‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 84 sur 198 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

surveille les truies sur le point de mettre bas; on doit les placer dans un endroit sec et chaud; souvent on enlève toutes les pailles des loges pour les remplacer par des balles de Blé, afin que les petits soient moins exposés à être écrasés par leur mère. Les porcs et les truies demandent en hiver, surtout quand le temps est froid, que la température de la porcherie soit douce et régulière; ils doivent aussi recevoir des nourritures tièdes.

Les volailles doivent être garanties du froid et de l'humidité. Quand le poulailler est situé au nord, on doit, si le nombre des poules n’est pas considérable, y placer un petit calorifère qu’on chauffe une fois par jour vers quatre ou cinq heures du soir. Il faut, en outre, leur donner des grains toniques et excitants. Les oies et les canards, étant plus rustiques, demandent moins de surveillance. On continue l’engraissement des poules, des dindons et des oies. Cette opération doit avoir lieu dans une chambre spéciale sèche et chaude. Pendant les gelées, on a soin de placer chaque jour de l’eau à la porte du poulailler, pour que les volailles puissent facilement boire.

Pendant les grand froids, on s'assure si les Abeilles sont bien abritées du vent et du soleil. On examine aussi si elles ont suffisamment de nourriture. On ne doit pas les priver d’air, mais on peut garnir les ouvertures des ruches d’une grille métallique à mailles étroites destinée à empêcher que les Souris ne s’y introduisent. Il est utile de ne pas agiter les ruches, pendant les temps froids.

Potager et verger.— On laboure et l’on fume les carrés et les plates-bandes et l’on opère les défoncements nécessaires. On ouvre des fosses pour planter les Asperges à la fin de l'hiver, on découvre temporairement les Artichauts si le temps est beau, pour les aérer. On s'occupe de réparer les treillages et les outils et de faire des paillassons. On sème sur couche ou sous cloches de la Carotte hâtive de Hollande, de la Laitue gotte, de l’Oignon blanc hâtif, des Choux pommés hâtifs, des Radis. Dans la région du Sud, on repique en pleine terre des Choux d’York et des Laitues et on sème sur couches des Tomates, des Piments, des Aubergines et du Céleri. On nettoie les écorces des arbres fruitiers, on les lave avec un lait de chaux et l’on détruit les nids de chenilles. On taille les Cerisiers, les Pruniers et les Abricotiers en espalier, si le temps le permet; on continue aussi la taille des arbres à pépins quand il ne gèle pas.

Travaux de culture. — Durant le mois de janvier, les jours sont très courts et les animaux ne font souvent qu’une attelée, qui commence à neuf ou dix heures du matin et se termine vers quatre heures du soir. On profite des temps de gelée pour conduire les fumiers et les marnes sur les terres arables ; on prépare les composts. On continue de labourer les terres qui doivent être ensemencées à la fin de l'hiver ou au printemps. On défonce, à l’aide de la charrue sous-sol, les champs sur lesquels on applique des fumiers et ceux qu’on destine aux plantes à racines pivotantes. On continue aussi le défrichement des landes, des vieilles luzernières et des sainfoins improductifs. On récolte et on pile les Ajones, on bottelle les foins qui ont été conservés en vrac, on teille ou on broie et on écangue les tiges de Lin et le Chanvre, on répare les outils et on fabrique des paniers, des ruches ou, des corbeilles. Dans les champs en céréales d’hiver ou en Colza, on nettoie, si cela est nécessaire, les dérayures et les fossés d'écoulement; on épierre les prairies artificielles semées le printemps précédent; on recèpe les haies qui servent de clôture ou qui séparent les héritages ; enfin, on répare les murs en pierres sèches et les palissades. Dans la Provence, on sème l'Orge et on termine les semailles tardives de Blé. On continue, quand la terre n’est pas gelée, l’arrachage des tubercules du Topinam-

JAPIOT

‘bour ; on cesse les irrigations quand le temps est froid, on arrache les touffes de Joncs et de Roseaux -dans les prairies. On conduit des composts dans les Vignes, on continue à aiguiser les échalas dans es localités où elles sont échalassées.

