DC CR OS
ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT
hectares hectol. hectares hectol.
Froment.... 94964 11,94 120 263 18,03 Méteil + 6952 12,02 5974 19,23 Seigle ...... 43 143 12,09 29 662 17,18 Oirerre 10067 17,29 71 880 49,94 Sarrasin .... 448175 41,73 13 288 17,29 Avoine...... 95 159 18,67 26 925 24,51 Mais time 3118 19,75 3632 18,33 Millet » » 194 13,75
En 1852, la superficie totale consacrée aux céréales était de 197578 hectares ; en 1862, cette surface était de 201463; en 1882, elle est de 207058 ; soit, en trente ans, une augmentation de 10 000 hectares.
La surface ensemencée en Blé était passée de 949264 hectares en 1852, à 107299 en 1862; en 1882, elle est de 120203, soit une augmentation de 26 000 hectares. Cette augmentation correspond à une diminution de 14000 hectares dans la superficie ensemencée en Seigle. Les surfaces ensemencées en Méteil, Orge, Sarrasin et Maïs, sont restées sensiblement les mêmes.
Les rendements ont augmenté d'une façon sensible. L’augmentation est de 6 hectolitres pour le Froment, de 7 pour le Méteil, de 5 pour le Seigle, et de 6 hectolitres pour l’Avoine.
Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :
1852 1882 DR. PO CS , OS ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de terres ae on 13 496 67 hl. 48 20841 108 qx Betteraves ... 1475 193 qx 16108219874x Légumessecs. 2994 49 hl° 15 2123 16 h1. 01 Racines et légumes divers 4131 103 qx 99 2620 152 qx Chanvre...... 3624 9 h1. 65 4472 41 h1. 39 LR ETE 7 9 5 hl. 50 » »
(olzta eee 2968 9 hi. 59 2621 13 h1. 99 Tabac eee ; » » 1566 »
La surface consacrée aux Pommes de terre à
augmenté de 7000 hectares, soit moitié en sus de la surface plantée en 1852. En 1862, la surface était de 20 563 hectares, soit la même surface qu’en 1882. Les Betteraves occupent la même surface qu’en 1852. Les 2193 hectares de légumes secs cultivés en 1882 se répartissent ainsi : Fèves et Féveroles, 508; Haricots, 1100 ; Pois, 447; Lentilles, 68. Les racines et légumes divers occupent une surface de 1500 hectares de moins qu’en 1852; les 9620 hectares cultivés en 1882 comprennent 467 de Carottes, 49 de Navets,et 2104 de Panais.
Le Chanvre a subi, de 1852 à 1882, une diminution de 2500 hectares. Le Colza, contrairement à ce qui a eu lieu dans d’autres départements, est en légère augmentation.
La culture du Tabac, qui a été autorisée depuis quelques années, tend à prendre chaque jour plus d'extension. C’est là ‘pour le département une source d’aisance. L’inspecteur du service à Beauvoisin estime que la surface autorisée pour chaque famille ne doit pas dépasser 25 ares en moyenne, afin que le travail soit bien fait et exécuté seule-
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ment à l’aide des bras des membres de cette famille. La feuille récoltée est de très bonne qualité; les tabacs obtenus dans l'Isère sont très combustibles. Ils sont moins fins et plus lourds que ceux de la Savoie. C’est dans le canton de Pont-de- Beauvoisin que la culture est la mieux entendue et donne les meilleurs résultats.
Le Houblon n’est encore cultivé que par une dizaine de propriétaires. Cette culture tend néanmoins à prendre de l’extension.
La statistique de 1852 évalue à 66521 hectares la superficie des prairies naturelles ; sur cette surface, 22 485 hectares étaient irrigués. En 1862, cette surface n’était plus que de 60194 hectares, comprenant 33053 hectares de prés secs, 23929 de prés irrigués, et 3212 de prés vergers. De plus, 2788 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. D’après la statistique de 18892, les prairies naturelles occuperaient 52 377 hectares, répartis comme il suit :
hectares Prairies naturelles irriguées naturellement parles crues, des rivières 7:..2.0ic 8561 Prairies naturelles irriguées à l’aide de tra- Vaux SPÉCIAUX 00e Re VE ee 11309 Prairies naturelles non irriguées......... 32 507
Il convient d'ajouter à ces chiffres, 4844 hectares de prés et pâtures temporaires et 12529 hectares d’herbages pâturés se décomposant comme 1l suit :
hectares Herbages päturés de plaines........ 1827 — — de coteaux....... 9203 —— — ./alpestres...., 4,1" 129%
Enfin, les fourrages verts étaient cultivés, en 1882, sur 5455 hectares, comprenant : 861 hectares de Vesces, 2193 hectares de Trèfle incarnat, 1840 hectares de Maïs fourrage, 335 hectares de Choux, 123 hectares de Seigle en vert, et 123 hectares consacrés à d’autres fourrages verts.
En 1852, les prairies artificielles occupaient 38 864 hectares; en 1862, 41186 hectares. D’après la statistique de 1882, leur surface serait de 45277 hectares, répartis de la manière suivante :
hectares
TÉBTLO Sea en Dee nie Monte nee éle 22 317 LU RCLITOS PAR DEL SC EEE NN ANRT ES 43019 D ATOME Eee ete MERCURE 9025 Mélanges de Légumineuses........ 916 45 277
On voit, par ces chiffres, que la production herbagère est en progrès dans le département de l'Isère. Nous aurons à voir, en parlant des animaux entretenus, les conséquences de cette augmentation de la production fourragère. Les prairies sont surtout nombreuses dans les arrondissements de Grenoble et de la Tour-du-Pin. Les prairies naturelles fauchées se rencontrent, soit dans les plaines, soit dans les montagnes, où le sol est souvent trop élevé et trop incliné pour être cultivé. Les pâturages et pâtis sont peu étendus däns les lieux bas; ils constituent ordinairement des montagnes pastorales dans les régions les plus élevées du département ; la plupart se trouvent dans le canton de l'Oisans. Ils nourrissent pendant l’été des milliers de bêtes ovines venues pour la plupart de la Provence. On retire des prairies naturelles des graines fourragères (Fromental, Dactyle) qui sont expédiées en Allemagne et en Suisse.
