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IRIS

Le Safran joue, à titre de condiment, un rôle presque journalier dans le régime diététique de certains peuples. Les confiseurs s'en servent également pour colorer les bonbons et les liqueurs.

Les graines des Iris, à cause sans doute de leur albumen corné, ont été employées comme succédané du café; mais il est inutile de dire qu’elles n’en ont point les propriétés aromatiques et stimulantes.

Un grand nombre d’Iridacées font l’ornement de nos jardins et de nos serres.

Le seul genre Jris fournit à l’horticulture plus de vingt-cinq espèces intéressantes par leur port et la beauté de leur coloris.

Les Crocus se distinguent, au point de vue spécial qui nous occupe, en espèces ou variétés à floraison printanière et en espèces automnales. Les C. versicolor Ker., C. vernus L.

et C. suzianus Ker. caractérisent la. première série ; les C. sativus L. et C. speciosus Marsh. se font rechercher dans la seconde. Tout le monde connait le degré de perfection auquels sont parvenus certains cultivateurs dans la création des variétés presque innombrables des Glaïeuls.

Une foule d’autres genres apportent leur contingent à la floriculture et sont l’objet d’un commerce fort important. Citons presque au hasard : le Tigridia pavonia Red.; les Moræa fulgens L. et virgata Jacq.; le Pardanthus sinensis Ker.; le Sparaxis grandi- {lora Aït., et, enfin, les très nombreuses espèces ou variétés du genre Jxia, dont les horticulteurs provençaux produisent dès le premier printemps des masses énormes, qu’ils expédient sur tous les points du continent. E. M.

IRIS (horticullure). — Genre de plantes de la famille des Iridacées à laquelle il a donné son nom. Un grand nombre d'espèces sont cultivées dans les jardins à cause de leurs belles fleurs qui revêtent les couleurs les plus diverses.

Les rhizomes de l'Iris pâle (ris pallida Lamark) et de l'Iris de Florence (/ris Florentina L.) sont recherchés dans la parfumerie à cause de la bonne odeur de Violette qu'ils répandent en se desséchant ; on s’en sert sous forme de poudre destinée à parfumer le linge. L'industrie du fleurage en extrait des parfums. Dans les campagnes, on met dans la lessive des chapelets de fragments de rhizomes. Ces tiges souterraines renferment un principe caustique ; tournées en petites billes, elles sont vendues sous le nom de pois à cautere et servent à entretenir la suppuration dans certaines

plaies.

IRLANDAIS

L'Iris d'Allemagne (7. Germanica L.), vulgairement Jris flambe, a des fleurs réunies en grappes de cymes unipares. Les pièces du verticille extérieur sont complètement réfléchies ; elles portent sur la nervure centrale un cordon de poils touffus. Les pièces intérieures sont élégamment relevées. Dans la plante-type ces pièces sont colorées en un beau violet, mais la culture en a fait varier à l’infini la couleur. Les variétés cultivées sont très nombreuses. Cette plante est vivace au moyen d’un gros rhizome qui rampe sur le sol et porte des feuilles ensiformes, et dont une partie persiste pendant l'hiver.

L'Iris naine (I. pumila Jacq.), vulgairement petite Flambe, est une plante à rhizome rampant sur le sol comme celui des précédentes espèces, mais ne dépassant pas la grosseur du petit doigt. Les feuilles disparaissent totalement en hiver. Fleurs d'un violet foncé portées sur une hampe courte; la plante tout entière ne dépasse pas 02,20 de haut. Originaire de l'Europe méridionale.

Iris fétide (I. fœlidissima L.). Plante indigène à fleurs d’un bleu gris sale, à pétales non érigés, de très peu d'effet. Cultivée à cause de ses feuilles persistantes et de ses fruits qui, lors de la maturité, laissent voir des graines d’un beau rouge corail. On en cultive une variété à feuilles rubannées de blanc qui est très ornementale.

Iris faux-acor (1. pseudo-Acorus L.), vulgairement F#lambe d'eau, Glaïeul d’eau. Plante indigene, croissant sur le bord des eaux, à feuilles longues d’un mètre et plus. Hampe florale de 0,60 à 1 mètre, portant plusieurs fleurs jaunes, dont les pièces du périanthe sont étalées.

Iris de Suse (I. Susiana L.). Plante vivace par rhizome en forme de bulbe. Feuilles glauques, larges, ensiformes. Fleurs grandes, tigrées de violet presque noir. Pièces du périanthe larges, celles du centre relevées. Cette curieuse espèce fleurit bien à la condition de ne pas être transplantée.

Iris Xiphion (1. Xiphium L.), vulgairement Iris d’Espagne. Tige portant deux ou trois fleurs. Pièces du périanthe d’un Joli effet, relevées toutes vers le centre. Cette jolie plante, qui fleurit en juin et juillet, a produit de nombreuses variétés.

