‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 72 sur 198 · ISABELLE · texte numérisé non relu

ISABELLE

marquis de Ridolfi en a entrepris la culture sur une grande échelle dans ses propriétés, près de Florence, dès 1861 ; depuis lors ce cépage a été adopté dans un certain nombre de localités de la Toscane, à cause de sa résistance à l’action de l’oïidium.

Synonymie : Paign's Isabella, Woodward, Christie's improved Isabella (Isabelle améliorée de Christie), Payne’s Early (précoce de Payne), Samboton et en France Raisin-Fraise.

Description. — Souche vigoureuse, à port étalé, tronc fort, écorce grossière, se détachant en lanières étroites et irrégulières. Sarments longs, plutôt grêles, droits, rugueux, peu luisants, très faiblement pruineux aux nœuds ; d’un vert jaunâtre sale et à longs poils lanugineux disséminés, à l’état herbacé, prenant à l’aoûtement une teinte brun violacé, plus claire aux extrémités qu'aux nœuds; mérithalles assez longs, à stries fines, peu profondes et irrégulières, cylindriques ; vrilles continues, fortes, d'un vert sale, à longs poils lanugineux, peu nombreux. Bourgeons embrassés par des poils bruns, nombreux et insérés sur les écailles. Feuilles grandes, allongées, épaisses, faiblement trilobées, les deux sinus supérieurs peu marqués, le sinus pétiolaire profond à lèvres se recouvrant à leur extrémité, légèrement pliées en gouttière et bullées; deux séries de dents larges, assez profondes, nettement délimitées et à pointe acuminée prononcée ; nervures très proéminentes à la face inférieure, qui est blanchâtre et à poils lanugineux assez serrés ; face supérieure d’un vert terne assez foncé. Pétiole long, fort, d’un vert sale, légèrement teinté de rose sur certaines parties, formant un angle droit avec le plan du limbe. Grappe assez grosse, cylindro-conique ou irrégulière, pédoncule court, ligneux à l’insertion, moyennement gros ; pédicelles courts avec verrues, bourrelet peu renflé, portant un long pinceau teinté de rouge. Grains un peu serrés, entremêlés de rares grains verts, moyens, ovales, à stigmate persistant au centre, noirs, incolores à l’intérieur, assez durs, à peau épaisse ; pulpe charnue, jus coloré en rouge, d’un goût foxé, renfermant d’une à quatre graines.

Maturité à la deuxième époque.

L’Isabelle donne un vin coloré, mais plat et de goût foxé qui ne parait pas de nature à entrer dans la consommation européenne ; cependant les paysans toscans s’y sont habitués et le consomment sans difficulté. Bien que douée d’une résistance plus grande aux attaques du Phylloxéra que nos Vignes d'Europe, elle a pourtant été détruite à la longue dans certains vignobles méridionaux où il en existait quelques pieds disséminés au milieu des cépages indigènes. Elle ne parait donc pas pouvoir offrir d'intérêt au point de vue de la reconstitution de nos vignobles et ne pourra que demeurer un objet de curiosité horticole. , G. F.

ISABELLE (zootechnie). — Nom de l’une des robes ou couleurs des poils des Equidés, dont on se sert pour établir le signalement individuel. A l’encontre de la plupart des autres, sinon de tous, tirés d'une comparaison avec quelque objet connu, ce nom ne rappelle en aucune façon la couleur en question. On raconte, sur son origine, une légende que nous croyons inutile de répéter ici, du moment qu'elle ne faciliterait en rien la mémoire au sujet de la signification-du terme. “.

La robe isabelle est caractérisée par la présence de poils jaunes de nuance quelconque sur tout le corps, avec des poils noirs aux extrémités des membres, depuis le genou et le jarret jusqu'au sabot. Les crins de la tête, de l’encolure ou de la crinière, de la queue et du fanon, sont également noirs.

