‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 56 sur 198 · INFECTION · texte numérisé non relu

INFECTION

calices persistants ou acerescents. Tantôt le calice tout entier concourt à former l’induvie, comme on le voit dans la Pomme de terre, les Lychnides, et une foule d’autres plantes; tantôt il n'est plus représenté autour du fruit que pour sa portion infé— rieure plus ou moins profondément modifiée ; telle est l'origine de l’induvie des Belles-de-Nuit, des Abronia, etc.

Il est assez rare de voir la corolle persister et induvier le fruit; la plupart des Bruyères montrent cependant ce caractère, ainsi que plusieurs Gentianes.

Les étamines font rarement partie des induvies, et sont alors desséchées et réduites à leurs filets. Telles on les voit dans l'œil des poires et des pommes, qui n’est autre chose qu'une portion d'induvie formée du calice et de l’androcée.

L'induvie peut être formée par le réceptacle de la fleur adhérent ou non au fruit, et devenu sec ou charnu; qu’il s'agisse d’un fruit multiple, comme dans les Rosiers et les Calycanthes, ou d’un fruit simple, comme dans les Argousiers, les Chalefs et plusieurs Lauracées.

Chez quelques plantes, telles que les Anacardes, les Podocarpes, etc., le fruit se montre accompagné d'un renflement plus ou moins marqué du pédoncule floral diversement modifié, et qui peut devenir la partie la plus importante au point de vue technique. Telle est, par exemple, l’origine de ce qu'on nomme improprement la Pomme d’'Acajou ou d’Anacarde.

La cupule du gland du Chêne est une induvie; il en est de même de l’espèce de boite épineuse qui renferme les fruits du Châtaignier et du Hêtre, laquelle représente un involucre d’inflorescence accru.

Dans les fruits composés, il peut exister à la fois une induvie générale produite par l’involucre persistant, et une induvie propre à chaque fruit composant, formée par telle ou telle partie de la fleur. est ce qu'il est facile d'observer dans les Scabieuses et un grand nombre de Composées.

Considérées au point de vue de la physiologie générale des plantes, les induvies constituent le plus souvent un moyen de protection destiné à garantir le fruit pendant son évolution, contre l'action trop vive des agents extérieurs, tels que les variations de température, la trop forte ardeur des rayons solaires, l'attaque des insectes, etc. Elles forment quelquefois une réserve alimentaire qui subvient d’une façon plus ou moins évidente à l’acroissement du fruit. Ïl n’est pas très rare enfin de les voir servir à la dissémination.

Les induvies présentent fréquemment une réelle importance technique, car un assez grand nombre de fruits leur doivent presque toute leur valeur pratique. Il nous suffira sans doute de faire remarquer à ce propos que la partie comestible des poires, des pommes et de beaucoup d’autres, est à peu près uniquement formée par une véritable induvie réceptaculaire adhérente. C’est encore l’induvie qui est utilisée, toute ou en partie, dans le fruit des Argousiers, des Müûriers, des Figuiers, des Ananas et de bien d’autres genres. E. M.

INFECTION (vétérinaire). — On entend par cette expression l'introduction dans l’organisme d’un agent morbide spécifique reproduisant, par sa pullulation, la maladie qui lui a donné naissance. D'après cette acception, les maladies infectieuses comprennent toutes celles qui sont dues aux effluves, aux miasmes et aux virus, toutes celles qui ont pour cause intime une souillure de l’organisme. Le mot infection a longtemps été employé dans un sens plus restreint. Il était réservé au mode de transmission des maladies par l'air atmosphérique, à la contagion volatile, les autres voies de transmisson des maladies constituant la contagion proprement dite (voy. CONTAGION). P.-J. C.

INFLAMMATION

INFECTION PURULENTE. — Complication redoutable des traumatismes, l'infection purulente est une maladie générale, spécifique, caractérisée anatomiquement par la formation d’abcès dans les différents organes, et due à l'absorption et au transport par le sang des micro-organismes développés dans les bas-fonds des plaies. Elle est particulièrement commune chez le cheval, où elle se développe souvent à la suite de la phlébite suppurative et des maux de garrot, d’encolure ou de nuque. Toutes les plaies suppurantes peuvent lui donner naissance.

Les symptômes de l'infection purulente sont locaux et généraux. Ce sont généralement les derniers qui attirent l’attention. Les sujets sont tristes, somnolents, fiévreux. Il y a des alternatives de frissons et de sueurs ; l'appétit a disparu, la bouche est chaude, sèche; les muqueuses visibles ont une teinte violacée. A l'examen de la plaie, on constate qu'elle est considérablement modifiée : la suppuration, si elle n’est pas tout à fait tarie, a beaucoup diminué ; il n’y a plus qu'un léger suintement grisàtre, fétide ; les bourgeons charnus sont affaissés, ternes, violacés : la réaction vitale est éteinte au foyer traumatique. Avec les progrès plus ou moins rapides de la maladie surviennent l’affaiblissement extrême des animaux et tous les signes qui indiquent la formation d’abcès dans les différents viscères et annoncent la mort prochaine.

L’infection purulente étant toujours un accident des plaies qui suppurent, on en a expliqué le développement par le mélange du pus avec le sang, par la pénétration de ce liquide dans un gros vaisseau ouvert à la plaie. Mais les travaux modernes ont établi que l'infection purulente résultait de la pénétration dans le torrent circulatoire, par les petits canaux veineux des parois des plaies, de microorganismes spéciaux qui s'arrêtent aux vaisseaux capillaires des organes (poumon, foie, rein, rate, cœur, intestin) et y provoquent des abcès à caractères particuliers que la vieille médecine appelait abcès métastatiques, les considérant comme la conséquence du déplacement de la suppuration ou de l'irritation qui la provoquait.

