‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 78 sur 198 · JACHÈRE · texte numérisé non relu

JACHÈRE

la vérification expérimentale. Le champ de Rothamsted, sur lequel ils établirent l'expérience, était composé d'une argile forte avec sous-sol d’argile jaune rougeâtre reposant sur la craie. Malgré cet état de choses favorable à la méthode, les produits obtenus conduisirent les savants agronomes à conclure que la jachère ne pouvait avoir un effet bien marqué que sur les sols suffisamment pourvus de matières organiques azotées.

Yvart regarde la jachère complète , c’est-à-dire s'étendant à toute une année, comme une pratique surannée et vicieuse.

On voit que les opinions sont partagées, et il nous semble que celles qui sont absolues sont également mauvaises. En agriculture, en effet, Les milieux sont trop variables pour qu’on puisse formuler des règles applicables à toutes les circonstances, et ce n’est pas là une des moindres causes de la difficulté que présente cette industrie. Nous pensons que la jachère n'échappe pas à ces considérations générales, et que, bonne dans un cas, elle doit être absolument rejetée dans un autre. C’est en en examinant avec soin les effets qu'on arrivera à trouver des bases solides permettant de juger de l'opportunité de son adoption ou de son rejet.

On a considéré la jachère, tantôt comme un moyen de fertiliser, tantôt comme un moyen d’ameublir et de nettoyer le sol.

Il est incontestable que les récoltes venues sur une terre qui a été en jachère sont plus belles qu'elles ne l’auraient été en l'absence de cette pratique ; il y a done augmentation de la production immédiate du terrain. Mais quand on recherche comment à pu se produire ce phénomène, on est conduit à admettre que la jachère agit à la façon d’un amendement. C’est un véritable et puissant amendement qui favorise indirectement le développement des plantes en mettant à leur disposition une portion des réserves du sol.

La jachère doit en grande partie ses effets à la nitrification des matières organiques azotées qu’elle active dans de fortes proportions, et l’on s’explique ainsi comment elle se montre surtout efficace sur les sols riches en humus. Mais on comprend que cette manière de voir enlève à la jachère toute action durable sur la fertilité du sol, et que, par suite, il est impossible de baser un système de culture sur son emploi exclusif. Loin d'enrichir la couche arable, la jachère l’appauvrit, puisque la nitrification ne se produit jamais sans dégagement d'azote libre et que les nitrates formés, présentant très peu de stabilité, sont en partie entrainés par les eaux; mais il y a modification heureuse de la forme sous laquelle les matières fertilisantes sont présentées aux plantes, et ces dernières peuvent en assimiler des quantités plus grandes.

Comme procédé d’ameublissement et de nettoiement, la jachère a une valeur indiscutable. Rien ne saurait remplacer les labours d'été alternant

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