JOINTÉ
examinant avec attention les conditions mécaniques de cette disposition, que dans l'opinion commune ce sont les inconvénients de celle appelée droitjointé qui lui sont attribués.
En effet, si la direction du levier phalangien reste la même, le raccourcissement de ce levier ne peut avoir aucune influence sur les conditions respectives des forces agissantes, pesanteur et puissance musculaire, puisque les moments de ces forces restent les mêmes. Si cette direction est au contraire changée dans le sens de son redressement, si en même temps qu'il est court le paturon est insuffisamment oblique (voy. au mot CHEVAL le schéma de la direction parfaite), s’il peut être justement qualifié de droiît-jointé, ce qui est d’ailleurs l'ordinaire avec le paturon relativement court, en ce cas les os seront nécessairement surchargés au
Fig. 186. — Cheval bas-jointé. — Cheval droit-jointé.
profit des muscles, et l'articulation du boulet ne manquera pas de subir des avaries d'autant plus promptes et d'autant plus intenses que le redressement sera plus grand.
C’est donc la droite-jointure plutôt que la courtejointure, d’après les expressions reçues, qu'il importe de considérer. La brièveté du paturon est tellement commune chez les chevaux Percherons, par exemple, par rapport à la longueur moyenne chez les autres chevaux de même taille, qu'on peut regarder cette dernière longueur comme une rare exception chez eux. Ils méritent presque tous d’être qualifiés de court-jointés. Toutefois il ne serait pas permis de prétendre avec raison que leurs os sont surchargés, qu’ils manquent de souplesse dans leurs allures, par suite de l'insuffisance de leurs boulets comme appareils d'amortissement, et qu'ils sont plus exposés que les autres à contracter des tares osseuses. C’est que, malgré leur brièveté, les paturons ont néanmoins une bonne direction.
La même confusion, en sens inverse, à été souvent faite aussi, et elle s’est en outre compliquée de ce qui concerne l’allongement ou la fausse direction du sabot par suite d’une mauvaise ferrure ou de la négligence de son renouvellement (voy. FERRURE). Il n’est nullement nécessaire que le paturon soit à la fois long-jointé et bas-jointé. Que de chevaux de course, notamment, parmi les plus rapides et les plus puissants, dont les paturons ont une longueur supérieure à la moyenne |! Cornevin, entre autres, les a mesurés et l’a établi. Si la direction restait la même, entre le paturon long et le paturon court, la différence ne ferait rien ; et du reste les auteurs qui se sont laissé entrainer, par amour de la tradition, à la confusion signalée,