Travaux forestiers. — On continue, si le temps le permet, la coupe des taillis et l'exploitation des futaies. On s'occupe du nettoiement des massifs, -on façonne les bois abattus, on profite des temps -de gelée pour commencer le débardage et le transport des bois, on répare les routes et les ponceaux, on nettoie les fossés d'écoulement. On récolte les graines de Pin sylvestre, d’Epicéa, de Pin maritime et de Frêne. On visite les glands, les châtaignes et les faines qu’on a stratifiés en automne. Enfin, on émonde les Saules et les Peupliers, on arrache les arbres morts et on ouvre les fosses dans lesquelles on doit planter des arbres en février -Ou mars. G. H.

JAPIOT (biographie). — Japiot-Cotton, né à -Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or) en 1815, mort en 1882, éleveur français, s’est fait connaître surtout » par la formation d’un troupeau de moutons Mérinos précoces qui a acquis une réputation universelle. €’était aussi un agriculteur très habile, dont les «mérites ont été reconnus par l'attribution du prix cultural des fermiers en 1879. H.S.

JAPON (géographie). — L'empire du Japon, situé à l'extrémité orientale de l'Asie, est formé par . quatre grandes iles, Niphon, Kiousiou, Sikokf et Yéso, accompagnées de plusieurs groupes de petites

PCR

JAPON Riziérest Jen. ÉTAPE RME 2632846 Autres terres arables........... 1 913 370 FOTOS TAN RENE AE ER RES r 16902580 :

Terrains-imeulltes sister 13 681 000 Propriétes.bâties 51.404.022. 313 804 CieMINss CE PARA EE RER El 346 841 FAUX ST CROIRE RE ER EEE 15415921 DIVErS NS EIRE JON Re SO 19717595

Cette évaluation est loin de concorder avec celle de la Commission japonaise à l'Exposition universelle de Paris, en 1878, d'après laquelle les rizières et les autres terres arables ne comptaient, à cette époque, que 3044000 chô. D’après une publication faite par M. Shinkizi Nagaiï, en 1887, les terres imposables se répartiraient actuellement comme il suit : rizières, 2630963 chô; autres terres arables, 1876509; forêts et prairies, 7 843 649; salines, 6277; plantations et vergers, 351 911. Quoi qu’il en soit de ces évaluations diverses, ce qui en ressort, c’est la proportion considérable des terres incultes, dont la superficie serait à peu près le triple de celle des terres arables. Cette proportion est la conséquence naturelle du caractère montagneux d’une grande partie du pays et non celle de l'incurie de ses habitants.

En effet, quand on consulte l’histoire du Japon, on est frappé du soin avec lequel les historiens ont enregistré, à la gloire des plus anciens empereurs, les mesures qu'ils ont prises en faveur de l’agriculture. Dès avant l’époque correspondant à l’ère chrétienne, c’est surtout par la construction

iles. Il est compris entre les 125° et 147° degrés de - longitude est, et les 29° et 47° degrés de latitude - nord. Sa superficie totale est évaluée à 38 millions - d'hectares environ. A peu près complètement fermé

au commerce européen jusqu'au milieu du dix-

neuvième siècle, le Japon commence à être connu, -et l'on peut donner quelques détails sur sa pro- . duction agricole.

Le climat est loin de montrer les mêmes caracctères dans toutes les parties du Japon. En effet, les iles présentent une très grande longueur du nord au sud, puisqu'elle atteint 1750 kilomètres, - tandis que la largeur de l’est à l’ouest est souvent “très faible; sur quelques points, elle ne dépasse pas 100 kilomètres. D’autre part, ces iles sont cou- . pées, du nord au sud, par un système compliqué -de montagnes, dont les rameaux s'étendent dans « différentes directions. Le sommet le plus élevé atteint 4676 mètres, c’est le Fuji-san; un assez grand nombre d’autres sommets dépassent 1000 mè- «tres. Quelques-unes de ces montagnes ont une origine volcanique ; lé pays possède encore quatre “volcans en activité.

