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contraire, sur ceux qui, par l’étroitesse de leurs surfaces articulaires, par la brièveté et la direction insuffisamment oblique de leur calcanéum, méritent d’être qualifiés de faibles.
Un fort volume de la tête du métatarsien latéral et de la tubérosité d'insertion située immédiatement en avant, faisant saillie sous la peau, peut indiquer le début de la jarde, mais ne suffit point pour la constituer. C’est en cela que consiste la confusion si souvent faite. Lorsque ce fort volume ou la forte saillie des éminences osseuses en question se montre sur un Jjarret dont tous les autres os sont de même fortement développés, sur un jarret solide, en un mot, il n’y a point là d’avarie, point de jarde conséquemment, et au contraire il y faut voir une condition de bonne conformation. D'’ailleurs, en ce cas, les éminences sont nettes, accentuées, celle du métatarsien latéral se termine brusquement en arrière et l’on constate entre elle et le tendon du fléchisseur profond des phalanges une sorte de gorge, une dépression indiquant l’écartement entre ce tendon et la face postérieure du métatarsien. Dans le cas de jarde débutante il n’en est plus ainsi : l’éminence à la forme d’un empàtement qui tend à combler la gorge et à rejoindre le tendon.
Ce caractère de la jarde commençante est celui sur lequel il importe le plus d'attirer l'attention, car c’est alors qu’il y a le plus d'intérêt à ne la point méconnaitre, de même qu’il y en a un grand aussi à ne pas admettre à tort son existence. Une fois qu’elle a atteint son développement plus ou moins complet, la difficulté n’existe plus. Elle est reconnaissable à un signe tellement certain, qu’il serait à peine pardonnable de s’y tromper, comme nous allons le montrer.
Sur la marche qu’elle suit dans ce développement, on constate parmi les auteurs une dissidence grave. L'opinion traditionnelle, celle qui se répète comme une chose à l’abri de toute controverse, est que la périostose dont il s’agit, débutant comme on vient de le dire, progresse obliquement de bas en haut et d’arrière en avant, de façon à gagner la surface externe des os du tarse, comme l’éparvin s'étend sur leur face interne. De la sorte, la jarde entièrement développée serait une tumeur osseuse allongée, située obliquement à la surface externe du jarret et de l'extrémité supérieure du canon. A notre connaissance du moins, il n’en va pas ainsi. A cette tumeur les os du tarse ne sont nullement intéressés. La progression de la périostose se fait de haut en bas et d'avant en arrière, n’intéressant que le périoste des métatarsiens, aux points d’insertion des ligaments, qui sont seuls tiraillés. A mesure que les éléments osseux s'accumulent à la surface et en arrière de la tête du métatarsien latéral, ils y forment une tumeur plus ou moins irrégulièrement arrondie et saillante, qui a pour effet de dévier la direction du tendon. Celui-ci, qui était d’abord rectiligne et plus ou moins près de la verticale, devient courbe à convexité postérieure plus ou moins accentuée, selon l'intensité de la prolifération osseuse. Si bien que le meilleur moyen de constater l’existence de la Jarde véritable est de se placer de façon à bien voir le profil postérieur du canon à son extrémité supérieure et de juger si ce profil est rectiligne ou non. Dans le dernier cas, il ne peut pas y avoir le moindre doute sur la présence d’une forte jarde. D’après l’ancien langage, le jarret est alors dit coudé; et c’est cette disposition qui avait porté les prédécesseurs de Bourgelat à donner le nom de courbe à la tumeur dont nous nous occupons. Sans doute, ce nom pittoresque eût dû être préféré à celui que l’usage a fait prévaloir et qui a l'inconvénient de ne signitier par lui-même rien du tout.
Ceci nous ramène, comme toujours, à insister sur les inconvénients de la méthode empirique d’exa-
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men des formes chevalines, ayant pour effet d'attirer l'attention sur l’accessoire au lieu de la porter sur l'essentiel. La jarde ou jardon, de même que les autres avaries ou tares, comme on les appelle, qui surviennent aux articulations sous l'influence des efforts musculaires, n’est que la conséquence de l'insuffisance de solidité du jarret. Ce n’est pas d'elle qu'il convient de se préoccuper ou de s'occuper tout d’abord, ainsi que le pensent tant de simples amateurs de chevaux et même d’hippologues, c’est de la condition ou des conditions qui en rendent la manifestation possible et même dans certains cas infaillible. Taré ou non par la jarde, le jarret n’en vaudra ni moins ni plus, en réalité, si sa construction est telle qu’elle le mettra dans l'impossibilité de résister sans avarie à des efforts intenses et soutenus. L'absence de la tare indiquera simplement que ce jarret n’a pas encore été soumis à des efforts dépassant la limite de sa résistance. C'est donc cette construction qu'il faut examiner avant tout, en la comparant au schéma de la perfection (voy. JARRET). A. S.
JARDIN (horticulture). — On donne ce nom à tout espace dans lequel on cultive des plantes d'agrément ou de rapport. On divise les jardins en deux catégories. La première renferme les jardins d'utilité; tels sont ceux dans lesquels on se livre à la production des légumes et auxquels on donne les noms de potager ou de marais; ceux consacrés à la production spéciale des fruits ou vergers; ceux enfin qui comprennent la culture des plantes d'étude, c’est-à-dire les jardins botaniques et dendrologiques. Dans la seconde catégorie, se rangent tous les jardins cultivés uniquement pour l'agrément, et dans lesquels seules les'plantes ornementales sont admises ; on les divise en jardins d’agrément proprement dits et en parcs.
Parmi les jardins d'utilité, ceux consacrés à l'étude doivent seuls nous arrêter un moment, ceux dans lesquels les légumes ou les arbres fruitiers sont cultivés devant être étudiés à leurs places respectives. Depuis longtemps, on a reconnu le besoin de cultiver les plantes qui peuvent nous intéresser à des points de vue divers, et de les réunir pour en faciliter l’étude. Les premiers jar— dins botaniques ont été plantés à Padoue et à Pise, dans le seizième siècle; ils se sont rapidement propagés. De nos jours, toutes les villes, tous les établissements d'étude possèdent des jardins botaniques, qui le plus souvent sont consacrés à la culture plus spéciale des plantes intéressant directement ceux qui les visitent; tels sont les Jardins d'écoles de médecine ou de pharmacie, qui comprennent surtout les végétaux employés à divers titres dans le traitement des maladies ; tels encore ceux des écoles d'agriculture ou d’horticulture, qui comprennent surtout la culture des plantes alimentaires, industrielles ou ornementales. Dans d’autres cas, au contraire, le jardin doit comporter la culture de toutes les plantes utiles, nuisibles ou même indifférentes, afin de faciliter les études générales; c’est le cas des jardins botaniques des villes.