La Vigne a été plantée sur certains points du département de l'Isère, à une époque très reculée. I y à dix-huit cents ans, au moins, qu’elle est connue aux environs de Vienne. Des bords du
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Rhône, elle s'est ensuite étendue peu à peu dans le reste du département, où on la cultive maintenant sous trois formes différentes : la Vigne basse, le hautain et le treillage. Les vignes basses occupent en général les coteaux arides et à forte pente. On observe les hautains et les treillages sur les terres fertiles et peu inelinées, où ils sont préférés, parce qu’on peut faire croître entre leurs lignes des céréales ou des plantes fourragères. La vallée de l'Isère est celle qui produit le plus de vin. Les vignes y forment de chaque côté, principalement sur le flanc droit, une zone presque continue, qui se prolonge de Saint-Marcellin en Savoie. Les principaux cépages sont le Vionnier, la Serine, la Serène, l'Etraire, la Mondeuse, le Teinturier.
En 1852, la Vigne occupait 26091 hectares ; en 1862, 25462. D’après la statistique de 1882, elle: occuperait 29974 hectares, comprenant :
hectares
Vignes en pleine production....... 13358 — nouvellement plantées ..... 1909 — avec cultures intercalaires.. 44707 29974
Depuis l’apparition du Phylloxéra, le département de l'Isère a perdu 5956 hectares. De plus, 4158 hectares sont envahis, mais résistent encore. Sur cette surface, 879 hectares sont défendus au moyen du sulfure de carbone, 60 par le sulfocarbonate de potassium, et 7 par la submersion. 133 hectares ont été replantés en vignes américaines.
Les arbres à fruits les plus importants sont le Noyer, le Châtaignier, le Pommier et le Poirier. Le Noyer est très multiplié, surtout dans les cantons de Vinay et de Tullins, où ses produits sont l’objet d'un grand commerce. On distingue dans ces deux localités quatre variétés principales de noix, appelées Mayette, Franquette, Parisienne et Chaberte. Les châtaignes sont récoltées principalement dans les cantons de Domène, de Vizille, de Saint- Etienne, de Saint-Geoirs, de Bourgoin et de la Tourdu-Pin.
Le Dauphiné a été le berceau de la culture du Mûrier en France ; il est maintenant très multiplié ; on le rencontre jusque sur des coteaux dont l’altitude ne dépasse pas 500 à 550 mètres.
D’après le cadastre, en 1840, les bois occupaient une surface de 178 117 hectares; en 1862, 182604 hectares ; d’après la statistique de 1882, 180 851 hecares, se répartissant ainsi :
hectares
Bois appartenant aux particuliers.. 4108489 — — aux communes... 61 330
— — AU 'Btat eee 11332
Les futaies de l'Isère sont composées en général. d'arbres résineux, surtout de Sapins, d’Epicéas et de Pins sylvestres. Le Hêtre et les bois blancs feuillus s’y trouvent mêlés en proportion notable. On y observe aussi, mais plus rarement, l’Orme, l’Erable et le Frêne. Le Mélèze et le Pin eimbro ne se rencontrent que dans quelques cantons. Les taillis consistent en Châtaigniers, Chênes, Charmes, Hèêtres, Erables, Coudriers, Aunes, Trembles et Bouleaux.
En dehors de la catégorie des terrains exposés aux ravages des torrents, il existe dans le département de grandes surfaces improductives, qu'il serait avantageux de mettre en valeur par des plantations forestières ; malheureusement, les com munes et les particuliers manquent, la plupart du temps, des ressources nécessaires; aussi les tra vaux de ce genre accomplis chaque année sont-ils insignifiants. Les reboisements effectués dans l'Isère, de 1880 à 1886, ont porté sur 859 hectares.
ISÈRE
En résumé, il y à augmentation des superficies consacrées aux céréales. Les terres labourables qui occupaient 313 867 hectares en 1852, s’étendaient en 1862 sur 316 621 hectares. D’après la statistique de 1882, elles comprendraient 323 699 hectares, c'est une augmentation de 7000 hectares depuis la confection du cadastre.
Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :
CROVAUS Te ET TT ce 319349 929971 99 568 Anes etanesses. 2:12 3 023 41921 3 522 Mulets et mules........ 11973 7455 5736 Bétes \bovimes 1%. 145 937 189983 201 358 ES ONE SR EE 201 355 250 596 168 781 — porcines.:....... 51747 63557 83 497 = CADTIROS en ane 40 543 63 902 19 869
Le nombre des bêtes des races chevalines a diminué de 4000 environ; ces animaux appartiennent à la race locale croisée avec la race Percheronne ou la race Bretonne. L'élevage du cheval a lieu surtout dans l'arrondissement de la Tour-du-Pin. Les Mulets se trouvent surtout dans le bourg d’Oisans et le Valbonnais. L’espèce bovine est en progression continue ; en 1882, on compte 55 000 têtes de plus qu’en 1852. Deux races principales sont entretenues : celle de Villard-de-Lans et la Tarentaise. La première ne peuple que les montagnes de ce nom et les environs de Grenoble. La race Tarentaise tend chaque jour à s'étendre; dans ces dernières années, elle a été introduite dans l'arrondissement de Saint-Marcellin par la Société d'élevage, et cela à la grande satisfaction des agriculteurs. Dans l'arrondissement de la Tour-du-Pin, on à croisé les Tarentaises avec la race de Simmenthal. Enfin, on a essayé d'introduire la race Schwitz.
