INDIVIDU
lorante est déposée, on décante le liquide pour le faire arriver dans une troisième cuve dite diablotin, munie d’un filtre qui retient l’indigo sous forme de pâte. Celle-ci, bien lavée et épurée, est mise dans des moules percés de trous et garnis intérieurement d’une toile bleue, puis soumise à l’action d’une presse. Quand la pâte a une bonne consistance, on la retire des moules, on la divise et on la fait sécher ; elle constitue alors l’indigo.
Sur la côte de Coromandel, les feuilles sont détachées des tiges et mises à sécher au soleil. C’est lorsqu'elles ont perdu leur eau de végétation, qu’on extrait l’indigo qu’elles contiennent. L’indigo à Madras est aussi fabriqué avec des feuilles sèches, mais il ne vaut pas toujours celui qu’on extrait de feuilles fraîches. Au Sénégal comme au Japon, en émonde les feuilles, on les pile dans un mortier pour avoir une pâte qu’on moule en pains et qu'on fait ensuite sécher au soleil. A la Malaisie, on fait bouillir les parties herbacées avec de la chaux vive, jusqu’à ce que le tout soit réduit à l’état demiliquide, ee procédé fournit de l’indigo de qualité très secondaire:
L’indigo ou fécule bleue est insoluble dans l’eau et inaltérable à l'air. Il contient de lindigotine, des matières minérales, une matière azotée, une matière colorante verte soluble dans l’eau, une résine rouge et du brun d'indigo. Projeté en poudre fine sur des charbons ardents, il produit des vapeurs pourpres et exhale une odeur désagréable. C’est à l’indigotine, qui est volatile sans résidu, que l’indigo doit ses propriétés colorantes. On le connait depuis les temps les plus anciens, mais c’est Marco Polo qui, le premier, a fait connaître qu'il provenait d’un végétal.
Le commerce distingue un grand nombre de sortes d’indigos.
L'indigo du Bengale, dit surfin bleu, est le plus beau. Il happe à la langue, prend un beau poli cuivré quand on le frotte avec l’ongle. Sa pâte est fine, homogène, unie et d’un beau bleu violacé; sa cassure est à reflet bleu pourpre ; il contient de 60 à 62 pour 100 d’indigotine. L’indigo de Java est aussi très homogène, fin et léger, mais il ne donne pas de reflet cuivré quand on le frotte avec un corps dur. L’indigo de Madras est le moins riche des indigos de l’Inde; on l’emploie principalement pour teindre‘en bleu les toiles dites toiles de Guinée. L’indigo de Coromandel est le plus difficile à casser de tous les indigos. L'Inde est le plus grand marché de l’indigo.
L’indigo de Guatemala et l’indigo du Salvador, de premier choix, appelés flor, ont beaucoup de rapport avec l’indigo du Bengale. Leur couleur bleue est très belle; ils donnent un beau reflet violet et doré, lorsqu'on les frotte avec l’ongle.
L'indigo d'Egypte et l'indigo de Cochinchine sont de qualité secondaire ; le premier contient souvent du sable. L’indigo du Sénégal renferme aussi ordinairement une certaine quantité de matières terreuses.
Les cendres, dans les indigos de première qualité, ne dépassent pas de 7 à 9 pour 100.
En général, les variétés d'indigos se classent comme suit, selon leur qualité : bleu surfin, fin bleu, bleu violet, surfin violet, violet rouge, rouge el cuivré.
On falsifie les indigos avec l’amidon, largile calcaire, le bleu de Prusse, le sous-oxyde de plomb, la laque de Campèêche, etc. GE.
INDIVIDU (z0o0technie). — L'individu est l’unité dans la race, chez les êtres organisés, animaux ou végétaux. Il se distingue des autres unités de même espèce ou de même sorte, par des caractères qui lui sont exclusivement propres et qui le font reconnaître. C’est pourquoi ces caractères sont qualifiés d’individuels. Si rapprochés qu’ils puissent être par la parenté, jamais deux sujets ne se
INDIVIDUALITE
montrent complètement semblables. S'ils sont de même espèce ou de la même race, leurs caractères spécifiques sont identiques (voy. ESPÈCE). Ils peuvent être aussi, dans leur race, de la même variété, et alors ils ont de cette variété, l’un et l’autre, les traits caractéristiques de forme, ou de couleur, ou d'aptitude. Malgré cette communauté aussi complète que possible, ils n’en restent pas moins différents l’un de l’autre, par un certain nombre de traits, soit de forme, soit de couleur, qui s’opposent à ce qu'ils puissent être confondus et qui constituent le signalement individuel.
La race qui, chez les êtres vivants, représente et perpétue l'espèce par sa population, n’est donc pas seulement un groupe d'unités, comme il en est pour les espèces de corps bruts. Dans un kilogramme de sel cristallisé, par exemple, tous les cristaux composants peuvent être semblables jusqu’à l’identité. Chacune des unités du groupe vivant est un individu qui, par la reproduction, ne peut pas se répéter entièrement. Quelle que soit sa puissance héréditaire individuelle (voy. HÉRÉDITÉ), l’être issu de lui sera lui-même infailliblement marqué d’un ou de plusieurs traits propres, par lesquels il se distinguera de son procréateur. Ce qui fait que l'individualité est une réalité naturelle, au même titre que l'espèce, et non pas seulement une notion convenue pour la commodité du discours.
Les caractères distinctifs de l'individu se tirent de la taille, du volume total du corps ou de quelques-unes de ses parties, de la longueur, du diamètre, de la direction ou de la couleur des poils, aussi de la répartition de leurs couleurs différentes ou de la nuance de ces couleurs. Dans les races ou les variétés concolores (d'une seule couleur), les plus faciles à saisir sont fournis par ce qu’on nomme des particularités de la robe ou du pelage (voy. ROBES). Dans les bicolores ou les tricolores, c’est l’étendue proportionnelle des couleurs qui caractérise le mieux l'individu, à première vue. Les autres traits exigent un examen plus attentif.
En zootechnie, la notion d’individu et la définition de cette notion ne sont pas seulement des nécessités de science pure, des connaissances ayant pour unique objet de satisfaire une légitime curiosité des réalités naturelles. Elles ont une importance pratique de premier ordre, qui a été trop souvent méconnue, au bénéfice de la notion de race, dans les dissertations théoriques sur l’exploitation des animaux. Même quand nous visons la race, nous ne pouvons l’atteindre que par l’intermédiaire des individus qui la composent, et c’est évidemment sur ceux-ci que nous devons agir d'abord. Il faut songer aussi que la race n’est point l’objet de notre exploitation, mais bien l'individu lui-même ou un certain nombre d'individus, et que, dans beaucoup de cas de cette exploitation, la considération de race n'importe en aucune façon. Que nous fait, par exemple, la race d’une vache exploitée comme laitière ? Ce qui doit nous préoccuper uniquement, c’est qu’elle soit un individu puissant par sa faculté de lactation. De même pour un cheval employé comme moteur animé. L’individu le plus fort d'une race quelconque, ou celui qui nous produira le kilogrammètre au plus bas prix de revient, méritera notre préférence. L'individualité (voy. ce mot) prime donc, dans la plupart des cas de la pratique, par son importance, celle de la race, sur laquelle tant de gens qui se targuent volontiers d’être des praticiens insistent surtout. C’est, en conséquence, à l’étude approfondie des individus, qu’il faut d’abord s’appliquer, pour se mettre en mesure de faire de la zootechnie véritablement pratique. Sans cette étude, le reste demeure dans le domaine de l’abstraction, et reste dépourvu d'utilité. ‘A.S.
INDIVIDUALITÉ (zootechnie). — En français, le mot individualité exprime seulement l’état de
INDIVIDUALITÉ
l'individu. Dans le langage zootechnique, il a une signification plus restreinte et tout à fait spéciale. Ce mot exprime l’ensemble des qualités physiologiques de l'individu, d'où dérivent ses aptitudes zootechniques, plutôt que: le caractère ou les caractères superficiels qui le font distinguer parmi les autres unités de même ordre (voy. INDIVIDU). L’individualité ne sert pas uniquement à la définition zoologique de l'individu, elle détermine, en outre, sa valeur pratique. Et, en ce sens, comme il a été dit, la notion est au nombre des plus importantes, car les individus sont exploités, avant tout, pour leur individualité; la considération de la race à laquelle 1ls appartiennent ne vient qu’au second rang.
Cette notion a été méconnue pourtant de la plupart de nos devanciers ; et c’est à cela principale-ment qu’il faut attribuer le caractère peu pratique des solutions qu’ils ont préconisées pour les problèmes zootechniques. Elle l’a été surtout par les chimistes qui ont ouvert la voie des recherches expérimentales sur les animaux, par quoi presque tous les résultats de ces recherches sont entachés d'erreur. Ils ont attribué aux conditions extrinsèques de leurs expériences des différences dues simplement à l’individualité des sujets sur lesquels ils opéraient. C’est ce que nous voyons encore fréquemment, de la part d’expérimentateurs mal renseignés, encombrant la science de résultats sans valeur. C’est pourquoi il importe tant de mettre bien en évidence cette influence de l’individualité sur les phénomènes physiologiques et de mesurer l’ordre de grandeur des écarts qu’elle y détermine. Expérimenter sur deux individus avec la croyance qu'ils se comporteront comme deux vases inertes, sans réagir sur les phénomènes qu’il s’agit d’étudier, ou les exploiter avec la conviction qu’en les traitant de la même façon on obtiendra nécessairement les mêmes résultats, c’est s’'exposer sûrement aux illusions les plus dangereuses ou aux mécomptes les plus euisants. Dans l’état de la science, rien n’est plus facile que d’en fournir la démonstration.
Il ne peut pas être question des caractères individuels immédiatement visibles, comme, par exemple, l'étendue et la forme des mamelles, la longueur et le diamètre des brins de laine, le volume et la longueur des muscles, la consistance de la peau et l'abondance du tissu conjonctif sous-cutané qui déterminent des différences d’aptitude. Ces caractères-là sont de connaissance vulgaire. Tout le monde sait que toutes les vaches de même variété ne sont point laitières au même degré, que tous les moutons d’un même troupeau ne portent point des toisons de même finesse et de même poids, que tous les chevaux de même race ne se montrent point capables de trotter à la même vitesse ou de déplacer la même charge, et que tous les bœufs de même origine ne s’engraissent point avec la même facilité, avec la même alimentation. Ce sont des bases de sélection bien connues. Il n’en est pas ainsi pour d’autres manifestations de l’individualité, que l’expérimentation éclairée a pu seule révéler et qui, pour ce motif, sont restées ignorées du plus grand nombre des observateurs. On va voir, cependant, qu’elles n’ont pas une moindre importance.