La cause et le mode de production de l'infection purulente permettent d’instituer un traitement préventif. Il faut : 1° faciliter l'écoulement du pus en pratiquant des débridements ou en plaçant des drains dans l'épaisseur des lèvres des plaies; 2° en prévenir la putréfaction par de fréquents lavages antiseptiqueg eau phéniquée, liqueur de Van Swieten. À l’intérieur, on administrera des toniques et des antiputrides. L'alcool, l'écorce de chêne, l'essence de térébenthine, le salicylate de soude, l'acide phénique sont les agents thérapeutiques auxquels il faut accorder la préférence. Mais leur administration tardive n’aboutit généralement qu’à leur impuissance. Lorsque l'infection purulente n’est pas énergiquement combattue à sa phase initiale, il y a peu de chances d’en triompher. P.-J. C.

INFECTION DE LA MÈRE (z0otechnie). — Les auteurs allemands désignent ainsi la prétendue influence qu’exercerait le premier mâle qui féconde une femelle sur les produits ultérieurs de cette femelle fécondée par d’autres mâles, influence appelée imprégnation par les Français (voy. IMPRÉ- GNATION). SET A5,

INFLAMMATION (vétérinaire). — On entend par ce mot et aussi par ceux de processus inflammatoire, de phlegmasie, de phlogose, un état morbide, complexe dans ses phénomènes, aussi varié dans ses formes que dans ses terminaisons et qui constitue la lésion fondamentale de la plupart des maladies. Tous les tissus et tous les viscères peuvent être envahis par l’inflammation. C’est surtout dans les tissus complexes, pénétrés par de nombreux canaux sanguins qu’elle se traduit par ses symptômes classiques : la rougeur, la chaleur,

INFLAMMATION

la tuméfaction et la douleur. La rougeur, percevable seulement aux endroits où la peau est dépourvue de pigment, est plus ou moins marquée ; elle varie du rose au rouge violacé et donne la mesure de l’afflux sanguin; tantôt nettement limitée, tantôt diffuse, elle disparait graduellement avec la réso- "lution, ou bien elle fait place aux teintes grisätre ou noirâtre lorsque l’inflammation aboutit à la destruction des tissus; dans les phlegmasies chroniques, elle laisse quelquefois après elle les colorations jaunâtre ou cuivrée. La chaleur augmentée de la région est due à l’afflux sanguin, à l'hypérémie, et à une énergie plus grande des combustions organiques. La tuméfaction est d’abord produite par la distension des vaisseaux, l’exsudation interstitielle, et, plus tard, par l’organisation des éléments nouveaux en tissu fibreux persistant ; elle atteint parfois de grandes dimensions, en rapport avec l'intensité du mal, la vascularisation et la laxité des tissus. Quant à la douleur, elle résulte de l’altération produite dans les terminaisons nerveuses sensitives et varie depuis le picotement léger jusqu'aux souffrances angoissantes. Elle est d'autant plus grande que la tuméfaction inflammatoire rencontre plus de difficulté; elle est surtout d’une extrême violence lorsque les parties enflammées sont enveloppées d’épaisses membranes fibreuses qui forment devant leur intumescence une barrière difficile à surmonter, ne s’ouvrant ordinairement qu'après un assez long temps et par l’action nécrosante du pus.

Outre ces symptômes locaux qui caractérisent les inflammations superficielles, on constate aussi, dans le plus grand nombre des cas, lorsquela phlegmasie est assez étendue, une réaction générale plus ou moins marquée. Il ya de l'abattement, dela faiblesse, de l’inappétence, de la constipation, des frissons ; le pouls et les mouvements respiratoires deviennent plus fréquents et la température s’élève sensiblement au-dessus de la normale. Mais cet état fébrile est surtout accusé dans les inflammations étendues, diffuses, de nature spécifique.

Lorsque l'inflammation atteint des organes profonds (cœur, poumons, foie, reins), ceux-ci se congestionnent, s’échauffent, comme les tissus superficiels, et si ces modifications ne sont pas directement saisissables, elles entraînent des symptômes fonctionnels et généraux dont la signification peut être reconnue, dans le plus grand nombre des cas, par l’examen attentif des malades.

Aucun phénomène morbide ne reconnait des causes plus nombreuses que l’inflammation. Tous les agents mécaniques, physiques ou chimiques sont susceptibles de la produire dans les parties sur lesquelles ils exercent leur influence. Les coups, les chocs, les heurts, les frottements, les dilacérations, les ruptures, le froid intense, la chaleur excessive, les substances âcres, corrosives les aliments avariés, les boissons croupies, les virus, les venins : telles en sont les causes les plus ordinaires.

Parmi les variétés du processus inflammatoire, nous mentionnerons seulement : l’inflammation franche, déterminée par l’action momentanée de causes irritantes vulgaires, et qui, en général, cède facilement à la réaction vitale des parties endommagées ; l'inflammalion spécifique, effet des éléments virulents, c’est-à-dire causée par la pénétration et la multiplication à l'infini dans les tissus où ils ont été déposés, des parasites pathogènes, des agents vivants des infections ; l’inflammation aiguë, caractérisée par l'intensité des phénomènes qui l’expriment, par son évolution rapide, par sa tendance à la destruction du tissu frappé ; l’inflammation chronique, à symptômes plus obscurs, souvent rebelles aux moyens thérapeutiques, déter-

minant peu à peu l’hypertrophie, l'induration des,

organes. 6 5 Les terminaisons de l’inflammation sont : la déli-

INFLAMMATION

tescence, la résolution, l’hémorrhagie, la suppuration, la gangrène et le passage à l’état chronique.

