JEHAN DE BRIE
recherches importantes sur le tracé du versoir de la charrue ; il a proposé de donner à cet important organe la surface d’un paraboloïde hyperbolique. Il fut membre étranger de la Société nationale d'agriculture. LS
JEHAN DE BRIE (biographie).— Jehan de Brie, né à Villiers-sur-Rongnon (Seine-et-Marne) vers 1349, fut d’abord berger, puis intendant de l'hôtel de Messy. Il rédigea, sur l’ordre de Charles V, un guide pour les bergers, qu'ii intitula : Vray régime et gouvernement des bergers et des bergères. Plusieurs éditions en furent faites au seizième siècle, sous le titre : Le Bon Berger ou Le Vray Régime et gouvernement des bergers et bergères; la dernière datait de 1594. Cet ouvrage a été réimprimé à Paris en 1879. H.S.
JENKINS (biographie). — Henry-Michaël Jenkins, né en 1841, mort en 1886, agronome anglais, a rempli, pendant une quinzaine d'années, les fonctions de secrétaire de la Société royale d’agriculture d'Angleterre. Il s’est fait connaitre surtout par des études d'économie rurale comparée, notamment sur l’agriculture des pays de l’Europe septentrionale; son travail le plus important est une étude sur l’enseignement agricole en Allemagne, en France, en Belgique, en Hollande, en Danemark et en Angleterre (Londres, 1884). H. S.
3ERSEY (géographie). — L'ile de Jersey est la principale des iles de la Manche; son étendue est de 11630 hectares, et sa population est très dense, puisqu'elle dépasse 55 000 habitants. L'agriculture est l’industrie unique de cette ile, et elle y a atteint un très grand degré de prospérité. Aux détails donnés ailleurs (voy. ANGLETERRE), il convient d'ajouter quelques renseignements sur les principaux produits de l'ile.
Les terres en culture occupent 7700 hectares, dont 1200 consacrés aux céréales, 1900 à la Pomme de terre, 1100 aux cultures de plantes vertes, 1800 aux prairies artificielles et 1700 aux pâtures. Ce simple exposé suffit pour montrer que la plupart des cultures sont ordonnées en vue de la nourriture du bétail ; aussi c’est la production animale qui joue le principal rôle dans l'ile. Le but à peu près exclusif est l'élevage des vaches laitières de la variété Jersyaise (voy. ce mot). À côté des exportations de beurre, de lait et d'animaux reproducteurs, le commerce des pommes de terre et des légumes de primeur joue un rôle capital à Jersey; la vente de ces produits constitue un des principaux bénéfices des cultivateurs.
La petite culture domine exclusivement à Jersey, où elle réalise de véritables prodiges par le travail et l'emploi d'engrais abondants. Comme le fumier est assez rare, à raison des faibles quantités de paille dont on dispose, on emploie d'énormes quantités de goémon que fournissent les côtes de l'ile, et l'on achète beaucoup d'engrais commerciaux. Le produit brut annuel d’une ferme ordinaire, à Jersey, est évalué à 1800 francs par hectare en moyenne ; il dépasse quelquefois 2000 francs; c'est la preuve d’une culture exceptionnellement riche. HS.
JERSYAIS (zoolechnie). — Ce nom est donné, en France, au bétail de l’île de Jérsey, que l’on appelle volontiers aussi race de Jersey. Ses caractères et ses qualités zootechniques, ainsi que les soins dont son amélioration est l’objet dans l'ile normande, ont été indiqués sous le nom usité en Angleterre pour désigner ce bétail (voy. ALDER- NEY), qui est celui de l'ile que nous appelons Aurigny. À notre point de vue français, la description de ce bétail des îles normandes eût été cependant mieux à sa place ici, pour la raison que le nom de Jersey est plus généralement connu. Les tendances de l’auteur de l’article l'ont porté à préférer le terme anglais. Sa description est bonne,
JERSYAIS
toutefois ; il n’y a pas à la recommencer. Il y a nécessité seulement de la compléter, en ce qui concerne l’histoire naturelle ou la zoologie de la population bovine des iles de la Manche.