Les faits qui mettent hors de doute ces manifestations ont été pour la plupart constatés par les expérimentateurs allemands. Un des plus démonstratifs résulte d’une longue série de recherches poursuivies à la station de Moeckern, par Gustave Kühn, avec le concours de ses assistants, en vue d'étudier l'influence de l'alimentation sur la production du lait chez les vaches. Le lait des vaches d'expérience a été analysé chaque jour. Les deux premières étaient des Hollandaises, dont l’une pesait 504 kilogrammes et l’autre 506 kilogrammes. L’une avait vêlé le 7 et l’autre le 17 décembre 1869. Elles
INDIVIDUALITÉ
étaient donc dans des conditions aussi semblables que possible. Chez la première, le minimum jour-— nalier de matière sèche dans le lait a été de 10,59 pour 100, celui de beurre de 2,69; le maximum, 11,35 pour la matière sèche et 3,19 pour
le beurre. Chez la deuxième, les minima ont été:
10,43 et 2,59, les maxima 11,18 et 2,96. L’expé-
rience avait duré quinze jours. Les deux vaches.
recevaient exactement la même ration, dont la composition avait été déterminée par l'analyse. Tout était donc semblable entre elles, hormis ce
qui dépend de l’individualité, et celle-ci s’est ma--
nifestée par une différence dans la composition du
lait, qui a été beaucoup moins riche chez la seconde :
vache. Sur 11,18 de matière sèche, le lait de celle-ci ne contenait que 2,96 de beurre, tandis que celui
de l’autre en contenait 3,19 sur 11,35. Les mamelles .
avaient donc la faculté d'élaborer du lait de com— position différente, plus riche en beurre, puisque, pour une différence de 0,17 sur la matière sèche totale, il y en a eu une de 0,23 sur le beurre.
Avec deux vaches de Voigtland, dans les mêmes conditions, les minima ont été de 11,15 et 2,21, et
les maxima de 11,82 et 3,44 pour l’une, les minima :
de 12,44 et 3,35, les maxima de 13,28 et 4,38 pour
l’autre. Le fait est ici encore plus accentué. La :
différence de matière sèche totale est au maximum de 1,46, celle du beurre est de 0,94 seulement.
L'individualité se manifeste principalement par læ. proportion de matière sèche totale. Cette richesse :
étant au maximum de 11,82 pour 100 chez la pre-
mière vache, elle est au minimum de 12,44 chez la .
seconde. La richesse moyenne du lait de celle-cx étant 12,86, celle de l’autre n’est que 11,48, soit une différence de 1,38, qui est considérable.
G. Kühn a encore expérimenté sur deux vaches.
de Dessau, dont l’une a donné du lait contenant au minimum 10,92 de matière sèche et 2,81 de beurre pour 100, au maximum 11,82 de matière sèche et 3,44 de beurre; pour l’autre, les minima étaient 11,29 et 2,29, les maxima 12,04 et 3,40. Les richesses moyennes étaient, en ce cas, 11,37 pour
la matière sèche et 3,12 pour le beurre chez la. première vache, 11,66 et 3,16 chez la seconde. Icx
l'individualité s’est peu accentuée dans la qualité du lait. On ne peut cependant pas mettre sur le
compte des incertitudes d'analyse les petites diffé— -
rences conslatées.
Du reste, le fait scientifiquement constaté de la : sorte a été de tout temps reconnu par les praticiens, qui qualifient certaines vaches de beurrières,
par rapport aux autres de la même variété, le lait de ces vaches se montrant toujours, mêmes conditions de régime, plus crémeux que
dans les :
celui des autres. Ils savent aussi que certains indi- vidus, soumis au traitement commun à tous ceux de leur race et même de leur famille, tirent ur .
meilleur parti de leur alimentation. Ils ont une
expression pour les désigner : ils disent d'eux que : ce sont des animaux de «bonne nature». Nous :
constatons chaque année des faits de ce genre dans : le troupeau de l'Ecole de Grignon, dont tous les: jeunes sujets de même âge reçoivent la même:
ration alimentaire. Quelques-uns, recueillis avec-
précision, vont être cités comme exemples.
Un agneau Southdown né le 20 mars pesait le
20 mai 19 kilogrammes; le 20 janvier suivant, il :
avait atteint le poids de 58 kilogrammes. Un autre, , né le 24 mars, a pesé le 20 mai 20 kilogrammes et
le 20 janvier 72 kilogrammes. Entre la première
et la seconde pesée, la différence a été, comme on -
voit, de 39 kilogrammes pour l’un et de 52 kilogrammes pour l’autre. Cependant au début, après le sevrage, celui-ci ne pesait qu’un kilogramme de plus. Un autre, né comme lui le 24 mars, ne pesait le 20 mai que 17 kilogrammes. Le 20 janvier suivant
il a pesé 60 kilogrammes. Un quatrième, né deux . jours auparavant, pesait le 20 mai 23*,500 et le :
INDIVIDUALITÉ
20 janvier 79 kilogrammes. Il avait donc gagné pour le même temps 19 kilogrammes de plus que le précédent. Un cinquième, pesant lui aussi 23,500 le 20 mai, n’a pesé le 20 janvier que 62 kilogrammes, soit 17 kilogrammes de moins. Ces deux derniers sujets, pesés une dernière fois le 20 avril, ont donné, l’un 80,500 et l’autre 94 kilogrammes.
Les mêmes écarts ont été constatés pour les jeunes femelles. Une, qui était née le 10 mars, pesait le 20 mai 21 kilogrammes ; le 20 avril de l’année suivante elle a pesé 55 kilogrammes. Une autre, née le 19 mars, pesait le 20 mai 23 kilogrammes ; le 20 avril elle a pesé 70 kilogrammes ou 15 kilogrammes de plus que la première, bien que la difiérence initiale ne fût que de 2 kilogrammes. Une troisième agnelle née le 10 mars pesait le 20 mai 18 kilogrammes; le 20 avril elle était arrivée à 06 kilogrammes, tandis qu’une quatrième, née treize jours plus tard, pesait le 20 mai 19,800 .et atteignit le 20 avril 67 kilogrammes, c’est-à-dire 11 kilogrammes de plus.
Le régime ayant été le même pour tous ces su- Jets, il est clair que les différences constatées ont dépendu seulement de l'aptitude individuelle à utiliser les aliments. Weiske ayant observé, dans le troupeau du domaine de Proskau, des faits semblables, a voulu savoir s’il s'agissait seulement d’un appétit plus grand ou d’une plus forte puissance digestive. Trois jeunes béliers Southdowns de ce troupeau furent mis en expérience avec les précautions usitées en pareil cas, et l’on fit pour chacun le bilan de sa digestion, en analysant, comme de coutume, les aliments et les déjections, de façon à déterminer les coefficients digestifs. L'expérience ayant duré huit jours a conduit aux résultats suivants, que l’auteur donne avec quatre décimales, selon la manie allemande. Nous nous contenterons de tenir compte des deux premières, qui sont largement suffisantes pour mettre le phénomène en évidence. |
Pour le bélier n° 1, les coefficients digestifs ont été 0,60 quant à la substance organique totale; 0,56 pour la protéine; 0,60 pour les matières solubles dans l’éther; 0,68 pour les extractifs non azotés et 0,41 pour la cellulose brute.
Le n° 2 a digéré 0,67 de la substance organique totale ; 0,56 de la protéine; 0,72 des matières solubles dans l’éther ; 0,73 des extractifs non azotés et 0,55 de la cellulose brute.
Le n° 3 a digéré 0,62 de la substance organique totale ; 0,57 de la protéine; 0,73 des matières solubles dans l’éther ; 0,69 des extractifs non azotés et 0,18 de la cellulose brute.
Il ressort nettement de ces chiffres que, pour tous les principes immédiats constituants de l’alimentation, chacun des trois sujets a montré une puissance digestive différente et conséquemment individuelle. Le fait est d’ailleurs général (voy. DIGESTION). Mais il ne gouverne pas à lui seul le phénomène en question. Les aliments digérés en plus forte proportion ne sont pas nécessairement utilisés au plus haut degré. En effet, dans la recherche de Weiske, le bélier n° 1 avait gagné une moyenne de 147 grammes de poids vif par jour, le n° 2 une de 176 grammes et le n° 3 une de 235 grammes. Le premier est arrivé à ce résultat avec 939 grammes de substance sèche digérée, le deuxième avec 997 grammes et le troisième avec 828 grammes. Le bélier n° 2 a done montré, en outre d’une plus grande puissance digestive,.un effet utile plus élevé de la substance digérée. C’est le contraire pour le n° 3, dont l'aptitude productive s’est montrée relativement la plus faible. Ces différences ne peuvent être attribuées qu’à l’individualité.
On n’a, du reste, que l'embarras du choix pour mettre celle-ci en évidence, en ce qui concerne la puissance digestive, où sa considération est de si grande importance pratique. Les résultats si nom-
INDRE
breux des recherches allemandes que nous possédons maintenant, par les écarts qu'ils montrent, fournissent à cet égard un enseignement surabondant. Pour la digestibilité de la protéine du foin de pré, par exemple, consommé par les bœufs, Henneberg et Stohmann onttrouvéle coefficient 0,64 ; Henneberg, G. Kühn, H. Schultze et Aronstein, les coefficients 0,56, 0,70, 0,61 et 0,71; G. Kühn, Aug. Schmidt et B.-E. Dietzel, les coefficients 0,60, 0,62, 0,58 et 0,63. Chez les vaches, G. Kühn et M. Fleischer ont trouvé les coefficients 0,91, 0,54, 0,59. A l'égard des proportions de cellulose digérée, les écarts entre les résultats constatés parles mêmes auteurs sont encore plus grands. Dans les mêmes cas, les coefficients ont été 0,57, 0,65, 0,60, 0,64, 0,68, 0,72, 0,71, 0,70, 0,59, 0,64; et dans ces cas les sujets avaient été, bien entendu, choisis aussi semblables que possible. Les exemples pourraient être beaucoup multipliés, et tous montreraient combien il importe de se tenir en garde contre les généralisations abusives auxquelles se laissent trop facilement entrainer ceux qui n’ont sur ces sujets que des notions superficielles, en ayant toujours: présente à l'esprit celle sur laquelle nous insistons ici.
Aussi convient-il, croyons-nous, de répéter ce que nous en avons dit dans notre Trailé de z00technie, après l'exposé des faits précédents. Dans la pratique, il ne peut pas suffire de considérer la race ni même les antécédents de la famille, ainsi que l’ont préconisé nos devanciers les plus avancés, et que s’y conforment les éleveurs et les exploitants d'animaux réputés les plus progressistes. Pour opérer à coup sûr, il importe encore, évidemment, de ne point négliger de tenir compte de l'aptitude individuelle. Plus nous avançons dans nos études scientifiques et expérimentales, plus nous inclinons, pour notre compte, à lui accorder la prééminence sur toutes les autres considérations. Et c’est pourquoi nous insistons pour mettre en pleine lumière la réalité de la loi naturelle dont elle dépend. Le point sur lequel il importe le plus que l’on soit bien mis en garde par la notion précise de cette loi, c’est celui qui concerne le jugement à porter sur les résultats des recherches analytiques relatives à l'alimentation, dont la valeur générale est d’ailleurs si grande pour quiconque sait les interpréter et les approprier aux Cas particuliers. ë
Dans l'institution des expériences du genre de celles dont nous parlons, il peut être considéré comme à peu près impossible d'éliminer complètement l'influence qu'exerce, par la nature même des choses, l’individualité des sujets choisis. Bon nombre de résultats, devenus classiques en France et répétés comme tels par tous les auteurs, et d’autres plus récemment obtenus, sont à rejeter purement et simplement pour ce motif. Seules les valeurs moyennes tirées d’un grand nombre de recherches effectuées sur des individus différents méritent quelque confiance, parce qu’il y a probabilité suffsante pour la neutralisation des influences individuelles agissant dans des sens opposés. Nul ne peut présenter ces valeurs comme absolues, ct aucun savant véritable n’a jamais prétendu qu'il
puisse en être fait usage utilement sans avoir égard
aux circonstances variables, dont l'individualité même du sujet de leur application est la principale.