Iris de Kæmpfer (I. Kœmpheri Lieb.). Introduite du Japon, cette plante encore peu cultivée a des fleurs qui ressemblent à celles de la précédente espèce, mais plus grandes et à coloris plus frais. Elle résiste bien à notre climat et semble être vouée à un certain avenir dans nos cultures.

Toutes les Iris sont de fort belles plantes rustiques, et que l’on recherche à cause du peu de soin qu’elles exigent et de la beauté de leurs fleurs, qui, pour la plupart des espèces, sont vernales. Toutes celles à rhizome traçant conviennent fort bien pour former des bordures dans les grands jardins et les pares où elles croissent à toute exposition et dans tout terrain. Les espèces à bulbes, un peu plus délicates, conviennent à la décoration des platesbandes. La multiplication de toutes les espèces se fait par division des touffes, pratiquée à l’automne de bonne heure, si l’on veut voir fleurir les plantes dès le printemps suivant. FD:

IRLANDAIS (CHEVAL DE CHASSE) (z00lechnie). — Le cheval de chasse Irlandais diffère de l'Anglais (voy. HUNTER) par ses formes générales et aussi par l'une de ses origines. C’est, eneffet, un métis du cheval de course, lui aussi, mais sa souche maternelle a été fournie par la variété des Poneys de la race Irlandaise, et non pas par la race Germanique. Il est de taille moyenne, et ses formes ont quelque chose de trapu, surtout dans le train postérieur. Souvent il est, au contraire, un peu étroit du devant. Gayot, dans la description qu’il en a donnée, fait remarquer que c’est là seulement un défaut apparent, dû au très grand développement relatif

IRLANDAIS

des régions postérieures. « Il en résulte, ajoute-t-i}, que le corps est fait en coin, disposition favorable au mouvement en avant, correctif heureux des inconvénients attachés au défaut très commun d’un avant-main qui laisse à désirer. »

On ne saurait souscrire, bien entendu, à la conséquence mécanique tirée par l’auteur de la conformation habituelle du cheval Irlandais, ne voyant point comment cette disposition en coin pourrait être favorable au mouvement en avant, la résistance de l’air étant, pour un cheval, négligeable. Cela se comprend pour un ballon ou un navire. Mais, à part l'explication, le fait est que les sujets réussis font preuve à la fois d’une grande puissance musculaire et d’une grande résistance. « Ainsi, dit le même auteur, le cheval Irlandais a beaucoup de train à toutes les allures; il est toujours maitre de son élan, si parfaitement maître même, qu'on le voit s'arrêter pendant le saut sur la cime d'un mur ou sur des crêtes de fossés pour se laisser glisser en bas, tomber même en s’appuyant du front contre terre, le cavalier restant en selle. Comme la plupart des produits de nos vieilles races, il est dur dans ses actions, et si vigoureux qu'un bon cavalier seul peut en tirer un grand parti. »

Le saut des obstacles, qui, pour être bien exécuté, exige en même temps de la vigueur et de l’intelligence, est une véritable spécialité pour le cheval de chasse Irlandais. Il nous souvient d'en avoir vu un exécuter en ce genre de véritables prodiges, monté par une charmante écuyère du cirque américain qui a donné durant quelques années des représentations à Paris. Ce cheval, d’après le comte de Montendre, aurait une manière à lui de sauter. « Le cheval Irlandais, dit-il, part des quatre jambes à la fois ; lorsqu'il est parvenu à l'extrémité supérieure de l’objet à franchir, ses jambes de derrière sont entièrement retroussées sous lui, et, quand il descend, ses jambes se posent sur le sol ensemble et en même temps. Il suit nécessairement de là une extrême difficulté pour le cavalier de conserver san aplomb, difficulté qui n’existe pas au même degré pour les chevaux Anglais, puisque le cavalier trouve dans leur manière de sauter une souplesse et une douceur de mouvement dont le saut du cheval Irlandais n’a pas les avantages. »

L'interprétation qu'on vient de lire de la manière de sauter du cheval de chasse Irlandais n’est point d’une parfaite correction mécanique, mais ce ne serait pas le lieu de la rectifier (voy. SAUT). Il en faut retenir seulement ce qui est exact, à savoir la vigueur dont elle est une preuve et aussi l’intelligence avec laquelle les membres sont fléchis pour ne pas rencontrer l'obstacle au passage, ce qui implique une juste appréciation de sa hauteur. Il est de fait que les chevaux en question excellent sous ce rapport, et qu'ils sautent des obstacles d'une élévation extraordinaire. De Curnieu, dans ses Leçons de science hippique générale (Paris, 1857, t. Il, p. 413), en rapporte deux exemples curieux. € En 1792, dit-il, pour un pari de 500 guinées, un cheval Irlandais fut amené dans Hyde-Park, devant le mur de Pork-Lane, haut de 2",22, d’un côté, et seulement de 2",08 de l’autre. Il sauta bien du côté le moins élévé et toucha légèrement en sens contraire. Il paraît qu’il était en liberté. Un autre cheval Irlandais franchit également le même mur. » L'auteur ajoute qu'un saut de 1",46 vaut la peine qu'on se dérange de 100 kilomètres pour le voir, et que le saut de 1",62 se voit une ou deux fois dans la vie d’un sportsman. On peut juger par là du cas qui doit être fait de celui de plus de deux mètres. Les chevaux de chasse Irlandais paraissent seuls y avoir atteint.

