‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 85 sur 198 · JAPON · texte numérisé non relu

JAPON

quité; son grain forme la base de l'alimentation, et il sert à la préparation des boissons fermentées, dont les principales: sont le sake et le mirin. On en cultive deux espèces : le Riz ordinaire et le Riz glutineux. La production totale est égale à celle de toutes Îles autres céréales ensemble. Parmi ces dernières, celles qui sont le plus cultivées sont : le Froment, l’Orge, le Seigle, plusieurs espèces de Millet, le Sorgho et le Sarrasin.

Les autres plantes alimentaires le plus répandues sont : le Haricot, le Dolie, le Pois et surtout le Soja; cette dernière plante, récemment importée en Europe, sert à de nombreux usages, et elle est utilisée aussi comme plante fourragère. La liste des plantes potagères du Japon comprend un grand nombre de celles répandues en Europe, et, en outre, quelques espèces spéciales, notamment l’'Igname, la Colocase et surtout le Gobo, plante connue chez nous sous le nom de Bardane (voy. ce mot). Parmi les principaux condiments, figurent les graines de Chanvre et de Pavot, le Gingembre, le Piment, ete. La plupart des arbres fruitiers de l’ancien monde sont représentés au Japon, souvent par des espèces ou des variétés spéciales, notamment pour la Vigne et le Noyer ; le Bibassier et le Plaqueminier, appelé vulgairement Kaki, récemment introduits en Europe, sont originaires de ce pays.

L'Indigotier, le Tabac, le Cotonnier, le Chanvre, le Broussonetier ou Mürier à papier, sont les principales plantes industrielles du Japon. Parmi les plantes textiles, il convient d’ajouter encore la Ramie et plusieurs espèces d’Ortie, le Bananier, ete. La culture de larbre à Thé est générale dans une grande partie du pays; l'emploi des infusions de feuilles de Thé est quotidien, et les feuilles séchées font l’objet d’un commerce d'exportation très important, dont la valeur atteint de 30 à 35 millions de francs par an.

On a vu plus haut que les forêts couvrent, au Japon, une surface qui est supérieure au tiers du territoire total. Elles sont riches en bois de toute sorte, et surtout en bois de construction; on y a décrit plus de cent espèces d’arbres, dont les principales appartiennent à la famille des Conifères. Il convient de citer spécialement le Sugi (Cryptomeria japonica), plusieurs espèces de Pin, de Sapin, d’If, le Thuya, le Noyer de Mandchourie, plusieurs espèces de Chêne, de Bouleau, d’Aune, le Hêtre, le Planère, le Pawlonia, le Mûrier blane, le Sumac, dont une espèce, le /ihus vernicifera, sert à la préparation des laques, le Savonnier, l’Erable, ete. Un grand nombre d’arbres et d’arbustes du Japon ont été introduits dans les pares et jardins d'Europe comme plantes d'ornement, notamment le Camellia, lAucuba, plusieurs espèces de Houx. Aux plantes ligneuses se rapporte encore le Bambou, qui présente au Japon plusieurs variétés de tailles différentes, et dont l'usage en architecture et en menuiserie est journalier dans ce pays.

Des animaux domestiques il y a peu de chose à dire. Ce sont les mêmes qu’en Europe, sauf pour les moutons, dont l'introduction a été récente; quant aux races, elles se rattachent, pour la plupart, à celles du reste de l’Asie orientale. Les basses-cours sont peuplées surtout de poules et de canards ; quelques races de poules ont été introduites en Europe

La sériciculture est la principale industrie agricole du Japon; dans toutes les provinces on trouve des magnaneries. La production des cocons s’est accrue de 60 pour 100 pendant le dernier quart de siècle ; elle a profité des épidémies qui ont décimé les éducations de Vers à soie en Europe. La culture du Mürier et l'élevage des Vers à soie sont partout l’objet de soins méticuleux ; les magnaneries sont d’ailleurs construites le plus souvent en

JARDE

tenant le plus grand compte des nécessités ‘hygiéniques. Les races japonaises sont décrites ailleurs (voy. SÉRICICULTURE) ; nous ajouterons seulement que, dans quelques provinces, on se livre avec succès à l'éducation en plein air du Ver à soie du Chêne (voy. ATTACUS), mais les oiseaux, qui sont très friands de ces chenilles, leur font une guerre acharnée. Les tissus et les fils de soie forment l’objet d’un commerce d'exportation très important; pendant la période néfaste que la sériciculture européenne a traversée, l'exportation des cocons et des. graines de Vers à soie avait pris aussi une fmportance, qui à diminué depuis quelques années. En ce qui concerne les graines, l'exportation est descendue de 375 000 cartons d’une valeur de 1550000 francs en 1881, à 177 240 cartons d’une valeur de 612 000 francs en 1882 ; depuis cette date, elle a diminué encore de plus du double.

La production agricole paye la plupart des dépenses publiques au Japon. En 1883-84, sur un budget total de 378 millions de francs, l'impôt foncier figurait pour 215 millions, et la taxe sur la fabrication du saki ou eau-de-vie de riz pour 85 millions et demi, soit en tout 298 millions et demi ou plus des trois quarts du budget. Cette situation est peu favorable à l’accroissement de la fortune publique. D'autre part, les voies de communication sont encore, dans presque tout le pays, à l’état rudimentaire ; les transports se font difficilement. C’est la principale entrave au développement de l’agriculture japonaise par la mise en valeur d'une partie des terres encore incultes. HS.

JAPONAISE (zootechnie). — On a qualifié de japonaise une des variétés porcines introduites en Europe de l’'Extrême-Orient, la considérant comme originaire du Japon. Cette variété, comme toutes celles qui nous sont venues de la Chine, du Tonkin, de Siam, appartient à la race du $. asiaticus, caractérisé par sa tête courte, à nez relevé, à groin large, à oreilles petites et dressées, avec un corps court, cylindrique, sur des membres également courts. Elle est remarquable par son développement précoce .et par sa grande aptitude à élaborer de la graisse. C’est, en ce sens, une variété très perfectionnée, de même d’ailleurs que toutes celles de l’Indo-Chine, dont le perfectionnement remonte à de nombreux siècles et que nous sommes bien loin de connaître en détail. Il est peu probable, notamment, que l'empire du Japon possède seul la variété que nous appelons japonaise. Mais, en fait, le sujet n’a pas une importance pratique suffisante pour nous autres Européens pour que nous y insistions. AS.

JAQUIER (botanique). — Un des noms de l'arbre à pain (voy. ARTOCARPE).

YARDE ou SARDON (zootechnie). — L'ancienne hippiatrique a donné le nom de jarde, ou celui de jardon, pour des motifs restés inconnus, à une tumeur osseuse ou périostose du jarret des Equidés, située au côté externe de l'articulation, à l'opposite du siège qu’occupe celle appelée éparvin calleux (voy. EPARVIN). C’est ce que, dans le langage hippologique, on appelle une tare osseuse; et celle-là, on peut le dire, est un objet de grande préoccupation pour les « hommes de cheval », qui la voient souvent même lorsqu'elle n’existe point, confondant avec elle une conformation parfaitement normale et qui est au contraire une condition de solidité pour l'articulation.

La jarde est scientifiquement une périostose de la tête du métatarsien latéral ou rudimentaire externe et de la tubérosité d'insertion des ligaments latéraux sur le métatarsien principal. Cette périostose est provoquée par l'irritation que déterminent les tiraillements de ces ligaments. On ne l’observe point, à notre connaissance, sur Îles jarrets solidement construits, quels que soient d’ailleurs les efforts exercés. Elle est fréquente, au

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