-Ces valeurs, ainsi que nous l'avons fait remarquer
depuis longtemps, ne sont que des points de repère pour guider la pratique de l’alimentation des animaux; elles ne sauraient dispenser des qualités qui font le praticien habile, du tact sensé qui fait l'observateur attentif et judicieux. AS
INDRE (DÉPARTEMENT DE L’) (géographie). — Le
département de l'Indre a été formé, en 1790, aux -
dépens du Berry, de l’Orléanais, de la Marche et de la Touraine. Le Berry a fourni à lui seul,
610 000 hectares ; l’Orléanais, 50000 ; la Marche,
moins de 15000 et la Touraine, 4500 seulement.
a du duc ©
INDRE
Il est traversé, du nord au sud, dans le sens du méridien, à l’ouest d'Ecueillé, de Buzançais, de Saint- Gaultier, de Saint-Benoit du Sault, à l’est de Châtillon, de Mézières en Brenne, de Bélàbre, par le premier degré de longitude à l’ouest de Paris. Dans le sens opposé, de l’ouest à l’est, il est coupé, au nord de Châtillon, de Levroux, d’'Issoudun, par le quarante-septième degré de latitude septentrionale. Il est borné : au nord, par le département de Loir-et-Cher ; à l’est, par le département du Cher ; au sud, par les départements de la Creuse et de la Haute-Vienne ; à l’ouest, par les départements de la Vienne et d'Indre-et-Loire. Sa superficie est de 679 530 hectares. Sa longueur, du nord au sud, du cours du Cher à l'entrée de la Creuse dans le département, est d’un peu moins de 100 kilomètres ; dans sa plus grande largeur, de l’ouest à l’est, de la vallée de l'Anglin à la frontière du département du Cher, il a aussi 100 kilomètres. Son pourtour, en ne tenant pas compte des sinuosités secondaires, est de plus de 400 kilomètres.
Le département est divisé en 4 arrondissements comprenant 23 cantons et 245 communes. L’arrondissement d’Issoudun occupe le nord-est, celui de Châteauroux le nord-ouest et le centre, l'arrondissement du Blanc l’ouest et le sud-ouest, celui de La Châtre le sud-est et le sud.
C’est par la Loire que le département déverse toutes ses eaux dans l'Océan. Elles arrivent à ce fleuve par le Cher, l'Indre et la Vienne. 172 000 hectares appartiennent au bassin du Cher, 192 000 au bassin de l'Indre et 315 000 au bassin de la Vienne.
Le Cher n'appartient au département de l'Indre que sur un cours de 13 kilomètres ; il sépare alors ce département de celui de Loir-et-Cher et baigne Chabris. Il reçoit l’Arnon, le Fouzon et le Modon.
L'Arnon n'appartient à l'Indre que pendant 4 à 5 kilomètres, près de Ségry, puis comme frontière avec le Cher pendant 8 kilomètres, de Saint-Georges à Migny; il se jette dans le Cher près de Vierzon, après avoir reçu la Théols et l’'Herbon. La Théols, avant de joindre l’Arnon, reçoit la Grande Thonaise et la Petite Thonaise, le Liennet, le Couseron, la Vignole et la Tournemine; son cours est de 45 kilomètres. Le Fouzon arrose Dun-le-Poëlier, se grossit du Renou, et du Nahon qui arrose Valençay, après avoir recueilli le Moulin. Le Modon n’est un ruisseau qui traverse l'étang de Luçay-le-
âle.
L’Indre a environ \a moitié de son cours dans le département. Cette rivière y entre après un cours de 4 à 5 kilomètres et le traverse ensuite du sudest au nord-ouest. Elle reçoit la Taissonne, le ruisseau des Palles, passe à La Châtre. Elle s’unit ensuite à l’/gneray, puis à la Vanvre ; plus loin, elle remplit l'étang d’Ardentes, et passant à une petite distance de la forêt de Châteauroux, va baigner Déols, où elle reçoit l’Angolin et arrose Châteauroux. Au delà de Saint-Maur, à Villedieu, où tombe la Trégonce, à Buzançais, sa vallée de prairies, bordée de coteaux peu élevés, sépare la Champagne de la Brenne. Après avoir reçu le Gravot, recueilli l'Oxance, la rivière quitte le département pour entrer dans celui d’Indre-et-Loire.
Tout le reste du département se draine, par la Creuse, dans la Vienne. La Vienne ne touche point, en effet, le territoire du département.
La Creuse entre à quelques kilomètres au sudest d'Eguzon; elle passe à Argenton, au pied de Saint-Marcel, à Saint-Gaultier, au Blanc, à Fontgombault et à Tournon. Son cours dans le département est de 100 kilomètres environ. Elle reçoit la Gargilesse, la Bouzanne, le Suin, la Gartempe ct la Claise, ces deux dernières, en dehors du département qui lui portent les eaux d’une partie des arrondissements du Blanc et de Châteauroux.
La Bouzanne passe à Cluis, à Neuvy-Saint- Sépulcre, reçoit l’Auzon et le Gourdon. Au confluent
INDRE
de ce dernier ruisseau, elle n’est qu’à 5 kilomètres de la rive gauche de l'Indre ; elle tourne alors au nord-ouest, puis à l’ouest et enfin au sud-ouest. Grossie du Crézançais, elle coule un moment dans la Brenne, où elle reçoit les eaux d’un certain nombre d’étangs.
La Gartempe porte à la Creuse les eaux de l’'Anglin, qui reçoit lui-même le Portefeuille, l’'Abloux, l’'Allemette, le Salleron et la Benaize.
La Claise est, par excellence, la rivière de la Brenne, qui y verse la plupart de ses étangs.
Les rivières, les ruisseaux, les étangs et les mares occupent dans le département une superficie de 14200 hectares. Les étangs ont été créés artificiellement ; les plus importants sont ceux de Bauregard, de Blizon, de Fontgombault, de Gabrière, etc.; ils sont, en général, situés dans la Brenne et une partie du Boischaud.
Le climat du département de l'Indre est tempéré ; il est sujet à des transitions brusques, mais peu sensibles. La température moyenne est de 20 degrés; celle de l'hiver, de 5 degrés. La chaleur la plus élevée varie entre + 27 degrés et + 34 degrés, et la température la plus basse entre — 5 degrés et — 13 degrés. L'été est ordinairement plus sec qu'humide. Les vents dominants sont ceux du nord-ouest, du sud-ouest et du nord-est. Il tombe annuellement 580 millimètres de pluie. La grêle est assez fréquente dans les cantons de Buzançais, de Mézières et d’Ardentes. La neige n’est abondante que dans les localités qui avoisinent les Marches.
Dans son ensemble, le département présente un immense plateau qui commence à Saint-Jean-du- Sault et s'incline de 230 à 90 mètres d’altitude vers le département de Loir-et-Cher. On y remarque deux chaînes de collines formées par les derniers rameaux des Monts d'Auvergne. La première, haute de 45 mètres, est située entre les vallées du Cher et de l'Indre ; la seconde, qui atteint 80 mètres, est comprise entre les vallées de l'Indre et de la Creuse.
Au point de vuc de l'aspect général, on distingue dans l'Indre trois régions bien délimitées : la Champagne, le Boischaud et la Brenne.
La Champagne est un vaste plateau calcaire jurassique, qui comprend les deux tiers de l’arrondissement d’Issoudun et une petite partie de l’arrondissement de Châteauroux, c’est-à-dire qu’elle a une superficie égale aux deux dixièmes de la surface totale du département. Cette plaine est monotone, mais fertile ; on y rencontre quelques bouquets de bois. Le sol est calcaire, argileux et profond; les grandes fermes y sont nombreuses.
Le Boischaud, ou pays bocager, occupe les arrondissements de Châteauroux, du Blanc, de La Châtre et un tiers de l'arrondissement d’Issoudun. Les petites exploitations ysont en grand nombre. Le sol est silico-calcaire argileux.
La Brenne, ou pays des étangs, est un vaste plateau qui part de la vallée de la Creuse et qui s’incline un peu vers l’ouest. Cette contrée était jadis couverte de forêts; mais au treizième siècle, les étangs remplacèrent les bois. La Brenne à une superficie de 80 000 hectares dont 10 O0 hectares de marais. Elle est située au nord du Blanc, entre la Creuse et l'Indre. Cette contrée, appelée aussi Sologne berrichonne, est peu productive, froide et malsaine. Son sol manque de calcaire et repose sur un fond presque imperméable.
L’arrondissement de Châteauroux est traversé
ar trois vallées principales; les bois y couvrent près de 40 000 hectares ; la partie méridionale renferme encore des landes et des étangs ; on y remarque de belles prairies sur les bords de l'Indre; les coteaux d’Argenton présentent de beaux vignobles et les environs de Déols et de Châteauroux, de magnifiques jardins ; Chasseneuil possède des chàtaigneraices et Villedieu des houblonnières. L’arrondissement de la Châtre est plus accidenté.
INDRE
‘Quant à l'arrondissement d'Issoudun, il appartient à la Champagne. L’arrondissement du Blanc a tous les caractères qui distinguent la Brenne; la Vigne y occupe des surfaces importantes.
Au point de vue géologique, on rencontre les terrains primitifs, de transition, les terrains des -périodes secondaire, tertiaire et quaternaire.
Les terrains primitifs et de transition forment les ‘hautes vallées de la Creuse, de l’Anglin, de l’Indre -et de la Bouzanne. Ces terrains constituent la région . du Châtaignier. Il existe à Eguzon des schistes noirs graphiteux.
Les terrains secondaires comprennent le trias, le lias, l’oolithe et le terrain crétacé.
Le trias occupe une faible surface ; il existe sur- ‘tout entre Fougerolles et Néret et entre Chaillac et Cluis. Il est formé de marnes irisées, de grès et -de minerais de fer.