Les moutons ne sont entretenus que dans la partie montagneuse du département ; leur nombre diminue constamment.
L'éducation des Vers à soie, en 1852, occupait 15944 éducateurs, et la récolte avait été de 659 187 kilogrammes, représentant une valeur de 2786 521 francs. Cette branche de l’industrie agricole est en décroissance constante, et la production moyenne annuelle ne dépasse pas 315000 kilogrammes.
Il existe quelques ruches bien conduites. On estime à 170 000 kilogrammes le miel récolté dans l'Isère ; ce miel est parfumé et de bonne qualité.
Avec le lait produit par les animaux, on fabrique dans l'Isère trois fromages spéciaux : le Sassenage, le fromage de chèvre de Saint-Marcellin, et le façon Gruyère. La production la plus avantageuse est celle du sassenage, qui tend à s’introduire partout où il existe des fruitières. Les fruitières les plus importantes sont situées dans le Villard-de- Lans, le Valbonnais, le massif de la Chartreuse, le canton de la Mure, et le Monestier de Clermont.
D'après le recensement de 1881, la population de l'Isère s'élève à 580 271 habitants, ce qui représente une population spécifique de 70 habitants par kilomètre carré. En 1801, la population était de 435 888 habitants; en 1841, de 588 660 habitants et en 1872, de 579 784 âmes. La décroissance, qui avait été constante de 1841 à 1872, s’est arrêtée.
La population agricole (mâles adultes) a subi, de 1862 à 1882, les modifications suivantes :
1862 1882 Propriétaires agriculteurs. 90 125 83203 Pérmiersi stneue en euri 3 997 13 040 Mélayers ri. Dre enr date 946 1985 DOMESTITUES mdrr 921754 93 807 JoOUrNnAHErS- nee; e 11436 19742 127 858 146777
ISÈRE
Le département comprend 1616115 parcelles, d’une contenance moyenne de 46 ares.
Le nombre des exploitations, qui, en 18692, était de 74045, s'élève en 1882, à 122 690. Rappelons, pour expliquer cette différence, que la statistique de 1862 n'avait pas recensé les exploitations de moins de 1 hectare, qui, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 51 986. Ges exploitations se divisent comme suit :
1862 1882 Exploitations de moins de 10 hectares. 64160 111958 — de 10 à 40 hectares..... 8972 967% — de plus de 40 hectares. 913 1058
La culture directe par le propriétaire est la plus usitée, le métayage est une exception, comme on peut s’en rendre compte par les chiffres suivants fournis par la statistique de 1882 :
NOMBRE CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE ; hectares Culture directe....... 109286 2,62 D'LA CS RE N ee 8345 8,39 Métayage. 1... 012. 2179 2,62
La contenance moyenne des cotes foncières, par suite de l’augmentation sans cesse croissante du nombre de ces cotes, a subi des diminutions assez sensibles depuis la confection du cadastre. La contenance moyenne était :
hectares D'après le cadastre .....,...... 4,01 ÉNTSO TPM ENT ER ENT At 3,34 EL SCA RE TR Ne 3,05 LD 0R Re Re ME PE SE LED AO 2,82 PARTS LENS CHER A SPA EL 9,74
La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :
1852 1862 1882 francs francs francs Terres labou-
TaDIeS ee 11913188 1567a3719 1085 à 4312 PIS AE 1566 3934. 2061 4621 1484 5172 Vignes 44e, 14974 9876 1863 3869 1693 4985 BOIS RSR EEE 483 2119 430 2002 399 2997
Pendant la même période, le taux du fermage
par hectare a subi les variations ci-après :
1852 1862 1882 francs francs franes Terres labourables... 40à 92 56 à 142 47 à 289 PES RAA eee 60 143 82 9200 120 234 VIRE ee es nee 48 10% 781455 85 204
L'’outillage agricole est en progrès dans l'Isère ; en 18592, le département possédait 879 machines à
battre, dont 10 à vapeur; en 1862, le nombre de
ces dernières s'était élevé à 49; en 1882, le département possédait 2049 machines à battre. — Le nombre des semoirs, qui était de 49 en 1862, s'élève à 79. Le nombre des faucheuses est de 143 et celui des moissonneuses est de 74. Enfin, une force totale de 2383 chevaux-vapeur est consacrée exclusivement aux usages agricoles; cette force est utilisée par 426 machines à vapeur et 316 roues hydrauliques.
Les voies de communication comptent 9760 kilomètres, Savoir :
ISSUES kilom
Aftcheminsede forte. der letter 493 fliroutesimalionales te Creer Cede ere 539 24 routes départementales......... cesssertes 822 1/2 Chemins vicinaux de grande communication... 755
— — d'intérêt commun........... 655 1/2
— de petite communication.... 6230 2:vivières navigables. .......:..4 0 ,02400n2,. 265
L'assolement le plus usité dans la plaine et sur les coteaux est quadriennal; la 1" année, on cultive une plante sarclée (Chanvre, Maïs, Pomme de terre, Betterave, Tabac); la 2° année, Blé; la 3° année, Trèfle et fourrages artificiels ; la 4° année, Blé. Dans la montagne, l’assolement est quinquennal ; il est suivi d’une jachère.
Dans les localités où les céréales forment la culture dominante, le fermage tend à diminuer et la valeur du sol a baissé du quart. Le prix des anciens baux est payé, mais dans les renouvellements, les fermiers exigent des diminutions assez sensibles. L'introduction de l'outillage perfectionné et l’accroissement des fumures s'imposent donc aux agriculteurs soucieux de leurs intérêts, s’ils veulent diminuer leurs prix de revient.