Cette population, et celle de Jersey en particulier, plus souvent introduite chez nous, surtout sur les côtes bretonnes et normandes, n’est point d’un
seul type naturel. Ce n’est, par conséquent, pas une
race. Les Jersyais, quel que soit d’ailleurs leur mérite incontestable d'aptitude laitière et surtout beurrière, soigneusement cultivée par une sélection attentive et persévérante, à la faveur de The Jersey Herd-Book et de The English Herd-Book of Jersey Cattle, sont des métis en variation désordonnée. Ils proviennent de croisements très anciennement opérés sans doute, et peut-être sans propos délibéré, entre deux types naturels que l'examen même superficiel d’un groupe peu nombreux suffit à faire reconnaitre, pour peu qu'on soit au courant de la caractéristique de ces types. L'un est celui de la race Irlandaise (PB. T. hibernicus) et l’autre celui de la race Germanique (B.T. germanicus). La reversion fait réapparaitre tantôt l’un, tantôt l’autre, avec tous ses caractères spécifiques ; parfois le mélange se maintient, en proportions variées, mais c’est l’exception. Sous ce rapport des Caractères spécifiques, les vaches Jersyaises, comme les taureaux, du reste, manquent donc absolument de l'homogénéité qui constitue la race et qui s’observe dans les populations pures, comme celles de la Bretagne et de la Normandie, par exemple, qui sont voisines,
Si le lecteur veut vérifier nos assertions sur ce sujet, il lui suffira de suivre, en présence d’un groupe d'animaux Jersyais, les descriptions des deux types (voy. GERMANIQUE et IRLANDAISE). En portant notamment son attention sur le cornage, très différent entre les deux, il rencontrera des sujets à cornes courtes, fortement arquées horizontalement depuis leur base, comme celles des vaches Normandes, et d’autres à cornes plus longues, obliques de bas en haut à la base, très effilées et relevées à leur pointe, comme celles des Bretonnes. Il en rencontrera dont Ia face sera courte, à mufle large, très déprimée à sa partie moyenne, avec le chanfrein large et en voüte plein cintre ; d’autres à face étroite, tranchante, au nez en ogive et à mufle étroit. Ces derniers seront des Irlandais, les autres des Germaniques. Ce sera donc l'image de la variation caractéristique des populations métisses.
Comment le croisement s’est opéré, il est, en vérité, facile de s’en rendre compte par l’histoire. Avant l'établissement définitif des Normands sur les côtes du Cotentin, où ils introduisirent les animaux, chevaux et bêtes bovines, de leur pays d’oririgine, des côtes baltiques du Holstein et du Mecklembourg, les îles de la Manche avaient le même bétail que l'Irlande et l’ancienne Armorique. En s’emparant de ces îles, qui devinrent normandes, ils y firent nécessairement pénétrer la leur, qui se mélangea avec l’ancienne race locale et forma ainsi la population actuelle. Le type germanique, n’y rencontrant point, comme en Cotentin, les plantureux herbages de son pays natal, perdit de sa taille et de son volume et se réduisit à ceux de l’ancienne population ; mais rien ne s’opposait à ce que ses caractères spécifiques fussent conservés, ceux-ci étant naturellement indépendants des circonstances de milieu. L’atavisme les a maintenus et la reversion les ramène, comme ceux de l’autre, au gré des puissances héréditaires individuelles (voy. HÉRÉDITÉ).