Le lias constitue les collines et les vallées. L’étage rhétien, dans la vallée de la Creuse, en amont d’Argenton, est directement superposé aux micaschistes; il est formé par quelques mètres de grès -et d’argiles rouges, auxquels est subordonné le gisement d'hématite de Chaillae et de Saint-Benoît du Sault. Aux environs de la Châtre, l’épaisseur du rhétien est de 40 mètres, on y observe des amas de jaspe. Dans la vallée de la Creuse, entre Eguzon et Argenton, l’hettangien n’est représenté que par quelques mètres de calcaires sans fossiles. Le siné- -murien, dans l'Indre, est surtout formé par des marnes et par des argiles. Le liasien débute par -une. oolithe ferrugineuse à laquelle succèdent des marnes argileuses avec des nodules phosphatés. En-
-suite viennent des marnès calcaires et un calcaire |
ocreux. Près d’Argenton, le liasien renferme de : remarquables échantillons siliceux de Spiriferina. Quant au toarcien, il débute par une couche à nodules phosphatés et se termine par des marnes et - des calcaires. A Celon, on trouve un calcaire hydraulique qui appartient au système liasique. Les terrains oolithiques se rencontrent dans Îles “vallées de la Creuse, de l'Indre, de l’Anglin, de la Bouzanne et sur quelques plateaux entre ces vallées. “Dans la vallée de la Creuse, à Argenton, le bajo- -cien se compose de calcaires griset jaunes, très durs, caverneux, avec silex noirs ou gris, tantôt en -rognons, tantôt en plaques tuberculeuses. Le vésu- -lien est à l’état de calcaire marneux blanc jaunûtre. Le bathonien devient tout entier calcaire; dans la vallée de la Creuse, il est blanc, souvent compact, parfois à grosse oolithe et renfermant de nombreux polypiers. Les carrières de Saint-Gaultier appartiennent à cet étage, qui se poursuit à J’ouest, près du Blanc. Le callovien est formé d’une lumachelle siliceuse, et supporte 8 mètres de marnes pyri- ‘teuses, recouvertes par ? mètres d’une marne pyri- ‘teuse à rognons. À Villemougin, l’étage oxfordien disparaît complètement ; mais le callovien reparaît sur les bords de la Creuse; il forme au-dessus d'une mince couche de calcaire blane compact, une masse puissante de calcaires blancs irréguliers, oolithiques. Au Blanc, le callovien supporte des -calcaires à silex où des fossiles de l’oxfordien supérieur sont associés aux oursins du corallien in- ‘férieur. Le corallien est constitué par des marnes blanches à spongiaires qui établissent le passage entre le rauracien et le séquanien; ces marnes «s'étendent sur 30 kilomètres de largeur, entre Chà-
teauroux et Levroux. En descendant la vallée de la |
Creuse, on observe des escarpements pittoresques “formés par le corallien grumeleux, puis des calcaires plus tendres, exploités au nord de Fontgom- -bault, enfin des calcaires à Nérinées, bientôt mas- -qués par le crétacé.
Le terrain crétacé est limité entre Ecueillé, Le- “wroux et la vallée du Cher.
Le terrain tertiaire couvre de grandes surfaces dans la Brenne et sur le plateau situé entre l’An-
INDRE
glin et la Creuse. Les terrains quaternaires se trouvent dans les vallées.
La superficie de l'Indre est de 679530 hectares. Voici comment elle est répartie, d’après le cadastre, achevé en 1844:
hectares Terres labourablés "Ms ME 312193 Prés D uen OR ete 2 Re 91 882 Vignes EN CRT RCE MEL R RS 17555 BOIS. LV RE MR PNR NT MRREUIRE 72737 Vergers, pépinières, jardins .......... 4719 Oseraies, aulnaies, saussaies.......... 2 Carrières et mines ......... ne TR 172 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 338 Landes, pâtis, bruyères, etc........... 72 665 Étanps" à LUN Luttes OR 10580 Châtaigneraies?. #9. (SR SUR 2 996 Propriétés baties.6 2.24 Te cÈ 2 413 Total de la contenance imposable..... 6489282 Total de la contenance non imposable... 31 248 Superficie totale du département....., 679530
La superficie desterres labourables représentait done, à cette époque, 55 pour 100 de la surface totale ; celle consacrée aux Vignes était de 3 pour 100 et celle plantée en bois était de 10 pour 100.
Le tableau qui suit indique l’étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882 :
TS
ÉTENDUE RENDEMENT ETENDUE RENDEMENT
hectares hectol. hectares hectol.
Froment.... 85816 (AS 112 897 18,170 Méteil.:.... 9 142 9,27 3 483 47,30 Seigle...... 21 809 49,61 14643 17,36 Orge 34354 17,93 18857 17,55 Avoine....., 69089 49,37 85 032 29,97 SATrASIT ee 3 392 15,24 2200 48,05 MAIS RE 7 29,2% 210 20,00 Millet" » » 3120029 00
D’après ces chiffres, la surface totale consacrée aux céréales était de 220 209 hectares en 1852. Dix ans après, en 1862, elle n'était plus que de 218 955 hectares. D’après la statistique de 1889, elle s'élève à 237 359 hectares, soit 17 150 hectares de plus qu’en 1852, ou 7 pour 100 en plus.
Le Froment et l’Avoine gagnent des surfaces considérables. De 85 816 hectares en 1852, le Froment
| était passé à 96976 hectares en 1862, il occupe
112 897 hectares en 1882, soit 27083 hectares de plus qu’en 1852. L’Ayoine gagne 15943 hectares. Par contre, le Méteil perd 2000 hectares environ, le Seigle 7000, l’Orge 16 000 et le Sarrasin 1000.
Les rendements ont notablement augmenté : le gain est de 7 hectolitres pour le Froment, de 8 pour le Méteil, de 5 pour le Seigle, de 10 pour l’Orge et pour l’Avoine.
Voici d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :
1852 1882 es. SES.
KTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de terres. tite 5293 65 h1. 86 11333 86 qx Betteraves ..… 314 162 qx 06 456% 320 qx Légumes secs. 1586 10 h1. 97 1764 17 hl. 50 Racines et légumes divers 436 130 qx 63 1646 200 qx BGhainyieeee 4 440 6 h1. 46 434 9 h1.
Lin enr 138 9 }h1. 68 » »
COIZA RTE 925 10 h1. 70 924 43 hi. 81 Houblon..... » » 4 7 qx
INDRE
La culture des Pommes de terre s'étend sur une surface double de celle occupée en 1852: dès 1862, cette culture occupait déjà 8402 hectares. Les Betteraves, qui n’occupaient que 314 hectares en 18592, sont cultivées, en 1882, sur 4564 hectares ; le rendement a doublé. Les légumes secs occupent à peu près la même surface; les 1764 hectares cultivés en 1882 se décomposent ainsi :
roles, 367 hectares; Haricots, 912 hectares ; Pois, 451 hectares ; Lentilles, 34 hectares. Pour les racines et légumes divers, il y a augmentation de 1200 hectares; en 1882, les 1646 hectares cultivés comprennent 383 hectares de Carottes, 2 hectares de Panais, 714 hectares de Navets et 547 hectares de légumes divers. Le Lin n’est plus cultivé, le Chanvre a perdu 1000 hectares; par contre, le Colza occupe la même surface qu'en 1862. De plus, en 1889, il y à 4 hectares de Houblon.
La statistique de 1852 évalue à 89714 hectares la superficie des prairies naturelles du département; sur ce chiffre, 17550 hectares étaient irrigués. En 1862, la superficie des prairies naturelles n'était plus que de 85 069 hectares, dont 19 885 hec-
tares irrigués. D'après la statistique de 1882, cette | ; À | les cépages rouges, il faut citer le cof rouge, le
surface est de 57 712 hectares, répartis ainsi :
hectares Prairies naturelles irriguées par les crues DO MERS En sir va dune ete pes 32196 Prairies naturelles irriguées à l’aide de tra- MAUR EDR AUX 2 2e à de daias à mo de 11 862 Prairies naturelles non irriguées....... .. 13654
On compte de plus, en 1882, 8973 hectares de prés temporaires et 16346 hectares d’herbages pàturés, dont 12392 d’herbages de plaines ct 3710 d’herbages de coteaux.
En 1852, les prairies artificielles occupaient 24309 hectares; en 1862, la surface qui leur était consacrée était de 27 577 hectares, auxquels il faut ajouter 3668 hectares de fourrages verts. En 1889, il y avait 37 367 hectares de prairies artificielles et 11768 hectares de fourrages verts ainsi répartis :
hectares
TECDOSRENE ir NTI ir sa Npe 93 190 USENET ER EN NET Ro EE Te 5338 Sn ice DORE DE ne ee 7466 Mélanges de Légumincuses......... SF 178
37 367 NOÉSCESTE IT TANIETOS ES. ar UT creer 4S41 Trèfle incarnat...... RE CN LR 4485 DAS MOUTIA BE SE rec eva ose 1524 COS PR Re Belin à ie 897 D'ORIENT Poele same muni ame e «4 21
D’après ces chiffres, les prairies artificielles s’'étendraient sur 13058 hectares de plus qu’en
Les terres labourables qui, à l'époque de la
confection du cadastre, en 1844, comprenaient
3712 123 hectares, comptaient, en 1852, 375 772 hec-
tares. En 1862, elles comprenaient 376 787 hec- .
tares, et d’après la statistique de 1882 elles s’étendraient sur 427286 hectares, soit, depuis la confection du cadastre, un accroissement de 55 163
hectares. En 1844, elles formaient 55 pour 100 de |
la surface totale du département ; aujourd’hui, elles en occupent 63 pour 100.
Les landes ou brandes couvrent encore de grandes étendues dans les arrondissements de la Châtre, du Blanc, d’Issoudun et de Châteauroux.On les divise en trois classes : les brandes blanches qui produisent surtout la Bruyère à balais (£rica scoparia) ; les brandes noires sur lesquelles végète presque exclusivement la Bruyère commune (Erica vulgaris)
Fèves et Féve- |
INDRE
et les brandes jaunes, qui sont les meilleures et sur lesquelles on rencontre l’Ajonc nain et la Fougère. La Vigne couvre une surface assez importante dans les arrondissements d’Issoudun et de Châteauroux. En 1852, la Vigne n’occupait que 17 369 hectares; en 1862, la surface qui lui était consacrée atteignait déjà 920 003 hectares. D’après la statistique de 1882, on trouve dans le département de l'Indre 26129 hectares de Vignes répartis ainsi :
hectares Vignes en pleine production........... 22 907 Vignes nouvellement plantées.......... 2 860 Vignes avec cultures intercalaires...... 362
D'après l'enquête du service du Phylloxéra pour l'année 1886, la superficie plantée en Vignes serait de 26475 hectares, sur lesquels 19 000 seraient attaqués par le Phylloxéra. Le département aurait perdu 7000 hectares depuis l'apparition du terrible puceron. Enfin, 100 hectares seraient défendus au moyen du sulfure de carbone et 31 auraient été
| reconstitués à l’aide des cépages amérieains.
Les cépages cultivés sont très nombreux. Parmi
leinturier, le lyonnuis, le liverdun, etc.; parmi les cépages blancs, les plus répandus sont le gros blanc, le plant d'Anjou, le gouai, le meslier.
Les Vignes de la partie nord-est du département occupent des terres argilo-càlcaires reposant sur un tuf calcaire compact; celles d’Issoudun sont sur l’oolithe; enfin, les Vignes du canton de Valençay occupent des sols appartenant au terrain crétacé inférieur. Les vins récoltés sont un peu légers ; les meilleurs sont ceux d’Issoudun, de Brion, de Vicq-sur=Nahon, de Veuil, de Latour-du-Breuil, de Concrémiers et de Saint-Hilaire.
Les Châtaigniers occupaient 230%"hectares en 1852 et seulement 1969 hectares en 1862. Ils sont surtout répandus dans la partie méridional® du département ; ilS eccupent les terrains silico-graveleux ou les sols schisteux micacés.