Les jardins botaniques peuvent être tracés suivant des plans divers. Le plus souvent, on les dispose en plates-bandes parallèles et de même largeur, dans lesquelles les plantes sont placées en lignes successives. Cet arrangement, très commode au point de vue du service de l’entretien, est souvent considéré comme défectueux sous le rapport du groupement des végétaux. En effet, comme on le sait, on dispose, en botanique, les végétaux en groupes qui réunissent le plus possible de caractères communs. Mais les plantes qui composent ces groupes se rapprochent non pas seulement d’une ou de deux plantes, mais souvent d’un nombre assez considérable de végétaux. Dans la disposition en platesbandes parallèles, on n’a au plus qu’une plante voisine de chaque côté ; c’est pourquoi l’on a songé
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à distribuer les jardins botaniques en sorte de planches sinueuses, dans lesquelles chaque plante cotoie en même temps toutes celles dont elle se rapproche le plus. Cette disposition, bien que n'étant pas parfaite, car elle ne permet pas encore de rapprocher, dans certains cas, autant de végétaux qu’il serait nécessaire pour les classer par affinité, permet cependant de les disposer d’une façon plus rationnelle qu’en adoptant la disposition en lignes parallèles. Un exemple de cette disposition se voit au jardin botanique de la Faculté de médecine de Paris.
Toutes les plantes cultivées dans un jardin botanique sont munies d’une étiquette indiquant leurs noms scientifiques latins et français. La distance à observer entre chacune d’elles ne peut être fixe, à cause de leur vigueur très différente et du développement variable qu’elles peuvent acquérir. Une place spéciale est habituellement réservée aux Fougères (voy. FOUGERAIE). Les plantes aquatiques sont cultivées dans des bassins de formes diverses ; mais, quand plusieurs plantes d’eau se suivent, il faut éviter que les bassins se touchent, sous peine de voir les espèces se mélanger.
Un jardin botanique doit être nécessairement doté de serres, sans lesquelles une foule de végétaux des plus intéressants ne pourraient être cultivés. Ces serres peuvent servir à abriter les plantes, qui pendant la belle saison seront mises à leurs places respectives dans le jardin, et aussi à cultiver des espèces originaires des régions chaudes, qui ne peuvent se passer d'un abri, même pendant l'été.
La culture et l’entretien d’un jardin botanique exigent des connaissances spéciales très étendues. Chaque plante, en effet, réclame des soins particuliers et l’on ne peut jamais appliquer des mesures générales se rapportant à toutes en même temps. Une des grandes difficultés est la régénération des espèces; il faut en effet beaucoup de soins pour récolter à temps les graines de chaque espèce, pour les semer et les transplanter au moment voulu. Aussi est-il nécessaire d’avoir un laboratoire où les graines soient séchées, puis nettoyées et mises dans des sachets portant la date de la récolte. Il est indispensable de tenir des registres mentionnant les espèces à abriter pendant l'hiver, l’époque de la récolte des graines et de leur semis.
Les jardins dendrologiques ou arborelum sont, comme le nom l'indique, spécialement consacrés aux espèces ligneuses. Leur culture est infiniment plus simple que celle des jardins botaniques généraux. Les distances à observer entre chaque espèce ou variété doivent être calculées suivant leur vigueur et les dimensions qu’elles peuvent acquérir. Il est indispensable que chaque plante présente bien tous les caractères qui lui sont propres. C’est ainsi que les arbrisseaux devront être laissés en touffes et non élevés à tiges comme des arbres. Les plantes n'ayant pas besoin d’être régénérées, les soins d’entretien se trouvent ainsi considérablement simplifiés, et ils peuvent se borner au nettoyage du sol et au remplacement des quelques espèces dont les représentants sont morts.
JARDINS D'AGRÉMENT. — Ces jardins ont passé par bien des phases. Tous les jardins de l’antiquité, sur lesquels on possède d’ailleurs des documents très précis, relèvent du style régulier : les plates-bandes, les plantations arbustives, les allées, tout y procède par lignes géométriques. C'est le style que l’on retrouve dans tous les jardins de la France depuis Charlemagne jusqu’au dix-septième siècle, époque à laquelle Le Nôtre jette les bases du style des jardins français, dans lesquels le tracé est encore géométrique, mais où les grandes lignes d'ensemble remplacent les détails mesquins des anciens jardins ; l'ensemble de la conception est large, tout s’y coordonne pour
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former un tout souvent majestueux. Ce style a été
fort décrié ; on lui reproche d’être raide et guindé; mais, si on le compare aux dispositions qu’il a remplacées et si l’on se rapporte à l’époque à laquelle il à pris naissance, on ne peut manquer d'être frappé de l'harmonie de la conception avec les mœurs du temps, de même que l’on est obligé d'admirer les progrès accomplis. D'ailleurs, ces jardins s’harmonisent très bien avec les bâtiments qu’ils entourent et dont ils rehaussent la beauté. Les lignes des grands axes continuent celles des bâtiments et constituent un ensemble auquel on ne peut refuser un aspect de grandeur ct de beauté sévère.
Un des chefs-d’œuvre du grand architecte paysagiste français est le splendide parc de Versailles, qui reste après tant d'années le modèle le plus pur du style régulier. Beaucoup d’autres ont été dessinés dans ce goût, pas un n'arrive à l’égaler. Il est juste d'ajouter que le paysage environnant concourt puissamment à rehausser la beauté du tracé dans lequel Le Nôtre a su ménager des échappées au loin, et des vues sur les environs.
ie jardin français s'impose toutes les fois qu'il s’agit d’entourer un monument public. Il devient surtout nécessaire quand l'emplacement dont on dispose est restreint et que l’on ne désire pas masquer les bâtiments environnants. Le terrain se dispose alors en parterres de dimension variable. Un des arrangements le plus généralement adopté est celui dit en boulingrin, c’est-à-dire en des sortes de rectangles creux dans lesquels toute la partie centrale est surbaissée et garnie de gazon (voy. ce mot), tandis que tout autour règnent des platesbandes que l’on orne de végétaux. Le gazon peut être d’un seul tenant quand son étendue est restreinte, mais fréquemment on le coupe d’allées parallèles à l’un des bords. Cette disposition est adoptée toutes les fois que le rectangle est très long et peu large. Les allées coupant le gazon en travers en diminuent la longueur apparente. Le plus généralement le gazon n’aboutit pas directement aux plates-bandes ; il en est au contraire séparé par une allée qui l'entoure. Le gazon central doit toujours être absolument plan; seules les plates-bandes sont en surélévation et sont bordées de bandes de gazon formant talus. Souvent le gazon central est totalement privé d'ornement; on peut cependant y placer avec avantage des statues, des vases ou même des corbeilles ou des plantes isolées, pourvu que ces motifs de décoration soient distribués avec parcimonie et que leur répartition soit régulière.
Les plates-bandes (voy. ce mot) peuvent avoir une largeur variable suivant l'importance du Jardin. Généralement on y place, suivant une ligne centrale, quelques arbustes, tels que Lilas taillés, Rosiers, etc.; puis de chaque côté se disposent en ligne des plantes fleuries ou à feuillage. La bordure le plus généralement employée pour ces plates-bandes est le gazon, cependant l'on peut souvent utiliser avec succès le Buis ou diverses plantes vivaces. Les allées, bien que ne servant pas à la promenade, doivent être soigneusement sablées ; la couleur du sable tranche avec le vert du gazon et le fait ressortir.