Le département de l'Isère est, en résumé, dans une bonne voie. Partout on y trouve l’aisance. La situation agricole est assez satisfaisante. Les cultures se sont améliorées, l’autorisation de la culture du Tabac rend de grands services. L’introduction d’un matériel plus complet et meilleur augmente chaque année en présence des exigences d'une main-d'œuvre qui trouve un salaire élevé dans les diverses et nombreuses usines qui couvrent le pays. La production fourragère tend à augmenter. Le bétail devient par suite plus nombreux, il fournit plus d'engrais et permet d'augmenter l’importance des fumures. L’emploi des engrais chimiques est encore peu répandu.
Depuis la fondation des concours régionaux, quatre de ces solennités se sont tenues à Grenoble : en 1864, en 1871, en 1880 et en 1887. — La prime d'honneur y a été décernée quatre fois : en 1864, à M. Bellin, à Charvieu; en 1871, à M. le marquis de Monteynard, à Tencin; en 1880, à M. Joseph Genin, à Bourgoin; en 1887, à M"° Lassallas, à Passins.
Le département de l'Isère compte un grand nombre d'associations agricoles; ce sont : la Société d'agriculture et d’horticulture de Grenoble; les sociétés d'agriculture de la Tour-du-Pin, Saint- Marcellin, Bourgoin, Crémieu, Virieu, Morestelles-Avénières ; les comices agricoles de Vienne et
de Roussillon, Saint-Jean-de-Bournay, Saint-Sym-
phorien-d’'Ozon, Saint-Laurent-de-Mure, Monestierde-Clermont, Trièves; la Société de viticulture de la Côte-Saint-André, la Société d’horticulture dauphinoise ; les sociétés d'élevage de Villard-de-Lans, la Mure, Corps et Valbonnais, de Saint-Marcellin, de Bourgoin. — Les sociétés d’agriculture sont groupées en un Conseil départemental d’agriculture.
Le département possédait, à la Bâthie, une fermeécole récemment supprimée. Il possède une chaire
départementale d'agriculture. G. M.
ISSUES (technologie). — Ce mot est usité dans deux acceptions différentes. — Dans la mouture, il
est donné à tout ce qui est séparé de la farine de Froment; les issues sont formées par les diverses sortes de son (voy. ce mot). La proportion des issues varie de 20 à 25 pour 100 du poids du grain. — Dans la boucherie, les issues sont constituées par le cinquième quartier des animaux abattus, c'est-à-dire par les viscères, le suif, le cuir, les cornes, les pieds, etc. (voy. BOUCHERIE) ; leur poids varie avec le rendement (voy. ce mot) des animaux.
ITALIE (géographie). — Le royaume d'Italie occupe une des grandes péninsules de l’Europe méridionale ; il est compris entre les 4° et 16° degrés de longitude est, et entre 36 degrés et 46° 30’ de
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latitude nord. Sa direction générale est du nordouest au sud-est; sa plus grande longueur est de 1120 kilomètres ; sa largeur varie de 760 kilomètres dans sa partie septentrionale à 130 kilomètres dans les parties les plus étroites. Elle est limitée au nord par les Alpes et sur les autres côtés par la mer Méditerranée et par la mer Adriatique. Deux iles importantes, la Sicile et la Sardaigne, se rattachent à la péninsule, ainsi qu’un nombre considérable de petites îles. L’étendue totale du royaume est de 29632000 hectares.
L'Italie est traversée dans presque toute sa longueur par les montagnes des Apennins, qui partent du golfe de Gênes et forment une arête centrale jusqu’à l'extrémité méridionale de la péninsule. Elle est divisée en cinq grandes régions naturelles : région alpine, plaine lombarde qui y fait suite, région montagneuse des Apennins, et plaines du littoral, qui s'étendent, les unes sur la Méditerranée, les autres sur la mer Adriatique. Les Apennins ont une altitude qui varie depuis 800 mètres jusqu’à près de 3000 mètres pour les pies les plus élevés qui se rencontrent dans la partie centrale de la chaine. Par suite de cette configuration, l'Italie compte peu de fleuves importants, sauf dans la plaine lombarde, où les principaux bassins sont ceux du Pô, de l’Adige et de l’Arno ; l'Italie centrale possède le Tibre ; l'Italie méridionale n’a que le Volturne. Les lacs sont nombreux, tant dans la région alpine que dans celle des Apennins.
Les terrains crétacés et les dépôts de la période tertiaire occupent la plus grande partie de la surface de l'Italie. Au nord, on trouve le terrain jurassique à la base du massif alpin et dans la plaine lombarde, dont les parties inférieures sont constituées par des dépôts d’alluvions modernes. La partie septentrionale des Apennins est constituée par des masses schisteuses ou calcaires; la partie centrale est presque exclusivement de l'époque tertiaire; quant à la partie méridionale, on y retrouve les terrains primitifs avec quelques dépôts des périodes secondaires. Dans la terre de Labour, on trouve des régions volcaniques entourant le Vésuve. La Sardaigne présente un aspect analogue à celui de la péninsule, de même que la Sicile, sauf que, dans la partie nord-est de cette dernière île, le volcan de l’Etna est entouré de formations éruptives.
La configuration tourmentée du sol est la cause de modifications profondes dans le climat, lequel présente des différences tranchées, soit entre le littoral et l’intérieur des terres, soit entre les plaines basses et les versants des montagnes. Dans la plus grande partie du pays, la chaleur et la sécheresse caractérisent surtout le climat : pendant l'hiver, la neige et la gelée ne se constatent que sur les parties élevées, dans la région méridionale elles sont presque inconnues ; dans tout le pays, l'été est sec et chaud. Quant aux pluies, elles ne sont abondantes que de la fin de l’automne aux premières semaines du printemps, dans les années ordinaires.