Le Noyer est cultivé sur les sols calcaires. Aux environs de Buzänçais, on cultive dans les jardins l’'Amandier à coque tendre. Les Pommiers à cidre végètent bien sur divers points du département.
Les bois et forêts occupent, d’après la statistique de 1882, une surface de 86482 hectares, alors qu’en 1844, lors de la confection du eadastre, ils s’étendaient sur 72737 hectares seulement ; c’est une augmentation de 13745 hectares. Voici comment ils sont répartis, par nature de propriétaires :
hectares
Bois appartenant à l'Elat............., 10901 — — aux COMMUNES. ...... 2995 73286
aux particuliers......
C’est l'arrondissement de Châteauroux qui renferme la plus grande surface boisée ; viennent ensuite, par ordre d'importance, les arrondissements du Blanc, d’'Issoudun et de la Châtre. Les forêts les plus importantes sont celles de Gâtine et Garsenland, de la Vernusse, de Lancosme, des Corollans, de la Luzeraize. La forêt de Châteauroux appartient à l’État, elle à une contenance de 5144 hectares ; celle de Bommiers, qui lui appartient égale-
! ment, couvre 9061 hectares. Les essences les plus
communes sont le Chêne, l’Orme, le Frêne, le Hêtre, le Charme, le Châtaignier, l’Aune, le Peuplier et le Saule. Les morts bois sont le Genêt, la Bruyère, le Houx, le Buis et la Bourdaine.
Après cet exposé des cultures, il convient de dire quel est l’assolement le plus employé. Dans la Champagne et la Brenne, c’est la culture pastorale mixte qui est usitée. Dans le Boischaud, on a
: recours à l’assolement triennal suivant : jachère,
Blé ou Seigle, Avoine ou Orge. Dans la Champa-
INDRE
gne, la première année est consacrée à une jachère fumée, puis vient un Blé d'hiver, auquel succèdent une Orgeet une Avoine, et pendant deux années la terre reste en friche.
Les jachères occupent annuellement 110 000 hectares environ.
Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres des recensements de 1852, 1862 et 1882 :
41852 1362 1882 Chevaux. .:2..... Face 91413 97 003 24 993 Ànes et Anesses......,.. 89201 10 765 16697 Mulets et mules........ 1047 1 369 297 Bêtes bovines.......... 100 770 113946 141956 Bêtes ovines.,....... : 029 458 801 627 663 354 Bêtes porcines ......... 90 855 59 056 92 196 Bêtes caprines-. 1.7. 34812 44193 46241
L'espèce chevaline et les mulets ont diminué de 1862 à 18892, ef encore le nombre des chevaux existant en 1882 est-il supérieur de 3810 au chiffre des existences de 1852. Les chevaux légers, dits brandins, sont ëlevëés dans le Boischaud et la Brenne ; ils ont du fond et de l'énergie. La Champagne emploie des chevaux entiers comme animaux de frayail. Les mulets sont en décroissance sérieuse; ils viennent du Poitou. Le nombre des ânes et ànesses a doublé de 1892 à 1882.
Mais, dans l'espèce bovine, il y a un accroissement consilérable et continu de 1852 à 1882.
Le nombre des bètes bovines, qui était de 100 770, en 185%, était passé, en 1862, à 113 946; la statistique de 1882 évalue le nombre des existences à 141956, soit une augmentation de 41 186 têtes. Cette augmentation est due bien certainement à l'augmentation des fourrages artificiels, des Betteraves fourragères. Les bêtes bovines appartiennent à la race Parthenaise et à la race Limousine. Les jeunes bœufs sont vendus pour la Touraine, l'Anjou et le Maine. En 1882, il y avait, dans le département, 38 986 vaches laitières, qui ont donné 350 580 hectolitres de lait, représentant une valeur de 8 764 500 francs.
Le nombre des bêtes ovines, comme partout en Franée, a subi une diminution considérable. De 929 458 têtes en 1852, le nombre des bêtes ovines était descendu à 801 627 têtes en 1862; d’après la
statistique de 1882, il n’y aurait plus dans l'Indre
que 663354 bêtes ovines, soit, en trente ans, une diminution de 466 104 têtes. Cette diminution est largement compensée par l'augmentation constatée dans le nombre des bêtes bovines. En 1889, les moutons ont fourni 741 483 kilogrammes de laine, représentant une valeur de 1260521 francs. On trouve, dans le département, les races Berrichonne, Mérinos, Solegnote et de Crevant. C’est surtout dans la Champagne que Ton trouve la race Berrichonne ; la race Solognote est surtout répandue dans la Brenne. Des résultats heureux ont été obtenus en croisant la race Berrichonne avec la race Southdown. Les foires les plus importantes sont celles d’Aigurande, de Cluis, de Châteauroux, de Crevant, de Vatan et de Saïinte-Sévère.
Les bêtes porcines ont gagné 42 000 têtes de 1852 à 1882. Les animaux de cette espèce sont généralement élevés sur jambes. Parmi les animaux de basse-cour, les Oies et les Dindons donnent lieu à un commerce important.
Le nombre des ruches en activité était de 25 693 en 1862. En 1882, on en comptait 18 94, qui ont fourni 48 446 kilogramfes de miel et 16 826 kilogrammes de cire.
D'après le recensement de 1881, la population de l'Indre est de-287 705 habitants, ce qui donne une population spécifique de 42 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, l'Indre a gagné 82 077 habitants.
INDRE
La population agricole, de 1851 à 1882, a subi les variations suivantes :
1551 1882 Propriétaires agriculteurs. .... 12695 30946 Fermiersissr 580 en DORE 3 322 4085 Métayéts ss Se ner ee 7114 4443 Journaliors rs. 10e. tres 29737 22 171 Domestiques agricoles......... 11917 292 913 65 445 84558
Ainsi, en trente ans, la population agricole du département s’est accrue de 19113 habitants.
Le nombre des parcelles, en 1844, lors de la confection du cadastre, était de 1 011469; d’après la statistique de 1882, ce nombre serait de 1 238 009. La contenance moyenne de chacune d'elles serait de cinquante-deux ares.
En 1862, le nombre des exploitations était de 18 837; en 1882, on compte, dans le département de l'Indre, 57066 exploitations. Voici comment elles se divisent var catégories de contenance :
Exploitations de moins de 5 hectares. 8466 42798 = de 5 à 40 hectares... "3492 5483
de 10 à 20 DR 7 NÉ 2994
— de 20 à 30 EE LL 4357
= de 30 à 40 SECTE Fe 864 939
— au-dessus de 40 hectares 3586 3015
En 1889, parmi les 42 7928 exploitations de moins de 5 hectares, on en compte 25 693 de moins de 1 hectare et 17 035, de 1 à » hectares. Les exploitations de 50 à 100 hectares sont au nombre de 1537.
La culture par le propriétaire est la plus usitée; puis viennent le métayage et le fermage. En 1882, le nombre des exploitations dirigées par le propriétaire est de 42 506 ; la contenance moyenne de chacune d'elles est de 5 hectares. On trouve ensuite 4156 métairies d’uñe superficie moyenne de. 36 hect. 79 ares et 3854 fermes d’une contenance moyenne de 33 hect. 39 ares.
Le nombre des cotes foncières a subi, de son côté,une marche sans cesse croissante :
En 1849, on comptait 87462 cotes foncières.
En 1861, — 108 367 — En 1871, — 199 093 — En 1881, — 131533 — En 1884, = 134333 =
Par suite, la contenance moyenne imposable par cote foncière a subi une décroissance assez importante. D’après le cadastre, elle était de 6 hect. 70 ares; en 1851, elle était de 6 hect. 55 ares; en 1861, elle n’atteignait plus que 6 hect. O1 are; en 1871, elle était de 9 hect. 34 ares; en 1881, elle atteignait seulement 4 hect. 96 ares, et en 1884, elle n’est plus que de 4 hect. 84 ares. |
La culture du département de l'Indre est donc très morcelée. On rencontre pourtant, dans les plaines calcaires, des domaines importants. Enfin, la plus grande exploitation de France, celle de Valençay, se trouve dans l'Indre; elle a une surface de 15 000 hectares.
La valeur vénale des terrains a subi les variations suivantes :
1852 1862 1882 è francs francs francs Terres labou-
Tables... 360 à 872 543 à 1 417 684 à 2305 Prés naturels.. 880 1973 19267 2720 41193 4116 Vignes ....... 671 1461 14117 21465 1070 3936 Bois SR 456 1372 562 3921 568 3606
INDRE-ET-LOIRE
Le prix de fermage, par hectare, pendant les mêmes périodes, a subi les fluctuations suivantes :
francs francs francs Terres labourables... 11 à 93 19 à 44 18à 58 Prés naturels es SUIS 47 1410 413 198 L'ÉTÉ TE 27 56 44 88 38 95
La crise agricole qui sévit dans d’autres départements a peu atteint le département de l'Indre ; la valeur vénale des terres et le prix de fermage sont à peu près #®s mêmes en 1862 et en 1582.
L’outillage agricole s’est bien développé. En 1859, il n’y avait qu'une seule machine à battre à vapeur ; en 1862, il y en avait 15; en 1882, on compte 882 batteuses, tant à manège qu'à vapeur. Le nombre des semoirs est passé de 41 à 60, de 1862 à 1882; le nombre des faucheuses mécaniques est sensiblement le même; quant aux moissonneuses, on en comptait 11 en 1862; il y en a 282 en 1882; enfin, il y avait, en 1862, 18 faneuses, et en 1882 on trouve 166 faneuses ou râteaux à cheval.
Les voies de communication comptent 5438 kilomètres, Savoir :
kilom.
Pere AC TO D Re NP LR 193 DO LeSINATONAlES PA RE AL nero 40% 23 routes départementales. ..:..::... sos 619
38 chemins vicinaux de grande communication. 111) 54 — de moyenne — 835, 4162 1018 — de petite — 2550
Par ce rapide exposé de l’agriculture du département de l'Indre, il est facile de se rendre compte des progrès réels accomplis. On peut les résumer ainsi : augmentation des terres labourables, des Vignes et des bois, et par conséquent diminution des landes : augmentation très importante des animaux des races bovines qui, au fur et à mesure que la culture s’améliore, tendent à remplacer les bêtes ovines. L'emploi de la chaux, de la marne, sur les sols non calcaires et partout l'emploi du phosphate de chaux dont des gisements existent dans le département, permettra d'obtenir des produits meilleurs, des rendements plus élevés et d’abaisser par suite les prix de revient.
C'est là le rôle des sociétés d'agriculture qui existent dans le département et auxquelles on doit déjà les progrès que nous avons constatés. Ces sociétés sont : la société départementale d’agriculture, le comice agricole d’Issoudun et les associations vigneronnes d'Issoudun, de Châteauroux et de Buzançais.
Depuis la fondation des concours régionaux agricoles, quatre de ces solennités se sont tenues à Châteauroux : en 1857, en 1866, en 1874 et en 1882. La prime d'honneur y a été décernée quatre fois : en 1857, à M. Juqueau, à Issoudun; en 1866, à MM. Masquelier et Foucret, à Treuillault, près Chàteauroux ; en 1874, à MM. Jolivet et Le Corbeiller, à Cungy; et en 1882, à M. Thimel, à Bonesse.