On distingue l’isabelle clair de l’isabelle ordinaire et de l’isabelle foncé, d’après la nuance qui se définit ainsi facilement. Parfois, avec l’une ou l’autre de ces nuances, il y a sur l’épine dorsolombaire et sur l’épine sacrée, jusqu’à la base de la

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queue, une raie plus ou moins étroite de poils noirs, appelée raie de mulet. C’est une simple particularité, qui se rencontre aussi avec la robe gris-souris. De même des raies ou bandes noires horizontales ou obliques se voient sur les épaules et sur les avant-bras. Ce sont des zébrures comme celles qui furent attribuées à l'influence du Couagga qui avait sailli pour la première fois la jument de lord Morton (voy. IMPRÉGNATION).

Quelques auteurs ont admis deux sortes de robes isabelles, distinguées par la couleur des crins. A celle que nous venons de définir, ils ont ajouté l’isabelle aux crins blancs, faisant de la première l’isabelle aux crins noirs. La prétendue robe isabelle aux crins blancs est mieux désignée par le nom de robe café au lait, sous lequel on la connaît généralement et qui a l'avantage d’être pittoresque. Sous ce rapport, celui d'isabelle pour l’autre serait avantageusement remplacé. A. S.

ISÈRE (DÉPARTEMENT DE L') (géographie). — Le département de l'Isère a été formé, en 1790, de la portion septentrionale du Dauphiné. Il est traversé à l’est, et près de Bourgoin et plus près encore de Saint-Marcellin, par le troisième degré de longitude est du méridien de Paris, ettout à fait sur sa limite orientale, vers les sources du Vénéon, par le 4 degré. Enfin, sa pointe septentrionale s’approche du 46° de latitude nord, et dans sa portion méridionale, au sud de Villard-de-Lans, de Vif, de Vizille, du Bourg d’Oisans, il est coupé par le 45° degré. Le département de l'Isère est borné : au nord, par le département de l'Ain; au nord-est, par celui de la Savoie ; au sud-est, par celui des Hautes-Alpes; au sud, par ceux des Hautes-Alpes et de la Drôme ; à l’ouest, par ceux de l'Ardèche, de la Loire et du Rhône. Sa superficie est de 828 934 hectares. Sa forme ressemble vaguement à un ovale aminci dans la partie centrale. La plus grande longueur du nord-est au sud-est, du Rhône en amont de Lyon aux glaciers d’où descend le Vénéon, est de 145 à 150 kilomètres ; sa largeur varie entre un peu plus de 40 kilomètres (de Roybon à Entre-Deux-Guiers), et un peu plus de 80 (des montagnes d’Allevard au confluent de l'Isère et de la Bourne). Son pourtour est, en nombre rond, de 475 kilomètres.

Le département est divisé en quatre arrondissements comprenant 45 cantons et 560 communes.

Au nord, sont les arrondissements de Vienne et la Tour-du-Pin, le premier à l’ouest, le second à l’est; sous ces deux arrondissements, se trouve celui de Saint-Marcellin, et à l’est de ce dernier, l'arrondissement de Grenoble.

Le département de l'Isère est situé sur le versant occidental des Alpes, et il appartient au bassin du Rhône. Il présente deux parties bien distinctes : l°les plateaux, qui sont séparés par des coteaux ou des collines ou par des vallons ou des plaines plus ou moins étendues ; 2° les montagnes et leurs ramifications, au milieu desquelles on rencontre des vallées profondes qui se dirigent comme les grandes élévations, tantôt vers le nord, tantôt vers l'ouest ou le sud. Les grandes vallées sont celles du Graisivaudan, de Tullins, de la Romanche, du Drac et du Rhône.

La pente générale du département se dirige de l’est à l’ouest à l'exception des versants qui s’inclinent vers le Rhône supérieur. La chaine alpine, située sur la gauche de l'Isère, commence près de la Savoie et se dirige vers l’ouest. Elle se divise en deux branches principales : la première se poursuit dans la direction de Vizille et comprend le pic de Belle-Donne ; la seconde forme la chaîne de l'Oisans et embrasse les petites et les grandes Rousses. On trouve encore les Montagnes du Valbonnais entre le Bourg d’Oisans et le canton de Valbonnais ; les Montagnes des Ratiers, entre le Valbonnais et la Mure; les Montagnes de Beaumont, entre le

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Valbonnais et le canton de Corps; les Montagnes. de Trièves, à la jonction des départements de l'Isère, de la Drôme et des Hautes-Alpes.