C’est seulement depuis vingt ans que l'Italie a conquis son unité politique. L'agriculture s’y est cruellement ressentie des troubles qui avaient agité la péninsule; aussi, pendant longtemps, elle était restée en arrière du progrès. Dès le moyen âge, on pouvait citer les classiques travaux de la Lombardie et d’une partie de la Toscane, mais la production était restée, presque partout ailleurs, l’esclave des anciennes pratiques dont les Géorgiques de Virgile ont donné le tableau. Le réveil agricole date, dans la plus grande partie du pays, du dernier quart de siècle.
Sous le rapport agricole, l'Italie se prête difficilement à des divisions systématiques; la plupart des provinces présentent les sols et les cultures les plus variées. Un essai de classification, dû à des agronomes distingués, a partagé la péninsule en
ITALIE
quatre grandes régions : la région des Oliviers, Orangers et Citronniers embrassant la Sicile et la Sardaigne, les provinces napolitaines moins les Abruzzes, les provinces romaines et la partie du littoral de la Ligurie connue sous le nom de Rivière du couchant; la région des Oliviers, qui comprend les Abruzzes, la Toscane, la province de Massa- Carrara et la rivière ligurienne dite du Levant; la région de la Vigne et du Chêne, qui embrasse la Lombardie, la Vénétie moins la province d’Udine, les provinces de Parme, de Plaisance, de Modène, de Novare et d'Alexandrie; la région de la Vigne et du Châtaignier, comprenant les provinces de Turin et de Cunéo, dans le Piémont, et celle d’Udine en Vénétie. Dans les enquêtes agricoles, on a préféré une autre division que nous adopterons; le territoire a été divisé en douze régions, dont dix continentales, savoir du nord au midi : Piémont, Lombardie, Vénétie, Ligurie, Emilie, Marches et Ombrie, Toscane, Latium, région méridionale adriatique, région méridionale méditerranéenne, Sicile, Sardaigne. Quelques détails sont nécessaires $sur chacune de ces régions.
Le Piémont forme la partie la plus septentrionale de l'Italie : le sol y est très accidenté, un quart seulement de la surface forme une plaine continue. Le Froment et le Maïs y sont les principales céréales cultivées ; le Riz occupe de vastes surfaces dans la province de Novare. Le Chanvre est assez répandu, ainsi que la Pomme de terre. Les Vignes sont nombreuses et généralement bien cultivées ; les cultures arbustives pour le commerce des fruits sont d’ailleurs en honneur. Les prairies sont abondantes et s’élèvent sur le flanc des montagnes jusqu’à 1500 à 2000 mètres; aux prairies artificielles, surtout à la Luzerne, sont réservées les terres que l’on peut irriguer. Les assolements sont assez variés; leur caractère commun est la prédominance des céréales.
La Lombardie est formée par une vaste plaine, dont l’industrie de ses habitants a su faire, par une habile appropriation des eaux, un sol d’une fertilité proverbiale. Dans les parties les plus basses dominent les rizières, les prairies et les céréales ; si l’on monte un peu, la Vigne et le Mûrier s'associent aux céréales; au delà de laltitude de 800 mètres, on ne trouve plus que châtaigneraies, pâtures et forêts. Dans la plaine, on obtient souvent deux récoltes la même année : Trèfle et Maïs, Colza et Maïs, Lin et Maïs, Froment et Maïs ou Millet. Les cultures fourragères tiennent le premier rang, avec des rendements très élevés dus aux irrigations ; la production du lait en grande abondance en est la conséquence. Les cultures fruitières et potagères y ont pris une grande extension, surtout pour l’exportation.
La Vénétie présente une partie des caractères de la Lombardie, avec une moindre richesse. Le Froment et le Maïs sont les céréales presque exclusivement cultivées. La Vigne occupe une place importante. Les cultures maraichères et fruitières sont les mêmes qu’en Lombardie, et leurs produits sont l’objet d’un commerce croissant. Les prairies artificielles sont peu importantes, mais l'abondance et la bonne qualité des prairies naturelles compensent une partie de cette infériorité; le bétail est peu nombreux. L’assolement biennal, naguère presque seul usité, fait place à des systèmes plus rationnels, notamment dans les provinces de Rovigo et de Padoue.
La Ligurie, d’une étendue très restreinte, a un sol généralement maigre et peu fertile; sur les rochers et les collines qui s’étagent sur une partie de la région, la terre arable a été constituée artificiellement par le travail de l’homme pour y planter la Vigne et l’Olivier, l’'Oranger et le Citronnier sur quelques points privilégiés. La culture des céréales (Froment et Maïs) ne donne que des produits très
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incertains ; les fourrages sont rares, et, par suite, le bétail est peu nombreux. L’assolement biennal est encore le plus usité pour les terres arables. Le métayage est le mode d’exploitation du sol le plus répandu.
L'Emilie, qui comprend les huit provinces de Plaisance, Parme, Reggio, Modène, Ferrare, Bologne, Ravenne et For, est la partie de l'Italie où la culture arable a acquis le plus d'importance. Le Froment, puis le Maïs, le Riz dans quelques parties de la région, et enfin le Chanvre, sont les principales plantes entre lesquelles se partagent les terres labourées, qui occupent plus de 56 pour 100 de la surface totale. Les cultures arbustives, même celle de la Vigne, sont assez disséminées. Le sol est assez accidenté; les prairies naturelles abondent sur les collines. Les assolements sont assez variables ; l'emploi des instruments perfectionnés a fait de rapides progrès dans la plaine.