Le département ne possède aucune école pratique d'agriculture. Il y a, à Châteauroux, une station agronomique et une chaire départementale d'agriculture. . M.
INDRE-ET-LOIRE (DÉPARTEMENT D’) (géographie). — Le département d’Indre-et-Loire a été formé, en 1790, aux dépens de la Touraine, de l’Orléanais, du Poitou et de l’Anjou. Sauf une partie des cantons de Bourgueil et de Château-la-Vallière, qui appartenaient à l’Anjou, et diverses communes qui étaient comprises dans le Poitou et dans l’Orléanais, le département est formé aux dépens de la Touraine. Il est situé entre 47° 30’ et 47 degrés de latitude septentrionale et entre 1 degré et 2°30' de longitude à l’ouest de Paris. Il est borné : au nord,
INDRE-ET-LOIRE
par le département de la Sarthe; au nord-est et à l’est, par le département de Loir-et-Cher; au sudest, par le département de l'Indre ; au sud-ouest et à l’ouest, par le département de la Vienne; à l’oucst, par le département de Maine-et-Loire. Sa superficie est de 611 370 hectares. Sa forme est à peu près ronde. Sa plus grande longueur, du nord-ouest au sud-est, suivant une ligne formant un angle très aigu avec le méridien, est de 110 kilomètres, du hameau le plus septentrional de la commune d’Epeigné sur Dême, au milieu du lit du Suin entre Tournon-Saint-Pierre et Tournon-Saint-Martin. Sa plus grande largeur, de l’est à l’ouest, est d'environ 100 kilomètres. Le pourtour du département est en chiffres ronds de 400 kilomètres.
Le département est divisé en trois arrondissements comprenant vingt-quatre cantons et formant un total de deux cent quatre-vingt-deux communes. L’arrondissement de Tours occupe le nord; les arrondissements de Chinon et de Loches se trouvent immédiatement en dessous : le premier à l’ouest, le second à l’est.
Le département est une plaine assez unie de 100 à 150 mètres d’altitude, présentant des vallées à pentes un peu rapides. La Loire, coulant du nordest au sud-ouest, le divise en deux parties. La partie située au nord du fleuve a deux pentes : l’une du nord au sud vers la Loire, l’autre du sud au nord vers la rivière du Loir. À mesure que l’on remonte, soit du sud, soit du nord, vers le faite de partage des eaux, la terre végétale diminue de profondeur et s’appauvrit : on entre dans la Gätine, contrée où se trouvent de nombreux étangs. Les cimes culminantes de la Gâtine se trouvent sur l’arête entre le bassin de la Loire et celui du Loir. Le point culminant n’a pourtant que 179 mètres d'altitude. Au sud du fleuve, l'altitude des collines peu nombreuses est sensiblement la même. Le Signal de la Ronde au nord-est de Céré, sur la frontière de Loiret-Cher, est le point culminant du département (188 mètres).
Le département tout entier appartient au bassin de la Loire. La Loire a, dans le département, un cours de 90 kilomètres; elle arrose Amboise, où elle se partage en deux bras, Vouvray, Tours, Langeais, Ingrandes. — La Loire reçoit sur le territoire d’Indre-et-Loire, l'Amasse, la Cisse, la Choisille, la Bresme, le Cher, la Roumer, l'Indre, la Vienne et l'Authion.
L’Amasse tombe dans la Loire à Amboise. La Cisse n'est qu'un ruisseau qui passe à Cangey et a son embouchure près de Vouvray; elle reçoit visà-vis d’Amboise, la Ramberge, et près de Vernon, la Brenne. La Choisille descend de la forèt de Beaumont, passe à Mettray, et tombe dans la Loire à Saint-Cyr. La Bresme n’est que le déversoir de l'étang de Semblançay.
Le Cher a un cours de 50 kilomètres dans Indreet-Loire; il y pénètre à Chisseaux, passe à Chenonceaux ; il tombe dans la Loire en face de Cinq- Mars-la-Pile. Il reçoit, près de Chenonceaux, le ruisseau qui traverse l’étang de la Gauvrie.
La Roumer a son embouchure à Langeais.
L'Indre a un cours de 88 kilomètres dans le département. Elle y pénètre près de Bridoré et reçoit l’'Indroye, grossie de la Tourniente et du ruisseau d’'Olivet, ainsi que l'Echandon.
La Vienne, qui a son confluent à Candes, à la lisière du département de Maine-et-Loire, débouche sur la rive gauche. Elle n’a que 49 kilomètres de cours dans Indre-et-Loire. Elle passe à Chinon. Elle reçoit : la Creuse, la Bourouse, la Manse, la Vende, le Mable, le Négron. hé à
La Creuse reçoit dans Indre-et-Loire le Suin, la Gartempe, la Claiseetl'Esvre. La Claise se grossit elle-même de la Muanne, de l’Aigronne, du Rémillon, du Brignon.
L’Authion a pour affluents la Lane ct le Lathan.
INDRE-ET-LOIRE
Le Loir ne touche pas le département, mais il en reçoit trois gros ruisseaux : la Déme, grossie de la Démée; V'Escotais, grossi du Gravot; la Fare, grossie de l’Ardillère et la Maulne.
Les étangs occupent 2786 hectares; ils sont encore nombreux dans la partie nord-ouest du département. ï : :
Le climat du département est celui du tlimat séquanien, c’est-à-dire doux, modéré, sans grands froids, sans chaleurs extrêmes. La température moyen est de 14 degrés. Les chaleurs les plus fortes ont lieu en juillet et en août; les froids les plus vifs en janvier et décembre. Dans le premier cas, le thermomètre s'élève à + 32 degrés, et dans le second, il s’abaisse à — 10 degrés. La température moyenne de l'hiver est de — 3 degrés et celle de l’été de + 22 degrés. Les hivers les plus rigoureux ont été ceux de 1608, 1709 et 1789.
On compte en moyenne, dans l’année, 90 jours sereins, 120 jours nuageux, 94 jours de pluie, 7 jours de neige, 21 jours de gelée et 4 jours de
rêle. Les vents dominants sont ceux du sud-ouest,
u nord-est et du nord-ouest ou galerne. 11 tombe annuellement 0,622 d’eau. Les mois les plus pluvieux sont mai et octobre. En général, le printemps est plus humide que l'automne; l'été est généralement sec, HET.
Au point de vue agricole, on distingue dans le département cinq parties distinctes : les Varennes, la Gâtine, le Verron, la Campagne et la Brenne.
Les Varennes sont situées entre la Loire et le Cher. Les terres y sont sablonneuses et faciles à travailler. On y cultive le Seigle, l'Orge, le Millet, la. Gaude et des légumes. Les terres d’alluvion, d’une grande fertilité, y sont désignées sous le nom de Chambon. Les Varennes renferment la vaste forêt d’'Amboise.
La Gätine est située au nord de la Loire; elle comprend une vaste plaine mouvementée, où les terres sont assez difficiles à travailler. Les plateaux argileux marins qu’on y rencontre, renferment encore des terres incultes.
Le Verron est compris entre la Loire, la Vienne et l'Indre. Son sol est fertile. C’est le bon pays de Rabelais. Il produit des vins, des noix, des amandes et des prunes.
La Campagne ou Champeigne est située entre le Cher et l'Indre. Elle est assez unie, bien qu’elle soit çà et là sillonnée par quelques vallées encaissées. Elle produit du Blé, du Vin et renferme la forêt de Loches. C’est le type des terrains lacustres.
La Brenne n'a pas une grande étendue : elle est située dans la partie sud-est du département et confine le Berry et le Poitou. Cette contrée malsaine est le pays des fièvres ; elle renferme encore des étangs, des terres maärécageuses et des landes.
L’arrondissement de Tours renferme les Varennes, une petite partie de la Champeigne et la presque totalité de la Gâtine tourangelle, qui est peu fertile. On y rencontre des plaines peu boisées et des coteaux très bocagers. Le territoire de Tours a été appelé à bon droit le jardin de la France : c’est là, en effet, qu'est située la vraie Touraine, si belle par ses rochers, ses grands cours d’eau, ses larges vallées, ses magnifiques forêts, la belle verdure dé ses jardins, ses charmantes villas et ses magnifiques châteaux. La Loire, a dit Houdon :
Voit couronner ses bords de coteaux enchantés ; Dans les vallons heureux, sur les rives aimées, Les prés ont déployé leurs robes parfumées.
Les coteaux sont couverts de vignes et de bois. L'arrondissement de Chinon est traversé par la vallée de la Loire, la magnifique vallée de la Vienne et le délicieux vallon de l'Indre. On y rencontre des paies hautes et des plaines basses. Les coteaux de angeals sont ornés de beaux vignobles. L’arron-
INDRE-ET-LOIRE
dissement produit des céréales, des plantes industrielles et possède de nombreux arbres fruitiers.
L’arrondissement de Loches est sillonné par l'Indre du sud-est au nord-ouest; la Creuse le limite au sud-est. La vallée de l'Indre est pittoresque, mais elle a peu de pente; les prairies y sont souvent inondées. Les vallées de l’Indroye et de la Creuse sont remarquables. Cette vaste contrée renferme des plaines cultivées et presque sans arbres, des coteaux boisés à leurs sommets, des plateaux où croissent le Pin maritime et la grande Bruyère. Les bêtes à laine y sont nombreuses.
Au point de vue géologique, les différentes périodes que l’on trouve le plus généralement dans le département, sont les périodes crétacée et tertiaire.
Au nord de la Loire on rencontre les grès et les sables marins du terrain tertiaire comprenant, dans les cantons de Neuvy-le-Roi, de Neuillé-Pont-Pierre et de Tours, le terrain lacustre de la même époque. Le grès vert et l’oolithe apparaissent dans la partie ouest de la région sud, où dominent encore le terrain tertiaire et le terrain crétacé.
Parmi les terrains de la période crétacée, l'étage turonien donne naissance à un grand nombre de sols agricoles. La craie de Touraine, appelée aussi craie tuffeau, est une craie un peu jaunâtre, micacée et durcissant à l'air et remarquable par la finesse et l'égalité de son grain, qui la rendent très propre aux constructions. On l’exploite en de nombreux points de la rive droite du Cher, où elle est connue sous le nom de Pierre de Bourré. La coupe du turonien de cette région comprend des couches noduleuses, une craie sableuse à nodules siliceux, la craie tuffeau sans silex, et des craies marneuses tendres ou onctueuses.
L’étage sénonien donne naissance à la craie jaune de Touraine, qui débute en général par des bancs durs, à Ostrea proboscidea. Au-dessus vient Ja craie jaune proprement dite, assez compacte, noduleuse, à silex fréquents, parfois mouchetée de glauconie et contenant Amm. Bourgeoisi, Spondylus truncatus, etc. Le tout a 15 mètres environ de puissance et supporte 20 à 25 mètres d’une craie blanche et dure avec silex et spongiaires siliceux.
Parmi les localités fossillifères de la craie de Touraine, on peut citer Cangey, où l'Amm. subtricarinatus existe avec le Cidaris sceptrifera, et Saint-Paterne, où l’on remarque des gisements de Salenia Bourgeoisi.
