INSERTION
pliqués. C’est ce qui arrive nofamment pour les inflorescences que l’on appelle épiphylles, parce qu’elles s’insèrent sur un point variable de la surface des feuilles (ex.: Helwingia, Phyllonoma, etce.). L'axe principal de ces inflorescences naît en réalité à l’aisselle de la feuille, mais se trouve de très bonne heure conné avec celle-ci, d’où résulte l’apparence que l’on constate plus tard.
Depuis la fin du siècle dernier, la plupart des botanistes, à la suite d’A.-L. de Jussieu, ont attaché une très grande importance, pour la classification, à l'insertion des organes floraux, et particulièrement à celle des étamines. De Jussieu, estimant que les rapports de l’androcée avec le gynécée constituent un caractère d'une valeur prépondérante. pour la délimitation des familles et des genres, les prit pour base de sa méthode. Il admit trois. modes d'insertion des étamines : elles sont fixées au-dessous du gynécée, et il les nomme hypogynes ; elles s'insèrent autour de l'ovaire, et deviennent périgynes; ou enfin on les trouve attachées sur l'ovaire lui-même (quelquefois jusque sur le style), et elles prennent le titre d’épigynes. Ayant remarqué que dans les plantes à corolle gamopétale, celle-ci donne le plus souvent insertion aux étamines, mais aussi présente les mêmes variations quant à ses rapports avec le gynécée, ce n’est plus alors l'insertion de l’androcée qu'il prend en considération, mais celle de la corolle, à laquelle il transporte d’ailleurs les mêmes dénominations.
L'observation montre que l'insertion des étamines est bien loin d’être aussi constante que semblait le croire A.-L. de Jussieu, et on la voit varier profondément dans certains groupes très naturels où le caractère en question ne saurait, en saine logique, l'emporter sur l’ensemble de tous les autres caractères concordants. C’est ainsi que les Samolus ne peuvent être séparés des Primula pour ce seul fait que l'insertion y est périgyne, tandis qu’elle est hypogyne dans les seconds. Doit-on placer les Orobanches dans une autre classe que les Gesnéries parce qu’elles sont hypogynes et non périgynes ; écartera-t-on pour la même cause unique les Renoncules des Pivoines? Ce serait évidemment une conséquence extrême du système, devant laquelle on voit que l’auteur lui-même a reculé plus d’une fois.
Le caractère tiré de l'insertion relative des étamines et du gynécée perd beaucoup de son importance quand on se rend bien compte des causes qui amènent les différences observées. Le périanthe naît et s’insère vers la base organique du réceptacle floral, le gynécée vers son sommet organique, tandis que l’androcée occupe une partie de l’espace intermédiaire; ce sont là des rapports organiques invariables. Ce qui varie beaucoup au contraire (on peut presque dire : d’une espèce à l’autre), c’est la forme de ce réceptacle, essentiellement polymorphe, comme la plupart des organes végétaux. Or, c’est justement cette variabilité dans la forme qui amène les différences dont il s’agit.
Que dans une fleur de Renoncule, par exemple, ou d’Ancolie, on fasse passer un plan horizontal par la base du gynécée, et un autre plan parallèle par l'insertion des étamines, on verra facilement que ce second plan est situé plus bas que le premier. Il y a donc hypogynie, et celle-ci correspond à ce fait que le réceptacle floral est ici manifestement convexe. Si cet organe devient plan ou même un peu concave (comme cela s’observe dans les Pivoines), le plan d'insertion des étamines coïncidera avec celui du gynécée ou lui deviendra supérieur, et coupera l'ovaire à une hauteur variable, suivant le degré de concavité du réceptacle. Nous aurons affaire à la périgynie. Si tous les autres caractères sont restés semblables, il ne parait point logique de les subordonner à cette variation de la forme du réceptacle. .