Le massif de la Chartreuse commence à Saint- Laurent-du-Pont et se termine près de la Savoie, à la montagne du Grenier. Entre la vallée de l'Isère et Villard-de-Lans, on rencontre les Montagnes de Sassenage qui se prolongent par la Moucherolle.

Le département tout entier appartient au bassin du Rhône. Ce fleuve ne pénètre pas dans le département ; il lc borne au nord-est, au nord, à l’ouest. Il reçoit dans le département : le Guiers, la Bièvre, la Braille, la Save, le Fouron, l'Amby, la Bourbre, le ruisseau de Meyzieu, l'Ozon, la riviere de Levau, la Gere, la Vareze, le Dolon. Hors du département il reçoit trois rivières appartenant au département par une portion de leur bassin: les Claires, la Galaure et l'Isere.

Le Guiers est formé de deux torrents venant du massif de la Grande-Chartreuse ; il baigne Saint- Laurent du-Pont où il reçoit l’'Hérétang ; puis plus loin, l’Ainan qui vient de Saint-Geoire; il reçoit ensuite le Trier, déversoir du lac d’Aiguebelette, et baigne Saint-Génix-d’Aoste.

La Bourbre arrose Virieu, la Tour-du-Pin, Cessieu où elle reçoit l'Hien, Bourgoin, reçoit l’'Agny et gagne le Rhône à 2 kilomètres au-dessus du confluent de l’Ain.

La Gère, lorsqu'elle arrive à Vienne, a reçu la Varèze, la Vésonne, la Suze, la Véga.

L’Isère est la rivière la plus considérable du département. Elle y entre à une altitude de 250 mètres ; elle traverse alors la fertile vallée du Graisivaudan, elle passe à Grenoble et à quelque distance de Sassenage, bien près duquel elle s’augmente des deux cinquièmes par la jonction du Drac. Elle passe à 3 ou 4 kilomètres de Tullins, près de Saint- Marcellin et, au moment où elle reçoit la Bourne, entre dans le département de la Drôme. Elle a dans le département un cours de 110 kilomètres. Elle reçoit : le Bréda, qui coule dans la vallée d’Allevard et reçoit le Gleyzin, le Veyton et le Bens; le ruisseau de Tencin ; le ruisseau du Carre ou de Vors, qui traverse le lac Blanc; le ruisseau de Lancey; le Mannival; le Doménon; le Sonnant; le Drac, l'un des plus terribles torrents de toute la France, qui reçoit la Souloise ; le Bonné; le Béranger ; la Malsanne et la Roisonne ; la Jonche ; l'Ebron ; la Romanche ; la Gresse; le Vénéon ; le ruisseau de la Rive; la Sarenne ; l'Eau d'Olle; le Furon, qui reçoit à Sassenage le Germé ; la Vence; la Raize ; la Marge; la Fure; là Drévenne; l'Ivéry; la Cumane; la Bourne, qui est utilisée par un canal d'irrigation et qui arrose Villard-de-Lans ; le Furand.

L'Isère appartient au elimat rhodanien. — Dans la partie la plus tempérée et la plus basse du département, à Vienne, la moyenne de l'hiver est de + 3°, 8, celle des étés de + 22°, 1; le nombre des jours de pluie est de 114, la hauteur annuelle des pluies de 0,80. A mesure qu’on s’avance vers l’est, et qu'on s'enfonce dans les montagnes, la quantité des pluies augmente. À Saint-Marcellin, la hauteur annuelle est de 1 mètre ; à Grenoble et à la Tourdu-Pin, de 1%, 40 ; de 2 mètres et plus dans la haute montagne.

La montagne ne connaît que deux saisons :

l'hiver et l'été. Les hivers sont longs et rigoureux dans l'Oisans et les montagnes de la Chartreuse ; c’est accidentellement qu’ils sont pluvieux.

Les vents dominants sont ceux du nord-ouest, de l’ouest et du sud-ouest.

Les régions agricoles altitudinales du département de l'Isère sont très nettement indiquées dans la carte dressée en 1863, par M. Scipion Gras.