Les Marches et l’'Ombrie sont constituées par des séries de montagnes et de collines qui donnent à cette région un caractère tout particulier. Les modes de culture sont aussi tout spéciaux : rarement un champ est consacré à une plante unique; les Oliviers, les ceps de Vignes, les Müriers, les arbres fruitiers s’y alignent; au-dessous, des bandes de terrain sont consacrées au Froment et au Maïs, et entre ces bandes s’intercalent des Pommes de terre des Fèves, des légumes, etc., quelquefois du Tabac. Presque tous les sommets des montagnes sont dénudés. L’assolement général est biennal; dans quelques districts, il est devenu triennal par l’intercalation du Trèfle. Le métayage est le système d'exploitation à peu près exclusif.
Le progrès agricole, inauguré en Toscane au dixhuitième siècle, s’est maintenu dans cette région, laquelle est constituée par deux parties bien distinctes : les contreforts des Apennins et le littoral de la Méditerranée; ce littoral forme une région marécageuse et malsaine, connuc sous le nom de Maremmes. D’importants travaux, qui ont eu d’excellents résultats, ont été entrepris pour l’assainissement des Maremmes. Les principales plantes cultivées sont le Froment et le Maïs, puis la Vigne, l'Olivier, le Mûrier, et enfin le Châtaignier sur les hautes collines. Les pâtures sont abondantes, mais les prairies artificielles sont rares. Les assolements sont assez variés, les céréales y occupent toujours la première place. Le métayage est général dans toute la région.
Le Latium, qui ne comprend que la province de Rome, se divise en deux parties : la plaine de la campagne romaine (le célèbre agro romano) et les cantons qui se rattachent aux Apennins sur le pourtour de la province. La campagne romaine, basse et paludéenne, se distingue par une extrême insalubrité ; elle est couverte presque exclusivement de pâtures et de bois rachitiques; un cinquième seulement est cultivé. Le gouvernement italien a rendu en 1886 une loi spéciale pour l’assainissement de cette vaste plaine. Dans la partie accidentée de la région, l’agriculture présente, au contraire, tous les caractères de la prospérité ; elle ne le cède en rien aux partics les plus favorisées de la péninsule. Les céréales, les plantes potagères et les cultures arbustives y sont les principaux produits.
La région méridionale du versant de l’Adriatique, une des plus vastes de l'Italie, compte près de 4 millions d'hectares ; elle comprend les provinces de Teramo, Chieti, Aquila, Campobasso, Foggia, Bari et Lecce. Les Abruzzes (provinces de Teramo, Aquila et Chieti) forment la partie la plus montagneuse de la région; elles renferment de vastes pâturages, et l'élevage du bétail est la principale industrie des cultivateurs; dans les parties moyennes et basses, on retrouve à peu près les mêmes caractères que dans les autres provinces de l'Italie centrale : Froment, Maïs, Luzerne dans les terres
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irriguées, cultures potagères, Vigne, Olivier; le métayage est la méthode générale d'exploitation. La province de Campobasso est un pays de grande propriété; on s’y adonne surtout à la culture des céréales. La province de Foggia, constituée par les Pouilles, est une vaste plaine entrecoupée d’étangs et de marais souvent insalubres; c’est aussi un pays de grande propriété, où dominent le fermage et la culture directe; le sol s’y partage entre les prairies naturelles ou les pâtures et la production des céréales. Dans la terre de Bari, la physionomie est absolument différente ; la province est abritée du nord par les Apennins; la Vigne et l’Olivier y forment la base de la culture ; l'Oranger, le Citronnier, le Caroubier, le Figuier y prospèrent. Le caractère de la terre d’Otrante ou province de Lecce est le même que celui de la terre de Bari; mais la culture du Froment, du Lin et du Tabac y occupent une place plus importante ; la grande propriété y domine, avec le fermage, sauf pour les plantations arbustives.
La région méridionale du versant de la Méditerranée est encore plus vaste que la précédente; elle occupe 4 millions et demi d'hectares et s'étend depuis les confins du Latium jusqu’à l'extrémité de la péninsule. La diversité des climats, et par suite des cultures, y est très grande. Dans les provinces de Caserte, de Naples, de Salerne, de Bénévent et d’Avellino, la production agricole est très importante, grâce à la fertilité du sol et à une bonne direction générale des travaux ; les cultures arbustives, Les céréales, les plantes légumineuses et textiles se partagent les soins des cultivateurs; les cultures fourragères sont rares; la propriété est assez divisée. Dans la Basilicate, on retrouve les mêmes caractères, mais à un degré moindre; la culture des céréales y est beaucoup plus étendue ; les plantes potagères donnent d’abondants et excellents produits; les assolements sont presque toujours biennaux. Les Calabres, qui forment la partie méridionale de la région, constituent une des parties de l'Italie où l’agriculture a fait le moins de progrès, tant à cause de l'absence de débouchés qu’en raison de l’insalubrité d’un grand nombre de vallées marécageuses ; sur les collines, les cultures arbustives tiennent le premier rang; dans la plaine, ce sont les céréales, mais le plus souvent avec un pauvre rendement.
Dans la Sardaigne, le quart du sol est couvert de forêts, dont l'exploitation constitue le principal produit du pays. Les pâtures y couvrent aussi de vastes surfaces qui, pour la plupart, appartiennent aux communes. Les terres arables ne s’étendent pas sur un cinquième de la surface totale ; la culture du Froment en occupe plus du quart. La Vigne et l'Olivier viennent ensuite par ordre d'importance.
La Sicile participe aux caractères de la Napolitaine. Les terres arables occupent près de la moitié du territoire; elles sont consacrées surtout au Froment, à l’Orge et aux plantes légumineuses. La principale source de la richesse agricole est dans le produit des Vignes; l’Olivier, le Figuier, le Caroubier sont, après la Vigne, les principales cultures arbustives.
