‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 73 sur 198 · REY · texte numérisé non relu

REY

ISÈRE

sommités voisines de la Grande-Chartreuse et du Villard-de-Lans, en font partie. À ces chaînes calcaires succèdent des collines de molasse, de sable, d'argile, de cailloux roulés que l’on voit s'étendre jusqu'au Rhône. Elles ont été formées pendant les périodes tertiaire et quaternaire.

La période primaire comprend dans l'Isère le terrain cristallisé, le terrain anthracifère inférieur et le terrain houiller. — Le terrain cristallisé des Alpes est principalement composé d’une espèce de granit nommé protogine, de gneiss et de schiste micacé, le plus souvent.talqueux ; il renferme aussi des eurites et des diorites. Sous le rapport agricole, c'est un très mauvais terrain, soit à cause de son altitude, le plus souvent incompatible avec les cultures, soit parce que la terre végétale y est dépourvue d'argile. Il est le siège de forêts d'arbres résineux, de hauts pâturages et de la plupart des glaciers de l’Oisans. — On observe, sur les bords du Rhône, près de Vienne, un terrain granitique beaucoup moins élevé que celui des Alpes. Les coteaux qui en sont formés sont renommés pour leurs vins. Le terrain anthracifère inférieur consiste en un puissant système de schistes argilo-calcaires noirs, souvent exploités comme ardoises, associés sur quelques points à des grès anthraciteux avec empreintes végétales carbonifères. Il constitue une partie des montagnes de l'Oisans et des contrées adjacentes ; les riches mines d’anthracite de la Mure en sont une dépendance. Sur quelques points, comme aux environs d’Allevard, des grès à anthracite sont positivement intercalés dans le sein du terrain talqueux. Ailleurs, ce sont des schistes argilo-calcaires qui alternent avec des roches cristallines ou qui leur servent de base. Le sol du terrain anthracifère est beaucoup plus fertile que celui des roches cristallisées, parce qu’il renferme en général du carbonate de chaux et une proportion notable d’argile. Il sert de base aux meilleurs pàturages et à presque toutes les terres arables des montagnes primaires ; sans lui, le canton de l’Oisans ne serait qu’un désert.

Il existe un petit lambeau de terrain houiller aux environs de Communay et un autre d’une étendue moindre, près de Chamagnieu. Les grès de Communay renferment quelques gîtes de combustible.

Les terrains secondaires du département de l'Isère sont le terrain jurassique, le terrain néocomien et le terrain crétacé ; ils forment une ceinture continue autour des montagnes primaires et n’ont commencé à se déposer que lorsque celles-ci avaient déjà acquis un relief considérable.

Le terrain jurassique offre plusieurs étages, dont le lias est bien caractérisé par ses fossiles aux environs de la Mure et de Laffrey. Les roches du terrain Jurassique sont de nature calcaire, les unes compactes et solides, les autres schisteuses avec une proportion considérable d’argile. Elles sont presque exclusivement feuilletées et d'un gris foncé autour des montagnes primaires. Ailleurs, comme aux environs de Crémieu et de Morestel, elles sont de couleur claire et présentent un faciès tout différent. On observe, près de Saint-Quentin et de Frontonas, des affleurements du lias riches en coquilles et en minerai de fer, puis au-dessus et suecessivement l'étage oolithique inférieur et le moyen. Ce dernier, qui renferme de nombreux fossiles oxfordiens, forme une zone continue dans l’arrondissement de Grenoble; à l’'Echaïllon, en face de Voreppe, il offre les coquilles du coral-rag. Le terrain Jjurassique est en général fertile, surtout dans les lieux où les roches argilo-calcaires sont abondantes ; il convient à toutes les cultures et principalement aux céréales.

Le terrain néocomien est composé de deux couches qui alternent ensemble : l’une est essentiellement marneuse, l’autre est formée d’un calcaire blanc ou blond, compact, sans silex.

