‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 3)Chapitre 97 sur 198 · JONC · texte numérisé non relu

JONC

lorsque, suivant leur méthode, la direction est isolément examinée par eux, se chargent de la mettre en évidence en démontrant, par raisons mécaniques, que de deux paturons de même longueur c’est le plus incliné, le bas-jointé et non point dès lors le long-jointé, qui surcharge davantage les puissances musculaires, soit dans la stalion, soit dans la marche.

Il est à peine besoin de faire remarquer que le cheval bas-jointé est celui dont le paturon, quelle que soit sa longueur, a une inclinaison plus grande que 45 degrés. La basse-jointure constitue une défectuosité d'autant plus intense, évidemment, qu’elle est plus accentuée ; et l’on peut dire sans hésiter de cette défectuosité qu’elle est absolue, car dans tous les cas elle a pour conséquence de rompre l'équilibre normal entre les puissances musculaires et les résistances qui leur sont opposées, au détriment des premières. C’est pourquoi, quand elle existe, les tendons fléchisseurs des phalanges sont si facilement et si promptement avariés. L'avantage problématique des réactions plus douces pour le cavalier, qui a été parfois invoqué comme compensation, chez les chevaux de selle, ne devrait en tout cas pas être pris en considération, la durée de la machine animale en exploitation étant, pour son utilité et conséquemment pour sa valeur, la première de toutes les conditions. A. S.

JONG (botanique, agriculture). — Genre de plantes monocotylédones, créé par Linné (Juncus L.), et rangé aujourd'hui dans la famille des Joncacées à laquelle il a donné son nom.

Nous n’examinerons pas ici les caractères essentiels de ce genre; le lecteur les trouvera à l’artiele où est traitée la famille dont il est Le type. Nous nous bornerons à quelques détails d'ordre technique, destinés à faciliter la reconnaissance des espèces et à en indiquer les propriétés.

Il existe en France (et dans une grande partie de l’Europe) environ trente espèces de Jones. Toutes exigent, pour se développer, une assez grande quantité d’eau; aussi quelques-unes croissent-elles en abondance dans les prairies humides, où elles finissent par envahir le sol aux dépens d'autres espèces végétales plus utiles. Les tiges et les feuilles des Joncs produisent en abondance une moelle incolore, sèche et légère, dont l’entourage est riche en fibres, pauvre en parenchyme. Il résulte de cette organisation que ces plantes sont peu nutritives, et leur présence en quantité notable dans le foin en diminue beaucoup la valeur. La végétation souterraine de la plupart des espèces les rend fort difficiles à détruire, et malgré le grand nombre de procédés qui ont été tour à tour préconisés pour arriver à ce but (emploi des cendres ou engrais riches en potasse, sulfate de fer en solution, acide sulfurique dilué, ete., ete.), on ne parait avoir encore obtenu de bons effets que d’un drainage bien entendu, lequel entraine l'excès d'humidité nécessaire au développement des plantes dont il s’agit.

Les Joncs qui croissent dans nos contrées se divisent assez naturellement en deux groupes distincts dont l’un comprend les espèces à feuilles normales et complètes, l’autre celles où les feuilles sont réduites à l’état de gaines par suite de l’avortement constant de leur limbe.

Dans la première subdivision, il est encore très commode pour la pratique de distinguer les espèces dont les feuilles ont une moelle continue, de celles où, cette moelle étant interrompue par espaces réguliers, le limbe semble noueux quand on le fait glisser entre les doigts. Les espèces les plus répandues et qui présentent ce dernier caractère, sont les suivantes :

Juncus acutiflorus Ehrh., plante de trois à sept décimètres, reconnaissable à ses divisions florales acuminées-aiguës, à sa capsule plus longue que

JONCACÉES

le périanthe. Fleurs rapprochées en petits glomérules qui terminent les axes d'une cyme corymbiforme étalée.

Juncus obtusiflorus Ehrh., espèce très analogue à la précédente, dont elle se distingue surtout par les pièces florales obtuses, de même longueur que la capsule. Cette plante et la précédente croissent dans presque tous les sols humides, aussi formentelles quelquefois plus de la moitié des herbes de: certaines prairies. Les animaux semblent mieux s'en accommoder à l’état sec qu’en vert.

Juncus lamprocarpus Ehrh., espèce en quelque sorte intermédiaire aux deux précédentes, parce que ses sépales sont aigus, et ses pétales obtus ; son fruit est très luisant. Le port est d’ailleurs semblable, et les propriétés sont analogues. |

Juncus supinus Mœnch (J. bulbosus L.). Cette espèce haute de trente à quarante centimètres au plus, est assez facile à reconnaitre parce que son rhizome est fortement renflé au niveau des rameaux aériens, et que ses fleurs n’ont ordinairement que trois étamines. On trouve souvent une variété dont les fleurs sont, en totalité ou en partie, remplacées par de petits bourgeons. Ce Jonc forme des touffes souvent volumineuses que la plupart des animaux mangent volontiers.

Les Jones à feuilles dépourvues de nodosités dont nous avons à parler, ont ordinairement une petite taille et peu d'importance pour l’agriculteur. Tels sont les : Juncus compressus Jacq., plante de trois décimètres environ, à rameaux aériens aplatis, surtout à la base, à divisions florales obtuses, dépassées par la capsule; Juncus bufonius L.

(vulg. Jonc de crapaud), petite herbe annuelle, à périanthe longuement acuminé, dépassant le fruit. Les animaux les mangent volontiers en vert.