Dans les grands emplacements, cette seule disposition ne saurait suffire ; on la complète par des avenues et des bosquets. Les avenues (voy. ce mot) sont plantées d’arbres placés à des distances régulières et aboutissent soit à l'habitation, soit à un but de promenade; souvent elles servent à découvrir la vue au loin. Les bosquets sont généralement taillés régulièrement, et les allées qui les parcourent peuvent prendre des dispositions diverses.
Dans l’état actuel de nos habitudes, il est assez rare que l’on consacre de grands espaces à la formation de jardins français. Leur rôle est le plus souvent borné à entourer les habitations, et il n’est
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pas rare que, dans les grandes propriétés, on établisse des jardins dessinés en un tracé régulier dans le voisinage des bâtiments pour passer graduellement à un style différent à mesure que l’on s’en éloigne. 305 ne
Le style paysager est très généralement appliqué de nos jours; il présente de nombreux avantages. On donne improprement aux jardins de ce genre le nom de jardins anglais. Cette désignation consacre une erreur qu'il est bon de rectifier. A l'époque de Le Nôtre, les poètes commencèrent à chanter les jardins affranchis de toute règle sévère. Milton, dans son Paradis perdu, parle des parterres dans lesquels « un art raffiné n’a pas arrangé les fleurs en couches et en bouquets curieux, mais où la nature libérale les a versées avec profusion sur la colline et dans la plaine ». De ces idées premières exprimées en poésie à l'application il n’y avait qu'un pas qui fut bientôt franchi, et c’est en France qu'elles reçurent leur première exécution bien avant qu'en Angleterre on se fût livré au moindre essai de ce genre. C’est à Dufresny, valet de chambre de Louis XIV, que revient l'honneur d’avoir eu le premier l’idée pratique de la mise en œuvre de jardins imitant la nature. Les premiers jardins paysagers datent de là, et le nom d'anglais ne saurait leur être logiquement appliqué. IL est juste toutefois d'ajouter que, tandis que les tracés de ce genre restèrent rares en France pendant de nombreuses années, ils reçurent au contraire de fréquentes applications en Angleterre.
Quoi qu'il en puisse être de cette question historique, sur laquelle il n’est pas utile ici de s’étendre davantage, les jardins paysagers amenèrent bientôt une révolution complète dans l’architecture horticole. C’est qu’en effet les jardins paysagers sont comme l'antithèse des jardins français. Tandis que, dans ces derniers, toutes les lignes sont géométriques, tout jusqu'au moindre détail est prévu et régulièrement disposé, dans les jardins paysagers, au contraire, les lignes droites sont rigoureusement proscrites et la préoccupation dominante est limitation des scènes de la nature, et la reproduction des sites gracieux remplace le tracé souvent raide et guindé du jardin français, Mais ici, pas plus que dans le style régulier, rien n’est laissé au hasard; tout, au contraire, est prévu, et, pour obtenir un bel effet d'ensemble, il est nécessaire de connaître exactement toutes les règles se rapportant à l'exécution des détails.
Le style paysager est souvent très avantageusement appliqué aux petits jardins. Il en augmente l'étendue apparente. Si le jardin est de toute part entouré de bâtiments et qu’il n’y ait d’aucun côté de vues sur la campagne, la principale préoccupation du dessinateur sera de masquer par des plantations arbustives tous les murs environnants, afin de donner l'impression d’un bosquet de verdure. Le centre, dans ce cas, est occupé par une pelouse, autour de laquelle se disposent des groupes de fleurs. Dans le cas où l’on peut du jardin apercevoir les sites voisins, tous les efforts doivent tendre à les faire ressortir nettement. Par l’établissement de grilles dans le mur, aux endroits où la vue doit s'échapper au dehors, on arrivera à donner au jardin une apparence d'étendue qu’il est loin d’avoir réellement.
Il est plus facile d'obtenir un ensemble harmonieux dans un grand espace, et c’est là que le tracé paysager apparait dans toute sa beauté. Les larges percées, longeant les gazons savamment ornés et donnant sur des horizons lointains, agrandissent le paysage. Le tracé de ces percées est un des points les plus importants dans la création d'un parc paysager. En effet, inspiré tout entier par l'observation des faits de la nature, il doit en reproduire les scènes. Il doit correspondre jusque dans ses moindres détails à une unité absolue de
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conception, ce qui ne l'empêche pas, d’ailleurs, de présenter des effets variés. Le régime des eaux, la disposition des rocailles doivent correspondre à une observation scrupuleuse de ce que nous trouvons dans la nature. La forme des pelouses, leur vallonnement, la disposition des corbeilles et des massifs d'arbres, rien ne doit être placé au hasard,
Le tracé des allées est un des points qui offre dans le style paysager le plus haut degré d'importance; de leur bonne disposition dépend l'aspect du jardin ; à la façon dont elles ont été tracées, on reconnait l’art de l’architecte paysagiste. Contrairement à ce qui a lieu dans le style français, elles ne doivent jamais servir de motifs de décoration. Leur tracé doit être disposé de telle sorte qu’elles soient le moins apparentes qu'il soit possible; il n’est pas droit, mais, au contraire, plus ou moins sinueux ; cependant les deux rives doivent en être constamment parallèles, et les méandres qu’elles décrivent ne doivent être ni exagérés, ni tracés sans motifs. Une corbeille, une pierre émergeant du sol, un groupe d’arbres formant obstacle, peuvent être des raisons ou des prétextes à des déviations rapides. Toutefois, il faut être sobre de lignes brusques, et si le regard suit l’allée, il ne devra, dans aucun cas, percevoir en même temps une ou deux inflexions faites dans un sens, puis dans l’autre, ce qui revient à dire que les courbes seront d'autant meilleures qu’elles seront à plus grand rayon. Elles doivent conduire vers un but : une statue, un kiosque ; en général, tout motif de décoration peut en remplir le rôle. La largeur des allées doit être proportionnée à l'importance du but vers lequel elle conduit. Mais, dans les petits jardins euxmêmes, il est un minimum qu'il ne faut pas dépasser sous peine de rendre la promenade impossible.
La jonction des allées est un point qu'il convient de bien étudier, car souvent de sa bonne application dépend le succès d’un plan. On évite de faire des jonctions à angles droits qui donnent toujours un effet disgracieux. Une ramification qui se sépare d’une allée principale peut s’en éloigner sous un angle variable ; la meilleure disposition est celle dans laquelle la courbe de l'allée principale semble se continuer dans la ramification. La largeur relative des voies indiquera quelle est celle qui à la plus grande importance. De même qu'une allée doit avoir un but déterminé, nettement indiqué et non masqué par des courbes inutiles, de même aussi son départ d’une voie principale devra être motivé par une corbeille ou un groupe d'arbres placé au point de départ.
Le point de jonction de plusieurs allées, auquel on donne le nom de carrefour, est souvent d’une construction difficile quand on ne prend pas garde à la disposition des allées qui y aboutissent.Cellesei doivent se continuer, de part et d'autre, en une courbe continue et non aboutir en ce point pour, après l'avoir traversé, s’en éloigner sous une direction quelconque. On ne peut arriver à un bon résultat qu'en traçant préalablement sur le terrain la ligne d’axe de chacune des voies.