Mais le difficile, comme pour tous les métis, est d'obtenir en les produisant la sorte de fusion nécessaire entre leurs deux souches. Ils héritent le plus souvent de l’avant-main paternel -et de

IRLANDAISE

l'arrière-main maternel. Au moral, l’habileté des éleveurs consiste à maintenir un juste degré de pondération, en ne faisant pas trop prédominer les aptitudes de la variété du cheval de course. Il y a conséquemment, dans la production, un fort déchet de produits manqués, pour lesquels l'éducation, l'entrainement spécial, ne peut pas suppléer les qualités héréditaires absentes. AR

IRLANDAISE (zootechnie). — Trois races animales sont qualifiées d’Irlandaises, une chevaline, une bovine et une ovine.

RACE CHEVALINE IRLANDAISE. — Le type naturel ou spécifique de la race chevaline Irlandaise est E.C. hibernicus. Ce type est brachycéphale. Il a le front plat, présentant un plan faiblement incliné de haut en bas et de dehors en dedans, avec des arcades orbitaires saillantes. Les sus-naseaux sont courts, en voûte surbaissée, rectilignes dans le sens de leur longueur et sur un plan incliné en sens inverse de celui dufront, de sorte qu'entre les orbites les deux plans forment un angle rentrant très obtus. Les lacrymaux sont déprimés, et la crête zygomatique est fortement saillante. Les branches de l'os incisif sont courtes, très arquées, et l’arcade incisive est grande. Profil anguleux rentrant ; face courte et large. C’est ce que les hippologues appellent la tête camuse.

La taille est petite. Exceptionnellement, elle atteint 1,60, mais elle se maintient le plus souvent aux environs de 1",30 et descend jusqu’à un mètre et au-dessous. Le squelette est ordinairement fort, court, et entouré de masses musculaires épaisses, surtout à la croupe, qui est courte et inclinée. La conformation, dans son ensemble, est trapue. Les productions pileuses sont toujours abondantes. À la tête, à l’encolure, à la queue et à l'extrémité des membres, depuis le genou et le jarret jusqu'à la couronne, les crins sont longs et touffus. Ces productions pileuses se montrent des quatre couleurs, blanche, noire, rouge ou jaune. On abserve donc dans la race toutes les robes. Cette race fournit des sujets aptes au service de la selle et à celui du trait léger, exceptionnellement à celui du gros trait. Elle est de tempérament robuste et rustique, naturellement vigoureux.

Actuellement, les représentants de cette race se trouvent dans les îles Shetland, en Islande et en Suède, sur les hautes terres de l’Ecosse, dans le pays de Galles, en Irlande et sur le littoral de notre Bretagne. Son aire géographique est donc divisée en plusieurs portions, toutes séparées par la mer. Les plus grandes de ces portions appartiennent aux Iles Britanniques et en particulier à l'Irlande. De là son nom. On sait qu'avant l’époque géologique actuelle, ces îles n’étaient point séparées du continent ni entre elles. Il est donc fort probable qu’alors la race en question peuplait toute la partie nord-ouest qui comprend aujourd’hui l'Irlande, le pays de Galles et le canal qui les sépare, les fonds de la Manche compris entre eux et les côtes d'Illeet-Vilaine, des Côtes-du-Nord et du Finistère, ainsi que le littoral actuel de ces départements français. Son aire était de la sorte continue, et il est vraisemblable que son berceau a été submergé, car il n’est pas possible qu’il fût situé plus au nord que le canal de Saint-Georges. Le climat des îles de la mer du Nord et de la Suède, où la race a visiblement subi, en s’y étendant, une dégradation, ne permet point de l’admettre.

Des fouilles exécutées au mont Dol, par Sirodot, lui ont fait découvrir, parmi une grande abondance de molaires de Mammouth, des ossements d’Equidé qu'il nous a été facile de rattacher au type de la race Irlandaise. On est autorisé à en conclure que cette race existait déjà sur les lieux qu’elle occupe dès les temps quaternaires. Elle est donc bien originaire de ces lieux, et il parait clair que son extension a été arrêtée vers le sud par l'infertilité

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