Les rivières sont nombreuses; mais, par suite

de vastes réservoirs destinés à capter les eaux pour l'irrigation, que ce souci se manifeste; on trouve aussi des traces nombreuses de la sollieitude avec laquelle les empereurs faisaient construire des magasins pour renfermer les provisions de riz nécessaires pour les années de mauvaise récolte. Sous presque chaque règne, on constate la création de nouveaux réservoirs ou de canaux d'irrigation. Au septième siècle de notre ère furent créés des haras pour l'élevage des chevaux; à la fin du même siècle, l’impératrice Jitô réforme les mesures agraires, encourage la culture des plantes textiles et des arbres fruitiers. Son successeur propage le Mürier et ordonne des plantations d’arbres sur les bords des routes, Au huitième siècle, l’impératrice Genshô encourage la culture du Froment, le défrichement des terres et l'ouverture de canaux, en exemptant d'impôts ceux qui se livraient à ces travaux ; sous le règne de son successeur, Shomû, furent introduits les premiers Orangers de Chine; un peu plus tard, Junjin créait un Corps d’inspecteurs des digues, des réservoirs et des canaux; à la fin de ce siècle, la culture du Cotonnier fut introduite par des nau-

de la configuration du pays, leur parcours est peu étendu et leur bassin est généralement étroit. Le fleuve le plus long, le Shinanogawa, n’a pas un cours supérieur à 350 kilomètres, on compte une douzaine de rivières dont le parcours est compris entre 250 et 70 kilomètres. Les lacs et étangs sont -nombreux. ie L’enchevêtrement des montagnes, au Japon, ne « permet pas de déterminer des régions agricoles . proprement dites : des vallées encaissées, abritées - des vents froids, jouissent d’un climat très chaud, * tandis que d’autres vallées voisines, placées dans d’autres conditions d’exposition, présentent les ca- ‘ ractères des climats tempérés. D'une manière générale, le climat des provinces méridionales et - occidentales est relativement chaud, puisque le ‘ Cotonnier, l'Indigotier et l’Oranger y prospèrent ; « celui des provinces septentrionales est tempéré, à - l'exception des plateaux élevés qui sont froids. D'après une évaluation faite, en 1877, par le -mimistère du Japon, la superficie du pays se répartrait comme il suit en chô (unité de mesure qui ‘ quivaut à peu près à l’hectare, 9917 mètres carrés) :

fragés originaires de l’Inde. Au neuvième siècle, Sago propagea la culture de l'arbre à Thé, et Nimmis se distingua par les encouragements qu'il donna à la culture du Sarrasin, du Millet, des Haricots, du Sésame, etc. Au dixième siècle, Shujaku encourage le défrichement des terres incultes et les plantations de Müriers. A la fin du seizième siècle, le Tabac est introduit dans le pays. Au dix-huitième siècle, sous le règne de Nako-Mikado, la culture de la Canne à sucre est introduite par Yoshimune, qui importe des chevaux coréens et chinois en vue de l'élevage ; l’agriculture était très prospère. On arrive ainsi à l’époque contemporaine, où la sollicitude pour l’agriculture s’est encore manifestée, notamment par les encouragements donnés à la sériciculture, la création de fermes-modèles et d'écoles agricoles et par l'introduction de l'élevage du mouton dans le pays. d Il résulte dés documents reproduits plus haut que la culture du Riz occupe le premier rang dans l’agriculture japonaise; c’est en faveur de cette céréale qu'ont été multipliés les réservoirs et les canaux. La culture du Riz remonte à la plus haute anti-

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