‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 76 sur 198 · IVRAIE · texte numérisé non relu

IVRAIE

exprime brièvement, dans le langage descriptif, en disant que les épillets sont appliqués par Le dos sur les dents de l’axe commun.

Les Lolium sont des herbes annuelles ou vivaces, à feuilles planes, quelquefois pliées ou enroulées au bord, à inflorescences terminales. On en a décrit près de trente espèces; mais il semble en exister tout au plus cinq ou six bien distinctes, les autres représentant plutôt des formes ou variétés dues aux influences du sol et du climat. Toutes sont propres à l’Europe, à l’Afrique septentrionale et aux pays tempérés de l'Asie.

Le genre dont il s’agit est certainement très voisin des Seigles (Secale) et des Froments (Triticum) qui s’en différencient particulièrement par l'orientation de leurs épillets, lesquels sont appliqués sur le rachis par le côté, c’est-à-dire de telle sorte que les deux glumes sont situées à droite et à gauche du point d'insertion. À part ce caractère, d’ailleurs, facile à saisir, presque tous les autres traits de l'organisation sont comparables. Certaines affinités avec les Fétuques (Festuca) sont également manifestes.

Les Lolium se divisent assez commodément pour l'étude, en deux sections, dont l’une comprend les formes à épillets lancéolés et multiflores, l'autre celles dont l’épillet est pauciflore et élargi. C'est à la première qu’appartiennent les Ray-Grass, qui seront examinés à leur place au point de vue agricole. La seconde renferme les véritables Ivraies, dont nous allons indiquer les caractères et les propriétés. On distingue deux espèces : l’lvraie enivrante (Lolium temulentum L.) et l'Ivraie du Lin (Lolium linicola Sond.).

L'Ivraie enivrante a les épillets formés de trois à huit fleurs, et plus courts que la glume. La glumelle inférieure est munie d’une arûte assez ferme, de longueur d’ailleurs variable, insérée assez loin du sommet. Ses feuilles sont fermes, rudes au toucher et d'autant plus longues qu’elles sont situées plus haut. Les chaumes, isolés ou formant de petites touffes, se terminent par l’inflorescence dont le rachis est raide et robuste. C’estune plante annuelle, haute de 50 centimètres à 1 mètre, d'aspect vigoureux. Elle croît à peu près exclusivement parmi les moissons, et commence à fleurir dans le mois de juin; ses fruits mürissent au même moment que ceux des céréales et peuvent se trouver mélangés avec eux après la récolte.

Par une exception presque unique dans l'ordre des Graminées, les fruits de la plante dont nous parlons sont vénéneux pour l’homme et les animaux. Ces propriétés nuisibles, signalées dès l'antiquité, ont été à diverses reprises étudiées d’une façon positive, surtout dans les temps modernes ; mais il faut reconnaitre qu’au point de vue chimique, le principe actif contenu dans l’Ivraie est assez imparfaitement connu. D’après les recherches les plus récentes, l’action nocive serait due à deux substances associées dans le grain, mais possédant des propriétés différentes. L'une, insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther qui permet de la séparer, provoque des tremblements généraux, accompagnés de contractions violentes des muscles du tronc, de raideur tétanique, d’une salivation abondante et de vomissements. L'autre principe, soluble dans l’eau au moyen de laquelle on peut l’extraire de la farine d’'Ivraie déjà épuisée par l’éther, occasionne une sorte de paralysie, avec somnolence, assez analogue à l’ivresse alcoolique. Ces deux substances paraissent agir avec une intensité diverse, suivant les animaux mis en expérience, et, toutes choses égales d’ailleurs, les carnassiers se montrent plus sensibles que les herbivores.