Dans les petits Jardins, une disposition assez généralement adoptée consiste à affecter tout le centre à une pelouse dont les dimensions varient avec celles de la propriété. Autour du gazon règne une allée de promenade bordée de l'autre côté par des massifs de bois dans lesquels elle peut envoyer un certain nombre de branchements aboutissant, par exemple, à des bosquets ou salles de verdure. Des allées peuvent traverser la pelouse, mais, dans tous les cas, leur surface devra être située audessous de celle du gazon, afin de ne pas gêner la vue générale et de les rendre aussi peu visibles qu'il est possible.
Quel que soit, d’ailleurs, le jardin que lon veuille créer, il est de toute nécessité d’en faire
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préalablement le plan sur le papier. C’est le seul moyen de se rendre compte de l'effet produit par l’ensemble et de placer correctement chaque détail. On pourra ainsi étudier, à loisir, les lignes des percées, la direction des allées et l'emplacement des pelouses, des cours d’eau et des motifs de décoration.
Dans les jardins paysagers, la décoration florale ne se fait jamais en plates-bandes, toute disposition en lignes droites étant rigoureusement bannie. Les fleurs sont disposées en corbeilles (voy.ce mot), qui doivent occuper le sommet du relief du vallonnement. Leur combinaison est variable suivant les effets à obtenir ; mais, d’une façon générale, elle doit être d'autant plus soignée que l’on se rapproche davantage de l'habitation. Au loin, les corbeilles devront former de grandes masses souvent monochromes et à tons vifs; plus près, on admettra les mélanges et les combinaisons recherchées, obtenues avec des couleurs plus douces. Les fleurs sont encore utilement employées pour border des massifs de bois qu’elles terminent élégamment; on peut, dans ce cas, les planter en plusieurs lignes concentriques- dégradées comme dimensions. Enfin, les plantes à grand effet sont souvent utilisées à la formation de groupes disséminés sur les pelouses et placés sur la déclivité d’une pente ou à l'appui d’un massif ou d’une corbeille.
Quant aux massifs (voy. ce mot), ils servent à masquer les vues désagréables, à procurer de l’ombrage et à former de grandes masses de verdure qui meublent l’espace. Les essences qui les composent doivent,non seulement être appropriées au sol et au climat, mais encore être mélangées dans de justes limites, afin d’obtenir de leur diversité de feuillage ou de floraison tout l'effet désirable.
De l'énoncé sommaire de toutes ces règles qu'il est nécessaire de bien connaître, il résulte que la création d’un jardin ne peut être entreprise qu’à la condition de bien posséder tous les éléments qui doivent entrer dans son dessin et sa formation. Les principes d’architecture horticole ne sauraient suftire ; il est encore indispensable, pour entreprendre une semblable tâche, d’avoir une connaissance suffisante des plantes qui doivent servir à décorer les jardins ; de leur emploi rationnel dépend souvent tout le succès de l'opération. J. D.
JARDINAGE (sylviculture). — Mode de traitement des forêts qui consiste à enlever çà et la Les arbres dépérissants, viciés ou secs et d’autres en bon état de croissance, mais qui sont réclamés par le commerce ou la consommation locale.
Quand les forêts sont très étendues et la population peu nombreuse, l'exploitation de quelques arbres suffit pour satisfaire à ses besoins, les vides causés par ces extractions se comblent avec le temps, et la production de la forêt reste supérieure à la consommation.
Il arrive cependant que le jardinage appliqué à des forêts très vastes situées dans des régions peu peuplées, produise des effets désastreux. Ce cas se présente dans les pays où l’insuffisance de l’outillage et des moyens de transport rend l’abatage et le débit des gros arbres impraticables. Les habitants laissent mourir de vétusté les plus gros arbres et n’abattent que ceux de faibles dimensions qu’ils peuvent débiter et transporter.
Le jardinage ainsi pratiqué est celui des peuples primitifs, il a pour conséquence lappauvrissement graduel et enfin la destruction de la forêt. On comprend aisément qu’en abattant les jeunes arbres destinés à remplacer ceux qui leur ont donné naissance, il ne restera plus rien lorsque ces derniers seront morts de vieillesse.
Le jardinage, même lorsqu'il porte sur les arbres les plus vieux, peut amener la dégradation de la forêt, si la quantité des arbres exploités dépasse sa puissance productive. On est, dans ce cas,
JARDINAGE
conduit à abattre des arbres de plus en plus jeunes, le peuplement s’éclaircit, il s’y forme des clairières et la forêt passe à l’état de broussaille. Il est done indispensable, quand on veut soumettre une forêt au jardinage, de ne faire porter les exploitations que sur les plus vieux arbres et de régler l'importance de ces exploitations d’après la puissance productive de la forêt. Nous dirons plus loin comment on arrive à déterminer cette puissance productive; mais il convient de faire d'abord connaitre quels sont les avantages et les inconvévénients de ce mode de traitement et dans quels cas il doit être adopté.
Une forêt méthodiquement jardinée doit présenter, dans toutes ses parties, un aspect uniformément varié, dû à la présence sur chaque point d'arbres de toute grandeur. Les grands arbres disséminés sur toute la surface sont entourés de perches sous lesquelles s’étagent des jeunes plants d’âges divers. Cet état est éminemment favorable à la régénération des essences délicates qui exigent un abri dans leur jeunesse ; il ne paraît pas, d’ailleurs, qu’il ait pour conséquence une diminution de la production, mais ce dernier point n’est pas encore éclairei. Les inconvénients du jardinage sont : de disséminer les exploitations sur toute la forêt, d’accroitre ainsi les dommages causés par l’abatage et le transport, et de rendre la surveillance difficile, inconvénients qui ne paraissent pas différer beaucoup de ceux qui se produisent dans les coupes de régénération, telles qu’elles se pratiquent dans les forêts traitées par la méthode du réensemencement naturel.
Le jardinage, appliqué avec les précautions qu'il comporte, est un mode de traitement essentiellement conservateur, qui assure la régénération, maintient la forêt à l’état de production sur toute son étendue et met les peuplements, dont la consistance n’est jamais gravement modifiée, à l’abri des dangers qui menacent ceux qui passent brusquement de l’état serré à l’état clair. Ce mode est le seul applicable aux forêts dites de protection, dont la conservation est. indispensable pour arrêter les éboulements et les avalanches qui menacent la sécurité des habitations et des routes, pour rompre la violence des vents, atténuer la vitesse des eaux torrentielles, maintenir les berges des rivières, assainir les plaines marécageuses, etc. Dans les forêts de cette catégorie, la production est chose secondaire, c’est leur existence qu’il faut assurer ; or le jardinage qui consiste, dans ce cas, à n’abattre les arbres que lorsqu'ils sont tout à fait sur le retour, est le seul mode de traitement qui permette d’opérer ces abatages avec la prudence nécessaire.
