitellier, le réservoir d’eau

chaude B (fig. 153) forme un manchon cylindrique, isolé de la boîte par de la sciure qui empêche la déperdition de chaleur ; il communique avec l’extérieur par un tube supérieur qui sert à introduire l’eau chaude, et par un robinet inférieur qui sert à l'écoulement de l’eau refroidie.

Au milieu de la boîte intérieure où sont placés les œufs, émerge un tube vertical E, qui sert au renouvellement de l'air intérieur; cet air se réchauffe par le passage du tube à travers la partie inférieure du réservoir d’eau. Le point capital pour le succès de l'opération est de maintenir à l’intérieur de la couveuse une température de 38 à 40 degrés, de retourner les œufs chaque jour avec soin, et de renouveler l’air intérieur. À cet effet, pour commencer une incubation, lorsque la couveuse est mise en place, on remplit le réservoir d’eau bouillante; puis on place un thermomètre dans l’un des tiroirs, en ayant soin de le tenir élevé à 5 ou 6 centimètres du plateau, c’est-à-dire à la hauteur supérieure des œufs que l’on voudra mettre couver. Lorsque la chaleur est descendue à 40 degrés centigrades environ, on tire et réchauffe à l’état d’ébullition 20 à 25 litres d’eau pour les grands modèles, et 10 à 22 litres pour les petits, afin de fixer la chaleur à ce degré. Cette quantité d’eau peut varier de quelques litres, selon la température du dehors. Quand la température est bien fixée à 40 degrés, on placeles œufs dans les tiroirs, en laissant le thermomètre en permanence et toujours à la hauteur supérieure des œufs. A partir de ce moment, matin et soir, on sort les tiroirs pour déplacer et retourner les œufs. Pendant ce temps on fait réchauffer la quantité d’eau nécessaire pour entretenir les 40 degrés de chaleur, et cela jusqu’à la fin de l’incubation. Cette quantité d’eau diminuera au fur et à mesure de la progression des poussins dans les œufs. Ainsi, telle couvée ayant commencé avec 20 litres d’eau, on finira en diminuant de jour en jour par 5 ou 6 litres, matin et soir, jusqu’au moment de l’éclosion. Comme la chaleur plus ou moins progressante des tiroirs est subordonnée à la quantité de poussins vivants dans les œufs, il est impossible d’assigner à l’avance la quantité d’eau à réchauffer matin

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