‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 79 sur 198 · JACHÈRE · texte numérisé non relu

JACHÈRE

avec des hersages pour la destruction des plantes à racines traçantes ou à longs rhizomes ; nulle opération ne pourrait ameublir convenablement les sols argileux en l’absence de défoncements effcetués à l'automne et sur lesquels les gelées de lhiver auront exercé leur action désagrégeante.

Les considérations précédentes permettent de résumer ainsi les avantages et les inconvénients de la jachère : 1° elle provoque la formation dans le sol de composés utilisables par les plantes, et elle amène ainsi l'augmentation des récoltes ; 2° elle assure l’ameublissement de la couche arable ; 3° elle permet la destruction des plantes adventices qui résistent aux binages et sarclages; 4° elle rend facile le transport en temps voulu des engrais et des amendements.

Mais elle offre un inconvénient qui devient tellement grave dans certains cas qu’il rend impossible son adoption : l'absence de produit pendant une année.

On peut concevoir maintenant que la jachère complète soit indispensable sur des terres compactes et enherbées; mais on doit reconnaitre que, dans un grand nombre de circonstances, il ne sera pas nécessaire d'étendre à toute l’année l’état de jJachère, et que les façons d’été ou d'automne pourront conduire isolément au résultat qu’on recherche. Sur des sols propres, les travaux d'automne seront suffisants pour l’ameublissement ; sur des terres salies, mais meubles, les labours d’été détruiront très bien les mauvaises herbes. On pourra ainsi utiliser les champs une partie de l’année par des plantes à végétation rapide, par des fourrages consommés par le bétail ou enfouis en engrais vert.

On voit que la jachère se modifie en même temps que le système de culture dont elle est un des facteurs, et qu’elle ne saurait être préconisée d'une manière absolue ni définitivement condamnée. Elle a sa place régulière marquée dans les assolements des pays pauvres, mais elle ne peut figurer que d'une manière accidentelle dans les milieux où le sol a une valeur élevée. C’est d’ailleurs ce qui résulte de l'examen des faits, qu’on les considère dans le temps ou dans l’espace. De même que, sur un point donné, nous voyons la jachère diminuer de fréquence et de durée au fur et à mesure que la richesse agricole s’accroit, de même nous assistons à sa disparition successive quand, partant d’un pays pauvre, nous nous avançons vers les contrées à cœlture riche. Mais cette évolution ne peut se faire que leñtement, et il serait aussi dangereux d'adopter la jachère là où elle peut être remplacée, que de l’abandonner lorsque les moyens de production dont on dispose sont insuffisants.

Les plantes dites éfouffantes, indiquées comme pouvant suppléer la jachère, n’ont jamais donné de bons résultats quand on les a introduites prématurément dans l’assolement; elles peuvent, à la vérité, empêcher le sol de se salir, mais nous pensons qu'elles ne l’ont jamais sérieusement nettoyé. Quant aux plantes sarclées, il n’est pas, que nous sachions, possible de les cultiver avantageusement sur des sols mal préparés.

La persistance avec laquelle on conserve, sur une grande partie de notre territoire, les assolements à jachère, explique l'importance de cette pratique, et s’il est désirable de voir les cultures sarclées et fourragères remplacer les guérets qui occupent tant de place avec les jachères biennales et triennales, on est obligé de reconnaitre que la substitution ne peut être immédiate, qu’elle est subordonnée aux circonstances agricoles, climatériques et économiques.

En ce qui concerne l'exécution de la jachère, nous avons dit qu’elle comportait un certain nombre de façons aratoires, de hersages et de roulages alternés. La nature minéralogique du sol, son état, la succession des cultures qu'il doit porter amènent

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