‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 63 sur 198 · INVENTAIRE · texte numérisé non relu

INVENTAIRE

subdiviser à leur tour en autant d'articles que ce chapitre comprend d'unités différentes; c’est la seule méthode rigoureuse pour éviter l'erreur.

Les chapitres à adopter pour l'actif dans un inventaire agricole sont les suivants :

1° Mobilier du ménage, comprenant tous les objets à' l’usage personnel du cultivateur et de sa famille : mobilier, vêtements, linge, etc.;

2° Mobilier de culture, comprenant les outils, les instruments et les machines, les harnais, les voitures, le mobilier des granges, écuries, étables, bergeries, porcheries, celui de la basse-cour, etc.;

3° Cheptel vivant, c’est-à-dire les chevaux et juments, ânes, mulets, bœufs et vaches, moutons, pores, animaux de basse-cour ;

4 Produits en magasin, c’est-à-dire les céréales en gerbes, les grains battus, les fourrages, les racines, les plantes de toute nature, les laines, les vins, les huiles, etc., en un mot tous les produits non éncore vendus et qui ne sont pas des immeubles par destination ;

9° Produits achetés, soit pour la nourriture du bétail (issues, tourteaux, etc.), soit pour la fumure des terres (engrais commerciaux) ;

6° Argent en caisse;

1° Avances et créances, c'est-à-dire les sommes dues au cultivateur pour une raison quelconque, les valeurs mobilières, les avances faites au sol sous forme de frais de culture, de semence, d’engrais pour les récoltes qui sont encore sur pied.

Les chapitres de l'actif sont suivis, sur le livre d'inventaire, par celui qui comprend le passif, c’est-à-dire le montant des dettes de toute nature. Une récapitulation générale, qui suit le passif, fait ressortir l’avoir du cultivateur.

Parmi les chapitres de l'inventaire, quelquesuns s’établissent facilement; tels ceux qui se rapportent à l’argent en caisse, aux créances et aux avances ; ils ressortent naturellement des livres de comptes (voy. TENUE DES LIVRES). Les autres chapitres présentent plus de difficultés. Ce n’est pas qu'il soit difficile de compter les objets du mobilier, les charrues, les herses, les têtes de bétail, les produits des granges, etc.; mais il importe d’en déterminer la valeur. La valeur des meubles ct des instruments n’est pas fixe; celle des animaux change pour ainsi dire constamment ; celle des produits varie avec les cours des marchés. Il importe de tenir compte de ces faits; c’est pourquoi on doit, pour les divers chapitres de l'inventaire, s'inspirer de quelques règles d’ailleurs faciles à observer.

Pour ce qui concerne le mobilier, qu'il s'agisse de mobilier de ménage ou de mobilier de culture, on ne doit porter à l'inventaire le prix d'achat de chaque objet que l’année même de l’achat ; les années suivantes, on diminue la valeur d’un quantième du prix, qui varie suivant la rapidité de l'usure : c'est l'amortissement de la dépense. L’amortissement doit être d'autant plus rapide que, par sa nature et ses usages, l’objet est sujet à durer moins longtemps; s’il doit durer dix ans, l'amortissement sera annuellement du dixième du prix d'achat; s’il dure cinq ans, il sera du vingtième.

Pour les animaux domestiques et pour les produits en magasin, on a une base d'appréciation de leur valeur pécuniaire dans le cours des marchés. Il est prudent, à raison des changements qui surviennent dans les cours, de faire des estimations plus faibles que le cours réel. au moment de l'inventaire. Le cultivateur n’a rien à craindre de ce chef, car la plus-value que la vente peut lui procurer se traduit ensuite par un excédent d'argent en caisse. Au contraire, s’il fait une estimation plus élevée, il peut être induit en erreur sur sa situation, et se laisser entrainer à des dépenses qui dépasseraient ses ressources réelles. On doit surtout se garder d'inscrire à l'inventaire des valeurs

INVOLUCRE

résultant de prix de revient qui reposent sur des artifices de comptabilité; car ces prix sont rarement d'accord avec la valeur réelle des choses ; on peut fausser ainsi l'esprit de l'inventaire qui doit représenter exactement la situation des affaires du cultivateur, en dehors de tout arbitraire. H.S.

INVOLUCRE (botanique). — On appelle: involucre une réunion de bractées rapprochées par le raccourcissement extrême des entre-nœuds, ou réellement verticillées, et formant une sorte de collerette au-dessous d’un groupe de fleurs. Dans presque toutes les plantes dont l'inflorescence est un capitule, comme l'Artichaut, par exemple, l’axe principal de ce capitule porte au-dessous des fleurs un certain nombre de bractées stériles qui leur forment involucre. Dans les inflorescences composées, telle que l’ombelle composée de la Carotte, de la Petite-Ciguë, il peut y avoir un involucre général au sommet de l’axe principal et des involucres partiels sur chaque axe secondaire. Ces derniers prennent ordinairement le nom d’involucelles.

En principe, toute réunion de bractées qui accompagne une seule fleur, se nomme un calicule; c’est ce que l’on voit facilement dans les OEillets, les Fraisiers, et beaucoup d’autres plantes, où le phénomène dont nous parlons n’est pas sujet à variations. Cependant il faut reconnaitre que la distinction entre l’involucre et le calicule n’est pas toujours aussi nettement tranchée qu'on pourrait le croire d’après l'énoncé qui précède.

En effet, que dans une cyme pauciflore, par exemple, et munie d’un involucre, l’inflorescence vienne à s’appauvrir au point de ne plus porter qu'une seule fleur, devra-t-on pour cela changer le nom des bractées qui l’accompagnent ? Ce serait, à notre avis, compliquer bien inutilement le langage descriptif, et cela paraîtra d’autant plus inopportun, que l’amoindrissement en question pourra souvent s’observer sur des individus de la même espèce, ou sur les divers rameaux de la même inflorescence. Il serait sans doute plus logique de n’employer qu’un seul terme, celui d’involucre, par exemple, sauf à y ajouter, suivant les cas, l'épithète de pluriflore on uniflore.

La même remarque s'applique à certaines espèces d’un même genre, dont les unes peuvent avoir normalement les fleurs solitaires et les autres des fleurs groupées. Ainsi l’'Anémone de nos jardins (Anemone coronaria L.) ne possède qu’une fleur pour chaque collerette de bractées, tandis que dans l'A. narcissiflora L. il y en a plusieurs. Il paraît bien étrange de dire que la première espèce a un calicule, et la seconde un involucre.

Les involucres présentent les caractères les plus variés, quant au nombre, à la forme, la grandeur, la couleur des bractées qui les composent, et nous ne saurions entrer à cet égard dans des développe-

ments que le lecteur pourra trouver dans les ou-

vrages SpéCiaux.

Certains involueres ont une existence limitée, et disparaissent à peu près en même temps que les fleurs. D’autres fois, ils persistent et s’accroissent même autour des fruits pour lesquels ils constituent manifestement un moyen de protection plus ou moins efficace. Telle est, par exemple, l’origine de l'espèce de sac qui entoure la Noisette, de la boîte épineuse qui renferme jusqu’à la maturité les Faines et les Châtaignes.

Remarquons en terminant que les involucres ne sont pas toujours indifférents dans la technologie des plantes. Plusieurs espèces d'ornement sont recherchées beaucoup plus pour les couleurs vives dont sont ornés leurs involueres, que pour leurs fleurs elles-mêmes. Tels sont, par exemple, les Bougainvillea, V'Euphorbia splendens, le Cornus florida, et une foule d’autres. Dans l’Artichaut, c’est la base des bractées de l’involucre, ainsi que l’axe

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