La première région (de 132 à 260 mètres d’altitude) comprend principalement les bords du Rhône, la plaine un peu plus élevée qui s'étend entre Lyon

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et la Verpillière, la vallée tourbeuse constituant les marais de Bourgoin, enfin le fond de la vallée de l'Isère depuis Saint-Nazaire (Drôme) jusqu'à la frontière de la Savoie. Cette région produit principalement du Blé, du Maïs, du Chanvre et des fourrages artificiels. Les Vignes hautes, hautains ou treillages, ombragent les terres arables. Le Mürier, le Noyer, et tous les arbres fruitiers sont en grand nombre. La température moyenne de cette région est de 12 à 13 degrés.

La deuxième région (de 260 à 500 mètres d’altitude) embrasse les coteaux situés au-dessus des vallées basses et les plateaux peu élevés qui constituent en grande partie les arrondissements de Vienne, de Saint-Marcellin et de la Tour-du-Pin. C’est environ le tiers du département. Les coteaux, quand ils sont bien exposés, sont couverts de Vignes. Le Noyer est également très cultivé. La Côte-Saint- André, et les hauteurs qui avoisinent Vienne, Bourgoin, la Tour-du-Pin, Morestel, le Pont-de-Beauvoisin, font partie de cette région, dont le sol est presque partout sablo-caillouteux. On y récolte du Blé, du Seigle, du Chanvre, des Pommes de terre, du Sarrasin. Entre Crémieu et le cours supérieur du Rhône, on observe un vaste plateau calcaire, souvent recouvert de matières de transport, produisant du Blé d’une qualité supérieure.

La troisième région (de 500 à 1100 mètres d’altitude) correspond aux plateaux et aux vallées de hauteur moyenne. On y remarque les Terres- Froides, le plateau de Roybon, la Mateysine, le Beaumont et le Trièves. Les Terres-Froides, entièrement composées de sables argileux et de cailloux roulés, sont formées des parties les plus élevées des cantons de Virieu, du Grand-Lemps et de la Côte-Saint-André. Son altitude moyenne est de 600 mètres environ. Le plateau de Roybon offre avec les Terres-Froides une grande analogie. La Mateysine est une haute vallée de 870 à 950 mètres d'altitude qui commence au Lac-Mort, près de Laffrey et se prolonge jusqu’à la Mure; les arbres fruitiers ne peuvent y être cultivés à cause des gelées tardives. Le Beaumont et le Trièves sont deux contrées contiguës qui renferment la plus grande partie des cantons de Corps, du Monestier, de Clelles et de Mens. La température de cette région varie entre 10°,50 et 7 degrés.

La quatrième région (de 1100 à 1700 mètres d’altitude) est caractérisée par les forêts d'arbres résineux et la culture du Seigle. Elle comprend les montagnes du Villard-de-Lans et de la Grande- Chartreuse. — Les céréales le plus ordinairement cultivées sont le Seigle et l’Avoine, que l’on fait alterner avec les racines et les Pommes de terre.

La cinquième région (de 1700 à 1200 mètres d'altitude) comprend quelques hautes vallées et des lieux bien exposés où le Seigle peut encore mürir. On les rencontre dans l’Oisans, aux environs de Villard-Reymond et de Saint-Christophe.

La sixième région (de 2200 à 3987 mètres d'’altitude) est la région des glaciers. Au delà de 2700 mètres la végétation est complètement nulle.

Les grandes périodes géologiques sont toutes représentées dans le département de l'Isère, et leur distiction y est même très facile. La chaine de roches cristallines hérissée d’aiguilles et de crêtes aiguës, qui domine la rive gauche de l'Isère ‘en amont de Grenoble, les montagnes à teinte sombre, à surface moutonnée, à contours àpres et anguleux, qui constituent le pays de l’Oisans, appartiennent à la période primaire. Tout autour de ces montagnes, en partie couvertes de neiges éternelles, se dressent comme des murailles gigantesques, des chaînes calcaires moins élevées, coupées 4 pic, qui, par leur aspect et leur composition, contrastent fortement avec les précédentes. Le Granier, le Petit-Som, le Grand-Som, le Mont- Saint-Eynard, la Moucherolle et beaucoup d’autres

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