On doit appliquer encore le jardinage aux forêts situées dans les montagnes où la rudesse du climat, l’aridité du sol, la violence des vents, rendent l’accroissement lent, la régénération difficile. Là il est indispensable de ne jamais interrompre le massif, afin de procurer aux jeunes plants l'abri longtemps prolongé des arbres qui les dominent, abri qui ne peut être supprimé que lorsqu'ils ont acquis assez de force pour résister aux influences climatériques. Le jardinage est encore le seul mode de traitement auquel peuvent être soumises les futaies de peu d’étendue, quelles que soient d’ailleurs leur situation et la qualité de leur sol. Il est facile de comprendre, en effet, qu’on ne peut établir, dans un bouquet de bois de quelques hectares, la succession régulière d’âges que comporte l'application de la méthode du réensemencement naturel. L'exploitation, à intervalles plus ou moins éloignés, de quelques arbres arrivés à maturité, est le seul moyen de tirer un produit de ces petites futaies sans en compromettre l’avenir.
Enfin, il est certaines essences auxquelles le jardinage paraît devoir être appliqué de préférence à tout autre mode de traitement ;. ce sont celles
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dites d'ombre, dont les jeunes plants délicats demandent un couvert prolongé. Le Sapin, l’Epicéa et le Hêtre, qui constituent le plus souvent, à l’état de mélange, le peuplement de la plupart de nos forêts de montagne, rentrent dans cette catégorie.
Les forêts dans lesquelles ees essences dominent s’accommodent fort bien d’un mode de traitement qui prescrit de n'enlever qu'un ou deux arbres sur chaque point et de faire porter les extractions sur de vastes surfaces, afin que le couvert ne soit nulle part interrompu.
Pour que le jardinage ne dégénère pas en abatages désordonnés, il importe que la marche et l'importance des exploitations soient réglées. L’importance des exploitations doit être basée sur la puissance productive de la forêt, mais comme cette puissance productive ne peut pas être évaluée directement, on est obligé, pour la déterminer, d'employer des moyens détournés. L'un de ces moyens consiste à fixer d’abord l’âge auquel les arbres atteignent les dimensions qu’ils doivent avoir pour être utilement et avantageusement débités. Quand ce chiffre, obtenu plus ou moins empiriquement, est arrêté, on procède au dénombrement et au cubage de tous les arbres de la forêt ; on divise le volume obtenu par la moitié de ce nombre d'années et le quotient de cette division représente, en mètres cubes, la quotité des abatages annuels. Comme il est de règle que les exploitations ne doivent revenir dans les mêmes cantons qu'après un intervalle de dix à douze ans, on prend, dans la parcelle qui vient en tour, un volume proportionnel au matériel exploitable qu'elle contient, sauf à anticiper sur la parcelle voisine, si ce volume est inférieur à la possibilité. A l’expiration de la période, on procède à de nouveaux cubages, afin de fixer à nouveau la possibilité d’après l’état du peuplement.
Ce mode d'aménagement est fondé sur des données tout à fait hypothétiques, comme l’âge auquel des arbres croissant en massif étagé atteignent des dimensions déterminées et la régularité de leur accroissement. On tend aujourd’hui à revenir à un mode plus simple. C’est l'aménagement, non plus par volume, mais par pieds d’arbres, pratiqué autrefois dans les forêts de la Franche-Comté.
Pour régler par pieds d’arbres l'aménagement d'une forêt Jardinée, on commence par fixer la grosseur des arbres exploitables, ce qui ne présente pas de difficultés, car on sait, dans chaque pays, quelles sont les dimensions qu’un arbre doit avoir pour fournir les produits les plus recherchés. On évalue ensuite, d’après les exploitations précédentes et la qualité du sol, la production de l’hectare en mètres cubes, puis on calcule, d’après cette donnée, le nombre d’arbres exploitables qu’on peut extraire par hectare. Admettons, par exemple, que les arbres de 1 mètre de tour au milieu sont ceux qui se prêtent le mieux au débit en usage dans le pays, et que les arbres de cette dimension cubent, en moyenne, 1",20. Si la production à l’hectare est évaluée à 4 mètres cubes, on pourra abattre annuellement, par hectare, trois arbres et six dixièmes.
Ce calcul préalable étant fait, on établit dans la forêt des divisions de contenance à peu près égale, en utilisant les limites naturelles, routes, cours d’eau, crêtes, etc. Ces divisions sont en nombre égal au chiffre de la période adoptée pour le retour des exploitations dans chacune d'elles, nombre qui varie de six à douze, suivant la consistance du peuplement, et chaque année, on exploite, dans une de ces divisions, le nombre d’arbres déterminé par le calcul précédent. Ainsi, dans une forêt de 60 hectares, dont la production est évaluée à 4 mètres cubes, soit dix-huit arbres pour 5 hectares, si le nombre des divisions est de six, On abattra par an trente-six arbres, en choisis-
JARDINAGE
sant dans la division en tour d'exploitation, d'abord les sujets les plus vieux, ceux qui sont dépérissants, viciés ou secs, en ayant soin de n’enlever qu'un petit nombre d'arbres sur chaque point et d'étendre le jardinage sur toute la division.
Il est évident que, par cette méthode, on n’obtient pas des produits annuels égaux, car il peut arriver qu’une division ne renferme pas le nombre voulu d’arbres de 1} mètre de tour au milieu, et qu'on soit obligé, pour parfaire ce nom bre, d’abattre des arbres d’une dimension inférieure, mais d’autres divisions plus fertiles pourront aussi contenir des arbres de dimensions supérieures et la compensation s’établira pendant la durée de la période, durée toujours assez courte.
Il convient d'ajouter qu’en même temps qu’on exploitera dans la division en tour les trente-six arbres qui représentent la possibilité, on abattra les perches viciées ou sèches.
L'aménagement par pieds d'arbres a, comme celui par volume, le défaut grave de reposer sur une donnée hypothétique, la production en volume à l’hectare, mais il a sur ce dernier l’avantage d’être d’une grande simplicité.
Il est une troisième méthode, à laquelle son auteur a donné le nom de méthode de contrôle, qui paraît échapper aux critiques que suscitent les deux précédentes ; elle peut s'appliquer d’ailleurs à toute sorte de forêts.
La forêt qui doit être soumise à l'aménagement contrôlé est partagée en coupes de contenance égale, autant que possible, sans que l'égalité soit cependant une condition nécessaire.
Ces coupes sont assises sur le terrain, leur assiette est déterminée par la configuration du sol, les limites naturelles, mais non par l’âge des peuplements. Chacune d'elles peut comprendre des massifs d'âges divers, de composition différente.
Quand ces divisions sont établies, on procède au dénombrement de tous les arbres compris dans chacune d’elles. Ces arbres sont classés par catégories de grosseur et cubés. On ne compte comme arbres que les sujets de 0",60 de tour, au moins, à 1%,33 au-dessus du sol. Les brins de moindre dimension sont considérés comme sous-bois et ne figurent pas dans le dénombrement de la futaie.