D’après les résultats généraux des statistiques les plus récentes, le territoire de l'Italie se répartit comme il suit :
SURFACE PROPORTION hectares POUR 100 Terres arables... TENTE 11 100 000 37,46 Vignes. ..... ste Er à 386211214097 000 6,50 Oligérs, NN ee RENE 895 000 3,02 Bois ct forêts. Me RME TRS 3 656 000 12,34 Châtaigneraies ................ 407 000 4,07 Prairies et päturages.......... 7 000 000 23,00 Surfaces improductives........ 4647 000 16,01 Totaux........,....,. 29632000 100,00
DR OVR RE
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Si l’on compare ces données, qui se rapportent . à la période de 1879 à 1883, à une enquête anté— rieure faite pour la période de 1870 à 1874, on constate un accroissement de 2 millions d'hectares sur les terres arables et de 50 000 hectares sur les Vignes; pour les autres natures de sol productif, . on ne constate pas de changements.
Les terres arables se décomposent approximativement comme il suit : Froment, 4 800000 hectares ; Maïs, 1900000; Orge et Seigle, 506000; Avoine, 445000 ; Riz, 202000; Haricot, Fèves et autres plantes analogues, 620 000 ; Chanvre et Lin, 215000 ; autres cultures, et notamment prairies artificielles, Luzerne, Lupin, etc., 2500000. Il ressort de ces documents que les deux tiers des terres arables. sont, chaque année, en céréales; cette méthode de culture exigerait l'emploi d'engrais abondants, et c’est malheureusement ce qui fait souvent le plus défaut en Italie; aussi les rendements sont assez précaires. Le Froment occupe le premier rang dans les emblavures, inégalement suivant les régions : tandis que le produit moyen s'élève à 14 hectolitres en Lombardie, il descend à 8 hectolitres et demi dans d’autres régions ; les blésdurs sont souvent cultivés pour la fabrication des pâtes d'Italie dont le commerce est très important. Le rendement moyen du Maïs est 18 hectolitres pour tout le pays; en Lombardie, il dépasse 20 hectolitres ; cette céréale joue un rôle considérable dans l'alimentation; depuis quelques années, des distilleries de Maïs se sont créées, qui consomment actuellement 1 demi-million d’hectolitres de ce grain par an. La culture du Riz est presque exclusivement confinée dans l'Italie septentrionale, et c’est en Lombardie qu’elle a pris le plus grand développement, mais eile a diminué depuis dix ans; le rendement moyen est évalué à 36 hectolitres par. hectare. Pour l’Orge et le Seigle, les statistiques évaluent les rendements moyens à 11 hectolitres et demi par hectare; pour l’Avoine, de 15 à 18 hectolitres; pour les Haricots, à 8 hectolitres; pour les Fèves, à 10 hectolitres et demi; pourle Chanvre, à 7 quintaux. On à vu plus haut que, dans plusieurs régions, la production des légumes frais tend à prendre de l'extension; c’est surtout dans l'Italie septentrionale que ce mouvement s’est. produit, grâce aux facilités de transport procurées par le percement des tunnels du mont Cenis et du Saint- Gothard; la Suisse, l’Autriche, une partie de l’Allemagne, et même la France sont devenues tributaires de l'Italie pour d'importantes quantités de légumes frais; il en est de même en ce qui concerne les fruits.
La production viticole de l'Italie tend à s’accroître ; pendant la période de 1870 à 1874, on évaluait l'étendue des vignes à 1870000 hectares, soit à peu près le quinzième de l'étendue totale du
pays : pendant la période 1879-1883, cette étendue.
était portée à 1927000 hectares. Les provinces méridionales, la Sicile, la Toscane, le Piémont et la Vénétie présentent la production absolue la plus considérable. Pour l’ensemble du pays, la production moyenne était évaluée, il y a quinze ans, à 27 millions d’hectolitres de vin; pendant les dernières années, les vendanges ont donné : en 1885, 22700 000 hectolitres ; en 1886, 35 565000 hectolitres. Cette ,roduction totale se répartit comme. il suit : Italie septentrionale, 7482000 hectolitres : Italie centrale, 10686000 hectolitres ; Italie méridionale, 8493 000 hectolitres ; îles, 8904000 hectolitres. L’accroissement de la production est due, non seulement aux plantations nouvelles, mais aussi à de meilleurs soins donnés à la Vigne. On cultive cette plante en hautains ou sur souches basses. Malheureusement, le Phylloxéra a envahi, en 1879, les Vignes italiennes; mais, grâce aux mesures énergiques qui ont été prises, on à pu
enrayer à peu près le fléau, sauf en Sicile, où il
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continue à exercer de grands ravages. Des progrès sont encore à réaliser presque partout dans la fabrication des vins.
L'Olivier est un des arbres caractéristiques de la plus grande partie de l'Italie. Ses produits, sous forme de fruits ou sous forme d'huile, sont l’objet d’un commerce très important. La production de l'huile est évaluée, en moyenne, à 3 400 000 hectolitres ; mais elle varie souvent du simple au double d’une année à l’autre. Dans un certain nombre de provinces, les Oliviers ne reçoivent pas les soins suffisants pour assurer une récolte abondante et soutenue, et l'incurie des cultivateurs laisse se multiplier les ennemis de ces arbres.
Dans les parties les plus chaudes du pays, les Orangers, les Citronniers et les autres arbres du même groupe, que les Italiens réunissent sous le nom d’agrumi, contribuent pour une large part à rémunérer le travail agricole; on en évalue la récolte moyenne à 3745000 milliers de fruits. Dans les régions montagneuses, surtout sur les sols schisteux ou granitiques, le Châtaignier joue un rôle analogue et même plus important. De 1870 à 1874, on évaluait la surface des châtaigneraies à 449000 hectares ; dans les dernières statistiques, elle est évaluée à 407 000 seulement. Le produit était compté pour 9 235 000 quintaux de fruits frais pour la première période, et pour 3914000 dans la dernière. La Toscane, la Ligurie, la région méridionale du versant de la Méditerranée et le Piémont sont les régions qui possèdent le plus de châàtaigneraies.