La résolution est caractérisée par latténuation progressive des symptômes et le retour de la partie malade à son état antérieur. Qu'elle soit spontanée ou provoquée par l’art, elle s'annonce dans les inflammations externes par une diminution graduelle de la douleur, de la chaleur, de la rougeur et de la tuméfaction. La résolution des inflammations internes est indiquée par un amendement dans les symptômes rationnels ou sympathiques, par une fièvre moins intense, et souvent aussi par des crises (urines abondantes, diarrhée, abcès superficiels). La délitescence diffère de la résolution en ce que les phénomènes inflammatoires, au lieu de s’atténuer peu à peu, de disparaitre graduellement, disparaissent au contraire brusquement. Mais quelquefois la délitescence n’est qu’apparente, l’inflammation ne fait que se déplacer ; tandis qu’elle s’éteint dans une partie de l’organisme, elle s’établit dans une autre. C’est à ce phénomène curieux qu’on a donné le nom de métastase. Dans la terminaison par hémorrhagie, les tissus gorgés de sang laissent échapper une certaine proportion de ce liquide. La guérison n’est pas toujours la suite de ce mode de terminaison. Si dans l’inflammation des tissus superficiels l’hémorrhagié n’expose à aucun danger, elle est fréquemment mortelle lorsqu'elle s’effectue abondante dans la trame d’un organe important (cerveau, poumons, foie). La terminaison par suppuration a été considérée jusqu’à notre époque comme le résultat possible d’une inflammation ordinaire intense et persistante. Des travaux récents paraissent établir ce fait, que toujours la suppuration des tissus est la conséquence de la pénétration et de la pullulation dans leur substance de microorganismes spéciaux. Lorsque, par conséquent, l’inflammation aboutit à la suppuration, on peut en inférer qu’elle est de nature microbienne, ou que pendant son évolution une influence spécifique est intervenue. La suppuration des tissus et des organes enflammés est indiquée par la persistance des symptômes, surtout de la douleur, et par un mouvement fébrile d'ordinaire assez marqué. Quand la suppuration s’établit dans un organe profond, souvent il n’y a pas d’autres signes qui la dénoncent ; mais, lorsqu'elle a lieu dans des tissus situés superficiellement, on voit ceux-ci se ramollir peu à peu sous l'empire du travail morbide, devenir fluctuants, puis s’entr'ouvrir et donner issue au pus formé aux dépens de leur propre substance.

La gangrène est la terminaison la plus redoutable de l’inflammation. Quand elle est réalisée, la mort est définitive dans les tissus qui étaient le siège de la phlegmasie (voy. GANGRÈNE).

Il est possible que l’inflammation aiguë s’atténue dans ses manifestations, et que, stationnaire à un certain moment, elle persiste longtemps à un faible degré; elle prend la forme chronique. Mais assez souvent l'inflammation chronique n’est pas précédée d’un processus aigu; elle s'établit lentement sous l’influence d'une irritation légère, continue, ou par l’action de causes irritantes fréquemment répétées. Dans tous les cas, elle est principalement caractérisée par la tuméfaction persistante, l'induration du tissu frappé. Celui-ci devient dense, fibreux, résistant; il crie sous l'instrument tranchant, et sa coupe présente un aspect lardacé, de nuance grisâtre marbrée de teintes foncées. L'inflammation chronique provoque l’'hypertrophie fausse, la sclérose des organes, la destruction graduelle de leurs éléments spéciaux.

Le traitement rationnel de l’inflammation comprend un grand nombre d’indications. La première est de faire cesser la cause déterminante des phénomènes que l’on veut combattre. Ensuite il faut agir localement avec les antiphlogistiques, les émollients, les astringents. Les affusions d’eau froide,

INFLORESCENCE

l'irrigation continue, donnent d’excellents résultats dans les inflammations externes. Si la douleur est violente, on peut recourir aux narcotiques. Lorsque Ja tuméfaction est considérable, il est souvent utile de faire des mouchetures pour dégorger les parties enflammées. Les inflammations internes, viscérales, échappent à l'intervention directe. IL faut les traiter par les révulsifs et les dérivatifs, sinapismes, frictions irritantes, purgatifs, sétons. Dans les inflammations spécifiques, virulentes, l'indication fondamentale et dominante est la destruction des organismes morbifiques avant leur généralisation. Elles ne cèdent que par l’ablation ou l’escharification de la partie qui en est le siège. La meilleure pratique, en pareil cas, c’est d’opérer énergiquement avec les caustiques ou le fer rouge. P.-J. C.

INFLORESCENCE (botanique). — La façon dont sont disposées les fleurs sur la plante qui les produit s’appelle inflorescence. Toute fleur est portée par un axe qu'elle termine ; cet axe peut être très court et la fleur est dite sessile. Le plus ordinairement cet axe présente une longueur appréciable et prend le nom de pédoncule; c'est ce que le langage vulgaire nomme la queue de la fleur. Tantôt le pédoncule demeure simple, tantôt il se divise en axes secondaires, tertiaires, ete.; chacune de ces divisions s'appelle pédicelle, et se désigne par la génération à laquelle elle appartient.

Les fleurs peuvent être solitaires ou groupées, ce qui revient à dire qu'il existe des inflorescences uniflores ou multiflores (divisées en biflores, triflores, etc.).