La méthode du contrôle dans l'exploitation des forêts a pour point de départ le mesurage fait après chaque coupe du cube total des arbres restés sur pied, par essence et par catégorie de grosseur. En comparant, après deux coupes consécutives de la mème division, le cube obtenu pour chaque essence et pour chaque catégorie de grosseur, on connaît l'accroissement ou la diminution de matériel pendant le même intervalle, et si l’on ajoute le matériel exploité dans cet intervalle, on a la production totale en futaie de la division considérée pendant le nombre d'années qui a séparé les deux coupes. La production moyenne annuelle se calcule en divisant le chiffre de la production totale par le nombre d'années écoulé entre les deux coupes. La connaissance de la production moyenne annuelle permet de suivre la marche de la végétation dans la forêt et d’en régler l'exploitation de la manière la plus avantageuse au point de vue du revenu. En effet, lorsqu'on connaît le nombre de mètres cubes dont s’accroit chaque année le matériel de chaque catégorie (gros, moyen et petit), on peut à volonté couper dans chacune d'elles plus, autant ou moins que ce nombre de mètres cubes, suivant qu’on veut diminuer, maintenir ou augmenter le matériel existant dans la forêt.
Il n’est pas possible de cuber sur pied d'une façon absolument exacte tous les arbres d'une forêt. Mais comme en forêt les arbres de même essence ont toujours une forme régulière, on admet qu'il suffit de connaître exactement une de leurs dimensions pour en déduire les autres et par
JARDINAGE
suite le cube. Au surplus, l'important n’est pas de connaître rigoureusement le cube des arbres, mais bien les variations proportionnelles qu'il subit d’un mesurage à l’autre. Quoi qu'il en soit, on mesure la circonférence de chaque arbre à 1,33 du sol, et en se basant sur des tarifs calculés d’après de nombreuses expériences, on attribue à chaque grosseur un cube déterminé. Il existe des tarifs donnant le rapport du cube à la circonférence mesurée à 1°,33 de hauteur pour toutes les grosseurs. Mais pour simplifier les opérations, on divise les arbres par catégories de vingt en vingt centimètres. En conséquence tout arbre ayant plus de 30 centimètres de tour et moins de 50 centimètres est appelé quarante. Tout arbre ayant plus de 50 centimètres et moins de 70 centimètres est appelé soixante, et ainsi de suite. Avant d'appeler la grosseur, on énonce l'essence, de sorte qu’on peut les classer sur le calepin en même temps par essence et par grosseur. Aussitôt après avoir mesuré un arbre, on le marque avec une griffe pour éviter qu'il ne soit compté deux fois.
Le carnet de comptage une fois terminé sert à établir le cahier d'aménagement. C’est sur ce dernier que se trouvent tous les renseignements et calculs au moyen desquels on fixe le nombre et la grosseur des arbres à exploiter. Ce calcul se fait de la manière suivante : on examine, pour la catégorie des plus gros arbres, le nombre existant au comptage précédent, celui du dernier comptage et celui des arbres abattus dans l’intervalle; en retranchant le premier de ces trois nombres de la somme des deux autres, on voit combien d'arbres, pendant la période considérée, ont passé de la catégorie immédiatement inférieure dans celle des plus gros arbres; on multiplie le nombre de ces arbres par le cube moyen qu'ils ont d’après le tarif, et on a ainsi, en meétres cubes, l'accroissement des arbres de la catégorie en question. On fait la même comparaison entre la seconde catégorie et la troisième. Il peut arriver qu'il y ait ici diminution au lieu d'augmentation; ce fait se produira si le nombre des arbres passés de la seconde catégorie à la première est plus grand que celui des arbres passés de la troisième à la seconde. En rapportant l'accroissement en mètres cubes de chaque catégorie au cube total des arbres de cette catégorie au commencement de la période, on a le taux d’accroissement des arbres de cette catégorie, et on juge du plus ou moins de profit qu'on peut trouver en laissant subsister ou en coupant les arbres de telle ou telle grosseur.
On a constaté, soit en relevant une série de comptages très rapprochés, soit en examinant très attentivement les couches concentriques d’arbres abattus, que la croissance d’un arbre venu au milieu d’un taillis est loin d’être régulière. Très rapide pendant les années où le taillis est jeune, elle se ralentit ensuite pour s’accentuer de nouveau lorsqu'on coupe le taillis. Si donc on ne considère que la futaie, ii y a intérêt à couper toujours le taillis très jeune.
Dans une futaie pleine, l'expérience montre également que le maximum de produit s'obtient lorsqu'il y a une proportion régulière d’arbres de différentes grosseurs, de telle sorte que deux arbres voisins se viennent toujours en aide, le plus gros protégeant le plus petit sans l'étouffer, le plus petit maintenant une certaine fraicheur autour du plus gros sans lui enlever l'air et la nourriture dont 1l a besoin.
Pour maintenir le plus exactement possible cet équilibre et le rétablir lorsqu'il tend à disparaitre, on est conduit, dans le cas d’une futaie pleine, à revenir très souvent dans les mêmes divisions. L'intervalle de six ans est souvent adopté. Dans ce cas, les coupes se renouvellent tous les six ans dans le même ordre, et chaque division fournit un
JARRE
nombre de mètres cubes équivalent à six fois l’accroissement annuel moyen, c’est-à-dire à l'accroissement total constaté sur elle pendant la période précédente, qui est l'expression normale de la possibilité. Cette coupe se prend dans les différentes catégories d’arbres (gros, moyens, petits) et dans la mesure de l’accroissement constaté pour chaque catégorie.
Chaque exploitatien rétablit le matériel dans ses conditions normales d'équilibre. Après la coupe de la futaie, et l’année même de cette coupe, on fait le nettoiement du sous-bois. Il consiste à couper les essences secondaires, les rejets et les brins cndommagés. On ne conserve que les rejets de belle venue ; ils sont en nombre suffisant pour le renouvellement de la futaie et le sol se couvre naturellement de semis après chaque coupe. C’est le jardinage réglé dans tous ses détails, et, selon l’auteur, la méthode naturelle d'exploitation.
Toutes les divisions ne donnent pas le même accroissement, et pour égaliser les produits annuels on doit faire porter la coupe sur une ou plusieurs divisions entières, de telle sorte que le total de l’exploitation qu'elles doivent fournir, avec la période de six ans, soit autant que possible égal au sixième de la possibilité de cette période, à la coupe annuelle moyenne. Mais comme on n’a, au début de ces exploitations, aucune base d’évaluation de l'accroissement annuel, on l’évalue à tant pour cent du matériel initial. En multipliant le chiffre obtenu sur chaque division séparément par le nombre d'années de la période adoptée, on a le volume total à exploiter pendant toute la période dans toute la forêt et dans chaque division en particulier. Cette donnée est rectifiée dès le second dénombrement et on arrive par une série de tàtonnements à diriger l'exploitation suivant l'état des peuplements dont on peut suivre les fluctuations.