Le système miocène de la période tertiaire est représenté par l'étage moyen ou helvétien comprenant les couches marines des faluns de la Touraine et de la mollasse suisse (voy. FALUNS).
Le terrain lacustre se présente sous trois formes distinctes : lé calcaire, le silex et la mollasse d’eau douce. Le grès vert descend à Tours jusqu’à 120 mètres de profondeur.
Les vallées renferment de fertiles alluvions; les coteaux calcaires caillouteux sont favorables aux Vignes et aux essences feuillues ; les plateaux lacustres produisent de bonnes récoltes de céréales et l'on yrencontre peu de bois ; les plateaux argileux conviennent bien aux bois, mais on y rencontre des landes ; les plateaux crayeux conviennent aux arbres à fruits à noyaux, aux Sainfoins et aux Vignes à vins blancs.
Les terrains agricoles sont variés : les bournois ou argiles marines de la mollasse sont assez plästiques, mais marnés ils produisent de belles récoltes de Trèfle. Les aubuis sont des argiles calcarifères du terrain lacustre, et les perrées, des argiles caillouteuses. Les varennes sableuses sont utilisées avec avantage par la petite culture et la culture maraichère. Les sols maigres sont souvent appelés landos.
La superficie du département d’Indre-et-Loire est de 611 370 hectares. Voici comment elle est répartie, d’après le cadastre, achevé en 1840:
INDRE--ET-LOIRE
hectares TerTESANOUTADIO ATEN Mes 391 967 Pres OR DE os ie DL LRO 35 347 VIRDGR ER CE UE M der fret at t e 0 30 126 BOIS ESS EE Sue nn 0 IS Re D, Ce ee 81 723 Vergers, pépinières, jardins........... 4661 Oseraies, aulnaies, saussaies.......... 14170
Carrières etes ra ace ce 29
Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs. ; 272 Landes, pâtis, bruyères, etc.,......... 60 366 BAD Re Aer etes ai 20 1698 CHRARAIPAPER OS D casse en eme à à 69 Propriétés Dates. Lee een 3176 Total de la contenance imposable... . 516597 Total de la contenance non imposable. 34713 Superficie fotale du département.....: 611 370
La superficie des terres labourables représentait . donc, à cette époque, 57 pour 100 de la surface
totale ; la surface consacrée aux prés formait |
o pour 100 de la même surface ; celle consacrée aux Vignes était de 6 pour 400 de la surface totale et celle plantée en bois était de 13 pour 100.
Le tableau qui suit indique l’étendue des terres cultivées en céréales en 1852 et en 1882 :
DR. POS oi. one es. Ne
ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT
hectares hectol. hectares hectol.
Froment .... 402309 13,98 102 496 19,81 Meétéib. 5.1 11 288 13,96 5188 18,28 Seigle ...... 47677 13,04 19 848 48,25 OPPOSER Le 17 980 10,49 11 582 46,91 Avoine...... 64405 40,76 60 886 20,50 Sarrasin .... 1 894 9,38 927 46,91 Maise. de 852 LT 540 18,52 Millet. » » 29 15,12
D’après ces chiffres, Ja surface totale consacrée aux céréales était de 216 406 hectares en 1852. En 1862, cette surface n’était plus que de 213 954 hectares, en diminution de 2452 hectares sur 1852, bien que pendant cette même période la superficie ensemencée en Froment fut passée de 102309 à 111053 hectares. D’après la statistique de 1882, l'étendue consacrée aux céréales n’est plus que de 194496 hectares, soit une diminution de 21 910 hectares depuis 1852; c’est une réduction de 10 pour 100.
Le Froment occupe la même surface qu’en 1852 ; son rendement par contre s’est accru de 6 hectolitres. Le Méteil perd 6000 hectares, le Seigle 5000, l’Orge 6000, l’Avoine 4000 et le Sarrasin 900. Les rendements sont tous en augmentation : de 5 hectolitres pour le Méteil et pour le Seigle, de 6 hectolitres pour l’Orge, de 10 hectolitres pour l’Avoine et de 7 pouf le Sarrasin.
Voici, d’autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :
1852 1882 TT, || ÉTENDUE RENDEMENT ETENDUE RENDEMENT | hectares hectares Pommes de DO à 9783 68 hl. 10 12771 87 qx Betteraves ..… 719 9922 qx 09 5048 934 qx Légumes secs 4659 #1 hl. 86 2036 20h]. 50 Racines et légumes divers 4873 142 qx 71 6504 124 qx Chanvre". 2 585 7 h}. 40 1783 5 hl. TG PT Te Le 9 41h 0000) »
Cola tee 88 442h1:,91 60 10 hl. 57 Houblon ..... » » 80 15 qx
La culture de là Pomme de terre a gagné 3000 |
hectares. Les Betteraves occupent 4329 hectares de plus qu’en 1852; sur les 5048 hectares cultivés en 1882, on trouve 4682 hectares de Betteraves fourragères et 366 hectares seulement de Betteraves
INDRE-ET-LOIRE
pour la sucrerje. Les légumes secs occupent 2500 hectares de moins qu’en 1852; les 2036 hectares cultivés en 1882 se décomposent ainsi: 211 hectares de Fèves et Féveroles, 1314 hectares de Haricots, 419 hectares de Pois et 92 hectares de Lentilles, Les racines, par contre, gagnent 1631 hectares. Les 6504 hectares cultivés en 1882 comprennent : 62 hectares de Panais, 973 hectares de Carottes et 5469 hectares de Navets. Le Lin n’est plus cultivé du tout ; le Chanvre perd 802 hectares ; le Colza n’est presque pas cultivé. Enfin, on a cultivé en 1882, 80 hectares de Houblon.
La statistique de 1852 évalue à 33857 hectares la superficie des prairies naturelles du département ; sur ce chiffre, 2007 hectares étaient irrigués. En 1862, la superficie des prairies naturelles était de 36628 hectares, dont 7745 irrigués. D’après la statistique de 1882, cette surface serait de 32968 hectares répartis ainsi:
hectares Prairies naturelles irriguées par les crues GER ON PO RER PRE CET TR 23 133 Prairies naturelles irriguées à l’aide de tra DARODÉ UP AN LR NEC 1568 Prairies naturelles non irriguées......... 8267
On compte de plus, en 4882, 1864 hectares de prés temporaires et 1888 hectares d’herbages pâturés, dont 1616 d’herbages pâturés de plaines et 272 hectares d'herbages pâturés de coteaux.
En 1852, les prairies artificielles occupaient 27 688 hectares ; en 1862, la surface qui leur était consacrée, était de 30246 hectares, auxquels il faut ajouter 3807 hectares de fourrages verts. En 4882, il y avait 36692 hectares de prairies artificielles et 16 191 hectares de fourrages verts ainsi
| répartis :
hectares
TETE RS D NE EP 15787 À TVA Voie RES RE nr MON A RO 11 590 ROSE nn DTA Le AMAR D 8 913 Mélanges de Légumineuses ........ 802
36 092 Mesces ou drarières em. 3 471 ÉTÉ Ab ee ee Te 5 102 MAS TOUTEADE. Mi an bal sera © 1030 COURSES ET NP NE COURS 6267 DOI NN PT EN sn de 321
D’après.ces chiffres, les prairies artificielles s’étendraient sur 9004 hectares de plus qu’en 1852.
Les terres labourables, qui, à l’époque de la confection du cadastre, en 1840, comprenaient 351 967 hectares, comptaient, en 1852, 357 387 hectares. En 1869, elles étaient retombées à 353 753 hec-
|tares; d’après la statistique de 1882, elles occupe-
raient 347431 hectares, soit une diminution de 4536 hectares depuis la confection du cadastre.
Le département d’Indre-et-Loire est riche en vignobles. La superficie complantée en Vignes a considérablement augmenté depuis 1840.
En 1840, les Vignes occupaient 34133 hectares.
En 1550, Æ 36 — En 1862, = 40983 — En 1874, == 44710 — En 18892, = 61 316 — En 1886, == 638 000 —
De 1840 à 1882, il y a donc eu augmentation de 30 163 hectares, soit près du double de la surface complantée en 1840. Les Vignes existantes en 1882 se décomposeraient comme il suit :
INDRE-ET-LOIRE hectares Vigres en pleine production........... #7 440 Vignes nouvellement plantées ......... 918% Vignes avec cultures intercalaires...... 4692
En 1869, la Vigne avait produit 784 963 hectolitres de vin, représentant une valeur de 24727 349francs; en 18892, elle n’a produit, malgré l'augmentation de la surface qui lui est consacrée, que 541 430 hectolitres de vin, représentant une valeur de 19 525 804 francs. C’est que le Phylloxéra a fait son apparition dans le département d'Indre-et-Loire, et, qu'au mois d'octobre 1885, 74 communes étaient atteintes, et avaient perdu 101 hect. 50 ares de Vignes, et que 802 hect. 50 étaient envahis. M. Dugué estimait, à cette époque, à 1900 hectares l’étendue contaminée.
Les plus importants vignobles occupent les coteaux qui dominent la Loire et le Cher. Ceux que possède l'arrondissement de Chinon renferment beaucoup d'arbres fruitiers. Il en est de même des Vignes qui sont situées à droite du Cher, depuis Veretz jusqu’à Bléré. Les Vignes sont dirigées de deux manières différentes; les unes sont plantées en plein ou en foule, et les autres par rangées formant des treilles ou jouelles. On a introduit dans le département la culture de la Vigne en chaintres.
Les cépages qui constituent les Vignes rouges sont nombreux. Le breton, cépage fin, domine à Bourgueil ; on signale encore les cots, le morillon, le pinot, le meunier, le teinturier. Dans les Vignes blanches, on rencontre, à Vouvray, le chenin ou gros pinot, le menu pinot et le pinot blanc. La folle blanche se trouve dans le vignoble de Richelieu. Les vins les plus renommés sont les vins rouges de Bourgueil, de Champigny, de Joué, de Restigné, de Chinon, de Saint-Avertin, et les vins blancs de Vouvray et de Rochecorbon, de Vernon, de Mont-Louis, de Noizay.
La partie nord du département récolte du cidre.
Le Prunier réussit très bien dans l’arrondissement de Chinon, principalement à Sainte-Maure, l'Ile-Bouchard, la Haye, Chinon, Richelieu et Saint- Maurice. La variété la plus répandue est le Prunier de Sainte-Catherine. Les prunes sont transformées en pruneaux connus sous le nom de pruneaux de Tours. On fabrique, dans l'arrondissement de Chinon, des poires tapées d'excellente qualité.
Les arbres fruitiers sont nombreux et donnent lieu, chaque année, à des ventes importantes de cerises, de pêches, d’abricots, de pommes, de poires, de noix et de châtaignes. En 1882, les Noyers ont fourni 4154 hectolitres d'huile de noix. Les Châtaigniers occupent 106 hectares dans les arrondissements de Tours et de Chinon.
La culture maraichère à une grande importance dans les Varennes et le val de la Loire. Elle fournit surtout des légumes de primeur de pleine terre. Les Asperges de Varennes et les Mclons de Langeais ou sucrins de Tours sont recherchés. On récolte beaucoup de graines d’Oignons dans le canton de Bourgueil et des Échalotes à Benais.