ISÈRE

Le terrain crétacé repose sur les couches jurassiques ou néocomiennes. Les étages qui le composent sont au nombre de quatre. Le plus ancien, caractérisé par des Ancyloceras, est formé principalement de marnes en partie argileuses ; il ne se montre qu'aux environs du Mont-Aiguille. Le grès vert offre tantôt des marnes sableuses, tantôt des calcaires solides et des grès siliceux à points verts ; près du Villard-de-Lans, il est très riche en coquilles albiennes et cénomaniennes. L’étaige turonien, remarquable par la présence de nombreux silex, se divise en deux sous-étages ; l’inférieur est composé de roches arénacées siliceuses, et le plus élevé de calcaire blanc compact avec coquilles. L’étage de la craie supérieure présente comme le précédent deux sous-étages dont l’un est principalement marneux, tandis que l’autre, placé au-dessus, consiste en une puissante masse de calcaire blanc avec silex. Les couches du néocomien et de la craie sont moins fertiles que celles du terrain jurassique, à cause de la prédominance des grandes masses dé calcaire qui entrent dans leur composition.

A la fin de la période secondaire, de nombreux soulèvements ont donné aux Alpes, et en particulier aux massifs de la Grande-Chartreuse et de Villard-de-Lans, une hauteur considérable. Tout autour de ces montagnes et dans l'intérieur de leurs vallées, les couches tertiaires se sont successivement déposées. Elles ont formé plusieurs terrains, dont trois seulement existent dans le département de l’Isère. Le plus ancien, composé de sables quartzeux et d’argiles plastiques d’eau douce, est probablement l'équivalent de l'argile plastique des environs de Paris ; il est représenté, près de Vareppe, par des sables siliceux très purs exportés pour la fabrication des briques réfractaires. La pierre de construction ou molasse est exploitée également à Vareppe. Au-dessus de la molasse, on trouve le terrain lacustre supérieur composé de poudingues alternant avec des marnes argileuses ou sableuses; il renferme des couches de lignite près de la Tour-du-Pin et à Pommier. Des affleurements de ce terrain constituent, dans la vallée de l’Isère, des terres extrêmement argileuses connues sous le nom de Prés-Mayens.

La période quaternaire a donné naissance au

diluvium des plateaux. Les terrains de transport diluviens présentent un sol profond presque toujours argileux, en général fertile. C’est à leur grande étendue à l’est du Rhône que le département de l’Isère doit son importance agricole. Pour compléter cet aperçu de l'étude géologique de l’Isèré, il reste à mentionner quelques masses minérales d’une nature exceptionnelle : ce sont les spilites ou variolites du Drac, les serpentines et les gvpses. Ces roches sont en couches ordinairement distinctes, intercalées dans le système anthracifère et le système jurassique. Elles doivent être probablement le résultat d'un métamorphisme local.

La superficie de l'Isère est de 828934 hectares. Voici comment elle est répartie, d’après le cadastre, achevé en 1840 :

hectares Herres labourables sr ere acte 317 952 PréSRAR SUR SR MR CARRE 69270 LA à 7 PROENRE VAN RER E ICE Re LA FT 25 334 MO Le à NU PEU et PL NN ER 178117 Vergers, pépinières ct jardins......... 5 788 Oseraies, aulnaies, saussaies....,..... 786 CAETIPEES OL URIDES Ent rene el ser 5 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 935 Landes, pâtis, bruyères, etc: :......... 168 092 HAINES MTL. Lie Jde ne. Ru 1037 ChAtaigneraies hs ire at OUT 1491 Propriétés bâties..........,.......... 4240 Total de la contenance imposable...... 7172247 Total de la contenance non imposable. 56687 Superficie totale du département...... 825934

ISÈRE

La superficie des terres labourables représentait 38 pour 100 de la superficie totale du départemermt; la surface consacrée aux prés formait 8 pour 100 de la même surface; celle consacrée aux bois était de 21 pour 100 de la surface totale.

Le tableau qui suit indique l’étendue des terres cultivées en céréales, d'abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :

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