La tige et les branches d'une plante produisent quelquefois chacune une fleur à leur extrémité; on dit alors que cette plante a les fleurs solifaires et terminales (ex. : Fabiana, Magnolia, etc.). Si les fleurs, tout en demeurant solitaires, se montrent chacune à l’aisselle d’une feuille, elles prennent le titre de solitaires et axillaires; telles on les observe dans la Pervenche commune. Bien plus communément les fleurs sont groupées et forment des inflorescences plus ou moins compliquées, que l’on a divisées, suivant leur organisation, en trois grandes catégories :

les inflorescences indéfinies, définies et mixtes.

INFLORESCENCES INDÉFINIES. — On appelle ainsi toutes les inflorescences où il est impossible de prévoir à l'avance le nombre de

| fleurs de la même génération qui pourra être produit, ce nombre

À , . dépendant uniquement de l’état Fig. 154 — Epi de vigueur de la plante consi-

de la Verveine AE P

officinale. dérée. :

Si l’on examine, par exemple,

un pied fleuri de Plantain ou

de Verveine officinale, on constate facilement que chacune des inflorescences de ces plantes consiste en un axe commun indéterminé, le long duquel sont disposées des fleurs sessiles à l’aisselle d'autant de bractées, et dont le nombre varie suivant la longueur de cet axe qui les produit -de bas en haut, au fur et à mesure qu'il s’accroit. C est là ce qu’on appelle un épi. On peut donc définir l'épi : une inflorescence indéfinie, à deux degrés

de végétation, dans laquelle toutes les fleurs (qui.

me AD

INFLORESCENCE

représentent la seconde génération) sont sessiles.

Dans les exemples cités, ainsi que dans une foule d’autres végétaux, les fleurs sont hermaphrodites. Il arrive assez souvent que lépi ne contient que des fleurs unisexuées, comme cela se voit dans

Fig. 155. — Chaton femelle du Coudrier.

le Noyer, le Coudrier, le Charme, etc. L'usage a prévalu, dans le langage technique, d'appeler chatons de semblables inflorescences. Si l’épi renferme à la fois des fleurs unisexuées et des fleurs rudimentaires, et qu’en outre il soit muni à sa base d'une grande bractée plus ou moins colorée, comme on l'observe dans les Aroïdées, l’inflorescence prend le nom de spadice. Quand l’épi, formé de fleurs ordinairement hermaphrodites, est enveloppé par deux bractées vertes et stériles (glumes), comme il arrive dans les Graminées, par exemple, il prend le nom d’épillet. L'épillet fait d’ailleurs partie d’inflorescences plus ou moins compliquées, comme nous verroni plus loin (voy. GRAMI- NÉES). Ce ne sont là, on le comprend, que des variétés de l’épi, et ces dénominations diverses n'ont d'autre avantage que d’abréger le lan- | gage descriptif. lu

| Si nous supposons que Fig. 436. => Spadice dl es axes secondaires Cali:

d’un épi s’allongent as-

sez pour devenir facile- ;

ment visibles, même à une certaine distance, l’inflorescence n'aura pas évidemment changé de nature; son aspect seul sera modifié. La longueur absolue ou relative des pédicelles varie beaucoup suivant les plantes considérées, et aussi dans la même espèce, suivant l’âge de l'inflorescence. Dans tous les cas,

INFLORESCENCE

l'inflorescence dont il s’agit s'appelle une grappe (ex.: Réséda, Groseillier, etc.). Celle-ci est dite nue lorsque les bractées mères des pédicelles floraux n existent pas, ainsi qu’on le voit dans les Choux etun très grand nombre de Crucifères (voy. ce mot). Il existe enfin quelques plantes dans lesquelles l'axe commun de la grappe ou de l’épi est terminé par

Fig. 157. — Grappe de Réséda.

une fleur, ce qui n'empêche point l’inflorescence d’être indéfinie, parce que le nombre des fleurs est toujours dépendant de la longueur de l’axe principal (voy. GRAPPE).

Les axes secondaires d'une grappe peuvent devenir très inégaux ; et l’on conçoit qu’étant d'autant plus longs qu'ils s’insèrent plus bas, ils puissent porter toutes les fleurs de l’inflorescence à un même niveau horizontal (ou à peu près). Il en résulte un corymbe, tel qu'on peut l’observer dans le Merisier de Sainte-Lucie, par exemple. Il est quelquefois assez difficile d'attribuer à la grappe ou au corymbe telle inflorescence donnée (surtout chez les Crucifères), parce que la longueur relative des axes se trouve modifiée avec l’âge. Ainsi, chez la plupart des espèces d’Iberis, les fleurs forment d’abord un corymbe; mais un peu plus tard, l'axe principal s’allongeant insensiblement, tandis que les axes secondaires cessent de croître, l’inflorescence passe à l’état de grappe. Les botanistes descripteurs désignent assez ordinairement les inflorescences dont il s’agit sous le nom de grappes corymbiformes {voy. CORYMBE).

INFLORESCENCE

Si, dans un corymbe, l'axe principal est supposé devenir court et trapu, de telle sorte que les fleurs arrivant encore à un même niveau, leurs pédicelles partent de points si voisins, qu'on les dirait presque insérés en un même plan horizontal, on aura une idée nette de l'inflorescence nommée ombelle, telle qu'on l’observe chez les Astrancies par exemple.

Fig. 158. — Corymbe du Merisier de Sainte-Lucie.

