‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 94 sur 198 · JEUNESSE · texte numérisé non relu

JEUNESSE

vue de les approprier davantage à nos besoins, une indication précieuse, montrant qu'elle peut être opérée sans troubler l’évolution, si l'instant en est bien choisi, si elle est pratiquée durant le temps de l'indifférence génésique ou de la neutralité sexuelle.

Nous sommes beaucoup plus avancés sur la connaissance d’un autre attribut de la jeunesse, qui est, celui-là, du ressort expérimental et qui a été bien étudié. 11 s’agit de la puissance digestive, influencée au plus haut point par elle, et dont la mesure a une importance pratique de premier ordre. Durant la période de croissance, l'aptitude digestive est plus grande surtout pour la protéine, et l’on constate facilement par l'expérience qu’elle grandit à mesure que le sujet se rapproche davantage du moment de sa naissance. À ce moment et durant les premiers mois de sa vie, il se montre capable de digérer une proportion de protéine qui n’est pas moindre que la moitié de la matière sèche organique contenue dans son aliment naturel, qui est le lait. Il en est ainsi tant que la première jeunesse n’a pas pris fin. On en peut déduire avec certitude que si, durant cette phase, il n’a pas une alimentation ainsi composée, son aptitude digestive normale ne sera pas complètement utilisée, et que dès lors il y aura retard dans son évolution. Ainsi s'expliquent les inconvénients bien constatés du sevrage hâtif ou prématuré qui, dans presque tous les cas, pour ne pas dire dans tous, a pour effet de diminuer la proportion de protéine dans l'alimentation. Ce n’est pas seulement en raison de sa relation nutritive que le lait est l’aliment normal des Mammifères dans leur première jeunesse, et qu'aucun autre ne le peut remplacer complètement; mais cela suffit pour montrer que tout aliment moins riche en protéine, lui étant substitué, fait nécessairement chômer la nutrition. En satisfaisant l'appétit, il laisse un résidu beaucoup plus fort.

Au commencement de la seconde jeunesse, alors que l'herbivore est pourvu de son premier outillage de mastication, son aptitude digestive s’est peu à peu modifiée, et bientôt un tiers seulement de protéine, dans sa relation nutritive, lui suffit pour qu'il soit nourri au maximum. C’est cette relation qui se présente normalement dans les jeunes herbes de bonne prairie. Avec ce qu’en peut contenir son estomac à chaque repas, ou avec l'équivalent d'autres matières alimentaires d’une égale digestibilité (voy. ce mot), le résidu sera aussi faible que possible. Vers le milieu de cette seconde jeunesse, la proportion sera réduite au quart ; et enfin, l’âge adulte venu, elle ne sera plus que le cinquième. En sorte que pour demeurer toujours conforme à l'aptitude digestive, et en négligeant les transitions, la relation nutritive des aliments de la Jeunesse présente les phases suivantes: 1:2; 1:3:; 1:4. C’est avec ces relations de moins en moins étroites,

| ou autrement dit avec une alimentation de moins en

moins riche en matières azotées, à partir du maximum, que pour la quantité correspondant à son appétit ou à la capacité de son estomac le jeunc animal utilise le plus d'éléments nutritifs à toutes les phases de sa jeunesse et que conséquemment il se développe le mieux et achève le plus promptement son squelette, abrégeant ainsi le plus possible sa période de croissance (voy. PRÉCOCITÉ). On comprend facilement comment il en est ainsi, quand on songe à la compo:ition de ses tissus et à celle du squelette en particulier. A la naissance, celui-ci est au moins aussi riche en matières azotées qu’en matières minérales. Les os sont encore principalement cartilagineux. À mesure que l'évolution marche, la proportion des matières minérales s’accroit, mais vers le milieu de la seconde jeunesse, les os contiennent encore environ 40 pour 100 de matière organiquelazotée. A la fin, 1l n'y en a plus que 30 pour 100 au plus. Il faut bien que

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