JEUNESSE
celles-ci presque toujours de nature morveuse (voy. Episraxis). Les jetages muco-purulents, plus ou moins caillebottés, sont déterminés par la gourme et les diverses affections aiguës et chroniques des voies respiratoires : cavités nasales, gorge, bronches, poumon. L’odeur désagréable qu’exhalent parfois les matières rejetées indique tantôt une collection des sinus ou des cornets (cavités nasales), tantôt une nécrose cartilagineuse de la cloison ou des ailes du nez, tantôt une collection des poches gutturales, parfois encore la gangrène pulmonaire.
Le jetage chargé de matieres alimentaires est causé, soit par une simple pharyngite (angine), soit par une paralysie de l’arrière-bouche, soit par l’obstruction œsophagienne, soit enfin par la paralysie ou la rupture de l'estomac. Dans ce dernier cas, il répand une odeur aigrelette qui dénonce la présence du suc gastrique dans les matières rejetées. Le jetage produit par la carie dentaire perforante est purulent, grisètre, souvent mêlé de salive ou de parcelles alimentaires ; toujours il s’en dégage une odeur particulièrement infecte.
Bœuf.— Un faible écoulement muqueux, clair, limpide, est le signe de l’état physiologique. Comme chez le eheval, le jetage est plus ou moins abondant et muco-purulent dans les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques de l’appareil respiratoire, et dans la phtisie-arrivée à sa période ultime; il est rouille dans la pneumonie aiguë simple; jaunâtre, épais, floconneux, albumineux dans la péripneumonie épizootique ; chargé de fausses membranes dans la laryngite croupale ; limpide, mais tres irrilant dans la peste bovine ; spumeux, grumeleux, tenant en suspension des embryons de strongles, dans la bronchite vermineuse ; hémorragique dans des circonstances variées : traumatismes de la tête, blessures de la muqueuse nasale, charbon, asphyxie; sanieux et feétide quand les sinus de la tête sont le siège d’une collection purulente, ou lors de complications gangreneuses des affections des organes respiratoires, ou encore dans la peste bovine à sa dernière période.
Mouton. — Un léger flux muqueux est la règle à l’état physiologique. Un écoulement plus abondant, qui devient ensuite purulent el fétide, indique la présence de larves d’OEstres dans les cavités nasales ou les sinus, larves qui, à un moment donné, sont rejetées avec les mucosités nasales. Le jetage est muco-purulent dans la bronchite, la clavelée et la peste bovine. Dans ces deux dernières affections, il forme des croûtes qui obstruent plus ou moins complètement les naseaux. Il est sanguinolent dans lé sang de rate et dans les affections traumatiques qui intéressent la muqueuse des voies respiratoires.
Chien. — Le jetage est muco-purulent dans l'angine, la bronchite, la pneumonie et la maladie du jeune âge. Celle-ci, sous sa forme bronchique,s’accompagne souvent d'un écoulement très abondant qui obstrue parfois les voies nasales et oblige les malades à respirer par la bouche. A chaque mouvement d'expiration, l'air soulève la lèvre supérieure et produit ainsi le souffle labial, phénomène du plus mauvais augure. Le jetage sanguinolent est quelquefois dù à la présence de pentastomes dans les cavités nasales; mais, plus souvent, surtout lorsqu'on l’observe dans des meutes, sur un certain nombre de sujets déjà débilités, amaigris, il est l'expression d’une affection intestinale grave, de nature parasitaire — l’anémie des chiens de meute — produite par la dochmie trigonocéphale. P.. 10:
JEUNESSE (z0otechnie). — La vie des êtres organisés se divise naturellement en plusieurs phases ou périodes, importantes à bien connaître, surtout pour ce qui concerne les animaux sujets de la z00technie, parce qu'à chacune de ces périodes correspondent des qualités ou aptitudes particulières
JEUNESSE qu'il s’agit d'exploiter, pour en tirer le meilleur parti. La jeunesse est la première. On l'appelle aussi période de croissance, parce que, durant qu'elle s’accomplit, l'individu atteint son complet développement pour arriver à l’âge ou à l’état adulte, ou encore à la maturité.
La période de jeunesse est nettement caractérisée par des signes extérieurs faciles à constater chez les animaux dont nous nous occupons. Elle correspond en fait au temps d'évolution du squelette et à la soudure successive des épiphyses de ses os longs (voy. ÉPIPHYSE). Tant qu'il en reste une non encore entièrement soudée, l'individu est dans cette période, il est exactement qualifié de jeune animal. Avec cette évolution du squelette coincide celle des dents, qui est visible. Il y a, comme on sait (voy. DENTITION), deux dentitions, une temporaire ou caduque et une permanente, correspondant à deux phases très distinctes de la période de croissance. Tant qu’il n’existe dans la bouche que des dents caduques, dites encore dents de lait, c’est la première jeunesse. Au moment où commence l'apparition des dents permanentes, dites dents d’adulte, l'animal entre dans la seconde jeunesse, qui se termine avec la sortie complète des dernières. C’est donc, en définitive, l’état de la dentition qui caractérise la période de la vie dont il s’agit. L'animal Jeune est celui dont la dentition permanente n’est pas encore complète ou achevée, celui dont le squelette peut encore grandir, puisque toutes ses épiphyses ne sont pas soudées.
L'évolution du squelette, durant la jeunesse ou la croissance, se fait suivant des lois qui toutes n’ont pas encore été bien déterminées, mais dont la connaissance importerait cependant grandement. Il serait en effet fort important de prévoir ce que deviendront, à l’âge adulte, les formes observées chez les jeunes animaux, afin de choisir à bon escient ceux qui devront être élevés et ceux dont l'avenir ne peut promettre aucun bon résultat. Malheureusement la science ne dispose, quant à présent, que d'indications peu certaines sur ce point. On sait seulement que les membres sont d'autant plus allongés, proportionnellement au corps, ou que l’animal est d'autant plus haut sur jambes, comme on dit vulgairement, qu'il est plus jeune. La croissance s’accentue davantage par le tronc, et l'harmonie, quand elle doit se réaliser, n’est complète qu’à l’âge adulte. A quelles conditions est-elle possible, et qu'est-ce qui influe sur sa réalisation durant la jeunesse ? C’est ce qu’il importerait beaucoup de savoir avec précision. Il parait probable que l'alimentation a une part considérable dans le phénomène, mais cette part n’est pas encore suffisamment déterminée, et bien qu’elle semble prépondérante, on ne sait pas quelles sont les autres circonstances qui peuvent intervenir. Nous avons commencé sur ce sujet des recherches qui devront durer longtemps et porter sur un grand nombre d'individus, pour conduire à des résultats satisfaisants.
On sait aussi que pendant la période de jeunesse l'influence des organes sexuels se fait sentir, à un moment donné, où se manifeste l'instinct génésique, et qu’elle provoque la différenciation des formes corporelles. Jusqu'à ce moment, le jeune mâle ne se distingue de la jeune femelle que par ses organes sexuels. Les autres formes sont les mêmes. À partir de là, au contraire, l’évolution se fait dans des sens divergents. Chez les jeunes quadrupèdes, les parties antérieures du mâle, la tête, le cou, les épaules, la poitrine, se développent davantage; ce sont les postérieures de la femelle qui acquièrent la prépondérance. Les différences s'accentuent de plus en plus durant la seconde jeunesse. IL y a là, notamment pour le choix de l'instant propice à l’émasculation des mâles, en