Suivant les plantes examinées, les pédicelles occupent l’aisselle de bractées ou en sont dépourvus. L’ombelle est dite nue dans le second cas, et munie d'un involucre dans le premier (voy. OMBELLE). Que sur un axe principal et surbaissé il existe un nombre indéfini de fleurs sessiles, l’inflorescence sera un capitule (que l’on appelle aussi fleur composée). On peut donc considérer le capitule comme

Fig. 159. — Capitule de Panicaut.

une ombelle dont les fleurs seraient sessiles, ce qui établit entre ces deux dispositions la même relation que nous avons trouvée entre la grappe et l’épi. L’axe du capitule est ordinairement muni à sa base de bractées stériles qui lui forment un involucre (voy. CAPITULE).

L'étude comparée des diverses inflorescences indéfinies est instructive, non seulement parce qu’elle montre bien quels sont les rapports théoriques que l’on peut établir entre elles, mais aussi parce qu’elle explique pourquoi les choses ne sont pas, dans la nature, aussi nettement tranchées qu’on pourrait s’y attendre, et comment 1l se fait qu’on observe

INFLORESCENCE

entre certaines dispositions florales des transitions presque insensibles.

Les inflorescences dont il vient d’être question ont ceci de commun que tous les axes de seconde génération y sont terminés chacun par une fleur et ne produisent pas autre chose; on les appelle simples, à cause de ce caractère. Mais il arrive très fréquemment que ces axes se ramifient eux-mêmes une ou plusieurs fois, d’où résulte une complication bien plus marquée, sans que la nature et le rapport des parties soient modifiés. Que dans une grappe, par exemple, les axes du second degré, devenant indéterminés, produisent des pédicelles de troisième ordre qui portent les fleurs, on aura une grappe générale dont chaque axe secondaire sera lui-même une petite grappe. L’inflorescence pourrait donc être nommée une grappe de grappes; on dit plus ordinairement grappe composée. Si la ramification atteint, comme on l’observe quelquefois, quatre, cinq, six, etc., degrés, la grappe est dite décomposée, et l’on doit indiquer, dans la description de l'espèce considérée, le degré de complication existant.

On le conçoit sans peine, ce que nous disons de la grappe peut se rencontrer pour les autres inflorescences indéfinies. Il existe en effet des épis composés, des corymbes, des ombelles, des capitules composés. Nous ferons toutefois remarquer que l’ombelle et le capitule ne dépassent pas, d'ordinaire, le troisième degré de végétation. Le chaton et le spadice ne sont jamais composés.

Toutes ces inflorescences composées se reconnaissent donc à ce que leurs axes (à quelque génération qu'ils appartiennent), se ramifient toujours suivant le même mode. Il n’en est pas toujours ainsi. Que l’on observe, par exemple, un pied de Lierre en fleur, on verra facilement que chaque inflorescence consiste essentiellement en un axe principal, plus ou moins développé, et donnant naissance à des axes sccondaires de longueur à peu près égale. Si ceux-ci se terminaient par une fleur, on aurait évidemment une grappe simple. Mais ici l'extrémité de chacun de ces axes porte

Fig. 160. — Grappe d'ombelles de Schefflera.

une petite ombelle, d’où le nom de grappe d’ombelles, qu'on applique à l’inflorescence dont il s’agit. De même on peut voir dans les Pétasites, par exemple, qu'il existe des épis de capitules, parce que l'axe primaire de l’inflorescence porte un nombre variable de petits capitules à peu près sessiles à l’aisselle d'autant de bractées.

Ces quelques exemples suffisent sans doute pour montrer que, dans les inflorescences composées, la ramification est tantôt de méme mode, tantôt de mode différent. Un seul mot (suivi des épithètes : composé ou décomposé) est nécessaire pour dési-

INFLORESCENCE

gner les premières; pour les secondes, il faut deux termes, dont l’un indique le mode de ramification fondamental, tandis que l’autre s'applique

aux inflorescences composantes (ex. : grappe d'ombelles, grappe d’épis, etc.).

INFLORESCENCES DÉFINIES. — On nomme inflo-

rescences définies celles où tous les axes, à quelque ordre qu'ils appartiennent, sont terminés par une fleur, et où il est possible de prévoir à priori quel pourra être le nombre de fleurs produites à telle génération donnée. Ces inflorescences portent le nom général de cymes, et se divisent en cymes bipares et unipares, pour les raisons que nous allons indiquer brièvement.

Supposons qu'un axe primaire se termine par une fleur au-dessous de laquelle existent deux bractées opposées. Ces bractées étant fertiles, chacune d'elles portera dans son aisselle un axe de second ordre qui se terminera de la même facon. Si les choses ne vont pas plus loin, on aura affaire à une cyme bipare simple, et celle-ci comportera trois fleurs seulement (on la nomme encore cyme triflore), dont une de première génération, et deux de même âge (comme appartenant à des bractées opposées), qui représentent la seconde. L'expression de bipare sert à rappeler ce fait important, qu’à l’axe de première génération succèdent deux axes de la génération suivante.

Il est assez rare de voir la ramification s'arrêter au deuxième degré. La cyme devient alors composée, comme nous avons vu que cela peut arriver

Fig. 161. — Cyme bipare composée de la Petite-Centaurée.

pour les inflorescences indéfinies; mais, si elle se complique, rien n’est changé dans sa véritable nature. Chaque pédicelle secondaire portant audessous de sa fleur terminale deux bractées opposées et fertiles, produira encore deux pédicelles du troisième ordre, ce qui portera à quatre le nombre total des fleurs de cette génération. Il est facile de concevoir qu’à chaque ramification nouvelle, le nombre des axes produits (et par conséquent des fleurs) sera toujours double de celui des. axes de la génération précédente ; si bien que partant d’une seule fleur à la première, nous en trou-

INFLORESCENCE

verons deux à la seconde, quatre à la troisième, huit à la quatrième, seize à la cinquième, etc. En d’autres termes, si nous laissons de côté la première génération qui ne comporte jamais qu'une seule fleur, les nombres qui représentent les fleurs des générations successives forment une progression géométrique dont le premier terme est 2, et la raison 2 également. Ces nombres sont donc théoriquement connus d'avance. Ce qu’on ne saurait prévoir, c’est le degré de ramification que l'inflorescence pourra atteindre, puisqu'il dépend de l’espèce considérée et plus souvent encore de la vigueur de l'individu.