Les espèces à limbe foliaire avorté sont en général beaucoup plus dures que celles dont nous avons parlé, aussi les bestiaux les dédaignent-ils presque toutes d’une façon absolue. Les rameaux aériens issus de leur rhizome se terminent par l’inflorescence ou par une pointe aiguë, quand ils sont stériles; dans ce dernier cas, le vulgaire les prend communément pour des feuilles, erreur facile à éviter si l’on remarque qu’ils sont munis à leur base de gaines brunâtres, emboiïtées. Les principales espèces de ce groupe sont :

Juncus conglomeratus L., plante d’un demimètre environ, formant des toufles serrées, et ayant les fleurs brièvement pédicellées, réunies en glomérules serrés. Trois étamines. Divisions du périanthe aiguës, dépassant la capsule.

Juncus effusus L. (vulg. Jonc des jardiniers), très semblable par son port au précédent, dont il se distingue surtout par ses inflorescences diffuses. Trois étamines. L’horticulture en fait un assez fréquent usage sous forme de liens pour fixer les plantes délicates.

Juncus glaucus Ehr., espèce facile à distinguer par ses inflorescences diffuses, ses fruits d’un noir brillant, et ses rameaux aériens fortement striés. en long.

Ces dernières espèces et quelques autres analogues fournissent à l’industrie leurs rameaux stériles, qui peuvent être facilement tressés quand ils sont humides, et dont on fait des chapeaux, des nattes, et divers ouvrages de sparterie grossière.

Le nom de Jonc est souvent appliqué d’une façon impropre à des plantes plus ou moins différentes; ainsi les Ajoncs (Ulex), de la famille des Légumineuses, s’appellent Joncs épineux dans certaines contrées. Le Jonc des chaïisiers, Jonc des tonnelliers, est le Scirpus lacustris de la famille des Cypéracées, etc. E: M:

JONC MARIN. — Un des noms vulgaires de l’Ajonc (voy. ce mot).

JONCACÉES (botanique). — Famille de plantes monocotylédones, dont l'étude peut se réduire uti-

JONCACÉES

lement pour le lecteur à l'examen de deux types principaux, les Joncs et les Luzules.

Les Joncs (Juncus L.) ont les fleurs régulières et hermaphrodites ; leur réceptacle est convexe. Le périanthe comporte deux verticilles de pièces, dont trois extérieures (sépales) glumacées, vertes ou rougeâtres, et trois intérieures (pétales), alternes avec les précédentes, de même consistance à peu près, souvent un peu plus larges. L’androcée est normalement diplostémoné, et compte par conséquent six étamines placées chacune en face d’une des divisions du périanthe. Il arrive assez fréquemment que, par suite d’avortement partiel du verticille interne, le nombre de ces organes se trouve réduit à cinq, quatre ou trois. Les anthères sont basifixes, biloculaires, et s’ouvrent par des fentes longitudinales, introrses. Le gynécée consiste en un ovaire supère, pourvu d’un style divisé presque dès sa base en trois branches plumeuses. La cavité ovarienne est partagée en trois loges superposées chacune à un sépale, et dont l'angle interne porte un placenta chargé d’ovules anatropes, ascendants. Le fruit est une capsule loculicide, induviée par le périanthe persistant, et qui peut, à la maturité, paraitre plus ou moins nettement uniloculaire, par suite de la destruction plus ou moins complète des eloisons. Les graines nombreuses et fort petites, à surface striée-réticulée, contiennent sous leurs téguments un tout petit embryon niché vers la base d’un albumen charnu. Leur enveloppe extérieure se prolonge souvent en un repli qui forme une sorte d’appendice, soit apical, soit basilaire.

Les Joncs sont des herbes vivaces (rarement annuelles), dont le port est assez variable. Ils ont presque tous un rhizome plus ou moins ramifié, et leurs rameaux aériens, toujours simples jusqu’à l’inflorescence, portent des feuilles alternes, engainantes, à limbe linéaire ou cylindrique, paraissant souvent noueux quand on le fait glisser entre les doigts, ou réduites à la partie vaginale. Leur fleurs, toujours très petites et sans éclat, forment des cymes très variables dans leur aspect, suivant que leurs axes sont allongés ou raccourcis.

On connait environ quatre-vingts espèces de Joncs, qui vivent surtout dans les régions tempérées ou froides des deux mondes, et deviennent rares sous les tropiques. Toutes affectionnent les sols humides ou marécageux.

Les Luzules (Luzula DC.) diffèrent peu des Joncs par leur organisation florale, et l’on peut les définir des Jones à ovules définis. Tout, en effet, dans la fleur de ces plantes, est analogue à ce que nous avons dit plus haut; mais leurs placentas ne portent qu'un seul ovule chacun, et les cloisons se détruisent de bonne heure, de sorte que leur fruit apparaît toujours uniloculaire au moment de la maturité. Il est d’ailleurs trivalve, commecelui des Jones, et les graines présentent les mêmes particularités.

Les Luzules ont le port et l'aspect des Graminées ; leurs feuilles sont toujours engainantes, munies d’un limbe plan, ensiforme, souvent garni aux bords de longs poils soyeux. Elles croissent ordinairement par touffes isolées ou gazonnantes. On en distingue environ vingt-cinq espèces, presque toutes propres à l'hémisphère boréal, dont elles oceupent les régions tempérées ou froides, s’élevant Jusqu'au sommet des montagnes. Elles affectionnent les pelouses, les pentes herbeuses des forêts.

On adjoint encore aux deux types précédents quelques autres genres, tous exotiques, sans aucune importance technique, et dont la description serait sans doute peu intéressante pour le lecteur.

Par la régularité de leur fleur et aussi par sa symétrie, les Joncacées rappellent évidemment les Liliacées (voy. ce mot), dont elles se distinguent surtout par la consistance glumacée de leur périanthe, particularité qui tend à les rapprocher des Cypéracées et surtout des Restiacées.

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