La sériciculture est une des branches importantes de la production, surtout dans la Lombardie, la Vénétie et le Piémont. Le pays n’a pas échappé aux épidémies qui ont atteint les Vers à soie; mais grâce à l'application presque générale des méthodes Pasteur, le fléau a été enrayé. La production des cocons était, avant la maladie, de 50 millions de kilogrammes ; elle était tombée à 15 millions de kilogranmes en 1876; elle s’est relevée à 38 millions de kilogrammes ponr la période de 1880 à 1886, avec des maxima de 41 millions et demi en 1883 et en 1886. La production moyenne par once (27 grammes) de graines est évaluée à 26 kilogrammes et demi pour cette dernière période.
La culture du Cotonnier a été essayée dans l'Italie méridionale, mais sans grand succès; lors de la guerre de sécession des Etats-Unis, les plantations de cet arbre ont couvert 27500 hectares; cette étendue était diminuée des deux tiers en 1886.
Comme dans presque toute l'Europe, le défrichement des forêts et le déboisement des montagnes ont élé poussés à l’extrême en Italie. Dans la plupart des régions, presque tous les sommets sont dénudés, à peine couverts de quelques broussailles ; sur les collines et dans la plaine, un grand nombre de futaies ont été abattues. Quelques efforts ont été faits pour arrêter la disparition des forêts, notamment dans les Marches.
Les statistiques italiennes ne séparent pas les prairies naturelles et les pâturages ; il est vrai que souvent la différence est difficile à établir, de même qu'entre certaines pâtures et les terres incultes. Les prairies sont nombreuses dans l'Italie septentrionale ; quant aux pâtures, elles abondent dans toutes les régions montagneuses; les Alpes et les Apennins reçoivent chaque année, pendant la belle saison, des troupeaux qui descendent hiverner dans la plaine. La grande place donnée aux céréales dans les terres arables et les maigres rendements de beaucoup de pâturages expliquent le contingent tout à fait insuffisant des animaux domestiques. Néanmoins, des progrès assez notables ont été réalisés dans ces dernières années, du moins pour la ‘plupart des catégories d'animaux, ainsi qu'il - résulte de la comparaison des recensements effectués en 1874 et en 1881, et dont voici les résultats :
ITALIE 1871 1881 têtes têtes Chevaux, ânes et mulets.. 1196000 1593000 Bœufs, vaches et buffles: 3520000 4783000 Races ovines et caprines.... 80675000 10612000 Races. porcimes....,...2t . 4575000 1164000
Il n’y a eu de diminution que sur les races porcines; l'augmentation serait considérable. pour toutes les autres races. Après être restée stationnaire pendant longtemps, l’industrie de l'élevage tend à prendre une plus grande importance. Elle a été d’ailleurs favorisée par le développement qu'a pris le commerce d’exportation, principalement vers la France. C’est surtout du côté de l’amélioration des races bovines que les efforts ont porté. En Lombardie et dans une partie du Piémont, la laiterie compte parmi les produits importants des exploitations rurales, qui vendent des quantités importantes de beurres et de fromages : les fromages de Gorgonzola et surtout du Parmesan sont bien connus et jouissent d’une légitime renommée. Le buffle est considéré comme un excellent animal de travail dans les terres marécageuses : on en compte environ 3000 en Toscane, 5000 dans la campagne romaine et 32000 dans les provinces méridionales.
Le mouvement de la population montre une progression rapide en Italie; le recensement de 1871 accusait 26 801 000 âmes, et celui de 1881 portait ce nombre à 28 459 000 ; c’est un accroissement de près de 2 millions d'habitants en dix années. La population spécifique est actuellement de 96 habitants par kilomètre carré; c’est beaucoup plus qu'en France. Mais cette population est très inégalement répartie; très dense dans l'Italie du Nord, elle l’est beaucoup moins dans les régions méridionales. La Lombardie et la Ligurie présentent un caractère tout spécial par la densité de la population, qui y atteint et même dépasse 150 habitants par kilomètre carré ; ce sont aussi lesdeux régions les plus riches sous le rapport agricole.
La propriété du sol se répartit très inégalement suivant les régions. La moyenne et la petite propriété occupent aujourd’hui le premier rang dans l'Italie septentrionale et dans une partie de l'Italie centrale. Dans le Latium et les Pouilles, les grands domaines sont les plus nombreux; il en est de même dans l'Italie méridionale et dans les îles, mais ces grands domaines y sont le plus souvent divisés en un certain nombre d'exploitations distinctes, plus ou moins rapprochées les unes des autres. La division des terres appartenant à un seul propriétaire se rencontre d’ailleurs dans presque tout le pays, même pour la moyenne et la petite propriété; dans quelques régions, le morcellement est devenu assez exagéré pour qu’ on le considère comme une très grave calamité. Les grandes propriétés diminuent de nombre et d’étendue, soit par la vente des biens de mainmorte qui a été faite sur une grande échelle, soit par les divisions d’hoirie, soit pour d’autres causes encore. Le revenu net des surfaces productives est évalué, pour tout le royaume, à un peu plus de 1 milliard de francs.
Il est assez difficile de donner un tableau absolument exact des modes qui dominent pour l’exploitation du sol dans les diverses régions. Dans la haute Italie, le métayage est le système le plus général, sauf dans une partie de la vallée du P6, depuis Turin jusqu’à sa source, où le fermage l’emporte. En Ligurie, le métayage domine dans la partie orientale de la région, et le fermage dans la partie occidentale. En Toscane, le métayage est général, comme dans une grande partie de l'Italie centrale. Dans les régions méridionales, c’est, au contraire, le fermage qui domine presque partout. Dans presque tout le pays, la culture directe n’est généralement pratiquée que par les petits pro-