Cette méthode du contrôle présente sur les autres cet avantage, qu’elle est basée non sur la production à l’hectare, production qui varie selon l’état du peuplement, mais bien sur le volume du matériel de futaie, qui peut être directement mesuré; elle donne, en outre, le moyen de calculer non seulement l'accroissement en bloc, qui détermine la possibilité, mais encore l'accroissement par classes de grosseur, ce qui permet de proportionner le matériel des réserves en grands, moyens et petits arbres, de manière à obtenir l’accroissement le plus fort à l’hectare.
Le contrôle, dit l'inventeur de cette méthode, n’est qu'un perfectionnement de l’ancien mode de traitement des futaies à tire et aire, mode dont il a les avantages sans les inconvénients ; il peut s’adapter à toutes les futaies, car il se plie aux exigences de toutes les essences. Quoiqu’elle n’ait pas encore la sanction officielle, cette méthode, dont M. Gurneaud a concu l’idée et tracé les règles, mérite d’être étudiée et mise à l'essai, car elle donne la solution du problème resté jusqu’à présent insoluble, de la détermination de la possibilité des forêts jardinées. B. DE LA G.
JARDINIER. — Nom donné à celui dont le métier est de cultiver les jardins, ou qui cultive un jardin pour en vendre les produits. En France, l’école nationale d'horticulture de Versailles est destinée à former des jardiniers. D’autres établissements, comme les jardins botaniques, servent aussi au même objet.
YAROSSE. — Un des noms vulgaires de la Gesse cultivée (vOy. GESSE).
JARRE (300technie). — Dans les industries qui travaillent les productions pileuses des animaux, surtout dans celles dont le travail consiste à les feutrer, on appelle jarre le poil droit et raide incapable de subir le feutrage. C’est de là qu'est venu ce nom, appliqué aux poils ordinaires mélangés avec la laine dans la toison des moutons.
JARRET
Le mélange du jarre et de la laine sur le corps est naturel aux Ovidés, en proportions indéfiniment
variables. La culture ou l'exploitation zootechnique
a eu de tout temps pour objet de faire prédominer la laine sur le jarre et même d'éliminer complètement celui-ci. C’est sur la face externe des cuisses, en remontant vers la base de la queue, que, dans la toison, le jarre persiste ayec plus de ténacité. Il n’y a guère de chances d'en trouver sur les autres parties du corps lorsqu'il est complètement absent des places indiquées. A. S.
JARRET (z0otechnie). — Le jarret est la partie du membre postérieur des quadrupèdes comprise entre la jambe et le canon. En anatomie, c’est le tarse qui, avec les phalanges, compose le pied. Les hippologues lui accordent une attention toute particulière, à cause de sa très grande importance dans la locomotion du cheval et des avaries ou tares dont il est fréquemment le siège lorsque sa construction n’est pas suffisamment solide. C’est sur lui en effet que viennent d’abord aboutir tous les efforts d’impulsion ayant pour objet de projeter le corps en avant, en arrière ou en haut.
Le JjJarret a pour base de nombreux os, appelés os du tarse, dont deux principaux, plus volumineux que les autres, forment une rangée supérieure. Le premier, l’astragale, sorte de demipoulie, s'articule avec l’extrémité inférieure du tibia ou os de la jambe ; le second, os allongé situé obliquement, le calcanéum, constitue par son sommet ce qu’on nomme vulgairement la pointe du jarret. Les autres, cubiques ou aplatis, superposés ou juxtaposés, sont intermédiaires aux deux premiers et à l'extrémité supérieure du métatarse ou os du canon. Tous ces os se mettent en contact entre eux par des surfaces lisses de glissement et sont maintenus par des ligaments interosseux qui ne leur permettent que des mouvements peu étendus. Ils sont en outre liés par des ligaments communs allant du tibia au canon. Les latéraux, très forts, s’y attachent en passant, ainsi que le postérieur ; l’antérieur seul, qui est membraneux, semble ne remplir qu'un rôle de protection pour la synoviale qui revêt l'articulation tibio-astragalienne ; le postérieur est revêtu, à son passage sur le calcanéum où il est disposé en coulisse pour le glissement du tendon du muscle fléchisseur profond des phalanges, d’une synoviale allongée qui enveloppe aussi ce tendon. Enfin, sur le sommet du calcanéum s’insère le fort tendon des muscles jumeaux de la jambe et glisse, par une sorte de calotte pourvue d’une synoviale, celui du fléchisseur superficiel. Les deux tendons réunis forment ce que chez l’homme on nomme le tendon d’Achille et chez le cheval la corde du jarret.
En somme on voit que le Jarret est une articulation très complexe, dans laquelle s’accomplissent des mouvements compliqués, mais qui, pour les principaux et les plus étendus, se réduisent à ceux d’une charnière. L’articulation tibio-astragalienne, qui est normalement angulaire, peut seulement s'ouvrir et se fermer, s'étendre en allongeant le membre, ou se fléchir en le raccourcissant. Les mouvements plus ou moins restreints des autres, soit des os du tarse entre eux, soit de ceux-ci sur le métatarse, ont pour effet d’amortir les chocs, lors des appuis du membre sur le sol, en décomposant les pressions. fe
La connaissance de la constitution anatomique et celle des fonctions des diverses parties qui viennent d’être indiquées est indispensable pour arriver facilement et sûrement à l'appréciation exacte de la conformation du jarret. D’après enseignement empirique le plus répandu, l'attention se porte ordinairement de préférence sur les tares ou avaries qui peuvent s'y montrer (voy. EPARVIN, JARDE, VESSIGON). En leur absence, on est disposé à con-
sidérer la conformation comme bonne. Tout au
JARRET
plus s'en occupe-t-on au point de vue de son influence sur ce qui est si singulièrement appelé l’aplomb du membre. A ce point de vue, on disserte longuement, en envisageant les divers cas, sur l'ouverture de l’angle tibio-tarsien et sur la direction du jarret, relative au plan médian et relative à l’axe du membre; on parle de la direction du tibia et de celle du canon. Toutes ces choses n'ont aucun rapport nécéssaire avec ce qui est en question, et la preuve, c’est que dans les ouvrages où elles sont examinées, on les trouve reproduites et à propos de la jambe, dont le tibia est ia base, et à propos du canon. Elles se retrouvent encore de nouveau, dans le chapitre consacré aux aplombs en particulier. C’est qu’elles sont toutes dépendantes les unes des autres et que la méthode est vicieuse. Cela se réfère entièrement au schéma de la disposition parfaite des leviers du mécanisme dont il s’agit et doit y être purement et simplement renvoyé (voy. CHEVAL).
