‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 83 sur 198 · JALOUSIE · texte numérisé non relu

JALOUSIE

tiges souterraines se montrent d’abord {outes semblables et filiformes ; mais bientôt certaines d’entre elles se renflent vers leur point d'insertion et forment peu à peu des masses épaisses et charnues, qui ressemblent finalement à autant de navets obcomiques. Ce sont ces racines hypertrophiées qui constituent le vrai jalap tubéreux des médecins. Leur partie corticale est riche en un latex blanchâtre auquel elles doivent leurs propriétés purgatives, et dont le principe actif est une résine qui a recu des chimistes les noms de convolvuline, jalapine, ete. Ces racines, convenablement desséchées, s’exportent dans le monde entier pour les usages médicaux.

L'Exogonium Jalapa végète très bien dans nos jardins, même sous le climat de Paris, mais il y fleurit assez irrégulièrement. Il aime les sols frais, riches en humus. Il est à peu près certain que sa culture réussirait complètement dans plusieurs parties de l'Algérie, où elle ne manquerait pas de donner des produits très rémunérateurs, car le prix de cette substance est toujours assez élevé. C’est surtout cette considération qui nous a déterminé à donner une petite place, dans ce recueil, à l’histoire naturelle du jalap.

On trouve également au Mexique un autre jalap, fourni par l’Ipomæa simulans Hanb., et qui est, à ce qu'il paraît, de très bonne qualité. Des jalaps inférieurs se rencontrent quelquefois dans le commerce, qui proviennent d’autres Convolvulacées, et dont le détail ne serait sans doute pas de nature à intéresser le lecteur.

Les racines de quelques espèces de Belles-denuit (Mirabilis Jalapa, M. longiflora, etc.), communément cultivées dans nos jardins comme plantes d'ornement, sont purgatives, et s’emploient quelquefois sous le nom de faux Jalap. E. M.

JALOUSIE (horticulture). — Voy. OEILLET DE POÈTE. .

JAMAÏQUE (géographie). — La Jamaïque est une des îles des Antilles (voy. ce mot) ; elle appartient à l'Angleterre. Elle est située au sud de Santiago de Cuba, et à l’ouest de Haïti; sa superficie est de 1 100 000 hectares environ, avec une population de 906 000 habitants, soit 46 habitants par 100 hectares. Elle renferme une chaîne de montagnes, les montagnes Bleues, dont le sommet le plus élevé a environ 2100 mètres d’altitude. Son sol est généralement fertile; toutes les plantes tropicales y prospèrent. Les principaux produits de l'ile sont le sucre, le rhum de la Jamaïque, partout célèbre, la mélasse, le café, les piments, et, à un degré moindre, le coton, le gingembre, l’indigo, le tabac, le bois de campêche, les ananas, le tout pour une valeur annuelle de 35 à 36 millions de francs. La plus grande ville, qui est aussi le principal port, est Kingston. — Au nord-ouest de la Jamaïque, les trois îles de Grand-Cayman, Petit-Cayman et Cayman-Brac, sont remarquables par les Palmiers dont elles sont couvertes. La population est surtout adonnée à la poursuite des Tortues.

JAMBE (z00technie). — La jambe est la partie du membre postérieur du quadrupède qui correspond exactement à celle de même nom chez nous. Elle à pour base osseuse le tibia et le péroné, compris entre le fémur ou os de la cuisse et l’astragale, avec laquelle le tibia s'articule par son extrémité inférieure. Ces deux os, le tibia et le péroné, dont le dernier est réduit à de minimes proportions, sont entourés de masses musculaires, recouvertes, bien entendu, par la peau, et ayant pour fonctions d'ouvrir et de fermer les angles articulaires situés au-dessous d'elles, par l'intermédiaire de leurs tendons.