Cela, bien entendu, ne porte aucune atteinte à la valeur zootechnique des Jersyais, tirée de leur aptitude prédominante. Le mélange ne pouvait en rien diminuer celle-ci, au contraire, puisque le lait des Normandes, tout en étant plus abondant que
JETAGE
celui des anciennes Jersyaises, n’est guère moins riche en beurre, et que la qualité de celui-ci ne le cède point au leur. Les métisses Jersyaises ont donc de qui tenir, des deux côtés, pour expliquer la supériorité relative qui leur est reconnue. Grandement améliorées, comme nous l’avons déjà dit, les familles bovines de l'ile de Jersey, exploitées d’ailleurs commercialement avec une habileté hors ligne, sont l’objet d’une grande demande, soit pour l'Angleterre, soit surtout pour les Etats-Unis d'Amérique. Les vaches, eu égard à leur taille et à leur rendement, sont payées par les Américains, qui les achètent en grand nombre pour leurs laiteries, à des prix que les conditions de notre industrie laitière doivent faire qualifier d’excessifs. Il s'ensuit qu'avec les cours moyens de la denrée, sur le continent, les vaches de Jersey ne sont pas industriellement exploitables pour nous. Elles ne rémunéreraient pas suffisamment le capital engagé dans leur achat. C’est à quoi ne songent point assez ceux qui, ne considérant que leur aptitude spéciale, très remarquable évidemment, les préconisent d'une facon absolue. Is oublient que le dollar vaut moins que la pièce de cent sous, et que dès lors le litre de lait d’une vache Normande achetée au cours du marché français nous revient moins cher que celui d’une vache de Jersey payée au cours établi par la demande des Américains. Aussi ne voit-on en France des animaux Jersyais que dans les étables des amateurs qui ne veulent pas ou ne savent point calculer leurs opérations et se laissent entrainer par l'engouement trop commun pour les animaux étrangers. AUS:
JETAGE (vétérinaire). — Ge mot a deux acceptions : on l’applique indifféremment à l'écoulement de matières morbides par l’orifice des cavités nasales et à ces matières elles-mêmes.
Symptôme commun à un grand nombre de maladies, le jetage présente souvent des caractères particuliers qui permettent, dans un grand nombre de cas, de reconnaître l'affection dont il procède.
Cheval. — La sécrétion normale de la membrane muqueuse des voies respiratoires est trop faible pour donner lieu à un véritable écoulement par les maseaux. Cependant, quand les animaux viennent d’être exercés à une allure rapide, la sécrétion muqueuse activée rend plus humide le pourtour des narines, et il y a pendant quelques instants un petit écoulement clair, limpide. Chez les vieux chevaux, surtout chez les sujets emphysémateux, on remarque, à certains moments aux deux naseaux, un jetage inodore, ardoisé, qui tient en suspension des grumeaux muqueux d’une teinte plus foncée. Jamais, dans ces cas, on ne trouve la moindre tuméfaction aux ganglions sousglossiens. Un jetage unilatéral persistant, même lorsqu'il est séreux, aqueux, peut être une manifestation prodromique de la morve ; toutefois, dans cette dernière maladie, l'écoulement est généralement visqueux, poisseux, de couleur verdâtre. Le jetage rouillé, ou jaune orange vif, se remarque ordinairement aux deux naseaux; le plus souvent, il est produit par l’inflammation aiguë du poumon, quelquefois par l’anasarque ou la fièvre charbonneuse. Un jetage citrin peut apparaître pendant le cours des affections ictériques. Le jetage hémorragique a été quelquefois observé sur des chevaux qui sont dans les conditions les plus parfaites de la santé, notamment sur les chevaux soumis à l'entrainement pour les luttes del’hippodrome ; dans ce cas particulier, il est l'expression d’une insuffi-
sance des parois vasculaires, qui cèdent sous l’ef-
fort des ondées sanguines. Quelquefois encore le Jetage hémorragique résulte d'une congestion pulmonaire. Mais, le plus ordinairement, il est la conséquence de lésions développées sur la muqueuse respiratoire ; tantôt il est dû à des tumeurs en voie de désagrégation, tantôt à des ulcérations,