Il est important de remarquer que l’inflorescence dont nous parlons présente les rapports les plus intimes avec le mode de ramification, nommé dichotomie vraie (voy. DICHOTOME et DICHOTOMIE), et qu’elle n'est possible que dans les plantes à feuilles ou bractées opposées.

Ce qui précède ayant surtout pour but de montrer l'origine et la succession des axes dans la cyme bipare, nous n'avons rien dit de la longueur de ces axes eux-mêmes. Cette longueur mérite cependant, dans la pratique, une sérieuse attention, car elle joue le principal rôle dans l’aspect général que prendra l’inflorescence tout entière, comme nous allons le montrer par quelques exemples appropriés. Pour bien saisir ce qui va suivre, il importe de distinguer dans tout axe composant la cyme : 1° une partie inférieure ou entre-nœud, comprise entre le point d'origine et les deux bractées d’où partent les axes suivants; 2° une partie supérieure, s'étendant entre ces bractées et la fleur qui termine l’axe considéré. Or ces deux parties peuvent présenter d'assez nombreuses variations quant à leurs dimensions respectives.

Dans certaines Caryophyllacées, telles que l'Œillet des poètes (Dianthus barbatus L.), par exemple, les entre-nœuds sont très courts, tandis que les pédicelles proprement dits sont assez allongés, d’où il résulte que l’inflorescence ressemble de loin à une ombelle.

D'autres fois, c’est l'inverse qui s’observe, et les fleurs sont comme sessiles entre les bractées.

Si les deux parties de chaque axe floral sont également et suffisamment développées, l’ensemble prend une apparence d’autant plus divariquée, que leur longueur est plus grande, et les fleurs peuvent se trouver assez loin les unes des autres. Cette disposition s’observe, par exemple, dans certaines Gypsophiles, dans plusieurs Silenes, etc. D’autres fois, les deux portions de chaque axe étant très courtes, toutes les fleurs sont sessiles, et situées presque à la même hauteur. Elles simulent des sortes de têtes que l’on a souvent confondues, dans les descriptions, avec des capitules ou des épis. Les cymes dont il s’agit sont nommées par beaucoup d’auteurs cymes bipares contractées à [leurs sessiles, ou plus simplement glomérules.

Lorsque, au-dessous de la-fleur terminale, l’axe porte, non plus seulement deux bractées opposées, mais trois, quatre, cinq, etc., bractées verticillées et fertiles, la cyme devient t{ripare, quadripare, quinquépare, etc., et le nombre des fleurs à chaque génération se trouve tout naturellement augmenté.

Si les feuilles ou bractées sont nettement alternes, chaque axe peut ne porter qu’une bractée qui produira à son aisselle un seul axe de l'ordre suivant, et la cyme prend le nom d’unipare. On en distingue deux sortes : les cymes unipares héliçoides et les cymes unipares scorpioïides.

La cyme héliçoïide se produit de la façon suivante : un axe primaire se détérmine par une fleur au-dessous de laquelle (à gauche, par exemple) existe une bractée fertile. Celle-ci donne, en son aisselle, un pédoneule de deuxième ordre, également déterminé, et porteur d’une nouvelle bractée encore située à gauche. Cet axe 2 sera

précédent, tous

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suivi, d’après le même mode, d’un axe 3, celui-c5 : d'un axe 4, et ainsi de suite, tant que la ramifica- tion ne s'arrêtera pas. On conçoit sans peine que cette succession d’axes prendra la forme d'une spirale ou d’une hélice, à tours plus ou moins : serrés, sur la convexité de laquelle feront plus ow. moins saillie les pédicelles floraux. Pour que les axes successifs se disposent ainsi toujours dans le : même direction, il faut que la plante soit homodrome (VOy. PHYLLO- TAXIE).

Si l'espèce considérée est hétérodrome, le résultat sera un peu différent. La direction vers laquelle se porte tout axe étant alors inverse de celle de l'axe

les pédicelles formeront une sorte de zigzag représenté en schema (fig.

163), et les angles de divergence varieront, bie+ entendu, avec l’ordre phyllotaxique existant. Om: voit aussi facilement sur ce dessin que toutes les fleurs se disposeront en deux séries alternes, dont : l'une comprendra tous les axes pairs, l’autre, les axes impairs. En somme, il s’agit ici d’un développe—ment qui rappelle tout à fait la ramification sympo— dique (voy. RAMIFICATION). L'observation montre: en outre que la courbure de l’ensemble est tout à fait comparable à celle qui se voit dans la cyme héliçoïde, et sujette aux mêmes variations. Les Alstræmères, si souvent cultivées dans nos serres, donnent un exemple de cette dernière inflorescence, tandis que nos Jusquiames, nos Myosotis, etc, montrent différents aspects de la cyme scorpioïde.

Ajoutons, enfin, que la configuration des cymes change ordinairement avec la longueur relative des axes florifères, et qu’on observe à cet égard les mêmes modifications que nous avons indiquées à propos de la cyme à bractées : opposées. Il existe donc, par exemple, des glomé- rules unipares, tout comme des glomérules bipares. .