Les hippologues, conformément à leur méthode, ont coutume d'examiner en particulier les dimensions de la jambe en largeur, en épaisseur et en longueur absolue et relative, par rapport à celle du

JAMBOSIER

canon ou métatarse; ils s'occupent aussi de sa direction, eu égard à l'influence qu’elle peut avoir sur l'exécution de la marche et sur sa vitesse, ainsi que sur ce qu’ils appellent les aplombs. Ils sont, de la sorte, entraînés comme d’habitude à de longues dissertations, qui se répètent à propos de chacun des leviers composant le mécanisme moteur de la machine quadrupède. Lorsque, tout en accordant leur préférence à cette méthode vicieuse, ils sont néanmoins de bons observateurs, ils ne peuvent se dispenser de constater l'impossibilité de reconnaître, pour la jambe comme pour les autres parties, une forme ou une direction réalisant la beauté absolue ou la perfection. Ils se voient obligés d'admettre une conformation correspondant au maximum d'aptitude pour le travail en mode de vitesse, et une autre qui correspond de même au travail en mode de masse, ou qui est la meilleure pour le cheval de gros trait. Cela n’aboutit qu’à grossir les livres sans aucune utilité.

On trouve aussi, dans les ouvrages de ces bons observateurs, que la longueur de la jambe est tou- Jours égale à celle de l’avant-bras, ce qui est incontestable, et qu’on doit la rechercher aussi développée que possible chez les sujets à marche rapide, non seulement parce que les déplacements sont en ce cas plus étendus, mais encore parce qu’elle implique une longueur proportionnelle des muscles qui entourent le levier tibial. N’est-il pas évident de soi que cela n’est point particulier à la jambe, d’après ce qui vient d’être dit, et que cette partie du mécanisme s’apprécie au mieux, comme toutes les autres, par sa comparaison avec le schéma de la perfection des leviers (voy. CHEVAL) ?

Goubaux et Barrier sont tombés dans l'erreur commune, en envisageant à leur tour la longueur de la jambe par rapport à celle du canon. Tous les auteurs qui en ont parlé, disent-ils, s’accordent à reconnaître qu'un canon court est une beauté à l'extrémité d'une jambe longue, et ils croient justifier l'appréciation en l’expliquant à leur manière. Cette erreur a été relevée ailleurs (voy. CANON). En fait, ainsi que Cornevin l’a montré par des mesures précises, les grands coureurs ont un canon long à l’extrémité d’une jambe longue. Mais, d’ailleurs, il est facile de comprendre mécaniquement qu'à longueur de jambe égale, l’allongement du canon ou métatarse ne peut que favoriser la vitesse du mouvement, en accroissant, pour le même temps ou pour la même fermeture d’angle, le chemin parcouru par l'extrémité libre du membre. Ce n’est donc pas par rapport à la longueur du canon que celle de la jambe peut être utilement mesurée, c’est par rapport à la taille, et cela seulement, bien entendu, pour les chevaux devant travailler en mode de vitesse. Pour les autres, l'épaisseur des masses musculaires, dont dépend l'intensité de l’effort, est seule à considérer. A. S.

JAMBOSIER (arboriculture). — Genre de plantes de Ja famille des Myrtacées, constitué par des arbres originaires des régions chaudes qui atteignent une hauteur de 8 à 10 mètres, à feuilles Jancéolées oblongues, à inflorescence en cyme, à réceptacle floral turbiné, prolongé au-dessus de l'ovaire infère, à fleurs blanches et à fruits en baies globuleuses. La principale espèce, le Jambosier domestique (Jambosa vulgaris), est cultivée dans l'Inde sous le nom de pomme rose, pour ses fruits comestibles, déprimés, de la grosseur d’une petite pomme, d’une belle teinte carmin, dont la pulpe est légèrement acide et exhale une odeur de rose. Le bois de cet arbre, dont la densité est de 0,961, est excellent pour la tabletterie et la menuiserie. On a introduit le Jambosier dans les Antilles et à la Réunion, où il prospère; on le cultive quelquefois en caisses dans les serres d'Europe où il peut fleurir et fructifier, mais sans que les fruits atteignent leur saveur normale,

JAMEROSIER

JAMEROSIER. — Nom donné quelquefois, aux Antilles, au Jambosier (voy. ce mot).