Les fruits d’Ivraie se trouvent d'ordinaire mêlés à ceux des céréales en trop faible quantité pour que le pain fabriqué avec ce mélange puisse occasionner la mort; mais, comme des accidents plus-ou

IXIA

moins graves sont toujours à à craindre, on comprend que la séparation doive être faite avec soin. Elle s'effectue, d’ailleurs, presque nécessairement aujourd’hui grâce aux perfectionnements qu'ont reçus les machines agricoles. On évitera également de faire servire les résidus à la nourriture des animaux. Les grains d'Ivraie sont d’ailleurs faciles à reconnaitre ; ils ont à peu près la forme et la teinte du blé, mais ils sont plus petits, et l’adhérence constante de la glumelle supérieure évitera toujours la confusion.

L’Ivraie du Lin a les épillets Rene de einq à six fleurs, et plus longs que la glume. La glumelle inférieure est ordinairement mutique, quelquefois munie d’une courte arête fine et flexueuse; ses feuilles sont courtes et lisses. Le rachis de l’inflorescence est grêle, ainsi que toute la plante. Cette espèce ressemble beaucoup, en somme, à l'Ivraie enivrante, dont elle n’est peut-être qu’une forme amincie. On la rencontre à peu près exclusivement dans les champs de Lin où elle est quelquefois très abondante. Ses fruits ont les mêmes propriétés que ceux de l'espèce précédente, et doivent être séparés avec soin des graines de Lin destinées aux usages médicaux. E. M.

IXIA (horticulture). — Genre de plantes de la famille des Iridacées, à fleurs régulières et hermaphrodites ; le périanthe est composé de six pièces disposées en deux verticilles alternes de pièces étalées. Ces plantes sont vivaces par des bulbes portant des feuilles ensiformes et une hampe sur laquelle les fleurs sont disposées en grappe distique. On en, cultive un certain nombre d’espèces peu différentes les unes des autres et se distinguant surtout par la couleur des fleurs ; parmi les principales on peut citer les I. crocata L., patens Aït. et longiflora Jacq.

Ces plantes peuvent se cultiver en pleine terre en France, mais il est nécessaire alors de les planter en terre de Bruyère bien drainée. On préfère généralement pratiquer la culture en pot; dans ce cas,

IXORA

on plante en octobre, à raison de trois bulbes par pot, puis on rentre les plantes sous châssis; on peut hàter la floraison des plantes en les mettant en serre tempérée dès qu'elles commencent à pousser.

Dans le Midi, la culture se pratique en pleine terre et sans aucun soin particulier. Les fleurs coupées sont expédiées dans les grandes villes; elles servent à faire de très beaux bouquets qui durent plusieurs semaines dans l’eau. J. D.

IXODE, IXODIDÉS (z00logie). — Voy. ACARIENS.

IXORA (horticullure). — Genre de plantes de la famille des Rubiacées, constitué par des arbustes à feuilles persistantes accompagnées de stipules. Les fleurs, disposées en corymbe de cymes bipares, ont un calice à quatre dents et une corolle en forme de coupe longuement tubulée. L’androcée est isostémone. L’ovaire, à deux loges, surmonté d’un style bifide, donne naissance à un fruit charnu.

Depuis quelques années la culture de cette charmante plante commence à se répandre et l’on a obtenu déjà un grand nombre de variétés très remarquables par leur floribundité et la belle couleur rouge orangé de leurs fleurs. Ces variétés ont pour point de départ les espèces suivantes : l'Ixora de Java (/xora javanica Mag.) à feuilles entières, ovales, et à fleurs d’un jaune orangé réunies en gros bouquets au sommet des rameaux, et l’Ixora cocciné (Ixora coccinea L.) à fleurs d’un rouge écarlate. On cultive aussi dans les serres l'Ixora odorant (1. odorata Hook.) qui porte des feuilles larges charnues et des fleurs d’un blanc rosé répandant une odeur très suave.

Les Ixora, étant tous originaires de la zone tropicale, exigent la serre chaude. On les cultive en terre de Bruyère et il est bon d’enterrer les pots dans une couche de tannée. La multiplication se fait à l’aide de boutures faites à l’étouffée sous cloche ou encore par greite en placage sur les espèces rustiques. Le semis n’est employé que dans le but d'obtenir de nouvelles variétés. J. D.

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