Quelle que soit d’ailleurs l’apparence que revêtent les eymes unipares, il est évident qu'il n’y : aura Jamais qu'une seule fleur de la même génération. C’est en cela que ces inflorescences sont définies, puisque ce nombre est prévu d'avance. Quant au nombre des générations de fleurs qui pourront se succéder, il est toujours inconnu, pour les : mêmes raisons que nous avons données à propos : des cymes bipares..

Fig. 162. — Schéma d’une cyme unipare héliçoïde.

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Fa

Fig. 1463. — Schéma d'uner :

cyme unipare scorpioide.

INFLORESCENCE

Il n'est pas rare de rencontrer des cymes unipares dans des plantes à feuilles opposées. Cette anomalie se produit toutes les fois que, par suite d’une sorte d’'appauvrissement de la végétation, ou pour toute autre cause, une des deux bractées opposées vient à disparaitre ou demeure stérile, ce qui amène forcément la disparition de la fleur correspondante. Dans certaines espèces, cet avortement partiel semble soumis à une règle fixe ; c’est ce qu'on voit, par exemple, très ordinairement dans une des espèces de Lychnis les plus communément cultivées, le L. Coronaria (vulg. Coquelourde). Cette inflorescence se désigne d'ordinaire comme cyme unipare par avortement.

INFLORESCENCES MIXTES. — Un nombre très considérable de plantes présentent réunis dans l’arrangement de leurs fleurs les caractères de l’inflorescence indéfinie et ceux de l'inflorescence définie. C'est ce qui constitue les in/florescences mixtes, lesquelles sont peutêtre les plus répandues de toutes.

Le Marronnier d'Inde, par exemple, produit à l'extrémité de ses plus jeunes branches, de nombreuses fleurs réunies en une sorte de gros bouquet conique désigné souvent par les expressions de thyrse ou de panicule, termes vagues, qui ont d'ailleurs le grave inconvénient d'être appliqués à des choses fort différentes.

En examinant avec quelque attention l'inflorescence en question, on constate qu’elle consiste essentiellement en un axe principal indéterminé, produisant sur ses côtés des axes de second ordre qui portent tous une fleur à leur extrémité. Limité à cet état, l’ensemble formerait évidemment une grappe simple, c’est-à-dire une inflorescence indéfinie. Mais il n’en est jamais ainsi ; au-dessous de la fleur qui le termine, chaque axe secondaire produit un axe tertiaire court et terminé de la même façon. Celui-ci se comporte de même, etc.; si bien qu'il apparaît de la façon la plus claire que tous les axes secondaires sont les pédoncules principaux d’autant de petites cymes unipares scorpioïdes, c’est-à-dire de petites inflorescences partielles définies, réunies sur l'axe commun suivant le mode indéfini. L'ensemble devra donc s’appeler grappes de cymes scorpioïdes. :

On s’assurera de même que, dans le Laurier-Tin (Viburnum Tinus L.), chaque axe principal se renfle à son sommet pour produire une ombelle dont les rayons se terminent tous par une petite cyme bipare. L’inflorescence mérite bien encore ici la dénomination de mixte, puisqu'elle est indéfinie en tant qu'ombelle, et définie par les cymes qui la terminent.

La plupart des Primevères de nos campagnes (Primula officinalis Jacq., P. elatior Jacq., etc.), un grand nombre d'espèces d’Ail, etc., fleurissent en ombelles de cymes unipares; nos Iris portent

Fig. 164. — Cyme unipare par avortement dans un Hélianthème.

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INFLORESCENCE des grappes de cymes ; un grand nombre de Labiées ont des grappes ou des épis de glomérules, etc.

Dans bon nombre d’inflorescences mixtes, l'axe principal affecte la forme trapue que nous avons vue exister dans le capitule, et si les fleurs s'y montrent sessiles, on conçoit facilement qu'un examen insuffisant les ait fait confondre avec cette dernière inflorescence. C’est ce qui arrive, par exemple, chez le Mürier-à-papier (Broussonetia papyrifera Vent.). Mais la surface arrondie de l’axe principal porte en réalité de petits glomérules partiels. La même chose arrive dans le Figuier commun (Ficus Carica L.), avec cette différence que l'axe prend ici une forme concave, et constitue finalement une sorte de poire creuse dont les fleurs occupent la paroi interne.

Dans tous les exemples que nous venons d’indiquer brièvement, l’inflorescence est indéfinie dans

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Fig. 165. — Inflorescence mixte de Marronnier d'Inde : grappe de cymes scorpioides.

sa partie fondamentale, et définie seulement vers la périphérie. Il importe de faire remarquer que l'inverse peut arriver. Ainsi, chez plusieurs Composées (Camomilles, Soucis, Topinambour, etc.), l'inflorescence offre dans son ensemble tous les caractères d’une cyme; seulement, chaque axe se termine, non par une fleur, mais par un capitule qui est une inflorescence indéfinie. On a encore affaire à des inflorescences mixtes; mais c’est la portion définie qui forme, pour ainsi dire, la charpente de tout l'édifice (voy. ANTHEMIS, fig. 379).

La véritable organisation des inflorescences, telle que nous venons d’en esquisser les traits principaux, est facile à distinguer quand on en étudie le développement ; mais il est juste de reconnaitre qu'il n’en est pas toujours ainsi lorsqu'on n’a sous les yeux que des inflorescences adultes. Il est certain, par exemple, que certaines cymes unipares simulent très bien des grappes ; que beaucoup de capitules de cymes contractées peuvent être pris pour des arrangements indéfinis, etc.