Les oseraies sont importantes dans les îles de la Loire et sur les rives du Cher et de l'Indre; elles couvrent de grandes superficies dans l’ancien lit du Cher, entre Villandry et Rivarennes.
Les bois et forêts occupent, d’après la statistique de 1882, une surface de 105626 hectares, alors qu'en 1840, lors de la confection du cadastre, ils
s’étendaient sur 81723 hectares seulement; c’est
une augmentation de 23 903 hectares. Déjà, en 1862, la surface en bois était de 95642 hectares; la marche a donc été progressive. Voici comment ils sont répartis, par nature de propriétaires :
hectares Bois appartenant à l’Elat .............. 8854 — — aux-communes ...:... 11% — — aux particuliers... .... 96658
INDRE-ET-LOIRE
La forêt de Chinon comprend 5226 hectares et la forêt de Loches 3568 hectares. Ces deux forêts appartiennent à l'Etat. La forêt d’Amboise n’a pas moins de 4165 hectares. Les plus importantes sont ensuite celles de Beaumont-la-Ronce, de Châteaula-Vallière, de Cinq-Mars et de Preuilly.
Dans la partie nord-ouest du département, on a beaucoup semé ou planté. Les essences qui y constituent aujourd’hui de nombreux et importants massifs sur des terrains sablonneux autrefois couverts de Bruyères, d’Ajoncs et de Fougères, sont le Pin maritime, l’Acacia et le Châtaignier. Les autres essences dominantes sont le Chêne, le Hôtre, le Bouleau.
Quel est l’assolement le plus généralement adopté? La petite culture n’a pas d’assolement; cependant, dans le val de la Loire, elle combine ses récoltes comme il suit : première année, céréales, puis Navets; deuxième année, Haricots. L’assolement
“triennal : 1°jachère; 2° céréales d'automne; 3° Avoine
ou Orge, est le plus adopté, bien qu'il soit souvent modifié par l'introduction de prairies artificielles bisannuelles. Le Sainfoin et la Luzerne occupent des soles hors de la rotation.
Le tableau suivant donne, relativement-à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :
1859 1862 1882 Chevaux SENTE Re 23735 98 455 32 478 Anes'etinesses:it ter. 10595 9008 8127 Mulets et mules......... 32920 273% 9 004 bêtes bovines FAN Ur". 87 204 102978 108 806 RO VIRES SEE 332 600 251 821 474 594 — porcines.. 4... 43 052 48 818 90179 — Caprines.......... 20358 19699
L'espèce chevaline est en augmentation de 4000 têtes; par contre, l'espèce asine diminue de 2000, et les mules et mulets de 1200. Les animaux de l'espèce chevaline appartiennent à la race Percheronne, à la race Bretonne et à la race Poitevine. On élève la race Percheronne dans le canton de Château-Renault; mais, faute de pâturages, on vend les poulains à six mois. Les mulets et mules sont de la race du Poitou.
L'espèce bovine esten augmentation de 21 602 têtes sur les existences de 1852; par contre, l'espèce ovine a diminué de 161006 têtes. En admettant l’équivalence d’une tête de l’espèce bovine pour 10 animaux de l'espèce ovine, l’augmentation réelle serait encore de 5000 têtes. Cette augmentation est due à l’extension des cultures fourragères. La plupart des bêtes bovines appartiennent à la race Parthenaise ou à la race dite Marchoise. Les bêtes ovines sont, pour la plupart, issues des races Berrichonne et Solognote. Les races Southdown, Charmoise et Mérinos sont en petit nombre, mais constituent de bons troupeaux.
L'espèce porcine compte 7000 têtes de plus qu’en
| 1852. Les croisements de nos races françaises avec
les races anglaises ont donné d'excellents résultats. On engraisse chaque année beaucoup de porcs dans les cantons de Bourgueil, Château-la-Vallière, Preuilly et la Haye-Descartes.
Les volailles sont nombreuses, mais n'’offrent rien de particulier. Le nombre des ruches en activité, qui était de 16 737 en 1851, était tombé à 13 652 en 1862; en 1882, il serait de 18 708.
La population à beaucoup augmenté depuis le commencement du siècle. En 1801, elle était de 268 924 habitants; en 1821, de 282372; en 1851, de 317 632 ; en 1872, de 317 027; d’après le recensement de 1881, elle serait de 329 160 habitants, soit 54 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, le département a gagné 46 788 habitants. ;
La population agricole, de son côté, a subi les variations suivantes :
INDRE-ET-LOIRE 1851 1882 Propriétaires agriculteurs ..... 17 008 31934 FOrRMET PRE céteieedies 9570 8 728 METIER NS ee 3 048 2971 Donestques Ms red rr 10 428 20 904 Jotmnalerséess et 5e 25 972 16 394
Le nombre des propriétaires a augmenté considérablement, un grand nombre de journaliers étant devenus petits propriétaires.
Le nombre des parcelles, en 1840, lors de la confection du cadastre, était de 1500013; d’après la statistique de 1882, ce nombre serait de 1 543 859. La contenance moyenne de chacune d’elles serait de 37 arcs.
En 1862, le nombre des exploitations était de 33 641; en 1882, on compte 60122 exploitations. Voici comment elles se divisent par catégories de contenance : :
Exploitations de moins de 5 hectares. 17509 43 666 — de 5 à 10 hectares... 6 996 6 781
— de 10 à 20 — 3095 4045
— de DA SOUS = 7 1671 2228
— de 30 à 40 — .... 1 292 1355
— de plus de 40 hectares. 3078 2067
En 1882, parmi les 43666 exploitations de moins de » hectares,on en compte 21 874 de moins de’ 1 hectare et 21792 de 1 à 5 hectares.
La culture par le propriétaire est la plus usitée ; puis vienment le fermage et le métayage. En 1882, le nombre des exploitations dirigées par le propriétaire est de. 46 995 ; la contenance moyenne de chacune d'elles est de 5 hect. 25 ares. On trouve ensuite 5809 fermes d’une contenance moyenne de 19 hect. 12 ares et 2278 métairies d’une superficie moyenne de 16 hect. 63 ares.
Le nombre des cotes foncières a subi, de son côté, une marche sans cesse croissante :
En 1840, on comptait 114360 cotes foncières.
En 1869, — de, En 1871, .— 149969 Le En 1884, — 156060 ds
D’après le cadastre, la contenance moyenne imposable par cote foncière était de 5 hect. 04 ares; en 1851, elle était de 4 hect. 45 ares ; en 1861, de 4 hect. 14 ares; en 1871, de 3 hect. 87 ares, et en 1881, elle n’atteignait plus que 3 hect. 69 ares.
La culture du département est donc assez morcelée, mais on rencontre encore de grandes fermes dans les plaines sablonneuses.
La valeur vénale des terrains a subi les variations suivantes :
1852 1862 1882 francs francs francs Terres labou- 4 tables: 4 608à19928 1003 à 2708 945 à 4481 Prés naturels.. 1211 3113 1687 3794 1448 5 366 Mipnes." Li. 874 2120 1589 3510 2075 5010 DOI NS 12193178 487 3999 873 22498
Le prix de fermage, par hectare, pendant les mêmes périodes, a subi les fluctuations suivantes :
francs francs Ponee Terres labourables .. 17à 50 30 à 79 39 à 124 Prés naturels........ 39 401 69 144 45 179 VISBe ss eme r: 4 95 Cm 133 49 162
La crise agricole n’a pas sérieusement influé sur la valeur des terres. Les prix des terrains de
INDUVIE
qualité supérieure ont subi une marche sans cesse croissante, ainsi que le prix de fermage. Les prix de 1882 sont supérieurs à ceux de 1862.
L'outillage agricole s’est bien développé. En 1852, il n'y avait aucune machine à battre à vapeur,.et seulement 50 machines mues par des manèges,; en 1862, il y avait 506 machines à battre, dont 19 à vapeur ; en 1882, on en compte 951. Le nombre des semoirs est passé de 97 à 159, de 1862 à 1882; celui des faucheuses, de 6 à 120; celui des moissonneuses, de 39 à 178, et celui des faneuses ou râteaux à cheval, de 21 à 447.
En 1882, on trouvait 247 roues hydrauliques d’une force nominale de 1270 chevaux-vapeur, 171 machines à vapeur, représentant 739 chevanx et 147 moulins à vent de 717 chevaux; soit une force de 2726 chevaux-vapeur employée par l’agriculture.
Les voies de communication comportent un développement de 7240 kilomètres et demi, savoir :
kilomètres 42:chémils (der fers: AS ROIS MTEE 538 Routastnationales is Re Pe 317 1/2 Chemins vicinaux de grande communication... {840 — d'intérêt commun. . se 984 1,92 — ONHINAITES EAN APTE 3930 4/2 4 rivières navigables ......... ÉD ES A Ur SC 02 Canal de jonction du Cher à la Loire......... 35
En résumé, on peut voir, par ce qui précède, quelles sont les modifications apportées à l’agriculture de l’Indre-et-Loire, de 1852 à 1882 : diminution des terres labourables, extension des Vignes et des terres consacrées aux bois, augmentation importante des existences des animaux des races bovines correspondant à une diminution moindre des races ovines, augmentation des animaux des races porcines.
L'emploi de la chaux dans les terrains siliceux, partout l'emploi des phosphates accroîtra les rendements et permettra de diminuer sensiblement les prix de revient. La lutte contre le Phylloxéra, au moyen des insecticides, s'impose également si la Touraine veut conserver intact son beau vignoble qui tend chaque jour à s’accroitre.
Plusieurs sociétés d'agriculture et comices existent dans le département et contribuent au développement du progrès agricole. Ce sont : la Société de l'union des comices agricoles d’Indre-et- Loire; les comices agricoles de Tours, Chinon et Loches, et la Société tourangelle d’horticulture.
Depuis la fondation des concours régionaux agricoles, trois de ces solennités se sont tenues à Tours en 1864, en 1873 et en 1881. La prime d'honneur] aété décernée trois fois : en 1864, à M. Cail, à la Briche, commune de Rillé; en 1873, à M. Raoul Duval, à Marolles, commune de Genillé, et en 1881, à M. Legave-Joly, à Chizay, commune de Parçay-Meslay.
Le département ne possède aucune école pratique d'agriculture. Il existait précédemment une ferme-école aux Hubaudières, mais cet établissement a été supprimé. Le département possède la colonie agricole de Mettray, fondée en 1839 par MM. de Metz et de Courteilles dans le but de moraliser l’enfance coupable ; elle recueille, entretient et élève les jeunes détenus qui lui sont confiés par l'administration. Enfin, le département d’Indre-et- Loire possède une chaire départementale d’agriculture. é G. M.
INDUVIE (botanique). — Toute partie qui, bien qu'étrangère au fruit, l'accompagne ou l'enveloppe plus ou moins jusqu'à l’époque de sa destruction, se nomme tnduvie, et celui-ci prend le titre de induvié.
L'induvie provient le plus souvent de telle ou telle partie de la fleur, et parmi celles-ei, le calice joue le rôle le plus important. Cela se conçoit facilement quand on sait combien sont fréquents les