Le jarret ne peut être utilement examiné en particulier qu’au point de vue de la solidité de con-
Fig. 1481. — Jarret étroit.
struction que lui garantit sa conformation, solidité dont dépend, pour la plus forte part, la valeur de l'Equidé en tant que moteur animé. Cette valeur, en effet, dépend surtout, de son côté, de la durée des services qu’on en peut attendre. L’appréciation, éclairée par la notion des corrélations anatomiques, échirée par la science, en un mot, en est beaucoup plus simple et plus facile qu'il ne paraitrait à voir les longs détails dans lesquels entrent à son sujet les auteurs qui se sont crus obligés de suivre la tradition. Ces auteurs recommandent de l’examiner sur ses quatre faces, antérieure, postérieure, externe et interne, en indiquant tout ce que ces faces doivent présenter pour qu'il soit jugé normal, c’est-à-dire, d’après eux, net, sec, large, épais, bien ouvert et bien dirigé, toutes expressions ayant besoin d'être définies. Cela manque évidemment de précision et a, comme toujours, le défaul:de donner .un sens absolu à ce qui est essentiellement relatif. L’épaisseur du jarret, par
exeniple, ne peut s'entendre que par rapport à la
dimension transversale du tibia etiaussi à celle du canon. Elle se juge comme celle dé: toutes les ar-
ticulations du membre: accessibles à l'œil. Aussi
fait-on remarquer, avec: raison, qu'elle indique celle de la jambe, du canon, du boulet et du pâäturon. La conformation du jarret considéré 1solément
JARRET
est, en réalité, commandée par la disposition de l'un des os qui entrent dans sa composition, disposition très visible et facile à apprécier. Il s’agit de la direction du calcanéum, entrainant, de son côté, la longueur et le volume relatifs de l’os. On peut dire avec certitude que le jarret est d'autant plus solidement construit et plus beau, conséquemment, que le calcanéum se rapproche davantage de l’inclinaison de 45 degrés, dans le sens de son grand axe. Cette inclinaison comporte pour lui les plus grandes dimensions possibles, et nécessairement aussi pour tous les autres os du tarse, eu égard au volume total du squelette. Avec elle, la distance de la pointe du jarret à sa face antérieure, ce qu'on appelle sa largeur, est au maximum possible. La corde du jarret agit avec le plus grand effet utile sur le levier calcanéen, qui commande les mouvements du pied, puisqu'elle forme avec lui un angle voisin du droit. Dans ces conditions, on ne voit point de jarret faible, insuffisamment épais et présentant déjà des traces d’avaries. Les saillies osseuses normales sont ac-
Fig. 1482. — Jarret large.
cusées, et 1l est visible que les surfaces articulaires sont larges par rapport à la diaphyse du tibia et à celle du canon. Les articulations sont, par conséquent, solides.
Le calcanéum redressé, se rapprochant de la verticale, est, au contraire, court et mince. Il entraine un moindre volume de tous les autres os du tarse, et ainsi la faiblesse des articulations. L’observation montre qu'il se rencontre toujours avec les avaries ou tares du jarret précédemment indiquées et dont il rend l'apparition ultérieure inévitable lorsqu'il existe chez le poulain, dont le jarret est alors qualifié de grêle ou d’étroit, en langage hippologique. Souvent, avec un calcanéum court et redressé, le canon est oblique en avant au lieu d’être vertical. On dit alors que le jarret est coudé, et certains auteurs ont prétendu, par pur raisonnement sans doute, plutôt que d’après l’observation , que cette coudure avait pour effet de le faire paraitre plus large, en écartant le sommet du calcanéum du tibia. En fait, cela n’est point, et d’ailleurs le raisonnement ne serait pas Juste, car l’inclinaison du canon sur les os inférieurs du tarse n’entraine nullement celle du calcanéum. Celui-ci n’est entrainé que par les mouvements de l’astragale sur le tibia. Le jarret dit coudé, qui met le cheval sous lui du derrière, comme on l’exprime
JASIONE
vulgairement, nous a toujours paru, au contraire, étroit et conséquemment faible. Les auteurs auxquels nous venons de faire allusion reconnaissent d’ailleurs qu'il en est ainsi. Rien n’est ordinaire, dit l’un d'eux, comme de voir se développer, à la base des jarrets coudés, les tumeurs osseuses qui sont l'expression des excès des efforts que ces jarrets sont prédisposés à subir par le fait même de leur conformation défectueuse.
En définitive, on voit que l’appréciation du jar— ret, au point de vue mécanique, se réfère à la loi de parallélisme des leviers osseux de la machine animale, exposée au mot CHEVAL, et que la meilleure façon de l’obtenir avec exactitude est de s’en rapporter au schéma de la perfection du mécanisme de cette machine, en ce qui concerne le levier calcanéen, au double point de vue de la solidité des articulations et de l'étendue de leurs mouvements. A.S.
JARRETIER (z00{echnie). — On qualifie de jarretier l’animal quadrupède dont les jarrets sont rapprochés l’un de l’autre par leur pointe. On le dit encore, en ce cas, clos du derriere. Ce sont là de vieilles expressions d’argot de métier. La disposition ainsi qualifiée, qui est vicieuse au double point de vue statique et cinématique, pour la machine animale, dépend surtout de l’étroitesse du bassin. Elle entraine la déviation des membres, postérieurs dans le sens de la divergence. Commune chez les animaux de montagne, elle est plus fréquente chez les Bovidés que chez les Equidés. Elle manque rarement, à un degré plus ou moins accentué, chez les sujets de l’un ou de l’autre genre qui ont été insuffisamment nourris dans. leur jeunesse. C’est un signe habituel de la misère. Les chevaux et les vaches des pays pauvres sont: presque toujours jarretiers, avec la croupe étroite, inclinée, et les fesses pointues.
On n’a pas de peine à comprendre que la dévia--
-tion dont il s’agit, en même temps qu'elle affaiblit les articulations du jarret, en surchargeant les ligaments latéraux internes de ces articulations, dans. la station, et qu'elle y rend ainsi faciles les avaries, nuise, en outre, à la fois à l’élégance et à la vitesse de l'allure. Au lieu d’osciller sur des plans. parallèles, les membres, en se déplaçant, oseilient sur des plans divergents, et ne peuvent atteindre de la sorte, en avant, dans leurs appuis, une distance aussi grande. Les pas sont conséquemment raccourcis pour le même effort déployé. L’infraction à la loi de parallélisme des leviers (Voy. CHE- VAL) se traduit donc par un moindre effet utile des. puissances musculaires qui actionnent les membres postérieurs. Ces puissances, d’ailleurs, chez les sujets jarretiers, sont toujours moins développées que chez les autres. Il n’y en à point qui soient fortement musclés : les Equidés sont moins forts et les Bovidés rendent moins de viande. De même, du reste, pour les Ovidés et les Suidés pouvant être qualifiés de jarretiers : les premiers ont peu de: gigots et les seconds peu de jambons. A. S.
JARREUSE (z0otechnie). — On qualifie de Jarreuse la toison qui contient du jarre. La présence: de celui-ci en diminue d'autant plus la valeur que: la proportion en est plus forte, ainsi qu’on n’a pas de peine à le comprendre. Par cela seul qu'elle est jarreuse, une toison est nécessairement de qualité inférieure. Elle doit faire exclure absolument de la reproduction le sujet qui la porte, quelque faible que puisse être la proportion de jarre. Pour les. usages industriels, le jarre ne pouvant être considéré que comme un déchet, la dépréciation de la toison jarreuse est, au contraire, seulement relative. A. S.
JARS (basse-cour). — Voy. OIE.
JASIONE (horticulture). — Genre de plantes de la famille des Campanulacées, dont deux espèces, la Jasione des montagnes (Jasione montana L.) et