INFLORESCENCE

Il est donc important de voir s’il n'existe pas, même au moment de la floraison, quelque caractère facile à vérifier, et capable de tirer d’embarras l'observateur un peu inexpérimenté. Or ce caractère existe, et nous le trouvons dans l’ordre suivant lequel les axes florifères se succèdent, et où, par conséquent, les fleurs s’épanouissent, les plus anciennement formées s’ouvrant, bien entendu, tou- Jours les premières, et celles de même âge, au même moment.

Ceci posé, voyons comment les choses se passent, par exemple, dans un épi ou une grappe. D’après ce que nous avons dit, l’axe principal produisant les axes secondaires au fur et à mesure qu'il s’allonge, il est bien clair que les plus âgés de ceux-ci seront les plus bas situés, tandis que les plus jeunes seront en haut. L’épanouissement des fleurs qui les terminent se fera donc dans le même ordre; c’est ce qu’on exprime en disant qu’il est basifuge. On le nomme aussi centripele, et cette locution s’ap-

Fig. 166. — Inflorescence mixte de Sparmannia : ombelles de cymes unipares.

plique surtout aux inflorescences qui ont leurs fleurs situées à peu près à un même niveau, comme l’ombelle, le corymbe, le capitule. Dans tous ces cas, les fleurs s’ouvriront donc de bas en haut ou de la périphérie vers le centre.

Dans une cyme bipare (ou pluripare), pourra-t-il en être de même ? Evidemment non, d’après ce que nous avons dit de son organisation. La fleur qui termine l’axe primaire, étant la plus âgée, s’ouvrira la première, et nous savons qu’elle occupe forcément le centre de tout l’appareil. Les deux fleurs de seconde génération s’épanvuiront simultanément parce qu’elles sont du même âge (comme opposées), mais plus tard que la fleur 1. Pour les mêmes motifs, les fleurs du troisième ordre s’épanouiront toutes ensemble, après les fleurs du second ; celles du quatrième après celles du troisième, et ainsi de suite. On conçoit en outre que ces épanouissements partiels iront sans cesse en s’écartant du centre pour gagner la périphérie, de telle sorte -que les fleurs centrales pourront être déjà passées à l’état de fruits plus ou moins avancés, tandis que celles du pourtour seront encore en tout jeunes boutons. L'évolution est donc ici bien nommée centrifuge.

INFLORESCENCE

Il sera donc toujours possible de distinguer facilement, par exemple, un glomérule d’un capitule, malgré la ressemblance extérieure qui peut, au premier abord, porter à les confondre. Dans le premier en effet, les fleurs les plus âgées seront au centre du groupe; elles seront à la périphérie, dans le second.

Certaines cymes unipares sont fréquemment prises pour des grappes, parce que les entre-nœuds des axes successifs, placés (comme dans un sympode) les uns au bout des autres, simulent un axe général unique. La distinction est cependant assez facile pour une observation attentive. Si, en effet, il s’agit d’une cyme unipare vraie, tous les pédicelles floraux sont insérés d’un même côté, ce qui n'arrive presque jamais dans la véritable grappe ; et en outre, chacun d’eux est en face d’une bractée (et non pas dans son aisselle, comme cela arrive dans la grappe), et on voit un autre axe interposé entre lui-même et ladite bractée.

La. cyme unipare par avortement ne sera pas non plus confondue avec la grappe, parce qu’elle porte en face l’une de l’autre deux feuilles ou bractées dont une seule à une fleur dans son aisselle, ce qui ne s’observe pas dans l’inflorescence indéfinie.

INFLORESCENCES ANOMA- LES. — Certaines inflorescences sont désignées par les auteurs comme anomales. Il importe de remarquer que ces anomalies ne portent pas sur l'inflorescence considérée

en elle-même, laquelle rentre toujours dans un

des types dont nous avons parlé, mais seulement sur la place qu’elle occupe, sur les rapports qu'elle affecte avec les organes voisins, ou quelque autre particularité. Nous allons essayer d’élucider €e point par quelques exemples appropriés.

L’anomalie peut consister seulement en l'absence des bractées que l’on observe habituellement. Nous avons déjà signalé à cet égard les grappes nues de beaucoup de Crucifères. De même encore, la cyme scorpioide des Myosotis, pour être dépourvue de bractées, n’est pas différente au fond de toutes celles de même nature qui en sont munies. Il n’y a pas là grande difficulté.

Les choses ne sont plus aussi simples quand l’anomalie consiste, comme cela est assez fréquent, en des déplacements, des adhérences qui viennent masquer plus ou moins les véritables rapports des organes. C’est ainsi que dans certaines Asclépiades, les inflorescences sont insérées entre les pétioles des feuilles opposées, et au même niveau qu'eux ; on les dit alors interfoliacées. Quand on cherche à se rendre compte de l’origine de cette anomalie, on voit que l’inflorescence est en réalité née à l’aisselle d’une des feuilles de la paire immédiatement inférieure, et que son axe principal est conné avec le rameau dans toute la longueur de l’entre-nœud. C’est ce que beaucoup de botanistes considèrent comme le résultat d’une soudure; mais cette soudure n’existe point, en ce sens que les deux axes n'ont point été d’abord libres, pour se réunir ensuite à un moment donné. L'union est réellement congénitale, comme le montre l'étude organogénique, et l’on a ici affaire à un de ces phé-

d'Helwingia, quelle a été entraînée

Feuille sur la

Fig.

l’inflorescence née dans son aisselle.

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