JAMET, (biographie). — Emile Jamet, né à Chàteau-Gontier (Mayenne) vers 1810, mort en 1871, a été, au milieu du dix-neuvième siècle, un des initiateurs du progrès agricole dans celte partie de la France. Il fut député en 1848 et président du comice de Château-Gontier ; il a propagé les races améliorées de bétail, l'usage des labours profonds et des phosphates. On lui doit: Traité de l'espèce bovine et Cours d'agriculture pour les écoles primaires (2° édition, 1864). H.S.

JANVIER (TRAVAUX AGRICOLES DU MOIS DE). — Le mois de janvier, dédié à Janus, est le plus froid de l’année sous toutes les latitudes de l’Europe. C'est aussi le mois pendant lequel les travaux sont les moins nombreux. Dans la région du Nord-Est et dans celle de l'Est, les labours y sont impossibles pendant les gelées à glace et lorsque la neige couvre la terre. Dans la région de l'Ouest, ce sont souvent les pluies et l’imperméabilité du sous-sol qui obligent à ne les exécuter que pendant les mois de février ou de mars.

Direction de l'exploitation. — Le chef de l’exploitation, propriétaire ou fermier, profite des longues veillées pour mettre sa comptabilité à jour. Dans le nord de la France, il surveille le battage des grains, le transport des marnes, la distillation de la betterave, les travaux de la féculerie et l’agnelage. Il s'occupe aussi de la conservation des denrées en magasins ou en silos et de la vente des animaux qu'il a engraissés. Dans la région du Midi, il préside au soutirage des vins, à la fabrication de l'huile d'olive et à la distillation des vins de chaudière et des mares de raisin. Dans la région de l'Ouest et aussi dans celle du Centre, il examine les terres incultes qu’il peut drainer, défricher ou ensemencer en essences résineuses et les prairies naturelles qui réclament des travaux d’assainissement. En outre, il indique les haies à receper et les fossés de clôture qu’il est utile d'ouvrir. Enfin, comme dans les régions du Nord, il surveille l’engraissement des bœufs, des vaches ou des moutons à l’étable ou de pouture.

Soins donnés au bétail. — On continue, dans la Vendée, le Limousin, etc., l’engraissement des bœufs qui ont été confinés dans les étables pendant l'automne. On surveille la distribution des aliments, afin que les animaux ne soient pas exposés à des indigestions, des météorisations ou des diarrhées. Dans le Nord, on continue l’engraissement des vaches non laitières; ces animaux reçoivent principalement des pulpes de distillerie ou de sucreries. On doit avoir soin de maintenir une température régulière dans les bouveries ou étables. On continue de donner aux vaches laitières, des betteraves, des carottes, des navets, des rutahagas et du foin et de la paille. On peut aussi leur faire boire des buvées blanches et tièdes ou leur donner des soupes. Les vaches qui sont sur le point de vêler doivent être placées dans un lieu chaud; il faut éviter de les laisser exposées à l’action d’un courant d'air froid et de leur donner de l’eau glaciale ; on les nourrit au sec pendant les quinze jours qui suivent la parturition. On à intérêt, pendant les grands froids, à saupoudrer les racines de cossettes de Colza, de menue paille ou de paille d’Avoine ou de Froment hachée. Dans la région du Nord-Ouest, le mois de janvier est l'époque de la fin de la mise-bas des brebis. Les animaux qui séjournent dans les bergeries doivent pouvoir s’abreuver dans des baquets contenant de l'eau et de la vieille ferraille. Quand le temps le permet, on fait sortir le troupeau pendant le milieu du jour, dans le but de lui faire prendre l'air. On doit donner des aliments aqueux avec ménagements, afin d'éviter la pourriture; on continue la préparation des moutons de pouture. On

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